Livres
450 650
Membres
395 549

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

- Sidonie ? murmura-t-il, craignant de la faire disparaître s'il parlait trop fort. Son cœur battait si violemment qu'il s'étonna que le bruit ne l'ait pas réveillée. S'il avait bu, il aurait douté de ce qu'il voyait ou aurait cru être devenu fou. Sidonie Forsythe n'était pas partie. Elle avait préféré s'allonger sur les deux chaises les plus inconfortables du hall. Elle remua quand elle entendit son nom, mais ne se réveilla pas. D'une main incertaine, il leva sa chandelle pour l'observer. La joue appuyée sur sa main, elle était lovée, tel un chat, sous un de ses vieux pardessus. Les cils épais qui ombraient ses joues pâles lui conféraient un air de parfaite innocence, et le désir qu'elle lui inspirait lui donna l'impression d'être un véritable satyre. Malédiction ! Il aurait dû lui laisser un message pour lui dire qu'elle était libre de partir. La nuit précédente, il lui avait adressé des milliers de mots en pensée. Et parce qu'il ne pouvait pas en dire assez, il avait préféré ne rien dire du tout. Il avait cru qu'elle comprendrait qu'il renonçait à exercer la moindre emprise sur elle. Pourquoi diable n'était-elle pas partie ? On le tenait généralement pour un homme courageux, mais il n'était pas certain d'être assez courageux pour renvoyer Sidonie alors qu'elle se trouvait à portée de main. Le redoutable Jonas Merrick n'était finalement qu'un lâche.

- Sidonie, répéta-t-il avec plus d'insistance.

Elle entrouvrit les yeux et posa sur lui un regard ensommeillé. L'espace d'un instant ébloui, il fut happé par l'infini obscur de ses yeux, et il fut si heureux de la revoir que le reste du monde aurait bien pu aller au diable.

Afficher en entier

Quand Sidonie pénétra dans la salle à manger ce soir-là, Merrick se leva de son fauteuil en forme de trône situé en bout de table. En veste et cravate, il était assez élégant pour fréquenter un salon londonien, pour peu que l'on veuille bien ignorer les cicatrices de son visage. Il n'était guère surprenant qu'il envisage la vie comme une bataille. Il avait payé chèrement tout ce qu'il possédait - et pourtant, la plus grave de toutes les injures qu'il avait subies demeurait. On l'avait déclaré bâtard. Rien ne pouvait changer cela. Rien, excepté l'information que détenait Sidonie et qu'elle ne pouvait lui révéler sous peine de nuire à ceux qu'elle aimait.

Afficher en entier

« — Enlevez au moins votre veste.

Sidonie pinça les lèvres. Pourquoi percevait-elle encore la saveur de sa bouche après ces mets raffinés ? Allait-elle se souvenir de ces maudits baisers jusqu’à son dernier jour ?

— En guise de prélude, avant d’enlever tout le reste ?

— Si vous en ressentez le besoin urgent, ne vous gênez surtout pas pour moi, répondit-il, le regard luisant de malice. »

Afficher en entier

« — Mon Dieu, soupira-t-elle en levant vers lui un regard plus mordoré que brun.

Il sourit, mais il craignait que son sourire ne s’apparente davantage à la joie pure qu’à l’amusement cynique qu’il réservait habituellement au monde.

— Si j’avais su qu’un baiser pouvait faire cet effet…

— … vous auriez embrassé tous les hommes de votre entourage ?

D’une main tremblante, elle écarta les cheveux de son visage. Il la vit reprendre progressivement contact avec la réalité, se rendre compte avec un certain embarras qu’elle avait bel et bien succombé à son baiser.

— Tous ceux de moins de quarante ans, peut-être.

— Voulez-vous que nous recommencions ?

Elle lui décocha un regard désapprobateur.

— Je ne parviens plus à réfléchir quand vous m’embrassez.

— Tant mieux.

— J’ai besoin de réfléchir. »

Afficher en entier

« — Je n’en serais pas aussi sûr, à votre place, répondit-il d’un ton sec. C’est un bien vilain tour à jouer à son hôte que de se sauver sans même le prévenir.

— Nous n’avons rien à nous dire.

— Croyez-vous ? répliqua-t-il avant de se tourner vers Mme Bevan. Dites à Hobbs qu’il ne sera pas nécessaire d’atteler la berline.

— Monsieur Merrick… commença Mlle Forsythe d’un ton de mise en garde.

Il n’était pas question qu’ils continuent cette conversation quand les oreilles de sa gouvernante traînaient dans les parages.

— Vous préférerez sans doute poursuivre cette discussion dans la bibliothèque.

— Ce que je préfère, c’est quitter votre demeure et faire comme si ces heures lamentables n’avaient jamais eu lieu.

— Que de véhémence, dès l’aube, rétorqua-t-il d’un ton d’ennui feint. C’est légèrement fatigant.

— Seulement pour un homme de votre âge, rétorqua-t-elle.

Brava ancora. Elle devait être terriblement embarrassée de se retrouver en sa présence après ce qui s’était passé – et ce qui ne s’était pas passé – entre eux la veille. Elle avait pourtant encore le courage de se battre.

— Permettez-moi au moins de reposer mes vieux os dans un fauteuil pendant que vous me sermonnez.

Elle se contenta de le dévisager avec méfiance. »

Afficher en entier

« — Peste ! Vous êtes toujours excessivement vêtue.

Elle était libre de s’enfuir ; il ne la retenait plus. Mais elle eut beau ordonner à ses pieds de s’animer, ceux-ci refusèrent obstinément de lui obéir.

— Je ne trouve pas cela gênant le moins du monde.

— Encore un signe de votre innocence. Un jour, vous serez reconnaissante de mes enseignements.

— S’agirait-il d’un service public ? 

Elle aurait préféré ne pas apprécier autant le rire de Merrick. Chaque fois qu’elle entendait ce profond grondement musical, c’était comme si une brique se détachait du rempart qui la protégeait.

— Nous avons tous un devoir envers notre prochain.

— On vous remettra sans doute une médaille, dit-elle d’une voix faible quand ses mains encadrèrent son visage.

Elle retint son souffle et s’ordonna d’être forte, s’appliqua à redresser l’échine quand son épine dorsale manifestait une regrettable tendance à s’incurver vers lui.

— Un titre de chevalier, au moins ! renchérit-il.

— Pour services rendus à la gent féminine…

Elle avait voulu adopter un ton sarcastique, mais ses mots émergèrent dans un halètement. Les yeux gris de Merrick étincelèrent.

— Oh, j’ai la ferme intention de vous servir, bella.

Elle n’eut pas le temps d’imaginer une nouvelle protestation que ses lèvres se posaient déjà sur les siennes. »

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode