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« Quand on est victime de quelqu’un qui prend plaisir à donner une souffrance indicible sans aucun remords, ça change la façon dont on se voit et ce qu’on peut croire des autres. Ça change tout. »

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« J’ai entendu ce que raconte Kanaï, dit-il, qu’il faut nous plonger dans les souvenirs de la cité si on veut apprendre à y vivre comme les Anciens ; mais je n’oublie pas non plus toutes les mises en garde qu’on nous servait à Trehaug, et ce que nous a expliqué Leftrin avant de partir, qu’on peut se noyer à rester trop longtemps près de la pierre de mémoire, qu’on risque de perdre sa vie à se rappeler celle de quelqu’un d’autre. »

Thymara se tut un moment. Tatou avait mis le doigt sur la crainte qui la taraudait et qu’elle n’aimait pas avouer. « Mais nous sommes des Anciens ; c’est différent pour nous.

— Tu crois ? Je sais que c’est ce que Kanaï soutient, mais est-ce qu’il a raison ? Les Anciens tenaient-ils à leur propre existence ou bien vivaient-ils dans un milieu tellement saturé de l’expérience des autres qu’ils ne savaient plus ce qui était à eux et ce qu’ils avaient absorbé ? Je préfère rester moi-même, Thymara ; je veux être Tatou, même si je dois vivre très longtemps en m’occupant de mon dragon – et je veux partager ces années avec Thymara. Je n’ai pas besoin de m’immerger dans la vie d’un autre quand je suis avec toi. » Il se tut pour lui laisser sentir cette petite pique puis reprit : « À moi de poser une question. Est-ce que tu vis ta vie, Thymara, ou bien est-ce que tu l’évites en vivant celle des autres ? »

Il savait. Elle ne lui avait pas parlé des colonnes de mémoire ni des visites qu’elle leur rendait en compagnie de Kanaï, mais il savait. Elle se sentit rougir, et, comme elle ne répondait pas, elle vit la peine grandir dans son regard. Elle s’efforça de se convaincre qu’elle n’avait rien fait de mal, qu’elle n’était pas responsable de son chagrin.

Pendant qu’elle cherchait ses mots, il reprit : « Tu te voiles la face, Thymara. » Il parlait d’une voix basse mais sans douceur. « Tu ne te plonges pas dans la vie d’autrefois à Kelsingra, tu te caches du présent et tu vis dans le passé, un passé qui ne reviendra pas. D’ailleurs, ce n’est même pas vraiment vivre : tu ne prends aucune décision dans ce monde-là, et, si la situation devient trop difficile, tu peux t’enfuir. Tu adoptes une forme de pensée, et, quand tu reviens, elle t’influence ; mais le pire, pendant que tu nages dans les souvenirs, c’est ce que tu ne fais pas ici. Quelles expériences est-ce que tu manques, quelles occasions te passent sous le nez ? D’ici un an, que diras-tu de ces saisons, que t’en rappelleras-tu ? »

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« Les voir voler, et vous tous changer… cela jette un éclairage nouveau sur ce que j’avais appris au cours de mes études. Les dragons étaient le pivot des civilisations Anciennes, et les humains formaient une population à part qui vivait dans des villages comme ceux que nous avons découverts ; ils cultivaient la terre, élevaient du bétail et échangeaient leurs denrées aux Anciens contre leurs merveilleux objets. Regarde la cité, de l’autre côté du fleuve, Tatou, et interroge-toi : comment trouvaient-ils à s’alimenter ?

— Ma foi, il y avait des troupeaux à l’extérieur des villes, et probablement des champs.

— Sans doute ; mais c’étaient les humains qui s’en occupaient. Les Anciens se donnaient corps et âme à leur magie et à leurs dragons ; tout ce qu’ils bâtissaient, tout ce qu’ils créaient, c’était non pas pour eux-mêmes mais pour les dragons qui les dominaient.

— Qui les dominaient ? Les dragons les dominaient ? » L’image que la formule faisait naître dans son esprit ne lui souriait pas.

« Ce n’est pas le mot exact. Dente te domine-t-elle ?

— Bien sûr que non !

— Et pourtant tu consacres tes journées à chasser pour elle, à l’étriller et à prendre soin d’elle.

— Parce que j’en ai envie. »

Alise sourit. « C’est pourquoi “dominer” n’est par le bon terme. Charmer ? Ensorceler ? J’ignore comment l’exprimer, mais tu sais de quoi je parle. Si ces dragons se reproduisent et se multiplient, ils gouverneront inévitablement le monde à leur profit.

— Mais ce serait de l’égoïsme !

— Tu trouves ? N’est-ce pas ainsi qu’agissent les humains depuis des générations ? Nous nous approprions la terre et l’utilisons à notre usage ; nous modifions le cours des rivières et la face du monde pour pouvoir nous déplacer en bateau, faire pousser des plantes ou paître du bétail. Et nous jugeons tout naturel de remodeler tout notre environnement pour le rendre confortable aux hommes. Pourquoi les dragons percevraient-ils le monde différemment ? »

Tatou garda le silence.

