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Extrait de Les croisades vues par les arabes ajouté par Hathor13 2014-02-25T08:19:52+01:00

Saladin se montre intraitable. N'a-t-il pas proposé âux habitants, bien avant la bataille, les meilleures conditions de capitulation? Maintenant, le temps n'est plus aux négociations, car il a juré qu'il prendra la ville par l'épée comme l'avaient fait les Franj! Le seul moyen de le délier de son serment, c'est que Jérusalem lui ouvre ses portes et s'en remette totalement à lui, sans conditions.

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Extrait de Les croisades vues par les arabes ajouté par Hathor13 2014-02-25T08:19:37+01:00

Passé la surprise des premiers jours, le sultan prépare activement sa riposte. Il se mit à recruter des troupes, à enrôler des volontaires et à proclamer le jihad, note Ibn al-Qalanissi. Le chroniqueur de Damas ajoute que Kilij Arslan demanda à tous les Turcs de lui venir en aide, et ils répondirent nombreux à son appel.

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Extrait de Les croisades vues par les arabes ajouté par Hathor13 2014-02-25T08:19:34+01:00

Le jeune sultan est bien placé pour le savoir. N'est-ce pas dans l'un de ces interminables combats de chefs que son père Suleiman a laissé la vie en 1086? Kilij Arslan avait alors à peine sept ans, et il aurait dû prendre la succession sous la régence de quelques émirs fidèles, mais il avait été écarté du pouvoir et conduit en Perse sous prétexte que sa vie était en danger. Adulé, entouré d'égards, servi par une nuée d'esclaves attentionnés, mais étroitement surveillé, avec interdiction formelle de visiter son royaume. Ses hôtes, c'est-à-dire ses geôliers, n'étaient autres que les membres de son propre clan : les Seldjoukides. 

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Extrait de Les croisades vues par les arabes ajouté par Hathor13 2014-02-25T08:19:22+01:00

Pourtant, aux premiers jours d'août, la menace se précise. Les Franj traversent le Bosphore, convoyés par des navires byzantins et, en dépit d'un soleil écrasant, avancent le long de la côte. Partout, et bien qu'on les ait vus piller sur leur passage plus d'une église grecque, on les entend clamer qu'ils viennent exterminer les musulmans. Leur chef serait un ermite du nom de Pierre. Les informateurs évaluent leur nombre à quelques dizaines de milliers, mais nul ne sait dire où leurs pas les portent.

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Extrait de Les croisades vues par les arabes ajouté par Hathor13 2014-02-25T08:18:52+01:00

Sans turban, la tête rasée en signe de deuil, le vénérable cadi Abou-Saad al-Harawi pénètre en criant dans le vaste diwan du-calife al-Moustazhir-billah. A sa suite, une foule de compagnons, jeunes et vieux. Ils approuvent bruyamment chacun de ses mots et offrent, comme lui, le spectacle provocant d'une barbe abondante sous un crâne nu. Quelques dignitaires de la cour tentent de le calmer, mais, les écartant d'un geste dédaigneux, il avance résolument vers le milieu de la salle, puis, avec l'éloquence véhémente d'un prédicateur du haut de sa chaire, il sermonne tous les présents, sans égard pour leur rang

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Extrait de Les croisades vues par les arabes ajouté par wizbiz06 2012-04-30T14:39:25+02:00

La jeune femme de Kilij Arslan est la fille de Tchaka, un aventurier de génie, un émir turc fort célèbre à la veille de l'invasion franque. Emprisonné par les Roum tandis qu'il effectuait une razzia en Asie Mineure, il avait impressionné ses geôliers par sa facilité à apprendre le grec, qu'au bout de quelques mois il parlait à la perfection. Brillant, habile, beau parleur, il était devenu un visiteur régulier du palais impérial qui l'avait même gratifié d'un titre de noblesse. Mais cette étonnante promotion ne lui suffisait pas. Il visait plus haut, bien plus haut : il voulait devenir empereur de Byzance

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Extrait de Les croisades vues par les arabes ajouté par wizbiz06 2012-04-30T14:39:15+02:00

Ne va-t-il pas perdre sur les deux fronts? Après avoir longuement consulté ses plus fidèles émirs, une solution se dégage, une forme de compromis : aller voir Danishmend, qui est homme d'honneur, le mettre au courant de la tentative de conquête entreprise par les Roum et leurs mercenaires ainsi que de la menacequi pèse sur tous les musulmans d'Asie Mineure, et lui proposer de cesser les hostilités. Avant même que Danishmend ne donne sa réponse, le sultan a dépêché une partie de son armée vers la capitale.

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Extrait de Les croisades vues par les arabes ajouté par wizbiz06 2012-04-30T14:39:08+02:00

Il va bientôt devenir le héros d'une épopée célèbre, intitulée précisément la Geste du roi Danishmend, qui décrit la conquête de Malatya, une ville arménienne située au sud-est d'Ankara, et dont la chute est considérée par les auteurs du récit comme le tournant décisif de l'islamisation de la future Turquie. Aux premiers mois de 1097, lorsque l'arrivée à Constantinople d'une nouvelle expédition franque est signalée à Kilij Arslan, la bataille de Malatya est déjà engagée. Danishmend assiège la ville, et le jeune sultan refuse l'idée que ce rival, qui a profité de la mort de son père pour occuper tout le nord-est de l’Anatolie, puisse remporter une victoire aussi prestigieuse. Déterminé à l'en empêcher, il se dirige, à la tête de ses cavaliers, vers les environs de Malatya et installe son camp à proximité de celui de Danishmend pour l'intimider. La tension monte, les escarmouches se multiplient, de plus en plus meurtrières.

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Extrait de Les croisades vues par les arabes ajouté par wizbiz06 2012-04-30T14:38:56+02:00

Ensuite, c'est grâce aux conseils des émirs de l'armée qu'il a pu, par la guerre, par le meurtre ou par la ruse, récupérer une partie de l'héritage paternel. Aujourd'hui, il peut se vanter d'avoir passé plus de temps sur la selle de son cheval que dans son palais. Pourtant, à l'arrivée des Franj, rien n'est encore joué. En Asie Mineure, ses rivaux restent puissants, même si, fort heureusement pour lui, ses cousins seldjoukides de Syrie et de Perse sont absorbés par leurs propres querelles.

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Extrait de Les croisades vues par les arabes ajouté par wizbiz06 2012-04-30T14:38:48+02:00

Grisé par le succès, Kilij Arslan veut ignorer les renseignements qui se succèdent l'hiver suivant sur l'arrivée de nouveaux groupes de Franj à Constantinople. Pour lui, et même pour les plus sages de ses émirs, il n'y a là plus rien d'inquiétant. Si d'autres mercenaires d'Alexis osaient encore franchir le Bosphore, ils seraient taillés en pièces comme ceux qui les ont précédés. Dans l'esprit du sultan, il est temps de revenir aux préoccupations majeures de l'heure, autrement dit à la lutte sans merci ‘qu'il mène depuis toujours contre les princes turcs, ses voisins. C'est là, et nulle part ailleurs, que se décidera son sort et celui de son domaine. Les affrontements avec les Roum ou leurs étranges auxiliaires franj ne seront jamais qu'un intermède.

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