Livres
454 572
Membres
402 879

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Ils s’apprêtaient à s’embrasser quand Trehan s’éclaircit la gorge.

— Ah, cousin Trehan.

Les yeux de Lothaire avaient beau être étranges, il semblait rationnel aujourd’hui. Et particulièrement rusé.

— Je vous laisse discuter entre mecs, annonça Elizabeth en s’extirpant des bras de son mari, ce qui lui valut un grondement mécontent. Et une fois que tu en auras fini, Leo, monte donc me rejoindre.

Avec un clin d’œil entendu, elle se dirigea d’un pas nonchalant vers la sortie. Tel un possédé, Lothaire se leva pour la suivre.

Puis, prenant manifestement sur lui, il se rassit.

— Je sais ce que tu penses, cousin : « Lothaire tient vraiment sa femme de main de maître », déclara-t-il, l’air extrêmement content de lui. Et tu as raison.

La voix d’Elizabeth monta de l’antichambre :

— Oh, ça va, arrête ton char ! Je te mène à la baguette, tu le sais aussi bien que moi.

Lothaire jeta un regard plein de désir dans la direction qu’elle avait empruntée, avant de reporter son attention sur Trehan.

— Elle paiera plus tard pour son impertinence.

— Viens me le dire en face, Leo !

— Bon, faisons vite, Trehan, car je suis sur le point – comme aime le dire mon épouse adorée – d’aller prendre mon pied.

Afficher en entier
Extrait ajouté par nad278 2015-11-27T10:56:55+01:00

— Ça fait tellement longtemps que j'ai pas baisé, j'ai dû retrouver ma virginité.

Afficher en entier

Quand Trehan pénétra dans le vaste espace, Lothaire était assis sur son trône, Elizabeth sur les genoux. Elle s’installait rarement sur son propre trône, version féminine de celui de Lothaire.

Le nouveau monarque avait abandonné les vieux trônes révérés de leurs ancêtres pour en dessiner des neufs, ornés de crânes trempés dans l’or. La seule différence entre les deux résidait dans le fait que les crânes de celui d’Elizabeth étaient « plus gracieux », selon ses dires.

Les deux souverains étaient amoureux à un point que cela vous flanquait la nausée. Comme toujours, ils étaient en pleine conversation et prêtaient peu attention au monde qui les entourait. Lothaire caressait la lèvre inférieure d’Elizabeth de la pulpe du pouce, tandis qu’elle lui écartait une mèche de cheveux blonds du front.

Ils ne se lassent pas de se toucher. Avec Bettina, Trehan avait ressenti la même chose.

À la différence de Lothaire qui s’était montré difficile d’accès, Elizabeth était toujours intelligente, amusante et sympathique. Elle apprenait déjà le dace et s’accommodait plutôt bien de sa toute récente immortalité. Sans compter qu’elle contenait les excès de Lothaire.

Hier encore il avait annoncé à la cour qu’il avait bien envie d’« aller tuer quelque chose. N’importe quoi ! ». À quoi Elizabeth avait répliqué d’une voix douce, empreinte de son accent montagnard : « Allons tuer le temps, bébé. Dans notre chambre », le tout avec un doigt posé sur le torse de son mâle.

Les yeux de Lothaire s’étaient allumés d’une lueur rouge et il l’avait téléportée sur-le-champ.

— La question demeure : est-ce qu’on ouvre les portes de la Dacie ? lui demandait-il aujourd’hui.

Il avait hâte d’annoncer l’existence de la Dacie au reste du Mythos. Durant l’un de ses accès de folie, il avait raillé : « Le roi d’un putain de royaume dont personne ne sait rien ! Je suis l’arbre de la forêt que l’on abat doucement, quand il n’y a personne à écraser en dessous ! »

Lothaire passa les deux bras autour de sa femme, l’attirant un peu plus près de lui.

— Je veux connaître ton opinion, Lizvetta.

— Mon œil ! Tu me poses la question parce que tu as peur que je te recoupe la tête, c’est tout.

— Exactement. Mais j’aime aussi savoir comment fonctionne ton esprit complexe.

