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Par Rayathea le 13-06-2013 Editer
Les Hathaway, tome 5 : L'amour l'après-midi
Il fit un pas en arrière quand la porte fut violemment ouverte par une gouvernante a l'expression affolée.
— Je vous demande pardon, monsieur, nous sommes en plein...
Elle s'interrompit comme un fracas de porcelaine brisée retentissait quelque part dans la maison.
— Oh, Seigneur tout-puissant ! gémit-elle, avant de s'effacer et d'indiquer le salon. Si vous voulez bien attendre la et...
— Je la tiens ! s'exclama une voix masculine. Bon sang, non ! Elle fonce vers l'escalier.
— Ne la laissez pas monter à l'étage ! cria une femme qui ajouta, quand on entendit les pleurs d'un bébé : Oh, cette maudite créature l'a réveillé ! Où sont les servantes ?
— Cachées, j'imagine.
Debout dans le vestibule, Christopher hésitait sur la conduite a tenir. Il tressaillit en percevant un chevrotement.
— Ils élèvent des animaux de ferme dans la maison ? demanda-t-il, ébahi, à la gouvernante.
— Non, bien sur que non, répondit-elle hâtivement en essayant de le pousser vers le salon. C'est... c'est un bébé qui pleure. Oui. Un bébé !
— Ca n'y ressemble pas.
Christopher entendit Albert aboyer sur le perron. Un chat à trois pattes traversa le vestibule comme une flèche, suivi par un hérisson qui trottinait bien plus vite qu'on aurait pu l'imaginer. La gouvernante s'élanca derrière eux.
— Pandora, viens ici ! fit une autre voix.
Quand il reconnut celle de Beatrix Hathaway, tous les sens de Christopher se mirent en alerte. Si seulement il comprenait de quoi il retournait !
C'est alors qu'une grosse chèvre blanche passa devant lui avec force cabrioles, et disparut au moment où Beatrix Hathaway surgissait en courant. Elle s'arrêta net.
— Vous auriez peut-être pu essayer de l'arrêter ! s'écria-telle, avant d'esquisser une vague grimace quand elle reconnut Christopher. Oh, c'est vous !
— Mademoiselle Hathaway...
— Tenez-moi ca.
Elle lui fourra dans les bras un petit corps chaud et gigotant avant de s'élancer de nouveau aux trousses de la chèvre.
Abasourdi, Christopher découvrit un chevreau au poil crème et à la tête brune, qu'il faillit laisser choir quand, ayant relevé la tête pour suivre Beatrix des yeux, il s'aperçut qu'elle portait un pantalon et des bottes.
Christopher avait vu des femmes à toutes les étapes de l'habillage ou du déshabillage, mais il n'en avait jamais vu une seule habillée en garçon d'écurie.
— Je dois être en train de rêver, confia-t-il au chevreau qui se tortillait.
— Je l'ai ! annonça la voix masculine. Beatrix, je t'avais bien dit qu'il fallait rehausser la barrière de l'enclos.
— Elle n'a pas sauté par-dessus, protesta Beatrix. Elle l'a mangée !
— Qui l'a laissée entrer dans la maison ?
— Personne. Elle a réussi a ouvrir la porte de service à coups de tête.
Une conversation inaudible s'ensuivit.
Tandis que Christopher patientait dans le hall, un petit garçon brun, âgé de quatre ou cinq ans, franchit tout essoufflé la porte d'entrée. Il était arme d'une épée de bois et avait noue un mouchoir autour de sa tête.
— Ils ont attrape la chèvre ? demanda-t-il a Christopher sans préambule.
— Je crois, oui.
— Oh, corne de bouc ! s'exclama l'enfant avec un à-propos involontaire. J'arrive trop tard.
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