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Ses mains empoignèrent mes hanches pour me rapprocher de lui, il arrêta mon corps quand mon visage fut à hauteur du sien.

— C’est dur, tu sais.

— Oh oui, je le sens…

— De te résister, petite coquine, mais je vois que tu es toujours aussi affamée.

— Toujours et énormément quand il s’agit de toi.

— Que vais-je faire de toi ?

— Ce que tu veux.

— Ravi de l’entendre, je serai très honoré de te faire l’amour, en prenant mon temps, un temps considérablement long.

J’étouffai un soupir, il rigola et embrassa mon front.

— Mais alors quand tu dis : « en prenant mon temps », c’est long genre excessivement long ou alors scandaleusement long ?

— Eh bien, disons qu’effectivement, ma louve, tu risques d’être excessivement scandalisée...

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Prologue

Torian

Une force incroyable grogna en moi, je ne pus l’ignorer. Elle fit battre mon cœur plus fort encore, se répandit dans tout mon corps, me remplissant d’une adrénaline nouvelle. Mon sang pulsa dans mes vaisseaux, plus vite et plus fort, chargeant chaque veine, chaque artère, chaque vaisseau sanguin, alimentant chacun de mes muscles et de mes organes d’un renouveau irrésistible…

J’avais encore une bonne heure à tirer avant de rentrer, mais je ne pouvais résister à cet appel primitif qui courait dans mon corps. Mon loup, ma deuxième partie, grogna en moi : lui aussi voulait goûter à cette force nouvelle, à cette tentation qui me remplissait à présent totalement. Cette tentation stimulante activa le premier stade de ma transformation et je sentis mes yeux prendre une tout autre couleur que leur noir habituel. Je dus serrer mes poings pour réussir à me maîtriser et à chasser de mon esprit cette envie de devenir loup. Cela faisait quelques mois maintenant que je n’avais pas eu autant de mal à les contrôler. Depuis Neliel. Dieu, que ça avait été dur de lui cacher ça, de lui résister, alors que tout en elle m’appelait. À l’aéroport, la première fois que je l’avais vue, j’avais dû user de n’importe quoi pour ne pas qu’elle me regarde dans les yeux, elle me rendait fou sans même qu’elle ne fasse rien. Mon loup la désirait lui aussi, et autant que moi.

C’était la première fois depuis ma transformation que je perdais aussi facilement le contrôle de lui et de moi. Pourtant, s’il y avait bien un truc que j’avais appris et retenu de mon enseignement, c’était bien de gérer mes émotions.

En revenant et en croisant ma route, ma charmante humaine avait balayé presque tous mes principes. Mais qu’importe, elle était à moi, maintenant. La première fois que je l’ai vue, de toute ma vie, jamais je n’avais aperçu de choses aussi belle qu’elle. Jamais je n’avais été autant fasciné par une femme. La première seconde où je l’avais découverte, elle rigolait dans une voiture, je ne savais pas encore qu’elle serait mon empreinte. La seconde d’après, comme un ralenti, j’avais vu son véhicule s’encastrer dans un mur de plein fouet et jamais je n’avais eu autant peur pour une femme dont j’ignorai tout. J’avais pu respirer et souffler à nouveau quand je l’avais sortie de la voiture et qu’elle était encore en vie, et alors que j’étais en train de connaître le plus beau moment dans la vie d’un loup, on m’avait tout repris… Puis le destin s’était à nouveau mis sur nos routes et elle m’était revenue, m’appartenant pour la seconde fois de sa vie.

Je secouai la tête pour chasser son merveilleux visage de mon esprit, ce n’était pas en pensant à elle que j’allais réussir à me dominer, bien au contraire. Une heure plus tard, je pus enfin sortir, l’air frais du soir me fit du bien. Mon téléphone sonna, le message de Neliel datait déjà d’il y avait une heure.