— Je pense qu’on devrait organiser une préouverture, fit-elle. Tu sais, comme ils font dans les restaurants chics.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Poevai 2015-10-26T08:02:36+01:00

— Souviens-toi, monstresse, le meilleur, quand on a du pouvoir, ce n’est pas de l’exercer, mais de le posséder. Si tu sais en jouer, tu n’auras jamais à t’en servir.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ellana06 2017-01-28T14:42:00+01:00

《 Les mots lui coulèrent des lèvres :

— Que ferais-tu si je mourais ? Si j’étais… assassinée ?

Il fronça les sourcils.

— Je ne veux pas parler de ça.

— Tu avais promis de répondre à toutes mes questions.

Il lui serra la main.

— Je te vengerais, fit-il en plantant son regard dans le sien. Et puis je te suivrais.

Sidérée, elle entrouvrit les lèvres juste au moment où une pluie chaude se mettait à tomber.》

Afficher en entier

Incapable de nier, Trehan serra les dents.

— Tu m’épies ?

— Bien sûr. J’épie tout le monde, pourquoi est-ce que je ferais une exception pour toi ? répliqua Lothaire, soudain très sérieux. Non que j’aie eu besoin de ça pour deviner ce que tu traverses. Je suis passé par là. Tu es faible, de corps et d’esprit, comme si la plus insidieuse des maladies te rongeait. Tu n’arrives pas à boire ni à dormir. Tu as mal dans la poitrine, comme si on l’avait creusée jusqu’à la moelle. Et quand tu envisages l’avenir sans ton âme sœur, tout ce que tu vois n’est qu’un vide béant.

— Oui, répondit Trehan d’une voix caverneuse, surpris. Oui, c’est exactement ça.

Lothaire était vraiment le descendant de cette lignée, celle de la sagesse et de l’histoire.

— Ah, cousin, j’avais une raison de m’arracher le cœur pour l’envoyer à Elizabeth. Il me faisait moins souffrir en dehors de ma poitrine, ajouta-t-il, les yeux fixés au loin, plus pour lui-même qu’à l’intention de Trehan. Bref, reprit-il en revenant à la conversation, je vais te faire profiter d’un conseil que l’on m’a prodigué. Peut-être que ça t’aidera aussi.

— Je t’écoute, répondit rapidement Trehan.

N’importe quoi pourvu que cesse cette angoisse…

— Arrête de jouer les mollassons et va la reconquérir.

Ah ben bravo pour la sagesse ! Les canines de Trehan s’aiguisèrent.

— Tu ne comprends rien au fond de mon problème !

— Eh bien, explique-moi, alors, exigea Lothaire, qui semblait perdre son calme lui aussi. C’est terrible à quel point ? Je suis ton roi et je t’ordonne de répondre. Je te rappelle que tu m’as juré allégeance.

Trehan n’avait d’autre choix que d’obtempérer.

— Ma femme m’a empoisonné afin que je perde un combat face au démon qu’elle aime.

Lothaire haussa les épaules.

— Et alors ?

— Tu n’as pas entendu ou quoi ? Elle a versé du poison dans un gobelet de sang, puis me l’a tendu en m’enjoignant de le boire. Ensuite, elle m’a disqualifié d’un tournoi que j’étais sûr de remporter. Elle s’est placée hors d’atteinte à jamais. Et pour ajouter l’insulte à la blessure, elle a usé de son pouvoir sorceri – contre moi – pour protéger le démon.

Et pourtant Trehan continuait à la désirer de toutes ses forces. Comoara mea. Partie.

— Lizvetta m’a quasiment décapité. Et regarde comme nous sommes heureux.

— La reine Elizabeth t’a frappé par accident, à cause de sa nouvelle force d’immortelle. Ma femme m’a trahi de façon délibérée.

— Qui ne connaît pas quelques mesquineries pendant la période que dure la cour ? Qu’est-ce que ça peut bien faire, nom des dieux ?

— Ça fait, nom des dieux, qu’elle ne veut pas de moi !

Voilà, le mot était lâché.

— Elle n’a pas son mot à dire, bordel ! tonna Lothaire.

Trehan haussa les sourcils.

— Qu’est-ce que tu me conseilles, de la kidnapper ? Comme tu l’as fait récemment pour le roi des Abstinents ? Et pour ta propre femme avant ça ?

— Exactement ! lança Lothaire en claquant des doigts.

