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- Sayonara -

Le proviseur adjoint poussa un soupir excédé.

Son turban, Mr Gengis le porte par conviction religieuse, et ses baskets, pour enseigner les sports. Tenez, regardez donc, un peu. (Il se tourna vers son ordinateur et pressa un bouton. L'écran papillota un instant, puis un portrait-robot du comte Olaf apparut.) Voyez ? Mr Gengis ne ressemble en rien à votre comte Olaf, la preuve.

Ouchilo ! Objecta Prunille, autrement dit : « ça ne prouve rien ! »

Ouchilo ! Singea Mr Nero. Et à quoi croyez-vous que je vais me fier ? A un système informatique de pointe ou aux dires de petits loubards qui ne fichent rien en classe ni au bureau ? Bon, et maintenant, suffit. Vous m'avez fait perdre assez de temps ! Demain, je surveillerai en personne ces tests de contrôle, qui se dérouleront dans l'annexe aux orphelins. Et vous avez intérêt à briller. Sans quoi, du balai, et bonne chance à Mr Gengis ! Allez, « sayonara », enfants Baudelaire !

« Sayonara », vous le savez peut-être, signifie « au-revoir » en japonais, et les quelque cent vingt-cinq millions de citoyens du Japon seraient sans doute ennuyés d'entendre un personnage aussi révoltant utiliser un mot de leur langue. Mais les enfants Baudelaire ne se demandèrent même pas ce que signifiait « sayonara ». Ils étaient trop pressés d'aller tout raconter à leurs amis, au pied de la bâtisse.

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- Les rideaux -

Dans la vie, assez souvent, des choses qui semblaient obscures finissent par s'éclaircir à la lumière de l'expérience.

Par exemple, quand on vient de naître, on n'a d'ordinaire aucune idée de ce que peuvent être des rideaux. Du coup, on passe pas mal de temps, dans les premiers mois de sa vie, à se demander pourquoi diable les grandes personnes ont suspendu ces pans d'étoffe à chaque fenêtre.

Puis, à mesure que l'on grandit, l'idée de rideaux devient plus claire à la lumière de l'expérience. On apprend le mot « rideaux » et on découvre que la chose est bien pratique, à la réflexion, pour faire le noir à l'heure de dormir ou pour égayer une ouverture tristounette. Avec le temps, en général, on adopte si totalement l'idée de rideaux qu'on finit par en acheter soi-même, un jour ou l'autre, pour habiller ses propres fenêtres.

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-Vous ne vous accompagnez pas? S'alarma Violette.

Violette avait quatorze ans et à quatorze ans, en principe, on est tout à fait capable de se rendre sans escorte dans le bureau d un proviseur adjoint. Violette le savait, mais elle ne tenait guère à entrer seule avec ses cadets dans l'un de ces bâtiments lugubres.

Mr Poe consulta sa montre et toussota dans son mouchoir blanc.

-Hélas non, je suis désolé. il est fort tard et je devrais être à mon bureau depuis longtemps. Mis j'ai longuement conversé au téléphone avec M. le Proviseur adjoint.Tout est arrangé par avance, ne vous inquiétez de rien.Et n'oubliez pas qu'au moindre problème vous pouvez toujours me joindre au Comptoir d’escompte Pal-Adsu. Bien,et maintenant allez vite. profitez pleinement de ce superbe collège, et dites-vous que ce sont les plus belles années de votre vie.

-C'est certains,assura Violette sur un ton pus ferme que ses jambes. Au revoir, Mr Poe, merci pour tout.

-Oui merci,dit Klaus, serrant la main du banquier.

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— L’Institut J. Alfred Prufrock est un établissement sérieux et non un jardin d’enfants. J’ai informé Mr Poe que nous trouverions une place pour Prunille, mais certainement pas une classe. En conséquence, Prunille exercera un emploi de secrétaire.

— Arreg ? Fit Prunille qui n’en croyait pas ses oreilles – et d’ailleurs arreg signifiait : « Quoi ? Je n’en crois pas mes oreilles. »

— Mais Prunille est un bébé, fit observer Klaus. Un bébé, ça n’est pas censé exercer un emploi.

— Un bébé, ça n’est pas censé exercer un emploi, singea Mr Nero. Mais un bébé n’est pas censé non plus être au collège. Un bébé, c’est bien incapable d’apprendre les tables de multiplication ou l’altitude du mont Everest. Donc, Prunille sera mille fois mieux dans ce bureau, à accomplir de petits travaux pour moi. Oh ! pas grand-chose, juste répondre au téléphone et un peu de paperasserie, rien de plus.

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Présumer est une activité risquée – presque autant que sauter à l’élastique. La moindre erreur d’estimation, et c’est le désastre assuré.

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’il vous est arrivé de vous déguiser, pour un carnaval, par exemple, ou pour Halloween, vous connaissez le petit frisson qu’on éprouve en enfilant son costume. En fait, l’excitation est double : il y a le plaisir de se cacher, bien sûr, mais aussi, un peu, celui du risque.

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Dans les derniers rayons du soir, les trois enfants projetaient dans l’herbe des ombres longues, démesurées, comme étirées au rouleau par quelque horrible engin de chantier. Ils contemplaient ces ombres en silence, plus fines que du papier de soie, et regrettaient à chaque pas de ne pouvoir faire autrement que d’aller à ce rendez-vous louche.

Ils auraient voulu marcher sans fin, marcher, marcher, gagner le vaste monde, mais pour aller où ? Ils étaient seuls tous trois, seuls sur cette terre.

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Quand on écoute de la musique, un jeu amusant consiste à imaginer ce qui a pu inspirer le morceau. Telle symphonie, par exemple, évoque les arbres, les chants d’oiseau ; on la devine inspirée de la nature. Tel concerto fait songer si fort aux bruits de la rue qu’on le devine inspiré de la ville.

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Il est un avantage, un seul, à avoir affaire à quelqu’un qui ne sait pas jouer du violon mais en joue quand même : sauf exception, ce quelqu’un joue si fort qu’il est incapable de se rendre compte si son auditoire papote ou non. Il est bien sûr très impoli de papoter pendant un concert, mais, quand le concert est abominable et qu’il dure six heures d’affilée, l’impolitesse a des excuses.

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L’expression « comme deux ronds de flan » a de quoi laisser perplexe. Être ou rester comme deux ronds de flan, c’est être stupéfait ; renversé ; sans voix ; médusé. Que le flan ait sa place ici, passe encore. Après tout, le flan est bien une sorte de crème renversée, sans voix, à vague consistance de méduse. Admettons, mais pourquoi rond ? Le flan peut prendre toutes les formes ! Et surtout, pourquoi deux ? Comment fait-on, à soi tout seul, pour ressembler à deux ronds de flan ?

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