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— Seraient-ce des excuses, milord ?

— Supposons que ça en soit, les accepteriez-vous ?

— Je n’ai pas besoin de vous avoir à mes pieds.

— Non, certainement, mais peut-être que moi, j’aimerais adopter cette position. À moins que vous ne préfériez vous agenouiller devant moi ?

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— Ton cynisme m’étonnera toujours.

Un serveur déposa une tasse de café fumant devant Lazare, qui le remercia, lui donna un penny, et but une gorgée du breuvage. Quand il reposa sa tasse, il s’aperçut que Saint-John l’examinait comme s’il était un insecte placé sous un verre grossissant.

— J’ai des marques de vérole sur le visage ? s’enquit-il.

— Ça finira par t’arriver un jour à force de coucher avec des catins.

— J’ai des besoins…

— Tu as des pulsions, le coupa Saint-John. Et tu ne fais rien pour les dominer.

— Pourquoi les dominerais-je ? Le loup serait-il plus heureux s’il renonçait à sa proie ? C’est dans sa nature de chasser, comme il est dans ma nature de coucher avec des femmes.

— Tu sais bien qu’un loup n’a ni âme ni conscience.

— Je paie généreusement les femmes avec qui je couche. Et je ne nuis à personne.

— Sauf peut-être à toi.

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Elle gagna la porte, hésita un instant et lui jeta un regard par-dessus son épaule.

— Rappelle-toi, je t’en prie, que ce n’est pas parce que l’amour ne s’exprime pas qu’il n’existe pas.

Et elle quitta la pièce avant qu’il ait pu répondre.

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Finalement, sa mère fit son entrée. À sa manière habituelle : en s’arrêtant un instant sur le seuil pour qu’on admire sa beauté.

Lazare bâilla.

— Tss-tss ! Aurais-tu oublié la politesse, mon fils ? Ou est-ce la nouvelle mode, de ne plus se lever pour accueillir une dame ?

Il se leva, avec juste assez d’indolence pour se montrer insultant, et s’inclina brièvement.

— Que me voulez-vous, madame ? demanda-t-il, avant de réaliser que pareille question, témoignant de son impatience, ne pourrait qu’inciter sa mère à faire durer l’entrevue.

— Oh, Lazare, ne sois donc pas si revêche ! J’ai commandé du thé et des biscuits. Tu vas rester un petit moment ?

— Suis-je obligé ?

— Je le crains.

Il se rassit, concédant cette petite victoire à sa mère. Et ils attendirent le thé. Lazare détestait le thé. Ce n’était pas nouveau. L’avait-elle oublié, ou en avait-elle commandé uniquement pour le provoquer ?

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-  Ma chère mère, une femme avisée m'a dit un jour que ce n'était pas parce que l'amour ne s'exprimait pas qu'il n'existait pas.

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— Lazare…

— Quoi ? Que veux-tu que je te dise ?

La jeune femme ferma les yeux.

— Je ne sais pas. N’importe quoi. Qu’elle était l’amour de ta vie. Je voudrais que tu m’expliques comment tu pouvais ignorer qu’elle avait des amants ou même un frère. Que tu manifestes une émotion, Caire.

— Peut-être n’y a-t-il rien à dire, murmura-t-il. Peut-être suis-je tout bonnement incapable d’aimer qui que ce soit.

Elle rouvrit les yeux et le regarda. Elle se sentait blessée et infiniment lasse.

— Je ne te crois pas. Tout le monde est capable d’aimer.

Il laissa échapper un rire dur.

— Tout le monde ? Quelle puérilité ! Crois-tu que les catins soient amoureuses de leurs clients ?

Les assassins de leurs victimes Franchement, tu crois que le type qui a violé ta sœur a agi par amour ?

Elle se jeta sur lui sans réfléchir et commença à le frapper aveuglément en criant :

— Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi !

Il lui saisit les poignets.

— Je suis désolé. Je sais ce que tu aimerais m’entendre dire, mais je ne peux pas. Je ne peux que t’offrir cela.

Et, refermant les bras autour d’elle, il écrasa sa bouche sur la sienne.

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Tempérance rentra chez elle au petit matin dans la voiture de lord Caire. Elle s’assoupit durant le trajet et ne se réveilla que lorsque l’attelage s’arrêta à l’entrée de Maiden Lane. En fait, elle était encore si exténuée qu’elle ne réalisa pleinement sa situation qu’au moment de pousser la porte de l’orphelinat : elle avait découché !

— Où étais-tu passée ? articula Concord, son frère aîné, en guise d’accueil.

Il semblait emplir toute l’entrée, et sa mauvaise humeur était palpable.

— Je… euh… balbutia Tempérance, à court de mots.

Concord fronça les sourcils.

— Si tu as été retenue contre ton gré par cet aristocrate dont nous a parlé Winter, nous demanderons réparation.

— En d’autres termes, nous en ferons de la chair à pâté, renchérit quelqu’un derrière lui.

Tempérance cilla en découvrant Asa, qu’elle n’avait pas vu depuis des mois. Sa présence n’annonçait rien de bon, car d’ordinaire Asa et Concord n’étaient jamais d’accord sur rien.

Du reste, c’est à peine s’ils se parlaient encore. Mais voilà qu’ils étaient réunis par une commune détestation de lord Caire — assortie d’une solide colère contre elle-même.

Concord n’était pas seulement l’aîné des garçons, c’était aussi le plus grand. Ses cheveux commençaient à grisonner, alors que ceux d’Asa avaient gardé cet éclat fauve qui évoquait la crinière d’un lion. Et bien qu’Asa fût plus petit de plusieurs centimètres, il n’avait rien à envier à son frère pour ce qui était de la carrure. C’était à croire qu’il se livrait quotidiennement à quelque labeur physique harassant. Cependant, personne, dans la famille, ne savait exactement comment il gagnait sa vie, car il demeurait toujours évasif dès qu’on lui posait la question. Tempérance soupçonnait ses frères de ne pas trop insister de peur d’apprendre que son activité professionnelle n’était guère respectable.

— Lord Caire ne m’a pas retenue contre mon gré.

Concord fronça les sourcils de plus belle.

— Alors qu’as-tu fait chez lui toute la nuit ?

— Lord Caire était malade. Je suis restée à son chevet pour le soigner.

— Quel genre de maladie ? voulut savoir Asa.

Tempérance chercha Winter du regard, mais il était invisible.

— Une infection, répondit-elle prudemment.

— Une infection de quoi ? insista Asa.

— D’une blessure à l’épaule.

Ses deux frères échangèrent un regard.

— Et comment a-t-il été blessé ? questionna Concord.

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Tempérance comprit vite qu’elle avait commis une regrettable erreur de jugement en laissant sir Henry l’entraîner dans un salon qui n’était pas éclairé. Cependant, elle gardait encore un petit espoir qu’il s’intéressât réellement à l’orphelinat, auquel cas elle ne voulait surtout pas prendre le risque de l’insulter. D’un autre côté, s’il s’intéressait à autre chose qu’à l’orphelinat, elle se retrouverait en très mauvaise posture.

— Je comprends que vous recherchiez un peu de tranquillité, commença-t-elle prudemment en se réfugiant derrière un fauteuil, mais ne pourrions-nous pas trouver une pièce un peu plus éclairée ?

— On ne prend jamais trop de précautions, ma chère, répliqua sir Henry. Je déteste parler affaires quand les autres peuvent m’entendre.

Il referma la porte derrière lui, et ils se retrouvèrent plongés dans la pénombre. Tempérance inspira à fond pour calmer les battements de son coeur.

— Eh bien, pour commencer, sachez que notre orphelinat n’est tenu que par trois personnes. Moi-même, mon frère, M. Winter Makepeace, et Nell Jones, notre domestique.

— Ah oui ? fit sir Henry, dont la voix semblait toute proche.

Tempérance tenta de retrouver le chemin de la porte.

— Oui. Mais si nous disposions de fonds suffisants, nous pourrions engager davantage de personnel et secourir davantage d’enfants.

— Vous vous esquivez, petite souris, chantonna sir Henry d’une voix qui n’était pas pour rassurer Tempérance.

Elle finit par manifester son exaspération.

— Sir Henry, êtes-vous oui ou non intéressé par notre établissement ?

— Mais certainement, assura-t-il, et sa voix s’était encore rapprochée.

Tempérance voulut s’échapper par la droite, mais deux bras se refermèrent sur elle.

— L’orphelinat me fournira une excellente couverture pour vous voir en privé, murmura-t-il avant de plaquer ses lèvres sur les siennes.

Tristement, Tempérance fut encore plus déçue que scandalisée. Depuis le concert, elle n’avait cessé de rêver à tous les bienfaits que l’orphelinat pourrait tirer du patronage de sir Henry. Et voilà qu’elle devait se remettre en quête d’un nouveau bienfaiteur. Dégoûtée, elle le repoussa de toutes ses forces. Naturellement, il ne céda pas d’un pouce. Pis, il s’efforça d’introduire sa langue dans la bouche de Tempérance. Une perspective proprement révoltante.

Cela faisait près de neuf ans qu’elle disciplinait quotidiennement des mâles. Ils étaient certes nettement plus jeunes que sir Henry, mais le principe était plus ou moins le même.

Elle agrippa l’oreille gauche de son agresseur et la tordit. Sir Henry cria comme une fillette.

Au même instant, la porte s’ouvrit à la volée. Quelqu’un fit irruption dans la pièce, poussa Tempérance de côté et se jeta sur sir Henry. Elle entendit des bruits de coups de poing, des cris étouffés, puis plus rien. Un instant plus tard, lord Caire lui prenait le bras sans douceur et l’entraînait dans le couloir. La jeune femme voulut se libérer, mais il refusa de lâcher prise.

— Que diable fabriquiez-vous dans l’obscurité avec ce crétin ? articula-t-il. Auriez-vous perdu tout bon sens ?

Elle se risqua à le regarder. À l’exception d’une ecchymose sur la joue, il était livide.

— Votre queue-de-cheval s’est défaite, murmura-t-elle.

Il s’immobilisa soudain, et la plaqua contre le mur du couloir.

— N’allez jamais nulle part avec un homme qui ne soit pas de votre famille.

Elle haussa les sourcils.

— Et vous alors ?

— Moi ? Je suis mille fois pire que sir Henry, répliqua-t-il, son visage tout près de celui de la jeune femme. Vous feriez mieux de vous enfuir tout de suite et de ne plus me revoir.

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L’esprit concentré sur le visage aimé de William, elle annonça aux gardes :

— Je désirerais voir M. O’Connor.

L’un d’eux l’ignora superbement. L’autre, en revanche, celui qui arborait un nez cassé et portait un manteau vert bouteille trop étroit pour sa carrure, parut s’amuser de sa requête.

— Désolé, mais t’es pas son genre, répliqua-t-il à Silence avec une familiarité presque affectueuse.

La jeune femme décida de ne pas se laisser intimider par ses manières rustaudes.

— Je m’en doute, répliqua-t-elle. Mais je souhaite quand même lui parler.

— Mais c’est qu’on voit pas M. O’Connor comme ça, objecta Nez-Cassé.

Son compagnon se décida à parler :

— T’as combien ? demanda-t-il, révélant du même coup qu’il lui manquait plusieurs dents à la mâchoire supérieure.

Silence cligna des yeux.

— Je vous demande pardon ?

— Il veut savoir combien tu pourrais nous payer, expliqua Nez-Cassé.

— Oh…

Silence tira la petite bourse attachée à sa ceinture.

— Deux pence chacun ?

Sans-Dents s’esclaffa.

— Rien à moins d’une demi-couronne chacun.

Silence était effondrée. Mais avant qu’elle ait pu protester, Nez-Cassé lança :

— Une demi-couronne ? Mais t’as perdu la tête, Bert !

— Pas du tout, Harry, répliqua ledit Bert. Ça me semble raisonnable, au contraire.

— Mais enfin, explosa Harry, tu vois bien que c’est pas une comtesse !

— Me fais pas la leçon, tu veux ?

— S’il vous plaît, intervint Silence, car elle avait peur que les deux hommes n’en viennent aux mains.

Harry et Bert se tournèrent d’un même mouvement vers elle.

— Quoi ? demanda Harry.

— Si nous transigions à un shilling ?

Bert s’esclaffa de nouveau, plus méprisant que jamais, mais Harry se montra plus généreux.

— Un shilling chacun, ça me va.

Bert marmonna quelque chose au sujet des coeurs tendres et des cervelles d’oiseaux, mais il tendit la main dès que Silence ouvrit sa bourse.

— À toi de t’en occuper, maintenant, dit-il à Harry.

Ce dernier empocha sa pièce et hocha la tête.

— Suivez-moi, m’dame.

Il ouvrit la porte et s’effaça. Silence franchit le seuil… et s’immobilisa.

— Vous vous attendiez pas à ça, hein ? ricana Harry.

Silence ne put qu’acquiescer. Les murs étaient recouverts d’or.

Le hall n’était pas immense, mais il était très haut de plafond, et l’or montait à l’assaut de la voûte d’où pendait un lustre de cristal dont l’éclat se reflétait à l’infini sur le métal brillant des murs. Au sol, différentes sortes de marbres composaient une mosaïque multicolore.

— Il ne craint pas les voleurs ? demanda Silence sans réfléchir.

Elle n’avait jamais rien vu d’aussi extravagant de sa vie. Même le roi ne possédait pas de murs lambrissés d’or dans son palais !

Harry rit de bon coeur.

— Faudrait être dingue pour oser venir cambrioler Mickey le Charmeur, m’dame. Ou alors se moquer de mourir…

Silence déglutit péniblement.

— Je vois.

Harry perçut son appréhension.

— Vous voulez toujours parler à Mickey le Charmeur, m’dame ? Sinon, je vous laisse ressortir sans problème.

— Non, rétorqua Silence en redressant l’échine. Je ne repartirai pas sans l’avoir vu.

Harry haussa les épaules, comme pour signifier qu’il s’en lavait les mains. Puis il précéda Silence dans un élégant escalier pavé des mêmes marbres multicolores que le hall.

Ils s’arrêtèrent devant la grande double porte dorée, juste en face des marches, et Harry frappa à l’un des battants.

Un judas s’ouvrit, révélant un oeil.

— Oui ?

— Une dame veut voir le patron, expliqua Harry.

L’oeil pivota pour examiner Silence.

— Vous l’avez fouillée ?

Harry soupira.

— Tu lui trouves une tête d’assassin, Bob ?

L’oeil de Bob cligna.

— Les pires assassins ne ressemblent jamais à des assassins.

Harry ne répondit pas.

— Bon, très bien, lâcha finalement Bob. Mais si elle tente quoi que ce soit, tu seras jugé responsable.

Harry se tourna vers Silence :

— Pas de geste déplacé, d’accord ?

Silence acquiesça sans un mot. Ce n’est que maintenant, qu’elle prenait pleinement conscience de ce qu’elle s’apprêtait à faire.

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