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Dans son dos, les mains s’immobilisèrent, et le cœur de Lydia manqua un battement. Le duc reprit sa tâche, et l’acheva avec une efficacité déconcertante avant de reculer d’un pas.

Elle éprouva alors un indéniable sentiment de déception qui la fit rougir de honte. Qu’espérait-elle donc? Qu’il s’enflammerait de passion parce qu’elle était à demi nue? Cet homme était un libertin. Il avait vu des centaines de femmes complètement dénudées.

Elle était risible.

Elle se rhabilla prestement – camisole, corsage –, enfila sa jupe sur son pantalon masculin avant de se débarrasser de ce dernier. Non pas que sa pudeur risquât de souffrir vu que le duc ne voyait rien et n’avait pas caché que voir ne l’intéressait pas. Tout de même, elle se sentait moins vulnérable ainsi.

Elle l’entendit respirer bruyamment. De toute évidence, il était pressé de quitter les lieux. Ayant enfin boutonné sa jaquette, elle murmura :

— Allez-y. Il faut encore que je trouve mes bottines.

Il émit un grognement guttural un peu semblable à celui que poussait Brigitte quand elle était contrariée. L’ignorant, Lydia se mit à quatre pattes et fureta dans le boudoir à la recherche de ses chaussures. Elle venait de les localiser sous le sofa quand un bruit de pas la fit se pétrifier.

L’instant d’après, la voix d’Helena lui parvint.

— C’est sûrement le chat du voisin. Rosa, ma camériste, a dû oublier de fermer la fenêtre du boudoir.

Ainswood plongea sur le tapis à côté de Lydia.

Le bouton de la porte tourna dans un léger cliquetis.

Lydia poussa Ainswood de toutes ses forces, l’obligeant à ramper sous le sofa. Elle venait de rabattre le volant quand la porte s’ouvrit.

Helena entra en appelant d’une voix claire :

— Minou-minou !

Elle referma le battant, puis souffla :

— Lydia, c’est toi ?

— Oui !

— Je ne t’attendais pas si tôt.

— Je sais. Ne t’occupe pas de moi, retourne auprès de ton invité. Tout va bien.

En fait tout allait de travers. La jambe d’Ainswood reposait sur sa jupe, l’empêchant de se redresser. Et vu son gabarit, s’il bougeait un muscle, il risquait de retourner le sofa tout entier.

— Viens, mon minou, appela encore Helena, avant de chuchoter : Essaie d’être un peu plus discrète, Sellowby n’est pas si saoul que ça. Il a entendu du bruit et me soupçonne de cacher un homme quelque part. Il serait ravi de découvrir qu’il s’agit de toi. Tu ne veux pas sortir et…

— Non, il est tout à toi.

— Tu as besoin d’aide pour retirer ton corset?

— Non. Je suis presque habillée. Je t’en prie, va-t’en avant que Sellowby vienne rôder par ici !

Le silence retomba. Lydia pria pour qu’Ainswood ait la bonne idée de retenir sa respiration. Elle-même ne discernait aucun bruit, son cœur battant trop bruyamment.

— Lydia, je préfère te prévenir, reprit Helena. Sellowby dit qu’Ainswood a été aperçu à La Chouette bleue en début de soirée. Il a posé des questions sur toi. Il pense que tu as piqué son intérêt. Je te le répète, tu ferais mieux de quitter Londres quelque temps, par mesure de précaution.

Lydia perçut un mouvement sous le sofa. Ainswood allait jaillir d’une seconde à l’autre et tomber à bras raccourcis sur Sellowby pour lui apprendre à déblatérer sur son compte, elle en était sûre.

— J’y songerais, mais va-t’en vite, j’entends Sellowby !

Helena referma la porte.

— J’arrive ! lança-t-elle. Ce n’était que cet idiot de chat qui…

Sa voix s’estompa. Lydia reporta son attention sur Ainswood qui venait de relâcher l’air de ses poumons. Elle s’attendait à un flot de jurons tandis qu’il s’extirpait de sous le sofa, coinçant davantage sa jupe dans la manœuvre, mais ce fut un son plus menaçant qui lui parvint.

Non, ça ne pouvait pas être ça, tenta-t-elle de se rassurer tout en essayant de dégager sa jupe. Elle n’y arrivait pas, et il ne l’aidait en rien.

Ses épaules étaient secouées de soubresauts, et les petits sons étranglés qui sortaient de sa gorge confirmèrent les soupçons de Lydia. Elle lui plaqua la main sur la bouche.

— Taisez-vous ! siffla-t-elle. Ils vont vous entendre !

— Mmmmmpffff…

Les lèvres d’Ainswood remuaient contre sa paume. Elle ôta sa main, chercha désespérément le moyen de couper court à son hilarité. Une gifle? Trop bruyant. Et il risquait de ne même pas la sentir. Un coup de genou dans les parties sensibles? Impossible, elle avait la jambe coincée. Au moins avait-elle les mains libres…

Elle le frappa du poing au jugé, l’atteignit à l’estomac. Elle eut l’impression de heurter un mur. Il fallait viser plus bas. Mais avant qu’elle puisse remettre ça, elle se retrouva plaquée au sol, la main aplatie sur le tapis.

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- Merci, murmura-t-elle. J'avais tellement envie de lui mettre mon poing dans la figure ...

"... que je pourrais vous embrasser de l'avoir fait à ma place!" acheva-t-elle en pensée.

Mais penser ne suffisait pas.

Alors elle l'embrassa.

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