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Zaira, qui souriait toujours de toutes ses dents, secoua la tête.

— Si vous ne vous en doutez pas, ce n’est pas moi qui vais éclairer votre lanterne.

Avant que je puisse répondre, un éclat de lumière jaillit dans les bois à proximité de la pierre. Rond et vitreux, il évoquait l’œil unique d’un prédateur.

Mes poumons gelèrent instantanément. Marcello.

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Il y eut un silence tendu. Mon pouls gronda à mes oreilles tandis que le colonel Vasante nous jaugeait tous les quatre du regard. Sans se rendre compte du danger qui planait dans l’air, Istrella agita la main en un coucou joyeux. Les épaules du colonel s’affaissèrent.

— Fantastique, lâcha-t-elle sèchement. Je croyais que la situation ne pouvait pas empirer, et maintenant, par-dessus tout le reste, je dois jouer les gardes du corps de l’héritière des Cornaro.

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— J’ai l’honneur de présenter à cette auguste et sérénissime Assemblée le Projet de Réserve des Faucons, visant à moderniser certaines régulations archaïques – notamment, à baser sur le volontariat le service militaire actif des mages marqués.

Ils avaient tous dû recevoir une copie du texte, et je ne pouvais qu’espérer qu’ils s’étaient donné la peine de le lire. Il ne me restait plus qu’à profiter du bref moment dont je disposais pour les convaincre de voter en sa faveur.

— Nous sommes une société civilisée ; il est temps de mettre fin à la conscription des enfants, de cesser de les arracher à leur foyer contre leur volonté et celle de leur famille. Au lieu de forcer les mages marqués à servir, invitons-les à le faire de leur plein gré. Leur témoigner le respect humain le plus basique nous garantira une loyauté bien supérieure de leur part.

Des murmures enflèrent dans la foule, et je vis plusieurs personnes s’agiter dans leur siège aux premiers rangs. J’aurais tant voulu savoir si c’était bon ou mauvais signe !

— Cette loi ne mettra pas fin à la nécessité, pour tout mage marqué né dans l’Empire, de porter un jet et d’avoir un Fauconnier. En revanche, les Fauconniers ne seront plus obligés d’accompagner leur Faucon partout et toujours, poursuivis-je. Après l’entraînement de base, que le mage suivra en fonction de ses disponibilités, les Fauconniers décideront si, par défaut, il convient de sceller ou de desceller le pouvoir de chaque Faucon individuel de la réserve civile.

J’avais formulé ce compromis avec l’aide du colonel Vasante et de ses officiers : le niveau de sécurité requis n’était pas le même selon qu’on avait affaire à un façonnier expérimenté ou à un enfant, un sorcier ou un mage adulte qui se contrôlait mal.

— En autorisant les mages marqués à refuser le service militaire actif, nous nous contenterons d’éliminer de nos rangs ceux qui répugnent à servir ou n’en possèdent pas les capacités, et qui de ce fait feraient de toute façon de mauvais soldats. En leur accordant la liberté fondamentale de choisir où et avec qui ils vivront, nous leur permettrons d’avoir un foyer et une famille, ce qui ne pourra qu’accroître leur désir de protéger la sérénité de l’Empire.

Je vis des gens opiner parmi les spectateurs, mais aussi d’autres se rembrunir et secouer la tête. Il ne fallait pas que ma détermination flanche maintenant. Je laissai ma passion enfler dans ma voix et résonner aux quatre coins du hall.

— Les mages sans marque sont déjà intégrés à la trame de notre société : ils fabriquent nos luminaires et nos coquilles symphoniques, ils préparent les remèdes à nos maux les plus communs, ils font pousser des fruits et des fleurs hors saison. (J’écartai les bras.) En quoi un façonnier marqué, capable de fabriquer une lampe-courrière, est-il plus dangereux qu’un façonnier non marqué qui fabrique des luminaires ? En quoi une alchimiste marquée, capable de guérir un dépérissement chronique, est-elle plus dangereuse qu’une alchimiste non marquée capable de soigner un rhume ? Ces gens sont nos amis, nos parents et nos voisins, nos concitoyens ! Pas des criminels qu’il convient d’enfermer derrière des murs sous haute surveillance !

J’estimai que mon temps de parole touchait à sa fin. Je projetai ma voix implorante vers le public.

— Je vous conjure de mettre fin à l’injustice qui consiste à arracher des enfants innocents à leur foyer, et ce faisant, de restaurer l’honneur de la Cité Sérénissime. Laissons nos frères et sœurs marqués nous montrer ce qu’ils sont prêts à faire pour l’Empire volontairement plutôt que sous la contrainte. Si nous avons suffisamment confiance en eux pour protéger nos frontières contre les envahisseurs, nous pouvons sûrement les autoriser à vivre parmi nous. Et si nous leur demandons de risquer leur vie pour défendre l’Empire, le moins que nous puissions leur offrir en retour, c’est un foyer plutôt qu’une prison.