« Ce n’est peut-être pas une tragédie, poursuivit Alise ; les humains perdront peut-être un peu de leur mesquinerie s’ils doivent rivaliser avec les dragons. »

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Nous avançons vers la mort dès l'instant de notre naissance.

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Sédric s'efforça de la rassurer. "ça ira : tu n'auras qu'à te laisser glisser, et tu arriveras en bas.

- Tu vas dégringoler comme un caillou et tu auras de la chance si tu ne te brises pas les ailes", intervint Crache, hargneux.

[...]

"Ecoute-moi Relpda : je ne te demanderais jamais de faire quoique ce soit qui présente un risque. Nous devons rendre en bas, et il n'y a qu'un moyen d'y arriver : il faut descendre la colline pour rejoindre les autres près du pont.

- Et, une fois là-bas, il te fera sauter du pont pour que tu tombes dans l'eau et te noies." L'idée avait l'air d'enthousiasmer Crache au plus haut point.

"Crache..., fit Carson d'un ton sévère, mais le petit argenté ne se laissa pas démonter.

- Mon gardien veut que je me noie moi aussi, confia-t-il à Relpda ; comme ça, il n'aura plus besoin de chasser aussi souvent pour me nourrir, et il aura du temps pour se rouler dans son lit avec ton gardien."

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PERSONNE N’AVAIT IMAGINÉ les efforts qu’il faudrait déployer pour mener les dragons de la prairie en bord de fleuve jusqu’au pont. Sédric, à côté de Carson, regardait le dernier des grands dragons descendre la pente raide pour accéder à l’ancienne route. Les immenses créatures avaient creusé une large dépression dans l’escarpement et repoussé devant elles des masses de terre, de roche et de débris végétaux qui s’étalaient désormais en éventail sur la route en contrebas. Tinder se décida en dernier ; quand il parvint en bas, le dragon lavande de Nortel était crotté de boue jusqu’au garrot.

Seuls restèrent les deux dragons les plus petits, Relpda et Crache. « Terre froide et mouillée. J’aime pas, se plaignit Relpda.

— J’ai essayé de te faire passer la première, avant que les autres n’abîment la pente, fit remarquer Sédric.

— Voulais pas. Veux pas. C’est trop raide. »

Sédric s’efforça de la rassurer. « Ça ira : tu n’auras qu’à te laisser glisser, et tu arriveras en bas.

— Tu vas dégringoler comme un caillou et tu auras de la chance si tu ne te brises pas les ailes », intervint Crache, hargneux. Ses yeux gris argent étaient teintés de rouge et tournoyaient lentement ; il savourait apparemment la peur qu’il suscitait chez Relpda, et Sédric eut envie de le frapper. Mais il étouffa cette pensée avant que l’un ou l’autre des dragons pût la capter et tâcha d’infuser le calme dans son esprit et sa voix.

« Écoute-moi, Relpda : je ne te demanderai jamais de faire quoi que ce soit qui présente un risque. Nous devons nous rendre en bas, et il n’y a qu’un moyen d’y arriver : il faut descendre la colline pour rejoindre les autres près du pont.

— Et, une fois là-bas, il te fera sauter du pont pour que tu tombes dans l’eau et te noies. » L’idée avait l’air d’enthousiasmer Crache au plus haut point.

« Crache… fit Carson d’un ton sévère, mais le petit argenté ne se laissa pas démonter.

— Mon gardien veut que je me noie moi aussi, confia-t-il à Relpda ; comme ça, il n’aura plus besoin de chasser aussi souvent pour me nourrir, et il aura du temps pour se rouler dans son lit avec ton gardien. »

Sans un mot, Carson se rua soudain en avant et heurta de l’épaule la hanche du dragon de tout son poids. Crache se tenait au ras de la pente et observait la longue descente escarpée d’un œil réprobateur ; le petit dragon argenté pédala frénétiquement pour se rattraper mais ne parvint qu’à déloger la terre sous ses pattes. Sa queue qui battait jeta Carson à terre, et tous deux dévalèrent la pente boueuse, l’homme s’accrochant à l’extrémité d’une des ailes du dragon. Crache se mit à pousser des coups de trompe stridents, mais c’est seulement quand le chasseur y ajouta de grands cris que Sédric comprit que ni l’un ni l’autre ne s’effrayait vraiment de la dégringolade.

« Ils aiment ? Être tous sales et tomber de la colline ? » Relpda fit écho à son étonnement.

« Apparemment », répondit-il, dubitatif. Carson et Crache parvinrent en bas de la pente et atteignirent la route dans un éboulis de terre. Le chasseur se releva, épousseta en vain ses vêtements et cria aux deux traînards : « Ce n’est pas si terrible ! Venez !

— Nous n’avons pas le choix, dirait-on », fit Sédric. Il parcourut du regard la pente dans l’espoir de trouver un moyen plus facile, plus sûr et moins salissant de descendre. Les autres dragons et leurs gardiens s’avançaient déjà sur le pont ; Carson attendait ses deux compagnons. Crache avait déployé ses ailes et les agitait sans se préoccuper de la boue qui retombait sur le chasseur.

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