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Chapitre 3

- Vous avez l'intention de m'embrasser ? demanda-t' elle.

- Il me semble que c'est ce que je viens de dire, en effet.

- Ici ? Maintenant ?

Il hocha la tête.

- Ma foi, oui.

- Mais ... pourquoi ?

La question parut le laisser perplexe.

- Pour les raisons habituelles.

- Je suppose que vous songez au pouvoir de persuasion d'un baiser. Vous devez me croire aisément influençable. Une dose de votre élixir labial masculin, et tous mes doutes Jamie s'envoleront, c'est cela ?

Il fixa brièvement un point avant de reporter les yeux sur elle.

- Je vais vous embrasser, Charlotte, parce que je pense que cela me plaira. Et parce que je pense que cela vous plaira également.

Sa voix grave exerçait sur elle un drôle d'effet.

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Sa mère prit un panier recouvert d’un napperon en coton.

— Il se peut que tu aies remarqué à l’occasion, en prenant un bain, qu’il existe entre tes jambes une sorte de fente.

Charlotte se mordit la lèvre.

Il se pouvait, en effet, qu’elle ait remarqué son propre corps, à un moment donné de ses vingt années d’existence…

Elle supposait que peut-être, quelque part, il devait exister une oie blanche qui n’avait jamais prêté attention à son anatomie en dessous du nombril. Charlotte n’aurait jamais su comment devenir l’amie de cette pauvre jeune fille.

— Cela ressemble un peu à ceci.

Sa mère sortit du panier un objet arrondi.

Charlotte l’observa.

— Est-ce une pêche ?

— Oui. Les parties intimes de la dame sont symbolisées par cette pêche.

— Pourquoi une pêche ? Pourquoi pas une orchidée, une rose, ou n’importe quelle autre fleur ?

— La pêche présente une fente, répliqua sa mère, sur la défensive. Elle est de la bonne couleur. Elle est… veloutée.

— Mais ce n’est pas très ressemblant, tout de même. Je veux dire, ce n’est sans doute pas aussi poétique, mais même une moitié de chou aurait au moins eu la dim…

— Charlotte, je t’en prie. Laisse-moi continuer.

Laisser sa mère continuer était précisément ce que Charlotte voulait éviter à tout prix. Elle aurait préféré, sans la moindre hésitation, être fouettée sur la place publique du village plutôt que de terminer cette conversation.

Elle aurait peut-être même préféré la mort.

Elle s’arma de courage en voyant sa mère chercher quelque chose dans le panier.

— Et maintenant, concernant le monsieur… Il est important que, le moment venu, tu ne t’affoles pas. Au repos, le… de l’homme…

— Le hum, souffla Charlotte.

— … est une chose relativement anodine, continua sa mère. Cependant, lorsqu’il est excité, cela ressemble plutôt à ceci.

De sous le torchon, Mme Highwood sortit un légume mince et courbe recouvert d’une peau lisse et brillante, d’un violet soutenu.

Charlotte écarquilla des yeux horrifiés.

Non. Ce n’était tout de même pas…

Si.

— Une aubergine ?

— Un concombre aurait mieux fait l’affaire, mais ils n’en avaient pas à la cuisine.

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Tôt ou tard, Charlotte verrait celui qu’il était vraiment. Ce vernis reluisant d’honneur qui l’avait bernée s’estomperait et laisserait apparaître la noirceur qu’il dissimulait. Mais il n’était pas prêt. Pas encore. Il avait aimé la façon adorable et compatissante dont elle l’avait regardé, même s’il savait qu’il ne méritait pas cela. Qu’il ne le mériterait jamais.

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Sir Vernon posa une main sur l’épaule d’Edmund.

— Dis-moi exactement ce que tu as entendu.

— J’étais là-haut, dans ma chambre. Cela a commencé par un couinement. Comme ceci : ik, ik, ik, ik.

Et Charlotte, mortifiée, écouta le petit garçon reproduire avec une fidélité confondante les bruits passionnés du quart d’heure précédent. Chaque soupir, chaque gémissement, chaque grognement. Aucun doute ne pouvait subsister quant à la nature de l’activité qu’il avait surprise. Et personne ne manquerait d’en conclure que Charlotte et le marquis s’étaient livrés à cette activité particulière. En grognant. Et en se servant de cordes. Même dans ses pires cauchemars, elle n’aurait pu imaginer cette scène.

