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« — Am ? Qu’est-ce que tu fais dehors ?

La voix d’Eddie me tira de mes pensées. Me redressant et m’éloignant de la rampe, je lançai un coup d’œil traînant par-dessus mon épaule où il se tenait, de l’autre côté de la porte moustiquaire.

— J’ai de nouveau fait un cauchemar, murmurai-je en redirigeant mon regard sur le lac.

Les gonds grincèrent lorsqu’il me rejoignit sur le porche. Il m’encercla de ses bras par-derrière. Au lieu de m’attirer contre son torse, il s’avança au plus près de moi pour mouler son corps autour du mien.

— Tu aurais dû me réveiller.

Si je le réveillais à chaque cauchemar qui me hantait, alors je le priverais de sommeil toutes les nuits. Depuis le jour où la veuve avait tenté de m’enlever, je n’avais pas connu une seule nuit de sommeil ininterrompu. Mon esprit était agité par un tumulte semblable au lac en proie à une tempête.

Et il semblerait qu’une tempête imminente allait justement s’abattre sur ma vie tout entière.

— Tu veux en parler ? me demanda-t-il en embrassant ma nuque.

Je lui présentai ma joue, saisissant le réconfort qu’il m’offrait.

— Non, murmurai-je.

Il posa son menton sur mon épaule, sans rien ajouter.

Nous demeurâmes ainsi un certain temps, silencieux, le regard perdu sur le lac. Le mien reposait toujours sur Rumor Island. Plus les jours passaient, plus cet endroit attisait ma curiosité.

Une part de moi était terrifiée par ce lieu, mais l’autre partie voulait s’y rendre.

Même dans l’obscurité, je pouvais déceler la silhouette du pan de terre menaçant. La forme distincte qu’il créait était immanquable, même la nuit. Il semblait même qu’il fasse encore plus sombre là-bas, comme si l’endroit abritait le Mal incarné, que la lumière dissimulait au lever du jour.

— Retournons nous coucher, murmura-t-il, caressant mon ventre du bout des doigts. Je vais te réchauffer.

Je l’autorisai à me tirer en arrière, loin de la rampe. Alors que je m’en allais, un éclair dans la nuit noir d’encre stoppa mon avancée.

Je voyais une lumière.

Elle s’agitait dans les airs, presque comme une luciole par une chaude nuit d’été. Nous n’étions pas en été, et il n’y avait aucune luciole à l’horizon.

Même s’il y en avait eu, je n’aurais pas été en mesure de les discerner d’aussi loin.

Je regardai la sphère dorée se déplacer à travers les ténèbres.

Je clignai des yeux, me demandant si mon imagination ne me jouait pas des tours. Si peut-être je rêvais encore, toujours plongée dans le sommeil.

— Ma chérie, murmura Eddie, plongeant de nouveau le nez dans mon cou. Viens.

Mes paupières se fermèrent pendant un moment, le son de sa voix étant apaisant. Je souris, adorant la sensation d’être dans ses bras.

Eddie me souleva du sol et me tint tendrement contre lui. Avant qu’il ne fasse demi-tour pour regagner l’intérieur de la maison, je tendis le cou pour observer l’eau une dernière fois, à la recherche de la lumière flottante.

Elle avait disparu.

Comme si elle n’avait jamais existé. »

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— Mais je suis amoureux de toi, Am. Pas d’elle. Il y a des pans de moi, il y en a tellement, qui n’appartiendront toujours qu’à toi. Peut-être que je la prends dans mes bras quand elle pleure, mais tu es la seule pour laquelle je grimperais dans une douche tout habillé. La seule pour laquelle je risquerais un bras pour essayer d’entrer dans un ascenseur. Tes lèvres sont les seules que je veux embrasser. Tu es la seule que je recherche lorsque je me réveille le matin. Ton corps est le seul que le mien désire. Je t’aime, seulement toi, murmura-t-il en posant sa tête près de mon oreille, nos doigts toujours enlacés.

Cette part de moi qui chantonnait ?

Elle s’était transformée en représentation d’une chorale infernale.

— J’aimerais pouvoir dire que je n’avais pas besoin d’entendre ça, mais c’était le cas.

— Je t’ai vue sortir de la pièce comme si nous étions dans un mauvais feuilleton. J’avais peur que tu agisses comme ces personnages mélodramatiques qui montent dans leur voiture, conduisent sans précaution et rentrent dans un arbre parce que leur cœur est meurtri à jamais, dit-il avec un large sourire.

— Quoi ? demandai-je en clignant des yeux.

Oh, mon Dieu, son sourire me faisait tomber à la renverse. Ses deux fossettes apparurent et il me montra ses dents blanches.

— Ma puce, si tu penses que la télé-réalité est mauvaise, tu devrais essayer les soaps.

— Ils passent à la télévision aussi ? demandai-je, piquée par la curiosité.

En gloussant, Eddie m’attrapa et m’attira contre lui. J’oubliai tout ce dont il parlait. Mon estomac se retourna, atterrissant quelque part vers mes pieds, lorsque son corps entoura le mien.

C’était le genre d’étreinte qui me consumait. Sa silhouette large et grande s’approcha, se referma autour de moi, et j’étais complètement encerclée. L’odeur de sa peau, la chaleur de ses vêtements, le son du battement constant de son cœur. Je l’enlaçai en retour, le serrant fort. Mes paupières se fermèrent et toute l’insécurité que j’avais pu ressentir s’envola.

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