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Extrait ajouté par Thyda 2015-05-21T11:09:01+02:00

« Le doute qui l’habitait confusément quant aux motivations de la duchesse refusait de s’éteindre. N’était-il pas étrange qu’elle l’ait invité dès son retour en Angleterre ?

Impossible qu’il s’agisse d’une manœuvre derrière laquelle se cacherait Beaumont. Il songea au regard furieux et froid de son ancien ami : non, la duchesse n’avait pas prévenu son époux de sa présence au bal, ni du défi qu’elle comptait lui lancer.

Alors, c’était sûrement la passion des échecs qui l’animait.

Ou bien cherchait-elle à l’humilier ? S’imaginait-elle pouvoir le battre, lui, le meilleur joueur d’Angleterre, en biaisant la partie par des questions provocantes au moment propice ?

Un sursaut de rage pure l’ébranla. Au diable les petits manèges de la duchesse ! Avait-il jamais résisté au désir ? Oui, évidemment. Et il lui résisterait, à elle aussi.

Aucune femme ne le piégerait, ni par sa beauté ni par son talent aux échecs.

En fait…

Un sourire matois se dessina sur son visage.

Le temps était venu qu’il se marie. Le tue-l’amour ultime, à ses yeux. L’idée que Jemma le découvre occupé à organiser son mariage alors qu’il venait de lui proposer de partager sa couche lui plaisait. Voilà qui empêcherait Sa Grâce de trop savourer son petit succès.

Le mariage. Oui, c’était la solution. »

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Extrait ajouté par Thyda 2015-05-21T11:03:51+02:00

« D’instinct, Roberta subodorait que le coton melon et la soie bordeaux n’étaient pas idéalement assortis. Une intuition qui se révéla correcte, à en juger par les cris perçants des couturières françaises.

Deux secondes plus tard, elle se retrouva en chemise, la robe de Mme Parthnell jetée dans un coin.

— Pour les mendiants, expliqua Brigitte, la femme de chambre personnelle de Jemma. Aucune d’entre nous ne pourrait porter un chiffon pareil.

Les deux autres Françaises approuvèrent en chœur. Les robes de soirée furent sorties l’une après l’autre et firent l’objet de longues discussions, avant d’être rapportées avec cérémonie jusqu’à la garde-robe de Jemma – dans l’imagination de Roberta, une immense caverne d’Ali Baba bourrée de satin et de soie.

Brigitte avait des directives précises de la duchesse en personne. Roberta devait être l’innocence incarnée, avait-elle ordonné. Après un défilé d’une demi-heure, il devint évident que rares étaient les robes de Jemma inspirant l’innocence. Les quelques modèles qui furent essayés sur Roberta eurent tôt fait de perdre cette prétention, même si la jeune femme les trouvait d’un goût exquis. Rien que de se voir dans une des éblouissantes robes françaises de Jemma, elle avait le cœur en liesse. Disparue, la petite souris timide et terne : elle était belle et désirable. La vision du duc de Villiers agenouillé à ses pieds lui faisait tourner la tête.

— Vous êtes trop généreuse du buste, décréta Brigitte, dissipant le rêve.

Roberta baissa les yeux sur sa poitrine. Elle était pourtant bien modeste, comparée aux appas du centre de table en tenue d’Ève.

— C’est excellent ! s’empressa d’ajouter Brigitte. Les messieurs, ils adorent les seins. Beaucoup de seins !

Comme la femme de chambre ne voulait sans doute pas dire que les hommes préféraient un nombre de seins supérieur aux deux réglementaires, Roberta prit la remarque comme un compliment. Malheureusement, avec son buste généreux, elle ne pouvait porter aucune des robes de Jemma. Ses formes débordaient des corsages d’une façon qui, d’après Brigitte, était bien plus sensuelle qu’innocente. »

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Extrait ajouté par Thyda 2015-05-21T11:01:16+02:00

« Un petit garçon jaillit de l’angle du couloir à la vitesse de l’éclair.

Roberta devina aussitôt qu’il s’agissait du fils de Damon et décida qu’il n’y avait aucune raison de l’arrêter dans sa course. Elle s’écarta donc afin de le laisser passer, mais il s’immobilisa à sa hauteur en faisant un dérapage contrôlé. Dans la foulée, il fourra son pouce dans sa bouche.

Roberta réprima un frisson de dégoût. Jusqu’ici, elle n’avait eu que peu de contacts avec les enfants, même si elle en avait déjà vu sucer leur pouce à l’église. Le simple fait qu’on puisse engluer son doigt de salive la répugnait au plus haut point.

Comme il la dévisageait, elle lui sourit. Cet enfant n’avait pas l’air bien méchant, juste ébouriffé. »

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Extrait ajouté par Gatou29 2017-08-19T15:36:49+02:00

- De quel droit vous permettez-vous ces insinuations ? Vous ne connaissez rien à mes relations!

Il se leva a son tour.

- Je sais que vous avez couché un certain nombre d'années avec M. Philidor. Je ne peux qu'espérer qu'il n'y avait pas de paiement en jeu. Ses visites régulières à votre domicile suggéraient une relation embellie par les francs.

- Comment osez-vous ? S'indigna-t-elle. Philidor...

- Je n'ai aucune envie de savoir ce qu'il représentait pour vous. Supposons juste que j'aie sous-estimé votre aptitude aux sentiments et que vous ayez été très attachée à ce monsieur. Dois-je vous applaudir pour cela, moi, votre mari ?

- Si je comprends bien, vous suggérez que Philidor était mon amant. Puis-je vous demander en quoi cela différerait de votre relation avec Sarah Cobett ?

Comme il demeurait muet, elle instista :

- Cela ne fait que 8 ans, Beaumont. Vous vous rappelez forcément le nom de votre ancienne maîtresse.

- Je m'étonne simplement que vous le connaissiez.

Jemma haussa les épaules.

- Croyez-moi, une foule de gens se sont fait un plaisir de me renseigner sur elle une fois que j'ai eu compris la réalité de notre union. Pensiez-vous garder votre liaison secrète ?

Cette fois non plus, il ne répondit pas.

- Il semblerait que oui. Comme c'est étrange ! Même si je ne vous avais pas surpris tous les deux dans une position aussi compromettante, quelqu'un m'aurait informée un jour ou l'autre. Par la suite, j'ai compris que c'était pour le mieux. Voyez-vous, j'étais si jeune et si stupide que j'aurais pu ne pas y croire sans preuve visuelle. Je ne pense pas que je vous aurais cru capable de sauter de mon lit dans le sien - enfin, au figuré, vu que vous batifoliez sur un bureau.

Elle était envahie par une fureur glaciale que personne ne lui avais jamais inspirée à l'exception de son mari.

- Voilà la grande différence entre nous, Beaumont. Vous n'avez aucun mal à m'imaginer rétribuant les faveurs de Philidor quand bien même vous ne m'avez jamais vu allongée sous lui.

- Il suffit.

- Puisque vous montrez tant de curiosité, je vais vous récompenser d'une information. Sachez que je n'ai jamais payé un seul gentleman pour ses faveurs ; à la différence de vous, j'ai la chance d'attirer des amants qui n'attendent pas de rétribution. Et je ne me suis jamais intéressée à un homme qui ne comprenait pas les règles du jeu, contrairement à vous.

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— Benjamin est mort depuis presque deux ans, n’est-ce pas ? Avez-vous reçu ma lettre de condoléances après ses funérailles ?

Harriet hocha la tête.

— Et aussi votre charmante missive de Florence, avec les dessins.

— Cela fait un an, dit Jemma avec un pétillement dans le regard. Personnellement, je trouve que David a un physique charmant, quoiqu’il soit… comment dire… insuffisamment pourvu.

Harriet laissa échapper un rire un peu creux.

— Vous êtes bien la seule à remarquer ce genre de chose.

— Balivernes. Voilà qui vous pousse à considérer tous les mâles italiens d’un œil plus que soupçonneux, je vous assure. Peut-être s’agit-il d’une caractéristique nationale.

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— À Paris, une femme mariée se doit d’avoir un amant ou elle n’est personne. Et on peut lui en pardonner deux.

La porte du salon s’ouvrit à la volée, mais la jeune femme assise qui lui tournait le dos n’y prêta aucune attention.

— Deux ? répéta un jeune homme vêtu avec une élégance exquise. J’en conclus que les Français sont des hommes heureux. Ils me semblaient pourtant bien irascibles lors de mon dernier séjour là-bas. C’est en tout cas un problème enviable, comme de pouvoir prendre trois desserts au souper.

— Trois amants, voilà qui est considéré comme plutôt excessif, fit remarquer la jeune femme. Même si j’en ai connu quelques-unes qui y voyaient plus un privilège qu’un excès.

Son rire de gorge émoustillant en disait long sur ses capacités personnelles à s’y prendre avec un Français – ou trois.

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