« Entre deux cours, je pense à toi, j’ai encore une heure à faire avant de rentrer, j’ai hâte. Tu me manques, j’ai très envie d’être dans tes bras. Je t’aime. »

La force que j’avais ressentie entra à nouveau en fusion en moi, elle gronda et cette fois-ci je la laissais recouvrir mon corps tout entier. Neliel était apparemment le déclencheur d’une nouvelle adrénaline. Je levai les yeux au ciel, la lune brillait, elle était grosse, mais ce n’était pourtant pas la pleine lune et cependant, comme les soirs où elle savait m’attirer irrévocablement à elle, j’avais une envie irrépressible de lui obéir. Le magnétisme qu’elle dégageait affolait le loup en moi et je ne pouvais résister à ça.

— Détective, excusez-moi, je voudrais…

— Un problème ? grognai-je.

— Non, je… Est-ce que ça vous dirait de prendre un café ?

Un café, vraiment ? Mon loup grogna en moi, j’étais absolument d’accord avec lui.

Neliel, ma Neliel, ma louve, mon Empreinte…

— Merci pour l’invitation, mais non merci.

Elle me regarda bouche bée, l’air enamouré, les yeux presque brillants de larmes.

Putain de merde, mais quelle poisse !

Elle me regardait toujours comme une idiote. Avant, j’aurais sûrement sauté sur l’occasion pour la baiser, par simple envie de goûter la chair humaine, mais maintenant, il m’était impossible d’imaginer mes mains touchant le corps d’une autre femme. Je ne voulais pas être blessant ou méchant, mais c’était ainsi, elle n’était en rien celle qui me rendait fou, elle ne le serait jamais.

— Ça ne sera qu’un simple café, insista-t-elle quand je commençais à tourner les talons.

— Ça ne sera qu’un café de trop. Je préfère accorder ce temps à ma femme, je suis désolé.

Son sourire timide se transforma, sa respiration s’accéléra tout comme les battements de son cœur. Qu’importe, j’en avais rien à battre, elle n’avait jamais rien éveillé avant l’arrivée de Neliel et ce n’étais pas demain la veille, j’aimais comme un fou mon Empreinte, point barre.

— Désolé, ajoutai-je assez brutalement en voyant qu’elle me regardait encore.

— Ce n’est rien, je comprends, lança-t-elle.

Quelques minutes plus tard, j’enfourchai ma moto. L’adrénaline monta en moi, je poussai les vitesses à fond, jusqu’à ce qu’à l’orée d’une forêt, mon loup, la nouvelle force qui parcourrait mon corps et moi-même ne puissions plus nous défaire de l’appel qu’elle lançait.

Je me garai rapidement et me débarrassai de mes affaires, que je cachai sur les branches d’un arbre. Puis lentement, je laissai la force me consumer et le loup en moi ne faire qu’un avec nous. Mes yeux se liquéfièrent rapidement, un duvet noir commença à recouvrir ma peau. Chaque parcelle de ma peau et de mon corps changea, et d’homme je devins le loup noir. Mes pattes tombèrent au sol et je pus apprécier chaque partie de la forêt. La force en moi éclata et je me mis à hurler, ce n’était absolument pas de la douleur, mais plutôt un renouveau. Au même instant, un lapin fila entre les arbres ; alerte, je filtrai ses mouvements, les bruits qu’il faisait et l’odeur qu’il dégageait. J’étais fort, malin, agile, lui était grassouillet et ignorant. Alors que j’allais le croquer, un cri plus grand, plus fort, me fit lever la tête. J’avançai à travers la forêt tel l’animal que j’étais, silencieux, un véritable prédateur. Je stoppai ma ballade quand j’aperçus l’immense bestiole qui avait permis au lapin de m’échapper : un ours. Il était en train de déchiqueter ce qui restait d’un cerf, ou d’une biche. Fasciné, je regardai l’animal, jusqu’à ce qu’il me repère enfin. Tel un fauve, il grogna pour me prévenir que j’étais sur son territoire, que c’était lui le chef.

C’est un duel que tu veux, mon gros ? Alors je vais te montrer…

Je lui montrai mes crocs et je fonçai vers lui en hurlant, le choppant à la gorge. La plainte qu’il lança me fit presque pitié, il était censé être beaucoup plus fort. D’un coup de patte, il m’envoya contre l’arbre et me chargea, je me redressai et sautai sur lui…

****

Je me réveillai en sursaut, complètement groggy. J’avais un putain de mal de crâne. Pourquoi est-ce que j’étais si shooté d’un coup ? Je l’ignorai, mais je n’eus pas le temps de m’attarder sur cette question, car la seule chose qui savait guérir toutes les douleurs était dans mes bras. Elle remua dans son sommeil et son petit corps menu se lova contre moi. J’enroulai mon bras autour de sa taille, elle frissonna au contact de ma peau ; même dans son sommeil, son corps était en fusion avec le mien. Neliel n’était pas très grande, elle avait beau mesurer vingt-six centimètres de moins que moi, elle avait des formes là où le Seigneur voulait qu’elles soient. Ses hanches étaient sans doute les plus adorables que je n’ai jamais vues, et son ventre plat aussi. Sans parler de la courbe de ses fesses et de sa chute de reins.

Dieu qu’elle était belle, elle n’avait absolument aucun défaut. Son corps était parfait en tout point, que ce soit ses petites taches de rousseurs qui recouvraient l’intégralité de son corps en passant par ses fesses ou ses seins. J’avais exploré sa peau et chaque parcelle de son corps, je le connaissais par coeur, je lui avais montré de mille façons que je l’aimais et jamais je n’avais réussi à me rassasier de ce désir qu’elle faisait toujours naître en moi. Je me lovai encore plus contre elle, c’était un besoin. Réceptives, ses jambes se mêlèrent aux miennes mais elle ne se réveilla pas pour autant. Son corps savait m’obéir. Ma douce Neliel plaça sa tête contre mon épaule, ses longs cheveux cachaient son visage. S’il y avait bien quelque chose qui me rendait fou chez elle, c’était sa chevelure de feu, elle m’ensorcelait toujours. Je pris une longue mèche entre mes doigts et la portai à mon nez.

Mmh, cette odeur.

La mèche s’enroula naturellement autour de mon doigt.

— Torian, murmura-t-elle d’une voix ensommeillée.

— Rendors-toi, ma louve.

Elle gloussa avant de retomber dans le sommeil. Le lendemain matin, je me réveillai dans un lit vide, mon fantasme n’était plus avec moi. Mais sa nuisette gisant sur le sol et la porte de la salle de bains entreouverte étaient une invitation à laquelle je fus incapable de résister. Je restai un long moment contre la porte à la regarder nue se raser, c’était intime et peut-être pas sexy pour certains, mais tout ce qui touchait le corps de Neliel, moi, je trouvais ça infiniment beau et sensuel. Quand elle me remarqua enfin, ses joues s’empourprèrent.

— Bonjour, murmura-t-elle.

— Bonjour.

Elle s’avança vers la douche et commença à faire couler l’eau. Je m’approchai tel un prédateur avide de viande. Je me débarrassai rapidement de mes vêtements avant de la prendre dans mes bras. Je la fis entrer dans la douche et me plaçai à sa place sous le jet d’eau, l’appartement avait beau être refait à neuf, la tuyauterie avait toujours du mal à cette période de l’année. Dès les premières gouttes d’eau chaude, je lui laissai ma place, regardant comme un gosse les perles d’eau glisser le long de ses formes. Elle perçut mes yeux brûlants et se mordit les lèvres. Incapable d’en être loin plus longtemps, j’empoignai son menton et posai mes lèvres sur les siennes, elle poussa un petit cri qui m’incita au vice plus encore. Nos langues s’emmêlèrent dans une danse érotique un long moment. Quand je sentis son souffle rauque, je me stoppai, ne quittant pas sa bouche pour autant. Elle me servit un merveilleux sourire.

