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Les Guerres de mon père



Description ajoutée par x-Key 2018-01-14T18:32:45+01:00

Résumé

« Quand j’évoque mon père devant ses proches, bientôt trente ans après sa mort, ils sourient toujours, un sourire reconnaissant pour sa générosité. Il répétait, il ne faut laisser que des bons souvenirs. Il disait aussi, on ne parle pas des choses qui fâchent. À le voir vivre, on ne pouvait rien deviner des guerres qu’il avait traversées. J’ai découvert ce qu’il cachait, la violence, l’exil, les destructions et la honte, j’ai compris que sa manière d’être était un état de survie et de résistance.

Quand je regarde cette photo en couverture de ce livre, moi à l’âge de deux ans sur les épaules de mon père, je vois l’arrogance de mon regard d’enfant, son amour était immortel. Sa mort à la sortie de l’adolescence m’a laissée dans un état de grande solitude. En écrivant, en enquêtant dans les archives, pour comprendre ce que mon père fuyait, je me suis avouée, pour la première fois, que nous n’étions pas coupables de nos errances en tout genre et que, peut-être, je pouvais accepter d’être aimée. »

(Source : Stock)

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Classement en biblio - 7 lecteurs

extrait

Extrait ajouté par Bibounine 2018-08-21T17:38:32+02:00

Les parents de Gilbert, avant de se nommer Max et Paulette, avaient pour prénoms Majer et Paula. Ils avaient émigré de pays qui n'existent plus, la Transylvanie hongroise, la Galicie polonaise, la Bessarabie russe. Ils n'avaient pas fait d'études, mais ils parlaient à eux deux sept langues couramment, l'allemand, le hongrois, le russe, le roumain, le yiddish, le polonais et le français. L'allemand était la langue de l'administration, le hongrois, celle de l'école, le roumain, pour ma grand-mère, la langue de l'occupant, le russe, la langue du commerce, le yiddish, la langue de la cuisine et de l'amour, et le français, celle dans laquelle ils avaient élevé leur fils.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Phil_33 2019-01-22T00:06:20+01:00
Or

Colombe Schneck est née à Paris en 1966. Elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris et titulaire d'une maîtrise de Droit public. Elle a été journaliste à Arrêt sur images de 1995 à 1999, l'émission de décryptage des médias de Daniel Schneidermann, avant de rejoindre en 2000 le groupe Canal+ et plus particulièrement i>Télé, où elle a animé i>media de 2001 à 2007. De septembre 2006 à juin 2009, elle produit et présente également J'ai mes sources, une émission quotidienne consacrée aux médias diffusés sur France Inter. De septembre 2009 à juin 2012, elle produit et présente l'émission littéraire Les Liaisons heureuses le samedi après-midi sur France Inter en partenariat avec Le Monde des livres, après avoir été chroniqueuse dans l'émission Le Fou du roi sur cette même radio. Depuis septembre 2012, elle écrit une chronique littéraire quotidienne diffusée sur France Inter.

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Dans son roman, La Réparation (2012), elle restitue une partie de l'histoire de sa famille disparue à Auschwitz. En janvier 2015 sort son livre Dix-sept ans, dans lequel elle revient sur l'IVG qu'elle a subie à cet âge. J’étais un petit jeune homme de soixante-quinze ans lorsque j’ai lu Dix-sept ans où Colombe abordait avec force et humanité le thème de l’avortement, je n’étais donc ni femme, ni ado, et pourtant je me suis senti terriblement concerné, directement impliqué dans ma responsabilité sociale. Colombe Schneck a le don de parler de choses vraies avec la puissance, l’émotion et la véracité qui fait dire à la sagesse populaire que la réalité dépasse la fiction…

