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Elle entendit la porte s'ouvrir et lança à la domestique :

- Je suis désolée, mais je n'ai pas encore fini...

- Ce n'est pas rave, répondit Stephen d'un ton calme. Je ne suis pas pressé.

Elle sursauta, éclaboussant toute la pièce. Affolée, elle s'accrocha au rebord du tub et s'immergea dans l'eau sans le quitter des yeux.

(...)

- Je suis venu vous changer les idées.

Elle en resta bouche-bée. Il se moquait d'elle.

- Vous avez perdu la tête.

Il se pencha et elle recula instantanément pour reprendre sa position initiale qui dissimulait en partie son corps.

- Pourquoi faites-vous la timide, Mercy? Nous étions très proches, il y a peu, n'est-ce-pas?

- Cela remonte à un an. Et ca n'a duré qu'un seule nuit.

- Prenez ce whisky, ordonna t-il en lui tendant un verre, vous vous sentirez mieux.

- Cela m'étonnerait!

Elle avala néanmoins une gorgée du liquide ambré, qui lui brûla la gorge et lui fit monter les larmes aux yeux.

- Je ne vois rien, vous savez, déclara-t-il d'une voix nonchalante.

- Je vous demande pardon?

Il désigna le tub du menton.

- De là où je me tiens, je ne vois pas à l'intérieur. Vous êtes parfaitement cachée à ma vue, alors détendez-vous et profitez de votre bain.

- Parce que vous avez l'intention de restez ici?

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Elle commença à se sentir mal à l'aise sous son regard insistant. Que cherchait-il ? Se méfiait-il d'elle ?

— Pourquoi avez-vous gardé le bébé ? Pourquoi ne pas avoir cherché une famille à qui le confier ?

— Parce que c'est le vôtre.

— Vous répétez cela comme si vous éprouviez pour moi un amour sincère. Ne croyez-vous pas que ces sentiments, et éventuellement les miens à l'époque, étaient provoqués par les circonstances ? Qu'ils n'étaient pas réels ?

— Tout a bel et bien existé, pourtant. Dieu du Ciel, j'aurais aimé que ce ne fût pas le cas ! Tout ce sang, cette crasse, ces hommes qui pleuraient en appelant leurs mères et leurs épouses. Aucune des horreurs que j'ai vues là-bas ne change ce que j'ai ressenti, et que je ressens, pour vous. Si ce n'est que je réalise à quel point la vie est fragile, qu'on ne sait jamais de quoi demain sera fait, et qu'il faut prendre toutes nos décisions en fonction de l'instant présent.

Il reposa son verre et lui prit le menton dans une main, tandis qu'il essuyait de l'autre une larme qui roulait sur sa joue sans qu'elle s'en soit rendu compte. Bouleversée, elle reconnut ce geste. Il avait eu le même à Scutari juste avant de la prendre dans ses bras pour lui offrir sa protection.

— Et que vous suggère l'instant présent ?

— Que vous êtes l'homme le plus extraordinaire que j'aie jamais connu.

Il interrompit son geste.

— Savez-vous que mon frère m'a offert une charge d'officier parce qu'il trouvait que je manquais de caractère ? Parce que seules les femmes m'intéressaient ?

— Et parce que les femmes vous préfèrent entre tous ?

Il écarquilla les yeux.

— Toutes les infirmières de Scutari étaient tombées amoureuses de vous. Vous avez le don de sourire aux femmes et de leur faire croire que ce sourire leur est réservé.

— Et vous avez succombé à mon sourire ?

Une fois de plus, tous ses espoirs s'envolèrent : elle n'avait été qu'une infirmière parmi tant d'autres. Mais dans ses bras, hypnotisée par son regard bleu océan et seul objet de ses attentions, elle oubliait vite qu'elle n'avait pas compté pour lui. Elle l'avait adoré pour sa force, sa générosité et sa gentillesse lorsqu'il l'avait consolée, mais elle s'était trompée sur ses sentiments et y avait cru voir ce qui n'existait pas.

Elle secoua lentement la tête, incapable d'esquisser le sourire auquel il devait s'attendre alors que son cœur se brisait.

— Non. Pas à votre sourire, répondit-elle.

Son autre main se posa sur elle, puissante et large, et il la contempla longuement en s'attardant sur ses lèvres qui tremblèrent et s'entrouvrirent. Dans ses yeux elle lut l'intérêt, la curiosité... le désir.

— À mes baisers, alors ?

Sans lui laisser le temps de dire qu'il ne l'avait jamais embrassée, il posa ses lèvres sur les siennes. Elle se raidit quand il glissa sa langue dans sa bouche, puis s'abandonna à cette délicieuse étreinte. Il ne la forçait pas, il s'invitait et elle acceptait l'invitation. Son baiser avait un goût riche et poivré qui ensorcelait. Sa langue était délicate, experte. Tout son corps vibrait tandis qu'il la caressait.

Elle avait si souvent rêvé qu'il la soulève dans ses bras tandis qu'elle arpentait l'étroit corridor de l'hôpital Barrack pour prodiguer ses soins aux autres blessés, pendant qu'elle se préparait à quitter Scutari à cause de l'arrivée soudaine de John, alors qu'elle naviguait sur les mers déchaînées ou qu'un train la conduisait à Paris ! Jamais le major Lyons n'avait quitté ses pensées.

Mais même son imagination n'aurait pu la préparer à l'impétuosité de son baiser.

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