— Puis il y a eu un râle terrible, et j’ai entendu une dame crier. Alors je suis descendu en courant voir ce qui se passait. Il pointa un doigt accusateur vers la fenêtre et sa banquette.

— Ils étaient là, ensemble. Manifestement très embarrassé, sir Vernon s’apprêta à dire quelque chose, mais Mme Highwood ne lui en laissa pas le temps.

— Eh bien, j’espère que lord Granville a l’intention de s’expliquer, décréta-t-elle. — Pardonnez-moi, madame, mais comment savons-nous que ce n’est pas à votre fille de s’expliquer ? demanda sir Vernon en se tournant vers lord Granville. Des rumeurs ont circulé en ville. Charlotte se recroquevilla sur place.

— Sir Vernon, nous devrions nous entretenir en privé, vous et moi, dit lord Granville. Non, non. Une conversation privée scellerait sa perte. Il fallait que tout le monde entende la vérité, ici et maintenant.

— C’est faux ! affirma-t-elle. Tout est faux.

— Traitez-vous mon fils de menteur, mademoiselle Highwood ?

— Non, mais… Charlotte se pinça l’arête du nez.

— C’est un vaste malentendu. Il ne s’est rien passé. Personne n’a assassiné ni agressé qui que ce soit. Il n’y a jamais eu de corde. Lord Granville était en train de rouvrir le rideau.

— Et pourquoi le rideau avait-il été fermé ? s’étonna sir Vernon.

— Il y a quelque chose par terre, là, dit Edmund. Quand il ramassa l’objet et le montra à l’assemblée, le cœur de Charlotte cessa de battre. C’était une jarretière. Une jarretière rouge vif.

— Ce n’est pas à moi, insista Charlotte. Je n’ai jamais vu cette jarretière de ma vie. Je vous le jure.

— Et ceci ? Edmund retourna le ruban et montra quelque chose. Une lettre était brodée sur la jarretière. La lettre C. Charlotte échangea des regards désespérés avec lord Granville. Que faire ? C’est alors que sa mère prit la parole avec force :

— Je ne puis croire que lord Granville, de tous les gentlemen, se soit comporté d’une manière aussi éhontée et choquante envers ma fille. Mère, non.

— Je ne peux qu’en conclure qu’il a été dévoré de passion ! déclara théâtralement Mme Highwood.

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Sa mère prit un panier recouvert d’un napperon en coton.

— Il se peut que tu aies remarqué à l’occasion, en prenant un bain, qu’il existe entre tes jambes une sorte de fente. Charlotte se mordit la lèvre. Il se pouvait, en effet, qu’elle ait remarqué son propre corps, à un moment donné de ses vingt années d’existence… Elle supposait que peut-être, quelque part, il devait exister une oie blanche qui n’avait jamais prêté attention à son anatomie en dessous du nombril. Charlotte n’aurait jamais su comment devenir l’amie de cette pauvre jeune fille.

— Cela ressemble un peu à ceci. Sa mère sortit du panier un objet arrondi. Charlotte l’observa.

— Est-ce une pêche ?

— Oui. Les parties intimes de la dame sont symbolisées par cette pêche.

— Pourquoi une pêche ? Pourquoi pas une orchidée, une rose, ou n’importe quelle autre fleur ?

— La pêche présente une fente, répliqua sa mère, sur la défensive. Elle est de la bonne couleur. Elle est… veloutée.

— Mais ce n’est pas très ressemblant, tout de même. Je veux dire, ce n’est sans doute pas aussi poétique, mais même une moitié de chou aurait au moins eu la dim…

— Charlotte, je t’en prie. Laisse-moi continuer.

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Elle aurait préféré, sans la moindre hésitation, être fouettée sur la place publique du village plutôt que de terminer cette conversation. Elle aurait peut-être même préféré la mort. Elle s’arma de courage en voyant sa mère chercher quelque chose dans le panier.

— Et maintenant, concernant le monsieur… Il est important que, le moment venu, tu ne t’affoles pas. Au repos, le… de l’homme…

— Le hum, souffla Charlotte.

