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Extrait

Extrait ajouté par Saya80 2022-08-26T22:31:04+02:00

Je ne me rappelle pas la dernière fois où j’ai eu aussi peur.

Si je n’avais pas été convaincue que je n’étais plus sur Terre, même après avoir vu les créatures qui m’ont enlevée, le vaisseau spatial à bord duquel elles m’ont enfermée, ou l’extraterrestre à cornes qui était là à mon réveil, alors la bête qui se dresse au-dessus de moi aurait certainement fini par m’en persuader.

Elle a presque l’air d’un ours, bien que sa fourrure soit la plus épaisse et la plus grasse que j’aie jamais vue.

Et elle a des tentacules.

Des tentacules.

J’arrive à en compter huit qui ressortent de façon inégale de chaque côté de son corps et qui tournoient dans les airs. Et quand l’animal rugit, j’aperçois des dents qui ressemblent incroyablement à celles d’un ours, mais il y en a beaucoup trop : deux rangées de dents acérées et dangereuses. Et qui ont envie de se refermer sur moi.

C’est de mal en pis, comme on dit.

Puis, à ma grande surprise, j’entends l’extraterrestre hurler. Une seconde plus tard, contre tout attente, une lance traverse les airs en direction de la créature devant moi. Elle se loge dans le cou de l’animal qui se met à rugir férocement. De la bave jaillit partout, alors que la bête tombe à quatre pattes et se tourne vers l’extraterrestre, tout en se griffant le cou pour déloger l’arme.

Pendant un moment, je ne sais pas du tout ce qui va arriver. La bête va-t-elle m’attaquer ? Va-t-elle l’attaquer, lui ? Allons-nous mourir tous les deux ? Si elle s’en prend à l’extraterrestre, devrais-je en profiter pour m’enfuir en courant ?

Et surtout, pourquoi est-ce que l’idée qu’il puisse arriver quelque chose à cet homme étrange me fait mal au cœur ?

J’ai assez de jugeote pour ne pas bouger, pendant que la créature nous regarde tous les deux à tour de rôle, afin de déterminer qui constitue la menace la plus importante. Tout ce que j’ai jamais entendu ou lu à propos des ours me dit de rester complètement immobile et je suppose que cela s’applique également à cette bête. En tout cas, je sais que je ne peux pas la semer.

L’homme extraterrestre se met à hurler en émettant un cri étrange, alors qu’il brandit deux armes et se précipite vers l’animal. Il bondit en l’air en donnant furieusement des coups de lames, tout en plongeant sous sa patte. Pendant un moment, je suis trop fascinée pour être effrayée.

Et je suis également excitée. Tellement excitée.

J’ai toujours adoré regarder les hommes se battre. Moi-même, en tant que boxeuse, je peux en apprendre pas mal, bien entendu. Mais cela me plaît également pour d’autres raisons moins professionnelles. Les corps en sueur, les muscles qui brillent en se contractant, la fureur à peine retenue des poings frappant la chair. C’est excitant, dangereux et sexy. Je suis toujours repartie de mes propres combats avec l’envie de me rendre directement dans un bar pour trouver quelqu’un à ramener chez moi.

Et cet homme est splendide quand il se bat.

Il est visiblement déterminé à me protéger, même si je ne sais pas pourquoi. Mais je sens que ma méfiance à son égard s’estompe pendant que je l’observe. Il n’a aucune raison de risquer sa vie pour moi, ni aucune raison de plonger tête baissée dans un combat contre cet animal. Il aurait pu profiter du fait que celui-ci était concentré sur moi pour s’enfuir et sauver sa propre vie.

Je le regarde lacérer le bas du ventre de la bête, puis éviter un coup de patte aussi énorme que ma tête. Je réalise ainsi avec un frisson d’effroi que je ne suis pas sûre de qui va remporter ce combat.

L’extraterrestre est manifestement un combattant formidable, mais la bête-ours est aussi un adversaire remarquable, qui fait plusieurs fois sa taille. La puissance de chacun de ses coups de patte ou grincement de dents est à la fois incroyable et terrifiante. C’est comme regarder un grand requin blanc réduire en miettes sa proie. Je frissonne en voyant l’animal reculer pour prendre de l’élan, et lorsqu’il attaque à nouveau, l’homme extraterrestre réussit de justesse à esquiver le coup de cette patte à longues griffes.

Merde. Je ne peux pas rester là à regarder sans rien faire.

Mais il n’y a rien que je puisse faire contre cette bête avec seulement mes deux mains. Je regarde désespérément autour de moi à la recherche d’une arme quelconque, en profitant du fait que l’animal est occupé. Alors que l’extraterrestre évite une autre attaque en se soustrayant à la mâchoire de la créature qui menaçait de se refermer sur lui, j’attrape un long bâton qui se trouve dans la boue, avant de me précipiter vers ces deux-là en criant des injures en direction du monstre. Je lui assène alors un coup de branche sur la tête, comme avec une batte de base-ball, de toutes mes forces.

Je n’ai jamais été aussi reconnaissante d’avoir autant de force dans mes bras. Le bâton heurte violemment le crâne de la bête en faisant un bruit audible. Ce n’est pas grand-chose, mais cela suffit à l’étourdir momentanément et à donner à l’extraterrestre un bref avantage.

Un avantage dont il profite.

Il se glisse sous la créature, puis enfonce son épée de toutes ses forces dans son ventre avant d’entraîner la lame vers le bas. Je la frappe à nouveau avec le bâton en visant sa tête et ses pattes, tandis que l’extraterrestre s’acharne à lui taillader la poitrine et le ventre. Alors que la créature rugit de douleur en chancelant vers l’arrière, je cherche à la poignarder au visage. Le bâton se loge dans son œil. Du sang coule alors abondamment sur le visage de l’animal.

Celui-ci se donne des coups de patte à la joue en rugissant et trébuche à nouveau vers l’arrière. Je regarde désespérément autour de moi à la recherche d’autre chose que je pourrais utiliser pour nous sortir de là. J’aperçois la lance de l’extraterrestre dans la boue, mêlée de sang, là où la créature avait réussi à la déloger.

Tandis que l’extraterrestre poignarde à nouveau la bête en laissant échapper un cri désespéré, je saisis la lance, me jette en avant et enfonce la pointe aussi fort que possible sous la créature qui recule. Je serre les dents, en priant à quiconque m’écoute que cela fonctionne.

L’animal se met à hurler et s’effondre sur un côté en faisant un bruit sourd qui résonne dans le sol, me faisant tomber ainsi à genoux. L’extraterrestre le poignarde une dernière fois, profondément, en transperçant son ventre. Faiblement, la bête tripote la lance logée dans sa gorge, en vain.

On a gagné.

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