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— Le fouet, expliqua-t-il. Cent coups de fouet pour mes innombrables manquements. Ils m'ont écorché jusqu'aux muscles, et je vous jure que je n'ai pas senti un seul coup. Car j'ai appris à m'insensibiliser. À la douleur, au chagrin, aux sentiments. A tout.

Des larmes piquaient le coin des yeux de Kate. Elle détestait l'entendre parler ainsi.

Cet homme avait des sentiments, de profonds sentiments.

— Samuel...

— Non. Je sais ce que vous pensez. Aujourd'hui, vous vous êtes souvenue du petit garçon que vous aviez connu jadis. Il vous aimait bien et était gentil avec vous, et il vous a rendu service, une fois. Ce petit garçon n'existe plus. L'homme que je suis... eh bien... il est écrit là.

Il montra les marques sur sa peau, l'une après l'autre.

— Voleur. Prisonnier. Soldat ivre. Forte tête... Je suis mort à l'intérieur depuis longtemps. Complètement insensible.

Elle s'approcha lentement de lui, très lentement, comme elle l'aurait fait devant un animal acculé qu'elle ne voulait pas effrayer.

— Sentez-vous ceci ?

Elle se hissa sur la pointe des pieds pour embrasser son cou. L'odeur virile fit battre son cœur plus vite.

— Katie...

— Et ceci ?

Elle déposa un baiser sur sa joue et laissa ses lèvres s'attarder sur l'angle dur de sa mâchoire.

— Ou...

Il la saisit par les bras pour l'écarter.

— Cessez.

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— Repos, Thorne. La bataille est terminée.

Samuel hocha la tête, les mains toujours crispées autour de l'arme.

— Oui. Tout est terminé. Tout.

— Ne dites pas cela, supplia Kate en repoussant le pieu qui la maintenait clouée dans l'alcôve.

Elle avait besoin de le toucher, de le serrer contre elle. Si seulement elle pouvait le prendre dans ses bras, elle lui ferait changer d'avis.

Il semblait le savoir.

— Je ne puis courir ce risque, chuchota-t-il en la tenant à distance. C'est impossible. Je vous aime trop. Je croyais pouvoir me transformer en l'homme qu'il vous faut : un mari digne d'une dame. Mais...

Son visage se pinça et son regard tourmenté se posa sur la scène avant de remonter vers le sien.

— Voyez ce que je viens de faire. Je n'appartiens plus à ce monde. Je n'y ai probablement jamais eu ma place.

— Alors partons en trouver un autre, déclara-t-elle. Ensemble. Pour vous, je renonce à tout.

Il secoua la tête, toujours sans la libérer.

— Je ne peux vous y autoriser. Si je vous prive de cette vie qui vous attend, vous finirez par m'en vouloir. Et moi-même je m'en voudrais. La famille est trop importante pour vous.

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— Comprenez-vous ? C'est moi qui vous conviens. Je peux vous garantir non seulement la protection nécessaire, mais la compagnie que vous méritez. Nous discuterons de politique et de poésie, nous jouerons de merveilleux duos.

Il agita sa lance en direction de Thorne.

— Il fouette peut-être votre sang d'une excitation illicite, mais il ne peut vous apporter ces choses-là.

Kate regarda Samuel avec inquiétude. Ces mots feraient mouche et ébranleraient sa confiance.

— Que lui offrez-vous ? demanda Evan alors que la voix de Mlle Elliott grimpait vers les hauteurs. Vous n'avez pas d'éducation. Pas de culture. Pas même un métier honorable. Vous ne pourrez pas lui procurer un foyer digne de son rang.

— Je sais.

L'expression de Samuel se durcit jusqu'à redevenir glaciale et impénétrable.

— Vous êtes en dessous de sa condition, enchaîna Evan, de toutes les manières possibles.

— Je le sais également.

Ne soyez pas d'accord avec lui ! cria Kate en esprit. Ne croyez pas ce qu'il dit !

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De tous les mots que Kate n'aurait jamais cru pouvoir appliquer à Thorne, « romantique » venait pratiquement en première position. Juste derrière « bavard », « délicat », et « enfant de chœur ». Elle devait lui reconnaître un véritable don de comédien : tout était parfaitement crédible.

— Comment était-elle habillée ?

La question de lord Drewe semblait s'apparenter davantage à un interrogatoire qu'à une curiosité amicale. Comme s'il n'accordait pas crédit à Thorne.

— Lord Drewe, c'était il y a un an, intervint Kate d'une voix légère. Même moi, je ne me rappelle pas ce que je portais.

— Du blanc.

Thorne planta les yeux dans ceux de lord Drewe.

— Elle portait une robe de mousseline blanche. Ainsi qu'un châle indien sur lequel étaient brodés des paons. Et des rubans bleus assortis dans les cheveux.

— Est-ce exact ? demanda Lark à Kate.

— Je... Si le caporal Thorne le dit, je suppose que ce doit l'être.

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- Pour tout vous avouer, je suis terriblement déçue. Il n'a pas de phallus.

- Pardon ? fit Kate en riant.

En atteignant le lieu du pique-nique, Harry avait campé ses mains sur ses hanches, serré les dents autour d'un cigarillo et contemplé l'immense pâturage verdoyant qui s'étendait devant eux.

- Pas l'ombre d'un phallus, précisa-t-elle en soufflant un nuage de fumée. Et moi qui nourrissais tant d'espoir, sachant qu'on l'appelle le Géant.

Kate échangea des coups d'oeil amusés avec Lark; elles se tournèrent toutes les deux pour regarder la figure sculptée à flanc de colline dans la craie. le tracé blanc de la silhouette séculaire qui occupait toute la pente se détachait sur l'herbe verte.

- Je suis allée avec Ames voir le Géant de Cerne Abbas, dans le Dorset, poursuivit Harry. Ce personnage creusé dans le colline est superbement païen. Il affiche une grimace horrible, et il tient une grosse massue à la main. Sans parler de sa monumentale érection.

Lord Drewe fronça les sourcils.

- Vraiment, Harry. Assez discuté de phallus. Je ne comprends même pas pourquoi cela vous intéresse, Ames et toi.

Harry regarda son frère de travers.

- Il s'agit d'une appréciation artistique, répliqua-t-elle en désignant le sculpture ancienne sur la colline. Ce géoglyphe n'est qu'un contour dépourvu d'expression. Il est terne et rigide, n'est-ce pas, coincé entre ces deux lignes droites...

- Je crois que se sont des bâtons, suggéra Kate. ce qui constitue une petite consolation : à défaut d'érection monumentale, il est flanqué de deux bâtons impressionnants.

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— Je vous suis reconnaissante. Je ne sais même pas si je vous l'ai dit tout à l'heure, à ma grande honte. Mais je vous remercie pour votre aide. J'ai passé une journée affreuse, et en voyant votre visage…

— Ce fut le coup de grâce. Elle protesta en riant.

— Non. Je ne voulais pas dire cela.

— Si je ne m'abuse, vous avez fondu en larmes. Elle baissa le menton et lui coula un regard sous ses cils.

— Serait-ce un trait d'humour ? De la part du sévère et intimidant caporal Thorne ? Il ne dit rien. Elle l'observa qui donnait au petit chien des morceaux de pain trempé dans le lait.

— Mon Dieu, dit-elle. Quelle sera votre prochaine manœuvre ? Un clin d'œil ? Un sourire ? Ne riez surtout pas, sans quoi je risque de m'évanouir. Kate le taquinait gentiment, mais elle pensait sincèrement chacune de ses paroles. Sa beauté et sa virilité lui causaient déjà de puissants éblouissements. Si par-dessus le marché il faisait preuve d'un peu d'esprit, ce serait une véritable catastrophe. Heureusement, il répondit avec sa froideur habituelle :

— Je suis le chef de la milice de Spindle Cove en l'absence de lord Rycliff. Vous êtes une citoyenne de Spindle Cove. Il était de mon devoir de vous aider à rentrer chez vous saine et sauve. Voilà tout.

— Eh bien, je me réjouis d'entrer dans le cadre de votre devoir. L'incident avec le conducteur de la charrette était ma faute. Je me suis précipitée dans la rue sans regarder.

— Que s'était-il passé auparavant ?

— Qu'est-ce qui vous fait penser qu'il s'était passé quelque chose ?

— Cela ne vous ressemble pas d'être distraite. Kate mastiqua lentement son pain. Certes, il avait vu juste, mais sa remarque l'agaça. Il l'évitait comme la peste. Que savait-il d'elle ? De quel droit décidait-il de ce qui lui ressemblait ou non ? Mais elle n'avait aucune raison de taire la vérité.

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— Qu'est-ce donc ? Pour l'amour du ciel, qu'y a-t-il en moi que vous trouviez insupportable au point de ne pouvoir rester dans la même pièce que moi ? Il étouffa un juron et dit :

— Cessez de me provoquer. Vous n'allez pas aimer ma réponse.

— Je veux pourtant l'entendre. Il plongea une main dans les cheveux de Kate, ce qui lui arracha un petit cri. Ses doigts se recourbèrent au creux de sa nuque. Ses yeux sondèrent son visage, et toutes les terminaisons nerveuses du corps de la jeune femme se mirent à crépiter. Le soleil jeta entre eux une dernière langue de lumière orangée, incendiant l'instant.

— Voilà ce que c'est. Il fléchit le bras, l'attira et l'embrassa. Comme il faisait toute chose. Avec cette même intensité, cette même force tranquille. Ses lèvres fermement pressées contre les siennes exigeaient une réaction. Elle repoussa sa poitrine.

— Lâchez-moi.

— Oui, mais pas tout de suite. Son étreinte l'immobilisait. Elle ne pouvait pas s'échapper. Pourtant, Kate n'avait pas peur de lui. Non, ce qui l'inquiétait, c'était l'ardeur affamée dans ses yeux. La chaleur entre leurs corps. La soudaine lourdeur de ses seins, de ses membres, de son ventre. La folle accélération de son pouls. L'air semblait chargé de possibles. Il se pencha pour l'embrasser encore et, cette fois, son instinct la fit réagir autrement. Elle se hissa sur la pointe des pieds. Lorsque ses lèvres touchèrent les siennes, elle se sentit ramollir. Il la serra davantage contre lui, et l'enlaça de son autre bras. Elle n'essaya même pas de résister. La voix de sa conscience devint muette, ses paupières battirent sous l'exquise reddition. Elle soupira, aveu éhonté de son désir.

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Enfin, elle eut fini de déballer l'objet et le présenta à la lumière. Kate laissa échapper un cri.

— Mon Dieu ! C'était le portrait d'une femme allongée en tenue d'Ève, emmêlée dans des draps blancs sur fond de velours rouge. Ses seins lourds aux pointes sombres reposaient tels deux coussins sur un ventre arrondi par une évidente grossesse. Elle ressemblait de façon frappante à Kate, hormis quelques différences dans les yeux et le menton, et l'absence de tache de vin. La similitude était troublante, presque inquiétante.

— Mon Dieu, répéta Kate dans un murmure. Le visage de Lark rayonnait.

— N'est-ce pas magnifique ? Devant ce tableau, nous avons su immédiatement que nous devions essayer de vous retrouver.

— Rangez ceci, déclara Thorne en faisant un pas en avant. C'est indécent.

— Je vous demande pardon, répondit Harry en posant fièrement le nu sur le manteau de la cheminée et en reculant pour l'admirer. Le corps féminin est magnifique dans tous ses états naturels. Il s'agit d'art.

— Rangez-le, répéta Thorne d'un ton grave et menaçant. Si vous ne voulez pas que j'en fasse du petit bois.

— Il veut simplement protéger son amie, intervint tante Marmouset. C'est charmant. Un peu sauvage, mais charmant. Harry prit le châle des épaules de Lark et en drapa la moitié du tableau pour dissimuler le plus gros de la nudité.

— Ce petit village arriéré… Tous des philistins. Le pasteur, lui, s'est mis à bredouiller et a eu une poussée d'urticaire.

— Vous… Kate déglutit sans quitter des yeux la peinture.

— Vous avez montré ceci au pasteur ?

— Bien entendu, répliqua Lark. C'est ainsi que nous vous avons retrouvée. Kate croisa les bras sur sa poitrine avec l'impression absurde d'être exposée. Elle se pencha en avant et scruta le visage du modèle.

— Mais cela ne peut pas être moi.

— Non, mademoiselle Taylor. Ce n'est pas vous. Avec un grand soupir patient, lord Drewe se leva et s'adressa à sa famille.

— Vous comprenez, j'espère, que vous êtes en train de tout gâcher. Si par la suite Mlle Taylor ne veut plus entendre parler de nous, vous ne pourrez-vous en prendre qu'à vous-mêmes. Que diantre pouvait-il vouloir dire ? Le cerveau de Kate décrivit un effort paresseux sous son crâne. Le caporal s'adressa à l'assemblée d'une voix forte et autoritaire :

— Je vous donne encore une minute pour essayer de vous faire comprendre. Autrement, aristocrates ou non, vous quitterez les lieux. Mlle Taylor et sous ma protection et il n'est pas question qu'on la malmène. Lord Drewe se tourna vers Kate.

— Je vais être bref. Comme a tenté de vous l'expliquer ma plus jeune sœur, je suis le chef assiégé de ce capharnaüm ambulant. Et nous vous avons attendue, mademoiselle Taylor, parce que nous croyons que vous en faites partie.

— Je vous demande pardon… partie de quoi, exactement ? Il fit un geste d'une main, comme si cela allait de soi.

— Partie de la famille.

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Kate savait bien qu'elle n'offrait pas à un petit chien en pleine croissance la maison idéale. Mais elle pouvait donner à Glouton de l'amour, et c'était ce dont il avait le plus besoin. Sally secoua la tête.

— En êtes-vous certaine ? Rufus m'a dit que le caporal Thorne voulait se procurer un chien de chasse. Il en a commandé un tout spécialement à un éleveur. Les chiots comme celui-ci coûtent cher, je crois. Kate contempla l'animal dans ses bras. Glouton ? Un chien de valeur ? Cette petite bête si amusante, tout en longueur et maigrichonne, avec son pelage tacheté qui n'était ni vraiment ras ni vraiment frisé ? On aurait dit une perruque animée. Et si Thorne y tenait tant, il le lui aurait certainement dit.

— Vous devez faire erreur, Sally.

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— Puis-je savoir pourquoi tant de haine ? Je me suis montrée reconnaissante pour la moindre chose qui m'a été donnée. Je n'ai jamais causé d'ennuis. Je ne me suis jamais plainte. Je m'occupais de mes leçons et j'avais de bonnes notes.

— Précisément. Vous ne manifestiez aucune humilité. Vous vous comportiez comme si vous aviez le même droit d'être heureuse que n'importe qui. Toujours à chanter. Toujours à sourire. L'idée était si absurde que Kate ne put s'empêcher de rire.

— Vous me détestiez parce que je souriais trop ? Aurais-je dû être mélancolique et boudeuse ?

— Honteuse, aboya Mlle Paringham. Une enfant de la honte devrait vivre coupable. Un silence pétrifié s'installa. Une enfant de la honte ?

— Que voulez-vous dire ? J'ai toujours cru que j'étais orpheline. Vous n'avez jamais parlé de…

— Mauvaise créature. Dieu lui-même vous a marquée en décidant que vous porteriez cette honte sur votre visage, accusa Mlle Paringham en tendant un doigt osseux. Muette, Kate appliqua une main tremblante sur sa tempe. Du bout des doigts, elle frotta machinalement la tache, comme elle l'avait fait jeune fille, comme si elle pouvait l'effacer de sa peau. Toute sa vie, elle avait cru être une enfant aimée, dont les parents avaient péri prématurément. Quelle horreur de penser qu'elle avait été rejetée, indésirable ! Ses doigts s'immobilisèrent sur sa marque de naissance. Rejetée peut-être à cause de cela.

— Pauvre imbécile, fit l'autre avec un ricanement caustique. Vous rêviez d'un conte de fées, n'est-ce pas ? Vous imaginiez qu'un jour un messager frapperait à votre porte pour vous annoncer que vous étiez une princesse ravie à ses parents ? Kate s'ordonna de garder son calme. Mlle Paringham était une vieille femme solitaire et pernicieuse qui ne vivait que pour faire du mal à autrui. Elle ne lui offrirait pas le plaisir de voir qu'elle l'avait bouleversée.

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