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De livre en livre, Colombe Schneck raconte son incroyable roman familial. Elle part à la recherche de ce père trop tôt disparu, à l'âge de 58 ans, alors qu’elle n'en avait que 23 : « J’avais vingt-trois ans, j’étais vitrifiée, j’espérais que tout cela s’arrête, qu’on me dise, C’est un cauchemar, ton père va réapparaître ». Ce faisant, elle découvre la migration de ses grands-parents paternels, Majer et Paula, devenus Max et paulette, dont les pays n'existent plus, tels les territoires de la Transylvanie hongroise. Elle rapporte l'histoire de ses parents, la vie de son père Gilbert qui aimait tant sa fille, la première guerre à laquelle il fut confronté, celle de 39-45, la chasse faite aux Juifs. Pourquoi, depuis des temps immémoriaux, les juifs sont-ils persécutés ? « …mon père me raconte cette histoire drôle, j’ai neuf ans : - Tu sais, beauty, ce que certains disent qu’il faudrait pour que le monde aille mieux ? – Heu. – Il faudrait supprimer les juifs et les coiffeurs. Je lui réponds sans hésitation : - Pourquoi les coiffeurs ? Mon père sourit : - Et pourquoi les juifs ? ». Elle a fouillé les archives et prend toute la mesure de l'intolérable acharnement des fonctionnaires de Vichy contre les juifs « Pendant les cinq ans de l’Occupation, Gilbert a rencontré ce qu’il y a de meilleur et de pire dans l’humanité. De toutes ses forces, il a décidé qu’il ferait semblant d’oublier le pire et se tournerait vers le meilleur ». Très vite elle réalise que sa colère n'a d'égal que sa volonté de remercier celles et ceux qui ont sauvé son père : « Ces gens n'ont jamais été remerciés et c'était donc important pour moi de leur dire merci, parce que je pense que si mon père avait gardé cette humanité, cette générosité, c'est qu'il savait qu'en chacun de nous il y a cette capacité d'aimer », car, petit garçon, Gilbert ne doit son salut qu'à l'héroïsme de Français ordinaires qui l'accueillent en Dordogne et en Haute-Garonne.

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Gilbert termine ses études de médecine en 1959, il a 27 ans. Il est dirigé sur l’hôpital militaire de Sétif, dans le Constantinois où il participe aux campagnes de vaccination et d'hygiène dans les cités, là où la mortalité y est si précoce. Il y déplore le manque de soins. Il est pour l’indépendance, et l’état sanitaire du pays lui fait envisager, une fois l’Algérie indépendante, de s’installer dans ce pays :

« il pourrait aider à l’établissement d’un service de santé pour les Algériens, former des médecins et des infirmières ».

Mais il assiste également à la routine de cette guerre que l’on appelle pudiquement "événements" :

« En une dizaine de minutes, Gilbert vient d’assister au viol d’une femme par deux hommes, à la mort de deux enfants faute de soins de base, à l’anéantissement d’un village ».

Appelé dans un camp de prisonniers on lui demande de réveiller un homme torturé à mort :

« Il demande le nom pour établir le certificat de décès. L’officier lui répond qu’il n’avait pas de carte d’identité sur lui quand il a été arrêté, qu’il était dans cet état, déjà inconscient, qu’il n’a pu être interrogé… ».

Alors qu’il frôle la dépression et qu’on lui octroie un mois de repos, il décide, car il ne voit d’autre solution à ce sentiment d’isolement qui l’étreint, d’épouser Hélène, la sœur de Pierre, son ami de toujours. Ainsi naitront Colombe, son frère et sa sœur.

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Mais l'écriture de ce roman ne saurait cacher les raisons profondes de la quête :

« Enfant, je n’avais aucun doute sur l’amour illimité qu’il m’offrait, fière qu’il me soit fidèle, l’amour qu’il me portait n’était pas partagé, il s’additionnait à celui qu’il éprouvait pour mon frère et ma sœur. Après sa mort, j’étais étonnée de ne pas trouver un amour et une admiration identiques chez les hommes que je fréquentais ».

Colombe Schneck a mis 25 ans à accepter la mort de son père, à se dire qu'il ne reviendra pas et à s'autoriser, à son tour, à être de nouveau aimée : « Il y a très peu de temps, j’ai accepté qu’il était mortel, faillible et infidèle ». Ce roman est une très belle preuve d'amour, c'est le chemin de la résilience qui s'offre enfin à elle.

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Dire que l’on ne peut rester insensible à ce formidable roman familial est bien faible, la plume est rapide et incisive, les chapitres courts, les faits précis. Comme Alice Zeniter pour son livre L’Art de perdre, elle dépouille des archives, parcourt des lieux, consulte des souvenirs. On ne sait trop où se situe la limite entre la relation des faits et l’extrapolation romanesque, toujours relatées sans fausse pudeur. Mais on sent parfois l’indignation et la rage pointer sous les propos se traduisant par un désordre quelquefois dérangeant nous faisant passer du père facilitateur « On ne parle pas des choses qui fâchent » au grand-père (volage, absent, trafiquant, homosexuel, assassiné par son amant qui s’était un peu trop intéressé à sa maîtresse) de façon impulsive... De manière à peine suggérée on voit se profiler un prochain ouvrage sur la vie d’Hélène, la mère de Colombe, car il semble bien que là aussi il y ait matière à nous bouleverser… il ne semble pas que sa vie ait été un long fleuve tranquille…

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Au-delà de la saga Schneck, cet ouvrage représente un puissant travail de mémoire sur le sort de familles juives pendant la seconde guerre mondiale, en France, et un témoignage sur un aspect des "événements" d’Algérie que l’on voudrait souvent oublier. Un livre, peu facile, à méditer, que je recommande !

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Commentaire ajouté par fanfan50 2018-07-17T16:55:31+02:00
Or

Colombe Schneck a présenté son livre à l'émission de La Grande Librairie en janvier 2018 lors de sa parution.

Le thème de l'émission était : écrire sa vie ou celle de sa famille ? Oui, mais comment ? Sous quelle forme ? Mémoires, autobiographie, enquête, récit fiction, égo-histoire...

Colombe a choisi d'enquêter autour de son père, Gilbert Schneck, né en 1932 et mort en 1990, fils de Majer "Max" Schneck et de Paula "Paulette" Hercovitz. Sa mère, Paulette, lui a survécu de vingt ans et a pu donner quelques anecdotes de son enfance et de son adolescence à Colombe, sa petite-fille. Chez eux, l'histoire était interdite, elle était non-dite, c'était celle qu'on ne raconte pas dans la famille. En fait, son père ne lui a rien raconté et pourtant avec ses parents, il a fuit Strasbourg occupée pour la Dordogne. Il a été caché comme enfant juif à Nontron par un certain Monsieur Schmitt. Après la guerre, il a pu suivre des études médicales et pendant la guerre d'Algérie, il est parti là-bas comme médecin soigner des hommes qui ont été torturés par l'armée française pour qu'ensuite, ils soient amenés devant le Procureur - présentables.

L'auteure nous montre que dans toute vie d'homme, on est confronté au bien et au mal. Les migrants sont au bas de notre rue. Qu'est-ce qu'on fait ? On regarde sans rien faire, on agit mal.

Une belle réflexion sur la vie nourrie de citations de Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss et de l'établi de Robert Linhart.

Gilbert "est naïf, il croit à la victoire du bien sur le mal alors qu'il sait, puisqu'il l'a vécu, que la part d'inhumanité, d'indifférence à la souffrance d'autrui, est permanente."

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Commentaire ajouté par Biibette 2018-05-22T13:39:18+02:00
Lu aussi

Il y a un peu de La promesse de l'aube de Romain Gary dans ce roman !

L'auteur nous raconte l'histoire de son père, et à travers lui, elle nous raconte l'Histoire d'une communauté, l'Histoire d'un pays. ​Pour nous parler de lui, elle tente de le faire avec précision, et pour cela, elle va mener une enquête minutieuse. Abattre un travail de recherche et de lecture titanesque, notamment avec tous les supports d'archives qui lui sont accessibles. Avec ses recherches elle tente de recomposer le parcours de son père, pour le saisir et pourquoi pas le comprendre. Revenir à la source pour expliquer sa personnalité, ses choix et ses travers.

Enfin "travers", il faut le dire vite ! Elle dresse le portrait d'un homme profondément positif et optimiste. Un homme qui a connu l'exil vers la France en étant petit, enfant il a survécu à la Seconde Guerre mondiale, adolescent à une honte injuste et à peine adulte à la barbarie de la guerre d'Algérie. Abîmé par la vie, il s'est bricolé un masque souriant. Il n'en était pas moins un homme généreux, aimant, qui avait pour devise de ne jamais parler des choses qui fâchent. J'ai découvert en la personne de Gilbert Schneck, un homme inspirant !

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Commentaire ajouté par camille2159 2018-01-21T13:06:28+01:00

Dans ce livre, Colombe Schneck raconte les deux guerres qui ont marqué la vie de son père. Et comment cela a affecté sa vie à elle.

L'autrice mélange des moments romancés du vécu de sa famille juive pendant la 2e Guerre Mondiale et la guerre d'Algérie, des extraits de documents administratifs, des souvenirs et des réflexions autour de la mémoire, de la guerre, de la famille…

Ce livre est intéressant mais parfois trop égocentré sur l'autrice, et parfois trop lent.

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Date de sortie

Les Guerres de mon père

  • France : 2018-01-03 (Français)

Activité récente

Phil_33 l'ajoute dans sa biblio or
2019-01-19T14:59:24+01:00

Editeurs

Les chiffres

lecteurs 7
Commentaires 4
extraits 6
Evaluations 3
Note globale 7.67 / 10

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