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Le chant m'incarna :

Ô, toi, berger des âmes dans le monde sans retour

Mâtin redouté des Hommes niant leur trépas

Ta tâche est si morne et tes maîtres si ingrats

Mes yeux pleurent sur ton existence privée d'amour

Grande est ma honte de te voir ainsi rabaissé

Réduit à l'impuissance, par deux mortels dompté

Ta douleur devient mienne et je ne sais que dire

Si tu exiges ma mort, j'accepterai ton ire

Ici-bas, désormais, c'est mon cœur qui se plaint

Au milieu de ces terres nues, grises et désolées

Là où nul mortel ne devrait poser le pied

Je viens chercher celui à qui il appartient

Loin d'ici, loin là-bas, mon âme-sœur s'est éteinte

Emportant avec elle mon bonheur, mes espoirs

Se sacrifiant pour moi dans une ultime étreinte

M'abandonnant là, misérable dans le noir

Je ne te demande ni ton aide ni ta pitié

Mon impardonnable ruse pèse déjà trop lourd

A mon chagrin, tu es libre de rester sourd

Tout comme à mon insensée demande d'amitié

Devant toi se tiennent deux pauvres âmes égarées

Un amant, un frère en quête d'une zone bénie

Là où se joignent deux mondes aux frontières brouillées

De deux à trois, un peu de temps seuls avec lui

Mon cœur pleure sur ton existence privée d'amour

A mon propre chagrin, tu peux bien rester sourd

Mais devant toi se tiennent deux hommes déterminés

Seule ton aide nous permettra de le retrouver...

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[Kakira]

Je m'avançai vers la tête la plus proche. Les yeux vitreux fixaient un point dans le néant, la langue pendait, des halètements et des plaintes se déversaient de la gueule béante et me poignardaient directement au cœur. Que faisions-nous à cette pauvre bête ? Je posai mes mains à plat sur son museau, les glissai dans le sens du poil, forçai mon esprit à rester calme. Chez nous, les animaux qui représentaient nos dieux étaient sacrés. J'avais déjà momifié des chats, des crocodiles, parfois même des petits chiens, qui accompagnaient leurs maîtres dans leur dernier voyage. Je haïssais la violence portée aux animaux et ma conscience me rattrapa. Je devais rester calme néanmoins, lui transmettre ma quiétude, lui montrer que je ne lui voulais pas véritablement de mal. Je fredonnai doucement, juste pour lui, continuant de faire errer mes mains sur la fourrure rase entre ses yeux. Il les ferma et me laissa faire, de ma gorge s'échappèrent alors les émotions que je ne n'arrivais plus à intérioriser. Je perdis la conscience de ma propre voix, la langue dans laquelle je m'exprimais.

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