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Les chats des neiges ne sont plus blancs en hiver



Description ajoutée par Sometimes 2020-06-17T16:59:14+02:00

Résumé

Morz est la terre la plus au Nord du monde. Des siècles plus tôt, la neige a cessé de tomber et la glace a fondu, devenue une boue informe et immonde. Il y a une ombre dans l'Est de Morz ; celle de Noir, un esprit maléfique prêt à tout pour provo-quer la ruine du royaume. Sur ses talons court le Second, un guerrier prodigieux, plus cruel et féroce que tous les séides gravitant autour d'eux. Il y a un enfant sur le trône de Morz : on attend de lui la ferveur de ses ancêtres pour maintenir le royaume dans la Lumière. Mais le prince Jaroslav doute de sa place, de son pouvoir et ne souhaite qu'une seule chose : vivre en paix. Et dans le Nord, près des montagnes, ourdissent les sorcières, vengeresses, dévorées par le rêve incertain de refaire un jour tomber la neige sur leur monde déchu.

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Classement en biblio - 12 lecteurs

extrait

La dernière frontière du monde n’est qu’une immense plaque de glace grise, silencieuse, où poussent des plantes dures comme la pierre. Le vent siffle près de la neige, l’épousant au cœur de falaises abruptes, lèche le lichen et les mousses sur les roches, torture les arbres rachitiques, arrache leur chaleur aux autres créatures si péniblement dressées dans l’immensité immaculée. Liberté et cruauté, les devises du nord, frappées dans le cœur de tous les êtres y survivant.

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Commentaire video

Vidéo ajoutée par zaphrinamakichan 2020-09-11T20:58:05+02:00

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Commentaires récents

Diamant

Un véritable coup de coeur !

J'ai été tout de suite plongée dans l'ambiance, dans l'histoire et je me suis immédiatement attachée au Second, un personnage que je trouve très complexe, très intéressant.

Surtout dans sa relation avec Noir.

Un seul petit bémol : j'aurai aimé en apprendre plus sur la "mission" d'Olle dont on entend parler à la fin du roman.

Une très belle découverte !

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Pas apprécié

Le résumé et la couverture m'avaient enchanté, et prometer une histoire original. En lisant le premier prologue, je fus charmée par le style d'écriture très poétique et sinistre de l'autrice. (Oui, il a deux prologue, ce qui sort de l'ordinaire.) On ressentait un univers charger. Hélas, en allant plus en avant, on ressent une certaine lenteur. Certain passage manquer d'information ou d'approfondissement, et d'autre au contraire se répéte un peu trop à mon goût. Les étapes de l'intrigue était un peu flou, et si, on y preter pas attention, on manquait des détails qui permettait de comprendre l'histoire. Pourtant, le livre a un grand potentiel avec ses frontières entre le bien et le mal qui se mélange, et ce côté religion-spirituelle. On sent que l'autrice s'amuse avec le genre, ce qui est plaisant. Cependant, ça n'a pas suffit pour m'a par. Ce n'est que vers la fin, au 2/3 du livre, que les choses semble enfin bouger, ce qui est un peu tard. Il est par conséquence très dure de s'attacher à des personnages.

http://lecholitteraire.e-monsite.com/blog/fantasy-et-fantastique/les-chats-des-neiges-ne-sont-plus-blancs-en-hiver.html

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Lu aussi

https://merveilles-livresques.fr/les-chats-des-neiges-ne-sont-plus-blancs-en-hiver-noemie-wiorek-plib2021/

Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai eu beaucoup de mal avec cette lecture. Est-ce parce qu’on n’y voit que très peu de chats, alors que le titre m’avait fait imaginer tout autre chose ? Oui, en partie. Mais pas seulement.

Cela peut paraître futile, mais franchement cette histoire de chats, bah ça n’a vraiment pas aidé. Surtout que le bouquin démarre avec un prologue qui parle d’eux, et je m’attendais vraiment à ce que ce soit le centre de l’histoire. Ainsi, je dois avouer que c’était mal parti et que ça n’a pas dû aider pour la suite de ma lecture.

Je suis vraiment très partagée sur cette lecture. Certains aspects étaient intéressants mais, globalement, ça ne rattrape pas le tout (pour moi). La quatrième de couverture était convaincante. L’idée d’un monde où la neige a cessé de tomber me plaisait bien, et au début j’ai bien aimé ces deux camps qui bataillait pour faire durer (ou pas) ce temps sans neige. Mais j’ai vite commencé à m’ennuyer. L’histoire alterne entre des moments avec le prince Jaroslav, qui veut maintenir le monde dans la Lumière et de l’autre, “Noir”, une sorte de méchant peu convaincant qui veut faire revenir la neige.

En fait, le personnage de Noir est un des gros problèmes de ma lecture. Il est vu comme l’ultime méchant, avec des grands pouvoirs mais à aucun moment je n’ai réussi à le prendre au sérieux. Il est soit montré comme un personnage capricieux et un peu méchant, mais c’est tout. Le Second est un peu plus profond mais clairement j’ai eu un gros problème avec les personnages. Aucun ne m’a intéressé. C’est sûrement pour ça que j’ai fini par m’ennuyer.

Parce que vraiment, je me suis hyper ennuyée. Au début j’ai essayé de m’accrocher, de m’accrocher à ce style un peu poétique. Mais à la fin je n’en pouvais plus. J’ai lu les dernières pages avec le cerveau en mode automatique tellement j’avais hâte d’en finir. J’ai mis un temps fou à lire ce livre, juste après j’en ai commencé un autre (et en anglais) que j’ai lu avec beaucoup plus de facilité. Les chats des neiges ne sont plus blancs en hiver était d’une lourdeur… Je suis totalement passée à côté (et ça m’attriste parce que le titre m’avait tapée dans l’œil).

En bref, ça n’arrive pas souvent mais ça arrive . Je suis totalement passée à côté de ce titre que j’ai trouvé hyper lourd et dont les personnages m’ont parus très fades et peu crédibles. Tant pis.

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Bronze

Retrouvez d'autres chroniques sur mon blog : https://lesfantasydamanda.wordpress.com/

--- La promesse d’une lecture différente ---

Voilà ce que laissait entendre le synopsis et ce qui m’a attirée dans ce one-shot. La raison même pour laquelle je l’ai acquis en avant-première à La Foire du Livre de Bruxelles. Et, dès le prologue, j’ai plongé dans un monde froid et sanglant qui fondrait bientôt sous les rayons ardents du soleil…

Je ne sais comment l’expliquer, mais ce livre fut une expérience unique, car l’auteure a construit un univers qui sort des sentiers battus. La manière dont elle le raconte participe également à son originalité, mais j’y reviendrai. Alors, certes, on y retrouve des hommes qui se font la guerre, mais pas seulement. D’autres créatures s’invitent dans l’histoire, comme Noir, un esprit prétendument maléfique, les N’dus (je ne saurai vous expliquer qui ils sont) et les sorcières aux intentions cachées.

Mais alors, qu’est-ce qui pèche ? En vérité, j’ai eu l’impression que le puzzle n’était pas complet. Bien sûr, nul auteur ne peut creuser à l’infini son univers, mais je suis restée sur ma faim. Certaines zones d’ombre m’ont frustrée, d’autres m’ont parfois perdue. J’aurais tellement aimé en savoir plus sur la magie des lions ailés, sur les actes commis par Daria. Noémie Wiorek a cependant choisi de ne pas donner toutes les réponses, et je dois reconnaître que ces manquements confèrent à l’histoire un côté mystérieux, presque mystique.

--- Un style d’écriture qui ne fera pas l’unanimité ---

La plume de Noémie Wiorek se veut travaillée, voire poétique par moments. Le résultat est certes remarquable, mais il ne simplifie pas l’entrée du lecteur dans l’univers. En effet, celui-ci est déjà complexe par bien des aspects, et la lourdeur du texte ne fait qu’aggraver les choses.

