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— Que fabriquez-vous, toutes les deux ?

Cinder pivota sur elle-même. Adri se tenait sur le seuil de la chambre. Une fois de plus, elle s’était approchée sans faire le moindre bruit et Cinder se demanda si sa belle-mère n’était pas une sorte de fantôme capable de flotter plutôt que de marcher.

— On va au bal, tiens ! répondit Peony.

Adri s’empourpra en voyant le kimono que portait Cinder.

— Retire-moi ça tout de suite !

Rentrant la tête dans les épaules, Cinder entreprit aussitôt de défaire son nœud de ceinture.

— Enfin, Peony, qu’est-ce qui t’a pris ? Ces kimonos coûtent une fortune, et si elle m’a déchiré la doublure…

S’avançant d’un pas, elle saisit le vêtement par le col et s’en empara dès que Cinder eut détaché la ceinture.

— Mais tu n’as jamais rien dit quand Pearl et moi…

— Ce n’est pas la même chose, et à partir de maintenant je vous interdis de toucher à mes affaires. Toutes les deux !

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"_ J'ai un bug moi aussi, avoua Iko. Parfois, il m'arrive d'oublier que je ne suis pas humaine. Je ne crois pas que ce soit très fréquent chez les androïdes.

Elle contempla bouche bée le corps lisse d'Iko, ses chevilles rugueuses, ses mains à trois doigts... Cinder se demanda ce qu'on pouvait ressentir dans un tel corps sans savoir si on était humain ou non."

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— Qui c’est, le prince Kai ? s’exclama-t-elle en s’efforçant de se relever. Mon futur mari, voilà qui c’est ! Sérieusement, ne me dis pas qu’en Europe les filles ne fantasment pas sur lui ?

Cinder se balança maladroitement d’un pied sur l’autre, incapable de répondre à la question. Depuis douze jours qu’elle cohabitait avec Peony et sa famille, ses connaissances de la Communauté orientale dépassaient ses souvenirs de l’Europe. Elle ignorait totalement sur qui, ou quoi, fantasmaient les jeunes Européennes.

— Tiens, fit Peony, en rampant à quatre pattes sur son lit pour attraper le minicran posé sur sa table de chevet. Je l’ai mis en page d’accueil.

Elle alluma l’écran et une voix masculine dit : « Bonjour, Peony. » Cinder s’approcha en traînant les pieds et lui prit l’instrument. L’écran affichait l’image d’un garçon de douze ou treize ans, vêtu d’un costume sur-mesure qui détonnait singulièrement avec ses cheveux bruns en bataille. Il saluait de la main – l’image devait être tirée d’une coupure de presse, devina Cinder.

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— J’aurai une grande découverte à présenter à la foire de Tokyo, en mars, annonça Garan. Ce sera une révolution. D’ici là, je te demande d’être patiente avec la gamine. Tout ce qu’elle veut, c’est trouver sa place. Elle pourrait peut-être t’aider dans la maison, en attendant que nous puissions remplacer cet androïde ?

Adri eut un rire amer.

— M’aider ? Et à quoi, avec ces monstruosités qu’elle se traîne ?

Cinder fit la grimace. Elle entendit le bruit d’une tasse qu’on posait, puis un baiser.

— Donne-lui une chance. Peut-être te surprendra-t-elle.

Elle s’éclipsa au premier bruit de pas et regagna sa chambre en tirant la porte derrière elle. Elle pensait pleurer jusqu’au matin.

Mais ses yeux restèrent aussi secs que sa langue.

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— Non, c’est toi qui en as parlé. J’aimerais bien te soutenir, Garan, mais tes travaux finissent par nous coûter cher. Il faut penser à nos filles. Je ne peux même pas offrir des chaussures neuves à Pearl, et toi, tu nous imposes cette créature qui va avoir besoin de… d’un nouveau pied tous les six mois ?

Recroquevillée contre le mur, Cinder baissa les yeux sur son pied en métal, dont les orteils paraissaient énormes. Difformes même, à côté de ses orteils de chair et d’os.

— Bien sûr que non. Ses prothèses tiendront bien encore un an ou deux.

Adri étouffa un rire hystérique.

— Et il me suffira de régler sa jambe et ses doigts au fur et à mesure de sa croissance, continua Garan. Nous n’aurons pas besoin de les remplacer avant qu’elle atteigne sa taille adulte.

Cinder leva sa main dans la lumière diffuse qui éclairait le couloir et examina ses articulations. Elle n’avait encore jamais prêté attention à la manière dont les phalanges s’inséraient les unes dans les autres. Ainsi, sa main de métal pouvait grandir, de la même manière que sa main humaine.

Elle allait garder ces membres à tout jamais. Elle serait pour toujours une cyborg.

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_ Alors prête à rencontrer ta nouvelle famille ?

Elle détourna les yeux de la vitre, abandonnant les palissades de bambous enneigées et l'androïde trapu qui dégageait la voie, pour observer l'homme assis face à elle. Même s'il s'était montré gentil tout au long de leur voyage _ ils avaient successivement emprunté un hover, un train à lévitation magnétique, deux navettes et un second hover -, il arborait toujours ce sourire nerveux qui la mettait mal à l'aise.

En plus elle n'arrivait pas à retenir son nom.

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- J'ai un bug, moi aussi, avoua Iko. Parfois il m'arrive aussi d'oublier que je ne suis pas humaine. Je ne crois pas que ce soit très fréquent chez les androïdes.

...

- Un bug, juste un bug.

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Un claquement de porte fit dresser la tête à Cinder. Le vieil homme d’en face était sorti de chez lui. D’autres voisins faisaient leur apparition : sous leurs porches, aux fenêtres, l’œil brillant de curiosité.

Adri se mit à sangloter plus fort. Cinder reporta son attention sur la famille – sa nouvelle famille – et prit conscience que Garan la dévisageait, elle.

Elle lui rendit son regard, la gorge asséchée par le froid.

La sirène se rapprochait, et Garan baissa les yeux vers sa femme frémissante et ses filles terrifiées.

— Mes chéries, dit-il en s’efforçant de sourire.

Puis un hover blanc aux gyrophares clignotants tourna le coin en proclamant son arrivée par un hululement.

Cinder se recula sous le porche alors que l’hover se glissait derrière Garan et se posait dans la neige. Deux androïdes en sortirent, encadrant une civière volante. Leurs capteurs jaunes scintillèrent.

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“I have a glitch, too. Sometimes I forget that I'm not human. I don't think that happens to most androids.” Iko.

Nouvelle disponible ici : http://www.tor.com/stories/2011/12/glitches

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