Livres
436 547
Membres
362 058

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Il tira une dague de sa main gauche, assura sa prise sur son épée de la droite, cracha sur le sol et avança pour faire face à ses ennemis. Poivre-et-sel vint à sa rencontre. Il tenait toujours la cuisse de poulet qu’il mangeait quelques instants auparavant. Il arracha un morceau de viande d’un coup de dents.

—Quelle chance, quand même. On reçoit le message aujourd’hui même, on se décide à commencer la traque, et vous nous tombez dessus comme ça ? C’est incroyable, eh ? Ce soir, nous serons riches.

—Sais-tu chanter ?

Le guerrier s’interrompit, l’air perturbé, le pilon à la main.

—Chanter ? Qu’est-ce que tu racontes ? Tu as perdu la tête ?

—Chante avec moi, petit homme. Chante le sang et l’acier !

Afficher en entier

Elle jeta un regard au grand miroir qui trônait au centre du couloir, et dissimula un sourire triste devant son image. Même son physique l’aidait à se fondre dans le décor. Aucun noble ne l’avait encore forcée à partager sa couche, ni même regardée de haut en bas avec cet air pervers que les hommes arboraient devant ses amies mieux loties. Elle n’était pas laide, certainement pas, mais rien en elle n’attirait le regard. Shani avait toujours considéré sa fadeur comme une bénédiction. Depuis qu’elle avait rencontré Mahlin, elle n’en était plus si sûre.

Jusqu’au début du mois, Shani passait beaucoup de temps avec lui. Elle se sentait plus naturelle sous son regard, plus en confiance. Il lui racontait ses rêves et ses espoirs, les attentes qu’il avait eues en s’engageant dans la garde. Elle lui parlait de sa famille et des petits secrets dont le palais bruissait. De temps en temps, ils partageaient la nourriture qu’elle avait pu subtiliser aux cuisines et qu’elle lui amenait durant ses tours de garde. Elle trouvait un équilibre agréable auprès de lui. Il ne cherchait pas à l’attirer sous ses couvertures – elle aurait dit non, bien sûr, évidemment – mais il s’intéressait à elle et la faisait se sentir importante. Souvent, durant la journée, elle se prenait à sourire en entendant une plaisanterie ou un ragot qu’elle prendrait plaisir à lui répéter.

L’arrivée de Deria avait tout changé.

La jeune noble s’était intégrée à la cour sous la protection de l’Empereur. Personne ne semblait savoir qui était cette fille, ni où se trouvait le fameux château Froideval, mais l’on avait aménagé une grande chambre pour elle au palais et elle se mêlait désormais aux ducs et aux barons, suivant de mauvaise grâce des cours de chant ou de maintien destinés à la transformer en jeune fille modèle. Shani ne put réprimer un gloussement en se rappelant la cacophonie qui avait conduit le professeur de musique à battre en retraite. La jeune noble était peut-être belle – et spirituelle, elle devait en convenir – et sympathique, quand on apprenait à la connaître – et généreuse, elle avait donné une pièce d’argent entière au palefrenier qui s’occupait de sa monture – et douée en escrime, évidemment – mais elle ne savait pas chanter. La servante hocha la tête avec sagesse. Il y avait une justice dans la répartition des dons sur cette terre.

Afficher en entier

L'espadon s'abattit à nouveau, l'épée du Boucher s'interposa au dernier moment.

- Chante avec moi!

Rekk baissa la tête alors que la lourde lame sifflait vers son visage.

- Chante avec moi! répondit l'autre en écho avant de tenter un coup d'estoc.

- Chante avec moi, le sang et l'acier!

Un coup de taille.

- Je mangerai ton coeur!

Une feinte au visage.

- Je boufferai ton foie!

Une parade, une feinte de corps.

- Il n'y a qu'un vainqueur!

Un pas de côté, un assaut brutal.

- Et ce vainqueur ...

- C'est moi!

Rekk se fendit, frôlant la poitrine de son adversaire. Mais le coup était porté de trop loin pour être réellement efficace.

- C'est moi!

Comeral engagea brutalement le fer, repoussant son adversaire à l'autre bout de la pièce. Ils riaient tous les deux, chantant au rythme de l'acier.

Afficher en entier

Shani marcha sur un grand nombre d’orteils avant de pouvoir enfin se glisser au premier rang, étouffant les protestations sous des pardon! péremptoires. C’était facile, finalement, de prendre de l’assurance. Une fois qu’on avait décidé de ne pas se faire marcher sur les pieds, on pouvait écraser ceux des autres.

Afficher en entier

Les trois corps s’affaissèrent lentement sur le sol, comme des marionnettes dont on aurait coupé les cordes.

—Démon ! cracha un arbalétrier, jetant son arme de côté pour tirer son glaive.

— C’est moi, confirma Rekk.

Afficher en entier

(Rekk à Mahlin)

—Autre chose. Ça ne me plaît pas particulièrement de jouer les nourrices. S’il faut en plus que je t’écoute jacasser à longueur de temps et que tu continues à m’expliquer de quelle manière tu pourras m’être utile, tu fais le reste du voyage avec un bâillon. J’espère que je me fais bien comprendre.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode