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L’enchantement simple



Description ajoutée par Lilou 2009-10-10T22:26:27+02:00

Résumé

Quatrième de couverture

Tout se passe comme si notre vie suivait d'autant plus sûrement son cours que nous en étions absents. Durant tous ces jours, une pensée, éclose au plus sombre de la mémoire. Elle est là. On sait qu'elle est là, proche, à portée de mot, mais on la cherche en vain, on ne la trouve pas et ce sont d'autres pensées qui viennent et s'imposent, celle d'un voyage ou d'un chagrin, d'autres encore, jamais celle désirée, jamais celle vous concernant. J'écris dans un carnet bleu noir. Les mots peuvent aider, pour peu qu'ils conduisent jusqu'au moment de leur insuffisance éternelle. Je nomme « bonheur » cette absence de repos, « calme », cette sollicitation ininterrompue des pensées. Je vous écris l'évidence : que chaque soir je vais m'endormir dans le lit que me fait votre voix.

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Classement en biblio - 5 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par Carca 2014-12-25T11:14:08+01:00

Un second volume des lettres d'Artaud, l'âme naïve lancée dans le feu, pulvérisée. Ces certitudes convulsives, cette faim animale de pureté avec, parfois, le ressouvenir d'une pauvre gloire littéraire : et brusquement il s'inquiète de ses livres, demande s'ils se vendent, demande qu'on lui envoie des exemplaires pour montrer autour de lui, à l'hôpital. Cette méfiance, toujours alertée, pour ceux qui mettent quelque chose entre eux et leur instinct : un savoir, une prudence, un nom. Ce dégoût pour ceux qui accordent plus de poids au monde qu'à la destinée unique de leur âme, qui ignorent cette lutte entre les deux foudres inconciliables de l'âme et du monde, parce qu'ils se rangent, avant même de l'entamer, dans le camp adverse, celui qui se nourrit de leur propre destruction. Je regarde ces éclairs qui tombent sur la terre trempée des os, dans l'intolérance du ciel nerveux. Ces mots qu'il faut chercher là où le siècle les a mis, sous la terre, plus profond que les morts. Ces mots en décomposition, ces imprécations, ces morceaux d'un langage fossile. Dans les soubassements du corps, dans les sphères magnétiques de l'âme, c'est le même air sec, rare. Entendre cette voix, mais ce n'est pas possible, ce serait rompre un à un les engagements contractés à notre insu depuis notre naissance, et s'enfoncer pour soi dans un amour unique, absolu, à quoi bientôt ne correspondrait plus aucun repère, pas même ces lettres d'un plus que fou.

aujourd'hui, la dernière page du livre. Artaud s'éloigne, laissant dans les yeux quelques traits de lumière intempestive. Une parole, prononcée entre deux suffocations,avec une crainte semblable à celle qui enveloppe le souffle à la venue d'un oiseau ,sur une branche du sang. Puis rien. À la découverte d'un grand livre, succède un temps de deuil.

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