— Je ne t’ai pas entendu rentrer hier soir, tu es rentré tard ?

— Oui, répondis-je. J’ai dû penser un peu trop à toi hier et, au bureau, j’ai senti comme une nouvelle adrénaline. Je me suis arrêté au bord d’une forêt et je me suis transformé.

— Tout va bien ? demanda-t-elle, soucieuse.

— Certainement, lupa.

Elle soupira doucement et m’échappa des mains pour s’abaisser et prendre le gel douche.

— Je te lave ?

Mon loup s’éveilla, alors que chacun de mes muscles étaient en train de se raidir à cause de la sensualité de sa demande.

Tu ne vas pas lui dire non, quand même ? Imagine ses mains savonneuses…

Alors pour simple réponse, je lui donnai un grognement incontrôlé. Ses douces mains glissèrent sur mes bras, mes avant-bras, mes épaules, mes omoplates, mes muscles se tendirent à chaque passage de ses doigts. Le savon fit glisser ses mains, elle remit du gel douche pour laver mon torse, du bout de ses doigts. Elle passa sur chaque sillon de mes muscles, sur chaque ondulation.

— Tu es parfait.

Je ne pus la contredire et alors que ses doigts continuaient de me laver bien plus bas que mon ventre, je m’abaissai légèrement, partant moi aussi à l’exploration de son corps. Ma bouche en feu déposa des baisers sur sa peau soyeuse, puis avec ma langue, je m’amusai à refaire le même chemin.

— C’est bon, souffla-t-elle.

J’adorais quand elle faisait ça, quand elle m’incitait à prendre soin d’elle. Elle continua à me caresser. Nous étions propres tous les deux, j’avais affreusement envie de nous salir encore et encore. Je fis glisser ma bouche plus bas que son cou, elle se cambra naturellement pour m’offrir sa poitrine. Et quand naturellement ma langue se mit à caresser la pointe durcie de ses seins, elle agrippa mes cheveux à l’arrière de mon crâne, me pressant de continuer. J’entendis parfaitement le petit raté de son coeur et avec un grand sourire, je léchai son lobe d’oreille. Puis je descendis le chemin de son cou jusqu’à sa clavicule, que je mordis au passage. Elle lâcha un gémissement qui me donna l’envie de continuer mon chemin. Mon envie d’elle devenait de plus en plus intense. Au bout de plusieurs longues minutes de baisers interminables et sensuels, je libérai ses mains. Elle caressa mon visage et colla son front au mien, elle passa ensuite sa main sur ma bouche, puis dans mes cheveux. Elle embrassa mon menton à nouveau, puis remonta l’arrondi de mon visage en y déposant des baisers. Elle remonta ses lèvres jusqu’à mon oreille. Son corps remua doucement contre le mien, ce qui réveilla une envie plus grande encore.

Oh, lupa, pour le coup, toi aussi tu es parfaite.

— Je t’aime, soufflai-je contre sa peau, qui s’embrasa davantage.

— Moi aussi, détective, et j’ai infiniment envie de toi.

— Tu vas être en retard, non ?

Quoi ?

Elle rigola, tout comme mon loup. Qu’est-ce qui venait de me prendre ?

— C’est le week-end, je ne reprends pas avant lundi.

— Alors, tu disais infiniment envie de moi, c’est ça ?

— Oui, pouffa-t-elle, mutine.

Je sortis de la douche avant elle, chopant deux serviettes, l’une que j’enroulai autour de moi et l’autre que je passai autour de son corps à elle. Je perçus un sourire taquin, voire moqueur sur ses lèvres.

— Qu’est-ce qui te fait rire ?

— Je pensais à tes fesses, répondit-elle en me lançant un sourire radieux.

— Et alors, verdict ?

— Elles sont parfaites, absolument parfaites, lança-telle en mimant un pelotage.

J’éclatai de rire et elle m’imita en faisant tomber sa serviette, elle tira sur la mienne et m’attira sauvagement contre elle.

— J’ai faim, minauda-t-elle.

Oh, moi aussi, ma louve, une faim de loup…

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Je ne pus manger pendant le laps de temps imparti où le oui était sorti de ma bouche, j’avais été

incapable de manger quoi que ce soit, même le sang de Torian me restait sur l’estomac. J’étais plus stressée que jamais alors que dans ma vie j’avais connu des moments plus stressants que ça, mais non, rien que d’y repenser, mon corps était à nouveau secoué de spasmes.

J’étais seule dans la salle de bains, cloîtrée, car je n’avais pas le droit de regarder ce qui se passait à

l’extérieur. C’était une absolue surprise, tous étaient de mèche avec Torian, j’étais la seule à ne pas savoir ce qui m’attendait. Alors que les gens rigolaient dehors, je me glissai dans le bain. J’y étais depuis un moment quand Blody fit irruption dans la pièce. Une angoisse profonde était en moi, j’ignorais pourquoi…

— Hime.

— Salut, toi.

— Les bouts de tes doigts sont tous fripés.

— Je suis désolée.

— Et de quoi ? D’être tellement amoureuse que tu stresses d’autant plus pour ce soir que lorsque tu te retrouves avec trois vampires ?

— Oui.

Elle se pencha vers moi et embrassa mon front. Il n’y avait pas besoin de plus de mots, elle était là

pour moi. Je sortis du bain, fébrile, elle enroula la serviette autour de moi, puis une fois séchée, j’enfilai une tenue décontractée le temps qu’elle me prépare. Il n’y avait qu’une seule personne au monde à qui j’aurais confié ma tête le jour de mon mariage. La seule personne apte à me coiffer et à

me maquiller, c’était elle. Blody poussa le vice quand elle posa une serviette sur le miroir pour que je ne me voies pas.

— Pas question que tu vois ce chef d’oeuvre avant que tu n’aies enfilé ta robe et tu aies pris un temps considérablement long pour t’admirer.

— D’accord.

— C’est une fois dans une vie. Hime, ça va ?

— Oui.

Je me mis alors à pleurer, c’était monnaie courante ces temps-ci, cette fois plus que les autres.

Elle passa un temps considérablement long à s’occuper de mes cheveux et à dompter mes boucles.

— Voilà, s’écria-t-elle. Maintenant tu ne triches pas, tu t’habilles, tu prends ton temps et ensuite tu te regardes. D’accord ?

— Merci.

— Pas de merci, tu es ma soeur.

À présent seule, je tournai dos au miroir et enfilai ma robe, je pris le temps moi aussi de découvrir chaque sensation que ça me procurait, le stress commençait doucement à partir, pour laisser place à

une force intérieure puissante, à un désir incroyable. Lorsque je fus prête, je pris la serviette qui cachait le miroir entre mes doigts tremblotants, je tirai dessus.

Avant Torian, personne n’avait fait attention à moi, ou si peut-être un peu, il serait idiot de dire que j’avais été le vilain petit canard. Mais avant lui, jamais je ne m’étais sentie belle et apte à attirer le regard. À présent, j’étais belle, je me sentais belle, car je l’étais à ses yeux. J’ouvris lentement les miens pour croiser le regard émeraude de la jeune femme en face de moi. Elle était remarquablement belle, je poussai un soupir, car si la jeune femme en face de moi était belle, eh bien moi alors j’étais d’une beauté à couper le souffle. Je ressemblai à une princesse, dans cette robe j’étais une autre personne, elle épousait mon corps avec une perfection incroyable, une seconde peau.

— Tout va bien ? me demanda Blody à travers la porte.

— Oui, donne-moi encore cinq minutes, s’il te plaît.

Elle rigola. L’ignorant, je reportai mon attention sur mon reflet. Le maquillage de ma meilleure amie était sobre, parfait. Elle avait mis mes yeux en valeur, faisant ressortir l’éclat du vert, ils paraissaient plus grands encore. Sur ma bouche, il n’y avait qu’une touche de rouge, mais elle rendait mes lèvres plus pulpeuses qu’elles ne l’étaient vraiment et surtout ça faisait ressortir mes boucles rousses. Je n’avais pas oublié le moment où aux falaises de Moher Torian m’en avait parlé, il aimait la longueur de mes cheveux et il aimait quand ils encadraient mon visage. Alors naturellement, Blody avait fait de ma demande une oeuvre d’art, avec elle un simple chignon sauvage avait pris des allures de coiffure complexe, elle avait laissé tomber sur mes épaules de longues mèches incandescentes.

Quant à ma robe, ma foi, elle était digne des plus grands couturiers, elle avait était faite sur mesure en un temps absolument record.

Je devais cette merveille à la couturière qui avait fait la robe de mariée de la maman de Torian.

Mais ma robe n’était pas tout à fait normale, elle était comme la famille qui était maintenant la mienne, magique. Grâce à un fil et une aiguille magique, la couturière avait tissé une robe qui selon elle sortait de ma propre imagination. Zohra, Blody et moi étions restées très dubitatives au départ quand elle nous avait expliqué ça. Abbie – la mère de Torian – avait éclaté de rire en disant qu’elle avait réagi de la même façon à l’époque. Mais la couturière était une sorcière spécialisée dans la confection de vêtements magiques pour créatures magiques. Elle nous avait alors montré comment une sorcière digne de ce nom confectionnait des vêtements, et il était indéniable qu’elle était d’une force incroyable. Elle m’avait même avoué lorsque nous nous étions retrouvées seules que mon lycan

était venu lui demander de lui fabriquer une bague de fiançailles. Astrée, la couturière, avait ensuite mis autour de mon poignet un fil nacré, ma peau avait répondu en émanant une douce brise, puis elle avait essayé d’autres couleurs, prétextant que l’aura dégagée par le fil et mon corps n’avait pas été

assez forte, que ma robe devait être en deux couleurs. La seconde ne fut pas longue à trouver, après avoir essayé le fil noir, mon corps n’avait pas réagi ou si peu, par contre, le rouge avait enflammé

ma peau, ma robe allait donc être rouge et blanche… Le fil blanc noué à mon poignet droit avait donc confectionné ma robe sous la tutelle d’Astrée, le rouge noué à mon poignet gauche avait achevé les finitions.

Elle était parfaite, tout simplement, car c’était la robe que mon esprit avait créée. Je me tournai sur le côté afin de me voir de profil. La robe était en soie immaculée blanche mélangée à une dentelle rouge qui semblait flotter et danser autour de moi, dans mon dos le croisement de la dentelle rendait la cambrure de mon dos plus belle.

Quand je fus prête, j’ouvris le loquet et laissai entrer Abbie et Blody. Ma meilleure amie s’approcha de moi, les yeux pleins de larmes.

— Tu es tellement belle, m’assura-t-elle.

Abbie s’approcha de moi et m’étreignit, elle aussi avait énormément d’émotion dans les yeux.

— Neliel, ma chérie, tu es assurément magnifique, tu vas briller ce soir. Je suis certaine que de làhaut, tes parents ne pourront pas te rater, c’est impossible.

— Cette dentelle rouge, c’est magique, on dirait des perles flottantes.

Effectivement, ce petit détail, cette dentelle rouge donnait à la robe une dimension différente, elle donnait l’impression qu’un nuage rouge sang était en train de flotter autour de moi. Ce détail, selon

Astrée, était un sentiment ancré très fort en moi, il était à la fois sombre et lumineux. Il symbolisait l’amour que je ressentais pour Torian, mais aussi le souffle de vie qu’était son sang pour moi.

— Hime, tu me réserves une danse de la victoire sur la piste ?

— Oui, ce soir plus que jamais, je te le jure.

On frappa à la porte, elle rigola.

— Bon, je cède ma place, je vais rejoindre les autres. Je t’aime, Hime, tu vas l’éblouir, il en sera tellement retourné que ses yeux pétilleront autant que le jour de l’Empreinte.

Blody sortit suivie d'Abbie et alors, dans l’encadrement de la porte se dessina une grande silhouette.

Je levai les yeux, lui…

— Bonjour, petite fille.

— Calen, murmurai-je en me blottissant contre lui, tu es là.

— Certainement, je n’aurais raté pour rien au monde le jour de ton mariage, décidé sur un coup de tête par un lycan aveuglément amoureux d’une fille trop petite, ma belle Neliel.

— Neliel ? Tu as dit Neliel ? Ce mot n’avait jamais franchi tes lèvres.

— Que veux-tu, je me suis dit qu’aujourd’hui, exceptionnellement, pourquoi pas essayer de le dire.

— Alors ce n’est pas trop dur à prononcer ?

— Non, ça va, c’est plus facile que je ne l’avais cru, rigola-t-il en caressant ma joue.

— Redis-le.

— Neliel, tu es vraiment splendide, j’ai vu beaucoup de mariées dans ma vie, tu es largement dans le top cinq.

— Suis à quelle place ?

— La quatrième. Tu veux savoir qui est devant ?

— Non, savoir que je suis dans ton top cinq me suffit amplement…

Mon mentor s’avança alors vers moi, me prit la main et s’assit sur la chaise posée dans le coin.

— Il faut que je te parle très sérieusement avant que tu ne te maries.

— Quoi ?

— Nous avons encore de longues minutes devant nous, tu me permets ?

— Je crois, oui…

— Tu es un soleil, pour moi, gamine.

— Euh…

Mes joues s’empourprèrent et je ne sus où regarder. Il éclata de rire et entoura mes épaules de ses bras.

— J’ai connu beaucoup de monde dans ma vie et je sais où peuvent mener les guerres, j’aurais pu en un coup de crocs tuer cet abruti de Hitler, mais je n’ai jamais jugé que je devais intervenir.

L’Histoire devait s’écrire, point final. J’ai vu tellement de choses, j’en ai entendu tellement d’autres…

Et puis, il y a eu toi, victime d’une jalousie même pas réciproque, femme d’un lycan transformée en vampire. C’était contraire à toutes choses, j’ai vu la détresse dans les yeux de ton loup, c’était très déroutant. Si je t’ai prise sous ma coupe ainsi, c’était pour que tu retrouves un semblant d’humanité, pour que tu puisses aimer à nouveau ton lycan, mais tu as devancé tout le monde et d’une façon tellement étrange. Tu veux savoir pourquoi je tiens à toi ?

— Oui.

— Parce que de toutes les femmes que j’ai connues, que j’ai rencontrées, côtoyées, elles ont toujours toutes succombé à mon charme, elles ont toujours eu de l’intérêt pour moi. J’ai toujours eu ce que je voulais sans avoir à user de quoi que ce soit. Et puis, il y a eu toi, tu n’as jamais montré le moindre intérêt pour moi et pour tout te dire, c’est très frustrant pour un homme comme moi.

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— Non, juste des vampires abrutis, rien d’autre.

— Je n’aurais peut-être pas dû le tuer de suite.

— Mmh, il n’a pas tenu deux secondes, le pauvre.

— En même temps, il était accroupi sur le corps inerte de ma femme, en train de lui enfoncer un pieu sans le cœur, alors donc bon. Deux secondes, il y en a déjà une de trop.

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— Tata Blody va te couvrir de cadeaux.

— Euh…

— Les joies de la maternité, lança-t-elle. Les couches.

— Les pleurs.

— La police du sexe.

— Mon cul qui va devenir énorme.

— Les tonnes de lessives.

— Mon cul…

— Tes seins, il va aimer ton loup.

— Mon cul, grommelai-je.

— Un tout petit toi, rigola Blody en embrassant ma joue.

— Avec beaucoup de lui alors. Je n’en reviens pas.

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