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Extrait ajouté par TERVERCHANTAL 2019-03-04T12:04:44+01:00

Quinn entra dans le pub du pas décidé de celui qui a l'intention de prendre une cuite. O'Reilly, le propriétaire, était un grand costaud aux cheveux grisonnants et au regard perçant. Avec un sourire entendu, il attrapa une bouteille de son meilleur whisky et la posa sur le comptoir à portée de main de Quinn.

- J'avais entendu dire que vous étiez de retour, déclara l'Irlandais en regardant Quinn déboucher la bouteille avec ses dents avant de s'en verser une rasade. À ce qui paraît, vous avez rapporté une petite dame dans vos bagages.....

La nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre, et les commérages allaient visiblement bon train. Sa remarque valut à O'Reilly un regard furibond de Quinn qui porta la bouteille à ses lèvres et but longuement au goulot. Il s'essuya la bouche d'un revers de manche, se leva, et emporta la bouteille à une table située à l'écart.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-07T15:26:42+01:00

— Où est-elle ? s'enquit Quinn, visiblement contrarié de s'être laissé piéger.

— À l'hôtel Krotter.

Quinn jeta un coup d'œil à ses bottes éculées. Il avait passé la nuit à jouer. Avant de donner rendez-vous à une dame, quelle qu'elle fût, il avait besoin de manger un morceau, de prendre un bain et de boire un verre, pas forcément dans cet ordre-là.

— Donne-lui rendez-vous dans le hall de l'hôtel, ce soir, à 8 heures. Si je ne parviens pas à la faire changer d'avis - et je peux me montrer très persuasif avec les femmes -, nous partirons après-demain.

— Parfait, approuva Sidney en se levant pour lui tendre la main.

Quinn la serra et se dirigea vers la porte à grandes enjambées. La main sur la poignée, il jeta un regard froid à l'avoué par-dessus son épaule.

— Une fois à Kimberley, mon rôle est terminé. C'est bien d'accord ?

— Bien entendu, acquiesça l'autre.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-07T15:26:24+01:00

— Olivia Saint-John est désormais ma cliente, et je ne peux décemment la laisser voyager seule, expliqua Sidney. La ligne de chemin de fer s'arrête à Calvinia et ensuite...

— Il n'y a plus que la brousse avant qu'elle ne rejoigne Prieska où reprend la ligne de chemin de fer, acheva Quinn à sa place. Entre les deux, elle a toutes les chances d'y rester.

— Exactement, approuva Sidney avant de laisser son ami réfléchir en son âme et conscience.

Il y eut un long silence durant lequel Quinn s'absorba dans la contemplation de la rue, sachant que ce maudit Sidney n'allait pas lâcher prise facilement.

— Parle-moi un peu de cette Mlle Saint-John qui sait tellement ce qu'elle veut, dit-il finalement en se retournant.

Le visage de Sidney se fendit d'un large sourire.

— Elle a démissionné de son poste de gouvernante pour venir ici. Son oncle, un dénommé Benjamin Saint-John, avait bien précisé qu'elle était le seul membre de sa famille qui méritait d'être son héritière. Apparemment, elle lui écrivait au moins deux fois par an, pour son anniversaire et pour Noël. Il m'avait demandé de rédiger son testament. Il lui a légué tout ce qu'il possédait.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-07T15:26:15+01:00

Après la découverte des diamants, la ville de Kimberley avait quasiment jailli du sol en une nuit. Elle était constituée de baraquements en tôle ondulée et matériaux divers tombés sous la main des mineurs qui avaient déferlé sur le site. Cela s'était un peu arrangé depuis que Cecil John Rhodes et Barney Barnato avaient entrepris d'organiser les mines, mais la ville n'était encore qu'une ébauche grossière comparée à celles qui fleurissaient sur la côte Atlantique.

Les puits avaient été pris d'assaut. Aujourd'hui encore, des escrocs et des coquins frayaient avec des milliers d'honnêtes gens. Tous rêvaient de trouver la perle rare, le diamant gros comme le poing qui leur permettrait de vivre dans le luxe jusqu'à la fin de leurs jours. Ici, les hommes travaillaient dur, jouaient gros et buvaient sec. Les prostituées et les maisons closes fleurissaient. Le gratin de Kimberley, l'élite qui contrôlait les mines, vivait à la périphérie de la ville dans de riches demeures aux jardins clos, et protégeait jalousement ses privilèges derrière de hauts murs.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-07T15:26:10+01:00

Son premier voyage à travers la brousse qui sépare Le Cap des mines de Kimberley avait été hautement instructif. À mi-chemin entre l'austère ville minière et le grand port où les diamants étaient embarqués à destination de l'Europe, ils étaient tombés dans une embuscade. Il avait survécu, mais seulement parce que son expérience dans l'East End lui avait appris à se battre en même temps qu'à courir. Quand il avait cessé de courir, il tenait toujours le sac de diamants à la main. Il se retrouvait riche comme Crésus, mais sachant que les propriétaires de la mine se lanceraient à sa poursuite s'il tentait de s'approprier le butin, il avait choisi la sagesse et remis les pierres au courtier. De ce fabuleux éclair de maturité était née sa réputation : celle d'un homme intègre et de confiance. Un homme de parole.

A présent, Quinn travaillait comme chacal pour le compte du prestigieux diamantaire De Beers. Si Cecil John Rhodes, le magnat de cette industrie, faisait confiance à cet ancien trublion, les autres pouvaient y aller les yeux fermés.

Mais toute cuirasse a son défaut, et Quinn, dont le passé était particulièrement chargé, n'échappait pas à la règle. Il avait beau vivre désormais dans une belle maison et fréquenter la bonne société du Cap, porter des costumes sur mesure et être membre des meilleurs clubs, dans le fond, il était resté le même : un dur à cuire qui avait grandi dans la rue. Il brûlait la vie par les deux bouts, adorait le danger comme il adorait la sauvage Afrique, buvait du whisky à toute heure du jour ou de la nuit, et rien ne l'excitait plus qu'une partie de cartes où l'on jouait gros. Il aimait aussi les plaisirs charnels, et profitait de toutes les occasions qui s'offraient à lui. Sa respectabilité était le résultat de son association avec De Beers. Au-delà du petit milieu fermé et « civilisé » du Cap, il avait la réputation d'un homme à qui il ne faisait pas bon s'attaquer, fût-ce pour des diamants. Les inconscients qui le sous-estimaient le payaient en général de leur vie.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-07T15:26:01+01:00

Le Cap, Afrique du Sud, octobre 1883

— Souviens-toi que tu as une dette envers moi, rappela Sidney Falk à l'homme assis de l'autre côté de son bureau.

Il était tôt, et Matthew Quinlan, Quinn pour ceux qui le connaissaient depuis un peu plus de dix minutes, avait l'air de sortir de son lit, à supposer qu'il se soit couché ! Ses cheveux bruns étaient en bataille, sa chemise froissée, et il avait oublié d'enfiler une veste. Il fixa son interlocuteur de son regard bleu perçant par-dessus le bord de sa tasse de café.

— Quelle dette ? répliqua-t-il en feignant l’étonnement. Ce rappel signifiait que l'avoué si cordial était sur le point de lui réclamer son dû. Et que ce qu'il allait lui demander n'allait pas lui plaire.

Sidney croisa les mains sur son ventre rebondi et esquissa un sourire.

— L'un de mes clients a besoin d'un guide. Comme tu pars pour Kimberley dans quelques jours, j'ai pensé...

— Pas question ! coupa Quinn en secouant la tête. Je n'escorte personne en brousse. Demande plutôt au Hollandais, il adore se balader avec des troupeaux de nobles pendus à ses basques.

Hans Van Mier, dit le Hollandais, se targuait d'être à la fois guide et chasseur. Il gagnait sa vie en emmenant de riches aristocrates en safari, et s'assurait qu'ils en avaient pour leur argent, quitte à tricher.

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Extrait ajouté par ninegar 2014-04-28T18:46:44+02:00

- J'ai deux ou trois choses à vous dire, monsieur Quinlan.

il se mit à rire.

- Tiens, tiens vous me resservez du M. Quinlan ?

Elle s'humecta de nouveau les lèvres sans se rendre compte de l'effet que cela produisait sur Quinn. Il avala une gorgée d'alcool pour chasser son trouble. Ainsi perchée au bord du canapé en velours, tel un papillon apeuré, elle était vraiment ravissante. Elle se tenait bien droite, et il devina qu'elle luttait pour conserver son calme. il aurait dû avoir pitié d'elle, sachant que toute discussion ne ferait qu'accroître son embarras. Mais pour l'instant, il n'éprouvait aucune compassion. Il venait de passer deux jours abominables. depuis qu'elle lui avait échappé dans cette ruelle jusqu'à maintenant, il avait eu sans cesse l'impression que quelque chose en lui se déchirer.

Cette nuit-là, il avait bu comme un trou pour noyer sa détresse et s'était ensuite jeté sur son lit, s'attendant à sombrer dans un sommeil de plomb. a tort. il n'avait pas fermer l'Œil de la nuit. Les yeux rivés au plafond, le corps palpitant d'un désir douloureux à force d'être inassouvi, il s'était maudit de vouloir cette femme aux yeux de biche et au sourire aussi caressant que les rayons du soleil.

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