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On s'est précipité vers la porte-fenêtre donnant sur la grande salle. Évitant de justesse un koala qui est passé au ras de nos têtes - sans doute un sort qui avait mal tourné -, on a plongé en plein chaos.

- Par Horus ! s'est exclamé Carter.

En réalité, il n’y avait pas de trace d'Horus dans la grande salle, mais à part ça, on y trouvait à peu près tout ce qu'on pouvait imaginer. Khéops, notre intrépide babouin, juché sur les épaules d'un vieux magicien, lui cognait la tête contre un mur tout en lui enfonçant sa propre baguette dans la gorge. Felix avait lâché tout un troupeau de manchots sur une autre qui, réfugiée à l’intérieur d'un cercle protecteur, répétait, visiblement traumatisée : " Non : Pas l'Antarctique ! Tout mais pas ça ! " Alyssa utilisait l pouvoir de Geb afin de colmater l'énorme brèche que l’ennemi avait ouverte dans le mur. Julian avait invoqué son premier avatar de combat et transperçait les démons avec une épée flamboyante. Même la sage Cléo courrait en tout sens, lançant à tout-va les mots magiques qu'elle déchiffrait sur des morceaux de papyrus : "Cécité ! ", " Culbute ! ", ou " Flatulences ! " (Entre parenthèses, ce dernier est drôlement efficace pour neutraliser un adversaire.)

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Sadie était ridicule avec son rouleau de parchemin enflammé - on aurait dit la statue de la Liberté, version hystérique - mais, de sa main libre, elle a fait apparaître sa principale arme offensive, un long bâton gravé de hiéroglyphes.

- Un conseil pour affronter un griffon ? m'a-t-elle demandé.

- Euh... Évite de te faire couper en rondelles par ses ailes.

- Merci, ça m'aide beaucoup.

J'ai lancé un ordre à Walt :

- Regarde s'il y a moyen d'ouvrir les fenêtres

- M-mais... Elles sont piégées !

-Je sais. Mais le griffon nous aura dévorés avant qu'on n'atteigne la salle de bal.

- D'accord,je vais voir ce que je peux faire.

- Jaz, file-lui un coup de main.

- Ces marques sur la vitre, a murmuré Jaz. Je les ai déjà vues...

- Dépêchez-vous !

Le griffon s'est rué vers nous. Ses ailes faisaient autant de bruit qu'une tronçonneuse. Sadie a lancé son bâton, qui s'est transformé en un tigre bondissant toutes griffes dehors.

Guère impressionné, le griffon a ouvert démesurément le bec, avalé le tigre et lâché un rot.

- Mon bâton préféré ! a gémi Sadie.

Le griffon s'est ensuite tourné vers moi.

J'ai serré fermement la poignée de mon épée, dont la lame s'est mise à briller. J'ai regretté de ne plus entendre la voix d'Horus dans ma tête : un dieu guerrier embarqué, ça motive pour commettre des actes de bravoure stupides.

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Jaz vient de Nashville où elle était pom-pom girl. Son prénom complet est Jasmine , mais je te déconseille de l'appeler ainsi, à moins que tu ne veuilles qu'elle te transforme en rhododendron. C'est une jolie blonde, dans le genre pom-pom girl. Pas mon type mais toujours prête à donner un coup de main et tellement gentille qu'on ne pouvait que l'aimer. Elle avait très vite montré des talents de guérisseuse, ce qui faisait d'elle une recrue précieuse quand une mission tournait mal, ce qui était le cas quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent.

Ce soir-là, elle avait caché ses cheveux sous un bandana noir et portait à l'épaule sa sacoche de magie marquée du symbole de Sekhmet, la déesse-lionne.

-On trouvera une solution, disait-elle à walt quand on a atterri près d'eux.

Walt a eu l'air gêné.

Comment décrire Walt ?

(Non, Sadie. Tu ne me feras pas dire qu'il est "canon". Attends ton tour.)

Walt a quatorze ans, comme moi, mais avec sa taille, il pourrait jouer en équipe junior de foot américain. En plus, il est bien bâti - à la fois mince et musclé- et il a des pieds immenses. Sa peau est un peu plus foncée que la mienne, et ses cheveux coupés ras ombrent à peine son crâne. En dépit du froid, il était tout juste vêtu d'un débardeur et d'un short noirs -pas la tenue standard du magicien, mais personne ne contrarie Walt. Il avait été notre première recrue. Il avait débarqué un jour à Seattle et avait manifesté un talent inné pour la fabrication des charmes. D'ailleurs, il portait autour du cou une collection d'amulettes de sa confection.

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- Bonjour Rê, a dit Apophis d'un ton faussement amical. Ça faisait longtemps.

Une voix chevrotante s'est échappé de derrière le trône :

- Veux pas jour. Va-t'en.

- Allons, l'a grondé Apophis. Toi et moi, on s'amusait bien ensemble. Chaque nuit, on jouait à qui tuerait l'autre, tu te rappelles ? Tu veux une friandise ?

La tête chauve de Rê a surgi au-dessus du dossier.

- Friandise ?

- Une datte fourrée, ça te dit ?

Une datte est apparue dans la main d'Apophis, qui a repris :

- Tu adorais ça, autrefois. Pour l'avoir, tu n'as qu'à t'approcher et me laisser te dévo... te l'offrir.

- Veux un cracker, a répliqué Rê. Un cracker au wombat.

Crois-le ou non, mais cette demande incongrus a probablement sauvé l'univers.

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On a couru à travers un dédale d'allées, rasant les murs chaque fois que l'ombre de la déesse-vautour se profilait au-dessus de nous. Les rugissements de Baba parvenaient toujours à nos oreilles - apparemment, il continuait à dévaster le voisinage et à gâcher la journée des gens qu'il croisait - , mais, pour l'instant du moins, il semblait avoir perdu notre trace.

A un moment, on a atteint un embranchement. Devant nous se dressait une petite église comme on en voit beaucoup à Londres - un morceau de Moyen Âge coincé entre un Caffè Nero et une pharmacie dont l’enseigne au néon proposait trois produits capillaires pour une livre; L'église possédait un minuscule cimetière, mais je n'y aurait pas prêté attention si quelqu'un n'avait pas murmuré mon prénom à travers la grille rouillée :

- Sadie...

C'est un miracle si mon cœur n'a pas explosé. En retournant, je me suis trouvée face à Anubis sous sa forme humaine - un garçon aux cheveux ébouriffés par le vent et aux yeux d'un brun profond, vêtu d'un tee-shirt du groupe de rock The Dead Weather et d'un jean noir qui le mettait très en valeur.

Quand mes copines voient un beau gosse, elles perdent toute dignité. On dirait que leur cerveau cesse brusquement de fonctionner.

-Liz a commencé à s'exprimer par monosyllabes avec une respiration saccadée, comme si elle s'entraînait à l'accouchement sans douleur :

- Oh... Ah... Hi... Qui... Que...

Les jambes d'Emma l'ont lâchée et elle s'est affalée sur moi.

Je les ai fusillées du regard avant de m'adresser à Anubis :

- Enfin un visage amical ! Pas trop tôt... Il y a un babouin et un vautour qui essaient de nous tuer. Si c'est pas trop demander, tu voudrais bien nous en débarrasser ?

A l'expression d'Anubis, j'ai compris qu'il n'apportait pas de bonnes nouvelles.

- Entrez dans mon territoire, a-t-il dit en ouvrant la grille du cimetière. Il faut qu'on parle, et on n'a pas beaucoup de temps.

- To... territoire ? a bredouillé Emma.

- Qui... Ah ? a fait Liz en écho.

-Chut ! leur ai-je dit en m'efforçant de paraître impassible, comme si j'avais l'habitude des rencards dans les cimetières avec des types canon.

J'ai jeté un coup d’œil vers l'extrémité de la rue. Aucun signe de Baba ni de Nekhbet, mais on entendait toujours le babouin rugir et le vautour crier : " Par ici ! Par ici ! " avec la voix de ma grand-mère - si toutefois ma grand-mère avait bouffé du gravier et pris des stéroïdes.

- Attendez-moi, ai-je ajouté avant de franchir la grille.

La température s'est aussitôt abaissée; Les pierres tombales paraissaient trembler dans la brume qui s'élevait du sol détrempé, et tout semblait flou au -delà de la grille. Ce n'était pas Anubis qui me faisait cet effet - quoique - mais le cimetière existait simultanément sur deux plans, e mien et le sien, la Douât.

Il m'a guidée jusqu'à un sarcophage de pierre effrité devant lequel il s'est incliné :

- Vous permettez, Beatrice ?

L'inscription sur le sarcophage était effacée depuis des siècles, mais j'ai supposé que la morte qui reposait à l'intérieur se prénommait Beatrice.

- Merci, a dit Anubis en s'asseyant. Elle n'y voit pas d'inconvénient, a-t-il ajouté, me faisant signe de le rejoindre.

Je me suis assise à mon tour, avec un brin d'appréhension.

- Le Nome Dix-Huit, a repris Anubis.

- Pardon ?

- C'est là que tu dois te rendre. Vlad Menchikov conserve la deuxième partie du papyrus dans le premier tiroir de son bureau, dans son quartier général de Saint-Pétersbourg. C'est un piège, bien sûr. Il espère vous appâter parce ce moyen, ton frère et toi. Mais vous n'avez pas le choix. Je vous conseille d'y aller dès ce soir, avant qu'il ait fini de renforcer son système de défense. Et, Sadie... Si les autres dieux apprenaient que je t'ai dit tout ça, j'aurais de gros ennuis.

Je l'ai regardé. Parfois, il se comportait tellement comme un ado que j'en oubliais qu'il était âgé de plusieurs milliers d'années. C'est sans doute parce qu'il menait une existence retirée parmi les morts, indifférent au passage du temps. Il aurait eu intérêt à sortir plus souvent.

- Tu aurais des ennuis ? Anubis, je te suis très reconnaissante, mais sans vouloir te vexer, je risque davantage que toi. Mes grands-parents sont possédés par deux divinités hostiles. Un coup de main serait le bienvenu.

Il a écarté les bras dans un aveu de faiblesse.

- Je regrette, mais je ne peux pas intervenir. Je te l'ai déjà dit, le corps que tu vois n'a pas de réalité physique.

- Dommage, ai-je marmonné.

- Quoi ?

- Rien. Continue.

- Je peux me manifester dans des endroits dédiés à la mort, comme ce cimetière, mais en dehors de mon territoire, je suis presque impuissant. Si tu étais morte et que tu souhaitais un bel enterrement , je pourrais te donner satisfaction, sinon...

- Merci quand même !

Le rugissement du dieu-babouin a retenti tout près. Il y a eu un bruit de verre brisé suivi d'une chute de pierre. Emma et Liz m'appelaient, mais leurs cris me parvenaient assourdis et déformés, comme si elles se trouvaient sous l'eau.

- Si je repars sans mes amies, ai-je demandé à Anubis, est-ce que les dieux les laisseront tranquilles ?

Il a secoué la tête.

- Nekhbet traque les faibles. Elle cherchera a t'atteindre à travers elles. C'est également pour ça qu'elle s'en ai prise à tes grands-parents. Le seul moyen de l'arrêter est de l'affronter. Quant à Baba, il réunit les pires attributs de votre ordre, les primates : la rage meurtrière, la force incontrôlable...

- "Notre" ordre ? Je rêve ou tu viens de me traiter de babouin ?

Anubis m'a jeté un regard où j'ai lu de l'étonnement et aussi de l'admiration.

- J'avais oublié à quel point tu étais agaçante, a-t-il soupiré. Ce que je voulais dire, c'est qu'il te tuera pour le seul plaisir de le faire.

- Et bien sûr, tu ne peux rien pour moi.

Ses magnifiques yeux bruns se sont emplis de regrets.

- Je t'ai parlé de Saint-Pétersbourg.

Bon sang, comment peut-on être à la fois aussi séduisant et exaspérant ?

- Avec ça, je suis bien avancée ! Autre chose, avant que je retourne me faire massacrer ?

Il a ouvert la main, et une sorte de couteau en pierre noire s'est matérialisé sur sa paume. On aurait dit le rasoir de Sweeney Todd, long, incurvé, et redoutablement tranchant.

- Prends ça, m'a-t-il dit. Ça te sera utile.

- tu as vu la taille du bestiau ? Tu crois qu'il va me laisser le raser gratis ?

- Cela n'est pas destiné à Baba ni à Nekhbet. Tu en auras bientôt besoin pour quelque chose de plus important. C'est un netjery. On l'utilise pour un rituel dont je t'ai parlé : l'ouverture de la bouche...

- Merci. Si je survis, je te promets de m'en servir pour ouvrir la bouche de quelqu'un.

