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Rien ne peut s'opposer à son joug. L'entité est une véritable reine dans cette nature sauvage et stérile, dominée par le froid et la désolation.

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— J’ai une mauvaise nouvelle.

Quoi encore ? Il s’est fait saisir ses meubles ? Son char ? Ses créanciers le menacent ? Il doit revenir au Québec et il se cherche une place où dormir ?

— C’est ton grand-père, Émile, continue-t-il. Il est mort. C’est arrivé il y a deux ou trois jours, je pense.

Mon cœur manque un battement. Je ne suis pas sûre d’avoir bien entendu. Mon grand-père ? Grand-papa Émile ? Mort ? Ça fait une éternité que je n’ai pas entendu son nom. Mes muscles sont tendus, ma bouche est grande ouverte. Je ne sais pas quoi dire, quoi ressentir. Mon père poursuit :

— Ses funérailles ont lieu… bah aujourd’hui, techniquement. Ta grand-mère m’a dit que la cérémonie commencerait vers 14 h, à Amos.

Je l’entends à peine. Un flux de souvenirs remonte. De beaux souvenirs. Je fixe mes pieds, à la recherche d’un point de repère. La nouvelle me déstabilise beaucoup plus que je ne l’aurais cru.

— Penses-tu que tu pourrais y aller ? J’aurais besoin que tu récupères quelques documents pour la succession…

Je fronce les sourcils, raccroche et range mon téléphone. J’ai soudain un goût de bile au fond de la gorge. Qui n’est pas dû à l’alcool.

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Il abandonna le pin déchu et se dirigea vers le campement, quelques centaines de mètres plus loin. Sans savoir pourquoi, il marcha d’un pas plus rapide que d’ordinaire. Il ne se sentait pas bien. Une indicible angoisse s’emparait de son esprit, comme s’il venait de commettre une grave erreur.

C’était quoi, cette odeur ?

Quand il regagna finalement le camp, il confirma à Marcel qu’il avait accompli son devoir, puis s’enferma dans un mutisme absolu. René s’empiffra néanmoins comme jamais, dévorant plus du double de la portion qui le satisfaisait normalement.

La nuit s’avéra plus glaciale que ce qu’avait annoncé la météo. René grelottait dans son lit depuis plus d’une heure, mais ce n’était pas la température qui le maintenait éveillé. Il ne cessait de repenser au grand pin, aux subtils phénomènes ayant suivi sa chute. Cette émanation singulière et fétide, est-ce qu’elle était vraiment liée à l’arbre ? Comment cela pouvait-il être possible ? Et ce froid ? Et cette faim subite ?

Pour une raison qui lui échappait, il regrettait d’avoir coupé ce pin. Il avait la vague impression d’avoir fait une erreur, d’avoir commis un sacrilège… Comme s’il avait coupé plus qu’un simple arbre.

Comme s’il avait libéré quelque chose de l’écorce du pin.

Quelque chose de mauvais.

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