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-Tous? répéta Ross, ennuiyé.

-Oui. Tu as envoyé Flagstad à la banque d'angleterre, Ruthven sur un cambrioleur et Guess est...

-Et Ernest? le coupa Ross.

-Parti livrer la dernière édition du Hue and cry chez l'imprimeur.

Ross reporta son attention sur Sophia.

-Attendez le retour d'Ernest.

-La matinée sera déjà bien avancée et le meilleures marchandises seront paties! s'indigna-t-elle. Il est déjà presque trop tard' d'ailleurs.

-C'est bien dommage, déclaraRoss sans l'ombre d'un regret. Parce que vous n'irez pas seule, point final.

Sophia se pencha sur le bureau et, pour la première fois depuis deux jours, elle le regarda droit dans les yeux. Il éprouva un vif plaisir à voir le défi luire dans ses pruneles assombries par la colère.

-Sir Ross, quand je vous ai rencontrée pour la première fois, je me suis demandée si vous aviez un quelconque défaut. Je sais à présent que vous en avez.

-Ah? fit-il en levant un sourcil.Et quels sont-ils?

-Vous êtes arrogant et tétu comme une mule.

Morgan laissa échapper un rire.

-Il vous a fallu un mois entier pour vous en rendre compte, mademoiselle Sydney? jeta-t-il plaisamment.

-Je ne suis pas arrogant, se défendit Ross. J'essaie seulement de voir où se trouve l'intêret de chacun.

Sophia le considéra attentivement, le visage empreint d'un vif amusement. Ross attendait le suite, fasciné. Tout à coup, son regard s'éclaira, comme si elle venait d'entrevoir la parade.

-Très bien, sir Ross, je n'irai pas au marché seule, mais avec la seule escorte possible, semble-t-il, c'est-à-dire, vous. Rendez-vousdevant l'entée dans dix minutes.

Sidéré, Ross en resta coi. Il s'était fait manipuler, conclut-il avec agacement. Et fort adroitement. D'un autre coté, il y avait bien longtemp que cela ne lui était pas arrivé et, pour une raison qui lui échappait, il trouvait cela plutôt divertissent.

Une fois la porte fermée, Morgan se tourna vers Ross et l'examina d'un air très pensif.

-Pourquoi me fixes-tu comme ça?

-Je ne t'avais jamias vu te chamailler avec quelqu'un.

-Je ne me chamaillais pas, je discutais.

-Mon oeil! Non seulement tu te chamaillais, mais en plus il y avait du flirt dans l'air.

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— J'ai songé à une réflexion de Morgan... Il estime que les policiers et les malfrats sont les deux faces d'une même pièce.

— Et tu crois que Morgan serait prêt à me faire confiance ?

— Pas au début. Tu devras gagner sa confiance jour après jour.

Gentry ricana.

— Devenir policier, moi ! Plutôt mourir.

— C'est en effet ce qui t'arrivera si tu refuses.

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- Certains estimeront que Mme Fowler a mérité ce qui lui arrive puisqu'elle a trompé son mari.

- Cela ne lui donne en aucun cas le droit de la traiter de la sorte.

- Et vous, comment auriez-vous réagi à la place de Fowler ?

La question le surprit, et Sophia se rendit compte qu'en la posant elle donnait à leur conversation un tour plus personnel. Sir Ross l'étudiait attentivement, à présent. Il semblait tendu.

- Je ne sais pas, admit-il enfin. Ma femme n'était pas du genre à succomber à de telles tentations. Je ne me suis jamais posé la question.

- Mais si vous vous remariiez ? insista Sophia, fascinée par l'éclat argenté dans son regard. L'infidélité éventuelle de votre épouse ne vous préoccuperait pas ?

- Non.

- Pourquoi ?

- Parce que je la tiendrais si occupée au lit qu'elle n'aurait ni le temps ni l'envie d'aller voir ailleurs.

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Sans même s'en rendre compte, il se retrouva devant la petite chambre où dormait Sophia. A deux reprises, il leva la main pour frapper, sans parvenir à se décider. Il aurait mieux fait d'aller se coucher et d'attendre d'avoir fait toute la lumière sur la mort de John pour revenir vers elle. mais les scrupules et la conscience avaient peu de poids face à son désir désespéré. Dévorant. Obsédant. Déchiré entre le devoir et a tyrannie des sens, il demeurait là, devant sa porte, les poings serrés, le corps en ébullition.

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