Il ne nie même pas l’enlèvement du roi ? Par le passé, pareille nouvelle aurait profondément agacé Trehan, mais aujourd’hui il ne parvenait à se concentrer sur rien d’autre que Bettina.

— En quoi ma vie t’intéresse-t-elle de toute façon ? Tu n’en as rien à foutre du reste de ta famille.

— Ton épouse est une princesse dace. Tu vas laisser un démon s’insinuer entre ses cuisses ? Inacceptable ! Si tu ne mets pas de l’ordre au sein de ta maison, je te fais le serment de m’en charger moi-même !

Sa maison ? Lothaire entendait-il le terme au sens général ? Ou est-ce qu’il m’a écouté, finalement ? Puis le reste des paroles de son cousin pénétra son esprit embué.

— Tu pousses le bouchon trop loin, Ennemi de Toujours ! Ta soif de sang a affaibli ton cerveau…

— Regarde-toi dans une glace, cousin. Vois ton visage blême et tes yeux noirs de colère. Ce qui me sidère le plus, c’est que tu t’étonnes du déclin de ton esprit. Je parie que tu n’as pas marqué le cou de ta femme, quand tu t’es accouplé avec elle. On a renié son instinct, pas vrai ? Eh bien, prépare-toi au châtiment.

— Les Daces ne boivent pas le sang à la veine, répliqua Trehan, reprenant l’argument éculé. On ne perce pas la chair des autres créatures.

Et si séduisante qu’ait été la chair de Bettina, Trehan avait réussi à résister à son appel.

Quand bien même leur refuser cela, à sa femme et à lui, lui avait paru contre-nature. Comme s’il les abandonnait tous les deux.

— Tu es un Dace animé, dans la force de l’âge, et pourtant tu te crois au-dessus des envies les plus naturelles que puisse éprouver un vampire ? Au-dessus de ces pulsions de « sauvage » ? ricana Lothaire. C’est risible, vraiment, que vous autres Daces fuyiez les besoins les plus élémentaires de tout vampire.

Afficher en entier

— Un jour, tu finiras par me convaincre que ce sera toujours lui que tu voudras. Prends garde, lui murmura-t-il ensuite à l’oreille, ou bien tu pourrais perdre alors un mâle qui ne désirera jamais que toi, au profit d’un mâle qui ne désirera que les autres.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Cpedron0 2017-04-30T18:38:35+02:00

«  Ose toucher à la femme d’un assassin, et il te le fera payer. »

Trehan Cristian Daciano

Prince de Dacie

Dernier descendant de la maison d’Ombre

   « Je croyais que l’or était la chose la plus précieuse et la plus belle de la terre. Jusqu’au jour où je l’ai rencontré. »

Princesse Bettina d’Abaddon

Royaume des Mortifères »

Afficher en entier

— Tu es incroyable ! lui jeta-t-elle avec un regard noir.

— Certaines parties de mon corps le sont, en tout cas.

Afficher en entier

Elle n’arrivait même plus à ouvrir ses paupières gonflées. La dernière image gravée sur sa rétine, c’était celle de leur chef, debout au-dessus d’elle, une faux à la main et les yeux étincelants de folie. Ses ailes griffues bloquant la lumière d’une lune jaune. Et la lame de la faux n’était pas faite de métal, c’était une flamme noire…

Pourtant, Bettina entendait encore, elle était toujours consciente. Au loin, un groupe de musique new age jouait dans une arène à ciel ouvert. De jeunes mortels dansaient et chantaient.

Un nouveau coup de pied la projeta sur le ventre et son visage lacéré s’écrasa contre les coquelicots. Le chef jouait avec elle comme un aigle qui arracherait de ses serres la chair d’une souris. Quant à ses sbires, ils la raillaient en l’arrosant du contenu de leurs bouteilles.

Les hurlements menaçants, le claquement des bottes aux pointes en acier, la brûlure cuisante de l’alcool.

Dieux du ciel, elle était bien trop consciente ! Elle tenta désespérément de se perdre dans les souvenirs d’un garçon aux yeux bleus rieurs et aux cheveux blondis par le soleil.

Il ignore à quel point je l’aime. Toutes les choses que je regrette de n’avoir accomplies…

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode