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- J’ai failli tomber, me dit-elle.

Je secouai la tête doucement. Je ne l’aurais pas laissée tomber.

- Je t’ai rattrapée.

Elle essaya d’être vive, mais son corps ne se déplaçait pas aussi vite qu’elle l’aurait souhaité. Alors je lui vins en aide, gardant mes mains autour de sa taille et la soulevant presque pour la redresser sur ses pieds. À contrecœur, je la lâchai enfin, faisant glisser le poteau à perfusion plus près d’elle, au cas où elle en aurait encore besoin.

- Je suis presque certain que les patients ne sont pas censés errer dans les couloirs, dis-je, résistant au besoin de tendre le bras et de rajuster le décolleté de sa tenue.

- Je suis presque certaine que la plupart des patients reçoivent des visites, murmura-t-elle.

J’inclinai ma tête, mais elle prit soudain conscience de ce qu’elle avait dit et se raidit.

- Je n’erre pas. Je me rends à un endroit précis.

Amusé, je croisai les bras sur mon torse.

- Ah oui ? Où ça, alors ?

- Je, euh, suis à la recherche de quelqu’un.

Un éclair de jalousie me traversa. Qui pourrait-elle bien vouloir voir ? Son docteur ! Et si elle avait mal quelque part, avait appelé une infirmière, mais qu’aucune n’était libre, et avait décidé d’aller chercher de l’aide elle-même ?

Je projetai les mains en avant. Elle sursauta et fit un pas en arrière. Immédiatement, je me sentis infiniment stupide.

- Je ne te veux aucun mal, promis-je, espérant qu’elle remarque la sincérité dans ma voix. Je suis désolé de t’avoir fait peur.

Elle rit nerveusement.

- Je n’ai pas peur.

Oh, mais si, elle avait peur.

- As-tu mal quelque part ? demandai-je, repoussant mes mains en arrière. Tu veux que je te trouve un docteur ?

Elle leva les yeux au ciel.

- Hors de question. Tout ce que ces fichus docteurs veulent est de noter mes moindres faits et gestes sur leur fichu bloc-notes.

Je gloussai. Immédiatement, je sentis ses yeux sur moi. Laissant mon rire s’évaporer, je levai les miens.

- Je m’appelle Amnésie, lança-t-elle.

Ma poitrine se serra.

- La fille sans souvenirs.

- Tu as entendu parler de moi ?

Elle sembla surprise.

- Quelque chose comme ça, murmurai-je.

- Je cherche quelqu’un. Peut-être que tu le connais ?

Elle inclina sa tête sur le côté, et une mèche de cheveux inégale tomba contre son menton. Je remarquai qu’elle se penchait de plus en plus contre le poteau à chaque instant.

- L’homme qui m’a tirée du lac.

C’était moi. Elle errait dans les couloirs pieds nus, à ma recherche. Je fus légèrement pris de vertige à l’idée.

Je sentis ma pomme d’Adam s’agiter. Ma bouche se trouvait soudainement très sèche.

- Je le connais, oui.

Ses yeux s’illuminèrent comme si le soleil était réapparu de derrière les nuages et la foudroyait de ses rayons dorés.

Elle était ravissante. Si belle.

- Tu le connais !

Elle reprit du poil de la bête et jeta un coup d’œil vers le bout du couloir.

- Peux-tu me conduire à lui ?

- Non, dis-je alors qu’elle ramenait son regard sur moi.

Où il est censé se poser.

- Pourquoi pas ? s’exclama-t-elle, posant un poing contre sa hanche.

Cette fois-ci, je fixai le décolleté de sa tenue. Au moment où je défroissai le tissu, son poing glissa de sa hanche et son menton s’inclina pour que son visage puisse soigneusement étudier le mien.

- Tu l’as déjà trouvé, murmurai-je en reprenant ma place.

Ses lèvres couleur pêche clair s’entrouvrirent. J’avais envie de compter les taches de rousseur que son nez affichait.

- Cet homme, c’est toi ?

Me déplaçant de manière à ce que je puisse étendre ma main entre nous, je déclarai :

- Je m’appelle Eddie.

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Ma condition allait s’améliorer.

Une certitude s’imposait à moi, limpide : j’étais forte. J’étais une battante. Je ne connaissais pas l’étendue des dégâts lorsque l’on m’avait amenée à l’hôpital, mais le fait était que j’avais survécu à près de trois mois dans le coma et à la perte pour ainsi dire totale de ma mémoire. Cela me rendait forte.

Alors, malgré le vide béant de mon esprit alors que je cherchais un élément, quoi que ce soit, qui me donnerait un indice sur mon identité était perturbant – ainsi que le fait d’être toute seule à l’hôpital (pourquoi n’avais-je personne pour moi ?) – je m’en sortirais. D’une manière ou d’une autre.

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