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La boutique de masques de madame Nicolas était l’une des meilleures de la Cité Sérénissime, aussi grouillait-elle de monde à quelques jours de la Nuit des Masques. Mais une Cornaro, tout spécialement une Cornaro accompagnée d’un Haut Ensorceleur, n’avait même pas besoin de mettre les pieds dans le magasin bondé, aux étagères remplies de visages ornés de plumes et de perles multicolores. Si tel avait été mon bon vouloir, j’aurais même pu demander qu’on m’apporte une sélection au palais, mais j’avais été ravie de cette excuse pour montrer la ville à Kathe. Sans parler des avantages au fait de nous montrer ensemble et de rappeler notre alliance au reste du monde.

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— À Raverra, nous observons la coutume vieillotte qui consiste à passer par la porte lorsque nous rendons visite à quelqu’un, dis-je.

Ciardha se hâta d’emporter les papiers posés sur la table avant que Kathe puisse voir leur contenu.

— Si vous avez besoin de moi, je serai juste à côté, ma dame, dit-elle avant de se retirer en jetant un regard d’avertissement à mon invité.

Je ne doutais pas qu’elle déplacerait tous mes rendez-vous du matin. Alors que Ruven et ses alliés se tenaient prêts à nous attaquer, peu de choses étaient plus importantes que notre alliance avec le Seigneur Freux de Let.

Kathe promena un regard à la ronde, notant les runes d’Artifice dans les moulures décoratives autour des hautes fenêtres, la fresque des Neuf Grâces dans leur jardin sur un médaillon ovale au plafond, et les luminaires éteints pour l’heure dans leur support doré. Sa cape noire aux épaules couvertes de plumes semblait tout à fait déplacée dans ce décor, et sa simple tunique de cuir gris ornée de broderies vaskandriennes asymétriques qui zigzaguaient sur un côté ne valait guère mieux. Il était pareil au vent hivernal qui fait vaciller la flamme d’une chandelle, à une plume de corneille tombant sur un oreiller de soie, à un chat noir lové au milieu de souris mécaniques incrustées de joyaux.

Que les Grâces me viennent en aide : il était si beau !

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— Cessez de vous prendre la tête et allez danser avec votre soldat. Sinon, je dis à chaque jeune niais ici présent que l’héritière des Cornaro assiste à cette soirée et que s’il danse avec elle, peut-être tombera-t-elle amoureuse et fera-t-elle de lui un homme riche au-delà de ses rêves les plus fous.

— Vous n’oseriez pas !

— C’est un défi ? (Les yeux de Zaira brillèrent dangereusement.) Dans ce cas… (Elle s’interrompit, le regard fixé sur un point derrière moi.) Par les Enfers, quelqu’un vient juste d’empoisonner la soupe au chocolat !

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À présent, le malefeu était une bannière longue comme mon bras, dont l’extrémité ne se trouvait plus qu’à quelques centimètres de la poitrine de Jerith. Nerveuse, je m’agitai.

— Ne la contenez pas, dame Amalia, aboya Jerith. Elle doit y arriver seule.

— Que la vérole te défigure ! gronda Zaira en fermant le poing.

Le feu s’éteignit instantanément, et l’air redevint froid. Le vent de Jerith continua à tourbillonner autour de Zaira, emmêlant ses cheveux, avant de retomber sur les dalles dans un nuage de poussière.

Les épaules de Zaira se soulevaient au rythme de son souffle haletant. Elle foudroya Jerith du regard avec tant de colère que je m’étonnai que la veste du sorcier ne se mette pas à fumer sur-le-champ. Il poussa un léger soupir de soulagement ou de déception.

— Pourquoi as-tu éteint le feu au lieu de le contenir ?

— Va baiser un scorpion, répliqua Zaira avant de s’éloigner pour ramasser la flasque d’eau.

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Zaira s’avança. — Le colonel Vasante a barricadé les Mues parce que tous leurs occupants sont tombés sous le contrôle de l’abominable Ruven, et qu’ils sont passés à une moustache de rat de couler cette ville comme un rafiot de sixième main, annonça-t-elle d’une voix dure, mais qui porta à travers toute la pièce. Oh, et le doge est mort.

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 - Non, répliqua sèchement Zaira. Vous ne perdez pas ces petits morceaux de vous : vous les rejetez.

Je la fixai, malheureuse comme les pierres et incapable de la contredire. Elle enfonça un index accusateur dans mon sternum.

— Depuis que vous avez dirigé cette éruption volcanique vers votre cousin, je vous vois vous draper dans votre devoir comme un mendiant dans son linceul. D’abord, la réforme du statut des Faucons – et je suis ravie que vous l’ayez fait voter ! Mais ce n’est pas une excuse pour ne pas vivre votre propre vie. Puis l’élection du nouveau doge, et maintenant, les affaires du Conseil. Si vous utilisez votre devoir comme un masque, ce masque finira par devenir votre vrai visage.

Ses mots s’insinuèrent entre mes côtes telle la lame d’un assassin. Je portai les mains à mes tempes et fus presque surprise de les trouver lisses et fraîches. — Je ne veux pas oublier comment être humaine, chuchotai-je.

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