En outre, j’ai eu la sensation que l’auteure se perdait dans de belles phrases, parfois trop longues, souvent creuses. Quand elles n’étaient pas tout simplement redondantes. Je me suis donc surprise à refermer le livre lorsque ma concentration m’échappait, consciente qu’il ne servait à rien d’insister.

Ah, et j’ai relevé une utilisation excessive des points-virgules. Vous voilà prévenus !

--- Un mot sur les personnages ---

Le synopsis fait mention de plusieurs personnages, et tous sont essentiels pour l’histoire. Noir est certainement le plus énigmatique, mais je ne peux trop en dire sans vous spoiler. Sachez simplement qu’il contribue à l’originalité du récit et que sa relation avec le Second m’a beaucoup intriguée. Au début, elle m’a paru pleine de contradictions, puisqu’ils s’attirent et se repoussent sans cesse. Néanmoins, tout s’explique par la suite, et les révélations à ce sujet m’ont littéralement scotchée.

D’autres personnages vivent dans l’obscurité, mais j’avoue avoir eu du mal à les distinguer. L’auteure reste vague et use de sous-entendus pour les décrire, évoquer leur passé et tracer leur avenir. Bref, quelques précisions supplémentaires n’auraient pas été superflues.

Enfin, n’oublions pas le prince Jaroslav et son champion, Timoslav. Deux fanatiques qui se croient investis d’une mission et, au vu des circonstances, c’est compréhensible. Ils ont ainsi joué le rôle d’antagonistes avec brio, et c’est pour cette raison que j’aurais aimé en apprendre plus à leur propos.

--- Lumière contre obscurité ---

On pourrait croire au premier abord que cette histoire raconte l’immuable combat entre le Bien et le Mal. Mais ne pense-t-on jamais que nos actes et nos croyances sont légitimes, tant que l’on ne connaît pas ceux du camp adverse ? C’est justement ce que Noémie Wiorek démontre avec brio dans Les chat des neiges ne sont plus blancs en hiver. Il ne s’agit donc en rien d’un récit manichéen, au contraire.

Néanmoins, comme vous pouvez l’imaginer, la lutte est éternelle. Tandis que la lumière domine, l’obscurité tente de reprendre la main. Mais ce ne sont jamais que de petites victoires, pour autant de recul. J’ai donc relevé des longueurs, surtout dans la première partie, qui m’ont découragée, car elles ralentissent considérablement l’intrigue. Heureusement, j’ai davantage apprécié la seconde moitié, plus dynamique, plus riche en rebondissements et en révélations.

--- Une pseudo intrigue de cour ? ---

C’est sûrement l’une de mes plus grandes déceptions. En effet, l’auteure amorce complots et manipulations à la cour du prince Jaroslav, tandis qu’il succède à son frère dans la précipitation. J’ai donc fondé de nombreux espoirs sur cet aspect de l’histoire. Cependant, il s’est finalement révélé assez secondaire, d’autant plus que Noémie Wiorek accorde davantage d’importance aux partisans de l’obscurité.

Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis : dissensions, meurtres et trahisons, que l’on entrevoit dans quelques passages, mais rien de plus. Vraiment, quel dommage !

--- Un dénouement que je ne comprends qu’à moitié ---

Encore une fois, c’est regrettable. Pourtant, Noémie Wiorek est parvenue à m’emporter avec elle lors du combat final, bien qu’il n’ait pas pris la forme que j’avais imaginée. Mais qu’importe, c’était grandiose !

Toutefois, le double épilogue m’a laissé un goût amer, déjà parce qu’il est beaucoup trop long, ensuite parce qu’il est… farfelu ? J’ignore si c’est le bon terme, mais je n’en trouve pas d’autre.

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Or

https://lessortilegesdesmots.blogspot.com/2020/08/les-chats-des-neiges-ne-sont-plus.html

Pour commencer, parlons de l'objet livre : il est absolument sublime. La couverture marque les esprits. le titre intrigue. Je ne parle pas de la tranche mêlant noir et blanc. Les pages intérieures possèdent un cadre stylisé et les entêtes de chapitre un petit dessin. La deuxième de couverture est coloré de feu.

Concernant le résumé, sachez qu'il n'y a aucun spoilers. Je dirai même que le résumé ne dit absolument rien du roman. J'ai déjà lu des résumés (et même souvent) qui m'empêchait d'être surprise lors de ma lecture à cause d'un mot clé ou de quelques choses qui me donnerait une indication. Ici, il n'en est rien.

Lorsque j'ai commencé ma lecture, la première chose que je me suis dite, c'est "quelle écriture!". Au point de vouloir le savourer et non le dévorer. Je ne me souviens pas d'avoir lu un livre de cette qualité d'écriture. Chaque mot compte. L'autrice les a choisi avec soin. Rien ne filtre et en même temps leur poids est fort. Il claque, émeuve, angoisse ou autre à chaque fois qu'il le faut. On sent le travail fourni et c'est plus qu'agréable. Dès le prologue, on rentre dans le vif du sujet.

Le second point concerne cette capacité de passer de moments poétiques à des moments violents tout en conservant la beauté des mots. Je pense à une scène en particulier. L'écriture si belle et poétique m'avait endormi jusqu'à la dernière phrase du chapitre qui m'a scotché.

On en vient au point suivant : les rebondissements. Il y en a tellement. Je reviens sur l'importance du choix des mots. Ça prend tout son sens ici. L'autrice prend un malin plaisir à nous endormir ou à nous envoyer sur de fausses pistes par le biais de ses personnages y compris dans les dernières lignes ou chaque mot à pourtant son importance. Combien de fois ai-je frissonné, ai-je été frustrée ou encore estomaqué par les évènements.

L'autrice s'amuse avec les codes du genre. La fantasy oppose toujours un méchant à un gentil d'une manière ou une autre. Je pensais que ce serait le cas. Ce fut le cas mais pas tout le temps. En fait, ce roman est plein de folie humaine. Je ne sais pas quel est le personnage sain d'esprit dans ce roman. L'autrice exploite une idée précise : jusqu'où un homme est prêt à aller pour ses idéaux, ce en quoi il croit. Et c'est une réussite.

Un autre point fort de ce roman (oui il y en a beaucoup) est la psychologie des personnage. J'ajouterai leur évolution également. Chaque personnage change au cours de l'histoire. Jaroslav remporte la palme. À un moment donné, je me disais "dommage qu'on ne voit pas plus ce personnage). J'ai mieux compris après pourquoi. Noir a été le plus complexe à comprendre et surtout à découvrir le secret (l'importance de chaque mot je vous dis). Tomislav n'est pas le champion de Jaroslav pour rien. Agnieska est le personnage le plus complexe que j'ai pu découvrir.

D'ailleurs, dans ce roman, sachez que ces dames sont très présentes et particulièrement bien représentées. Elles sont fortes, font face à leur faille et font ce qu'il faut pour ce en quoi elles croient. Honorata, mère de Jaroslav, est une reine qui a les yeux et les oreilles partout. Une main de fer dans un gant de velours. agnieska que j'ai mentionné plus haut dont je ne dirai rien de plus. J'ai adoré son apparition dans le roman. Enfin, Asriel, une ambassadrice, est très peu présente mais sa présence m'a marqué. J'aurai même aimé un petit quelque chose en plus la concernant.

En fermant le livre, j'étais contente de le terminer et triste à la fois. Je ne voulais pas que ça s'arrête. Je voulais savoir encore tant de choses sur l'avenir de personnages. Je ne les nommerai pas sinon ce n'est pas drôle.

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Argent

Ce roman, au style assez contemplatif, nous propose une intrigue qui revisite le thème de l'affrontement entre le bien et le mal. L'ombre contre la lumière, et ici, l'hiver contre l'été.

On suit différents personnages issus des deux principaux camps, leurs combats, mais surtout l'intrigue avance au fil de leurs introspections. Car ce livre, bien qu'il contienne quelques scènes d'action, repose surtout sur le passé et les motivations des différents acteurs de cette guerre, qui sont parfois floues même pour eux. Leur psychologie est très bien travaillée, notamment celle de Jaroslav, qui peine à se faire entendre en tant que souverain, et celle du Second.

L'auteure tord habilement le cou aux clichés et nous sert des protagonistes inquiétants, touchants, d'un côté comme de l'autre. On se surprend parfois à éprouver de l'empathie envers "les méchants" (soit le camp de Noir et du Second), ou de l'aversion envers celles et ceux censés représenter la Lumière. Le danger ne vient pas toujours de là où on pourrait l'attendre. Comme on le sait, rien n'est jamais tout noir ou tout blanc, mais en nuances de gris, ce que dépeint très bien cette histoire. Les personnages sont déplacés tels des pions sur un échiquier, manipulés par des forces qu'ils ne comprennent pas entièrement. On ne peut pas se placer confortablement d'un côté ou de l'autre du plateau et désigner un vainqueur d'entrée de jeu, le lecteur, comme les personnages, doivent se méfier de tout.

L'intrigue est globalement plutôt sombre, avec des notes amères, tout en restant assez hypnotique par son ambiance et son univers, qui fourmille de détails.

Le style ne plaira sûrement pas à tout le monde mais pour un premier roman, l'auteure frappe fort par son inventivité et sa maîtrise.

C'est très imagé, comme dans un rêve. J'ai eu un peu de mal au début, mais le charme de l'oeuvre a fini par opérer. Il faut voir ce livre comme une sorte de voyage et se laisser porter par sa poésie.

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Diamant

Je dois reconnaitre que, même si j’aime beaucoup tenir ce blog, je suis parfois saisie par le découragement en voyant le nombre de visiteurs s’effondrent un peu plus chaque mois : j’ai alors le sentiment d’écrire dans le vide, de m’acharner pour rien … A quoi bon passer de longues heures à rédiger des chroniques qui ne seront lues que par une petite poignée de personnes ? Plus d’une fois, je me suis dit que, peut-être, le blog avait fait son temps, et que nul ne s’intéressait plus à ces longs articles mêlant avis personnel et analyse que j’affectionne tant … Soyons honnête : la tentation de tout arrêter m’a déjà effleuré l’esprit ces derniers mois, tandis que les statistiques mensuelles sont en chute libre. Mais il a suffi d’un simple mail pour me redonner du courage et de la motivation : celui du chargé de communication des éditions de l’Homme sans nom, qui me proposait de recevoir l’une ou l’autre de leurs nouveautés … C’était pour moi la preuve que tout n’était pas encore perdu, qu’il y avait peut-être encore un peu d’espoir pour ce petit blog déserté. Et je dois reconnaitre que la simple perspective de recevoir un ouvrage d’une maison d’édition qui m’a toujours « intimidée » par la qualité de ses ouvrages me remplissait de joie : je sentais que j’allais passer un excellent moment de lecture … et j’avais raison !

Depuis bien des siècles désormais, depuis la Grande Fonte, le royaume de Morz n’est plus que boue et gadoue, masse informe où les arbres malingres se dressent et où les animaux à bout de souffle se trainent. Les habitants de cette terre désolée ne connaissent la neige qu’à travers les contes et mythes terrifiants que déploient les prêtres pour mieux louer la bienveillance et la puissance du dieu-soleil Eldan. Balbutiant et trébuchant sur un trône bien trop grand pour lui, le petit enfant-roi Jaroslav se sait l’ultime Elu de la Lumière, destiné à mettre définitivement fin au règne implacable des Ténèbres qui s’accrochent encore ci et là. Mais une ombre plane sans faiblir au-dessus du pays : celle de Noir, sombre esprit maléfique, et celle plus grande encore de son Second, guerrier impitoyable qui sème mort et désolation sur son passage. Soutenus par les troupes N’dus, ces monstres honnis de tous, et par les sortilèges des sorcières vengeresses du nord, Noir et le Second nourrissent l’espoir incertain de faire enfin revivre l’Hiver …

Laissez-moi clamer et acclamer l’audace créatrice de l’autrice, qui nous offre ici un roman original et atypique, aussi surprenant que son titre, qui transcende, sublime et magnifie les codes et clichés du genre pour mieux fasciner son lecteur. Contrairement à ce qu’on pourrait croire et craindre au premier abord, il ne s’agit pas ici d’une énième histoire relatant la sempiternelle lutte entre le Bien et le Mal : ici, l’Ombre et la Lumière ne font finalement qu’un, et on ne peut en réalité soutenir aucun des deux « camps ». On se contente d’observer cette lutte intestine de deux êtres qui ne sont que deux facettes d’une même folie : d’un côté le fanatisme teinté de folie d’un jeune prince qui se veut l’Elu de la Lumière, de l’autre le dévouement aveugle d’un Second prêt à tout pour réaliser le rêve de Noir, cet esprit obsédé par le désir de faire renaitre l’Hiver … Deux rêves, deux illusions, qui broient les cœurs et les âmes, et poussent sans cesse Jaroslav et Agnieszka en avant, tels deux pantins persuadés d’agir librement. Ils se battent pour des causes qui les dépassent, qui les écrasent, auxquels ils ont adhérés sans vraiment savoir dans quoi ils s’engageaient : ils avaient besoin d’un but pour donner sens à leur existence, et se sont laissés convaincre que leur voie était la bonne …

Etrangeté et beauté, rêve et poésie, voici les maitres-mots de ce roman pas tout à fait comme les autres qui a su me captiver, me fasciner, sans que je ne sache véritablement expliquer comment et pourquoi. Je crois que j’ai tout particulièrement apprécié l’ambiance qui se dégage de ce récit : on a le sentiment d’entrer au cœur d’un rêve, qui n’est pas tout à fait le nôtre, pas tout à fait celui d’un autre. Un rêve de blancheur et de fraicheur, un rêve dans lequel on peut facilement se perdre. Comme souvent dans les rêves, tout semble émoussé, le temps semble s’être arrêté … Il y a une certaine lenteur, une langueur même, on se laisse comme bercer par ce récit envoutant et troublant dont on ressort tout embrumé, mais étrangement apaisé. Mais c’est aussi une histoire aussi sombre que violente, où la haine et la folie se mélangent, où l’humanité et la bestialité se confondent, telles ces sorcières liées à leur animal totem dont les esprits finissent par se fondre totalement l’un dans l’autre. La mort est omniprésente, elle rôde au détour d’une ombre, elle se cache au cœur-même de la lumière, elle gicle dans le sang qui se répand. Noir, Blanc, Rouge, les trois couleurs de cette histoire, aussi simple que complexe, aussi brute que puissante …

Comment ne pas être impressionnée par la sublime plume de Noémie Wiorek, qui démontre avec ce premier roman qu’elle a parfaitement sa place parmi les grands noms de la fantasy française ? Il y a une force et une beauté inouïes qui se tapissent au cœur de ces mots, de ces phrases : je suis vraiment tombée sous le charme de cette plume, riche et poétique, qui nous relate avec subtilité et finesse cette histoire qui se démarque indiscutablement de toutes les autres. L’autrice nous invite à partir à la rencontre de personnages tout en nuances qui ne sont ni bons ni mauvais, forts et fragiles à la fois, à la fois attachants et si distants, prêts à se déliter d’une seconde à l’autre et pourtant inoubliables. On ne sait sur quel pied danser avec eux, tantôt on les plaint, tantôt on les exècre. Rien n’est jamais tranché dans ce royaume où les légendes prennent vie, où la lumière et l’ombre se confondent dans le blanc de la neige qui apparait tantôt comme la renaissance d’un monde et comme la mort en marche. Et puis, l’autrice nous surprend, du début à la fin, elle nous offre des rebondissements inattendus, des révélations étonnantes : pas une seule fois elle ne tombe dans la banalité ou la simplicité …