— … est une chose relativement anodine, continua sa mère. Cependant, lorsqu’il est excité, cela ressemble plutôt à ceci. De sous le torchon, Mme Highwood sortit un légume mince et courbe recouvert d’une peau lisse et brillante, d’un violet soutenu. Charlotte écarquilla des yeux horrifiés. Non. Ce n’était tout de même pas… Si.

— Une aubergine ?

— Un concombre aurait mieux fait l’affaire, mais ils n’en avaient pas à la cuisine. — Je vois, murmura Charlotte d’une voix sans timbre.

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Charlotte releva la tête et essaya d’exprimer une innocence candide et solennelle. Elle se pencha en avant et posa un doigt sur l’aubergine.

— Est-ce la taille réelle du hum ?

— Pas chez tous les gentlemen. Certains sont plus petits. D’autres, en fait, sont plus grands.

— Mais la plupart ne sont pas aussi violets, j’espère. Elle prit les deux objets et les poussa l’un contre l’autre en fronçant les sourcils avec perplexité.

— Comment l’aubergine rentre-t-elle dans la pêche ? Sa mère fit une petite grimace.

— La pêche produit une sorte de nectar pour faciliter le passage.

— Un nectar ? Comme c’est fascinant…

— Si le monsieur est doué avec son aubergine, ce ne sera pas trop douloureux. — Et si la dame est douée ? La mariée ne devrait-elle pas savoir comment s’y prendre pour faire plaisir à l’aubergine ? Sa mère garda le silence un moment.

— Il pourrait… C’est-à-dire, certains messieurs pourraient souhaiter être… euh… caressés.

— Caressés. Comment caresse-t-on une aubergine ? Comme on caresserait un chaton ? Charlotte posa le légume en travers de sa paume et y fit doucement courir le bout de son doigt.

— Ou comme des coups de brosse dans les cheveux ? Elle remua les doigts avec davantage de vigueur. Sa mère émit une sorte de couinement étranglé.

— Tenez, lui dit Charlotte en lui posant le légume sur les genoux. Si vous me montriez ? Devant le visage affolé et empourpré de sa mère, Charlotte perdit le combat intérieur qu’elle livrait depuis de longues minutes et éclata d’un rire libérateur. Puis elle courut se mettre à l’abri pour ne pas se faire frapper par une aubergine.

— Charlotte ! Sa mère lui lança la pêche à la tête tandis qu’elle atteignait la porte.

— Mais que vais-je faire de toi ?

— Ne jamais, jamais me reparler d’aubergines ni de pêches.

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— Vous avez un peu de mousse à raser… Elle toucha légèrement sa mâchoire.

— Là. La douceur de son doigt s’attarda sur la peau de Piers. Elle inclina la tête de côté et le contempla d’un air pensif.

— Je ne vous avais jamais vu sans redingote. Vous êtes bâti plus solidement qu’on ne le croirait. De sa paume, elle l’effleura de l’épaule au coude, en suivant les contours de ses bras puissants. Malgré lui, il banda les muscles. Elle le remarqua. Un élan de pur orgueil viril chauffa le sang de glace. Alors, chérie, que dis-tu de cela ?

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Ils se contemplèrent, haletants.

— Je n’ai pas oublié votre identité, chuchota-t-elle en continuant à passer les doigts dans ses cheveux. Ni la mienne. Elle le vit déglutir. Il resserra les mains autour de ses hanches.

— Vous êtes Piers Brandon, marquis de Granville, diplomate et agent secret au service de Sa Majesté. Elle passa un doigt sur l’inclinaison de son nez patricien.

— Et je suis Charl… Elle poussa un petit cri. Avec la vitesse et la force d’un coup de fouet, il l’avait retournée sur le dos et allongée sur la banquette capitonnée de la voiture.

— Vous allez devenir lady Charlotte Brandon, marquise de Granville, femme de diplomate et mère de mon héritier.

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— Comment se fait-il que vous sachiez reconnaître un pistolet Finch ? Elle abaissa l’arme et l’examina.

— La fille de sir Lewis Finch est une de mes très bonnes amies. J’ai passé plusieurs années à Spindle Cove. Spindle Cove. Il se rappela le bref rapport de Ridley. Le lundi, promenade dans la campagne. Le mardi, bains de mer. Le mercredi, c’est jardinage. Le jeudi…

— Le jeudi, c’est tir au pistolet, dit-il.

— Je vois que vous connaissez.

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