Soudain Liz a hurlé :

-Sadie !

A travers la brume , j'ai aperçu Baba qui se dirigeait d'un pas lourd vers l'église. Il nous avait retrouvées.

- Prenez le métro, a suggéré Anubis en m'aidant à me relever. Il y a une station à une centaine de mètres vers le sud. Ils risquent moins de vous repérer sous terre. Le fait de traverser l'eau affaiblit également les créatures de la Douât. Si tu dois combattre ces deux-là, fais en sorte que ça se passe sur un pont. Oh ! et j'ai demandé à ton chauffeur de venir te chercher.

- Mon chauffeur ?

- Oui. Il avait prévu de n'arriver que demain, mais...

Une boîte rouge de la Royal Mail a volé à travers les airs pour s'écraser sur le bâtiment voisin de l'église. Emma et Liz m'ont crié de me dépêcher.

- Va, maintenant, m'a dit Anubis. Je ne peux rien faire de plus. Une dernière chose : bon anniversaire, Sadie.

Il s'est penché vers moi et a déposé un baiser sur mes lèvres avant de s'évanouir dans la brume. Le cimetière a retrouvé son aspect normal, immuable, du moins dans ce monde-ci.

J'aurais dû être furieuse contre Anubis. M'embrasser par surprise... Quel culot ! Mais je suis restée paralysée devant le sarcophage de Beatrice jusqu'à ce qu'Emma m'appelle :

- Sadie,viens vite !

Chacune de mes amies m'a saisie par un bras, et j'ai enfin retrouvé l'usage de mes jambes.

On a couru jusqu'à la station de Canary Wharf, poursuivies par le babouin qui pulvérisait tout sur son passage. Nekhbet l'exhortait de sa voix strident :

- Viiiiite ! Elles s'enfuient ! Tue-les !

- C'était qui ce garçon beau comme un dieu ? a demandé Emma au moment de plonger à l'intérieur de la station.

- Euh, un dieu, justement...

J'ai glissé le couteau noir dans ma poche et dévalé l'Escalator, les lèvre encore brûlantes de mon premier baiser.

Et si je fredonnais " Joyeux Anniversaire " avec un sourire idiot en fuyant devant la mort, ça ne regardait que moi, d'accord ?

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J'ai appuyé mon dos contre la porte du salon.

- Je sais qui tu es, ai-je prétendu en repassant en esprit la liste des dieux égyptiens.

Je n'avais pas la même facilité que mon frère pour mémoriser tous ces noms bizarres - ça n'a rien d'un compliment Carter. Ça signifie juste que tu es aussi bizarre qu'eux - mais à force de les répéter à mes élèves, j'avais fait des progrès. Si je parvenais à découvrir celui de mon adversaire, il me donnerait un pouvoir sur elle. Un oiseau noir à l'allure sinistre, qui se nourrissait de cadavres...

A mon grand étonnement, ça a marché.

- Tu es la déesse-vautour ! Nugget...

- Nekhbet ! a craché la vieille sorcière.

Je n'étais pas tombé loin.

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Carter et Bès:

-La personne qui t'as libéré, ai-je dit. C'était une déesse, pas vrai? Pas Bastet, mais une autre, avec qui t'avais une relation.

Les doigts de Bès sont devenus blancs sur le volant.

-Gamin?

-Ouais?

J'suis content qu'on ait eu cette conversation. Maintenant, si tu tiens à tes dents...

-Je ferais bien de me taire.

-Très juste. De toute manière, a-t-il ajouté en freinant d'un coup sec, on est arrivée.

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Sadie portait une tenue identique à la mienne mais avec des bottes militaires. Sa chevelure blonde était striée de rouge - très indiqué, pour une opération exigeant une discrétion absolue. Avec ses yeux bleus et son teint clair, elle ne me ressemblait pas du tout, mais ça m'arrange - comme ça, quand elle se conduit trop bizarrement, je peux toujours prétendre ne pas la connaître.

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- "Bebsi" ? ais-je lu.

- Pepsi. La lettre "p" n'existe pas en arabe.

- Alors, les gens d'ici boivent un Bebsi avec leur bizza ?

- Brobablement.

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- Ben voyons ! "Bonsoir, messieurs dames. On doit hisser une statue de trois tonnes sur le toit par magie. Veuillez excuser le dérangement."

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