En bref, vous l’aurez bien compris, c’est un véritable coup de cœur pour ce roman qui ne ressemble à aucun autre malgré les apparences, car les apparences sont souvent trompeuses. Bien sûr, au premier abord, on pourrait grincer des dents face à ce récit qui semble rempli de clichés et de stéréotypes, mais il suffit de quelques pages pour comprendre qu’il ne s’agit clairement pas d’une banale lutte entre un Seigneur des Ténèbres et un Elu de la Lumière. Et alors, on ne peut que se laisser captiver par cette histoire envoutante, entêtante, entrainante, par cette ambiance poétique, onirique, mélancolique … par la puissance de ces mots et de ce récit. C’est un roman de fantasy qui fait étonnamment écho aux grandes questions de notre société contemporaine : le réchauffement climatique qui détruit progressivement l’hiver qui repose la terre, la disparition de nombreuses espèces animales qui réduit progressivement à néant la diversité de notre planète, mais aussi la puissance des femmes et de leurs rêves, opprimés mais jamais éteints. Des thématiques qui surgissent en filigrane derrière cette histoire déjà si captivante et passionnante. C’est vraiment un excellent premier roman, et je souhaite le meilleure à cette autrice qui a un grand avenir devant elle !

http://lesmotsetaientlivres.blogspot.com/2020/06/les-chats-des-neiges-ne-sont-plus.html

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Lu aussi

https://bookshowl.blogspot.com/2020/07/les-chats-des-neiges-ne-sont-plus.html

Les chats des neiges ne sont plus blancs en hiver est un livre à la fois très classique et original. Je n'arrive toujours pas à savoir si j'ai aimé ou non ma lecture tant je l'ai trouvée abstraite et l'histoire simple. Mais ce livre, c'est avant tout une ambiance, des sentiments et un voyage ; et de ce côté là j'ai été complètement transportée. Merci beaucoup aux Editions de l'Homme Sans Nom pour l'envoi de ce livre.

Le récit est lent, très lent. Cela ne plaira pas à tout le monde mais personnellement j'ai beaucoup aimé. Noémie Wiorek nourrit le lecteur de plein de détails, d'odeurs, de nostalgie. Son univers a une très belle consistance, c'est tangible, réel et à la fois abstrait comme dans un rêve. Le style est très imagé et nous plonge au plus profond des sentiments des personnages. Le livre est ainsi vraiment original et unique de par son style alors que l'histoire en soit est assez simple.

Il s'agit d'une lutte entre la Lumière et les ténèbres. Certes, nous suivons principalement les "méchants", ce qui est assez original en soit (et j'ai adoré !) mais tout le propos du livre est de ramener la neige (et donc les ténèbres) sur les terres de Morz. Pour cela, Noir et ses troupes, aidés des sorcières, vont partir en guerre contre les humains et leur révérence pour la Lumière en anéantissant les représentants de leur Dieu-lion.

Mais l'auteure ne se cantonne pas à une vulgaire guerre entre le bien et le mal. Les motivations des personnages demeurent floues, la Lumière n'est pas aussi pure que ce que l'on peut croire et Noir n'est au final pas du tout ce que l'on pense. J'ai été étonnée par la fin qui n'est au finale positive pour personne, j'aurais aimé ressentir un peu d'espoir, mais je ressors étonnement triste de ma lecture.

Les chats des neiges ne sont plus blancs en hiver est un livre qui se vit. J'ai l'impression de ne pas avoir tout compris, de ressortir de ma lecture comme l'on émerge d'un rêve, mais ce n'est pas grave car j'ai ressenti énormément de choses en lisant. Ce livre est un voyage amer que je ne regrette absolument pas.

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Date de sortie

Les chats des neiges ne sont plus blancs en hiver

  • France : 2020-06-01 (Français)

Activité récente

Évaluations

Les chiffres

lecteurs 12
Commentaires 8
extraits 1
Evaluations 6
Note globale 7.67 / 10

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