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Les Hommes sans futur, Tome 2 : Saison de rouille



Description ajoutée par x-Key 2011-12-30T15:46:46+01:00

Résumé

Ils étaient les Nouveaux Hommes, les Supérieurs... Ils prenaient possession de la Terre, oubliant les vieilles règles du jeu pour en poser d'autres : les leurs. Restaient les singes, et les hommes « normaux » de l'ancienne espèce, « les mangeurs d'argile » comme ils s'appelaient entre eux...

Tandis que les Autres vaquent à leurs impénétrables affaires, la Médterrannée est devenue la mer Damnée, le royaume du froid et de tous les pourrissements. Pourriture sur les eaux boueuses, pourriture sur les hommes crucifités par des brûlures insoutenables. En attendant de vaincre le fléau, on isole les malades en masse. C'est du moins la version officielle, celle qu'on sert aux rabatteurs... Polynésie s'apercevra très vite que la réalité est tout autre. Quant à Hierro, le chasseur qui croisera sa route, il mlettre plus longtemps à comprendre. Pourtant il est pressé. La Pourriture est sur lui...

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Classement en biblio - 4 lecteurs

Extrait

ELLE était revenue à elle une première fois, dans le courant de la nuit. Ensuite, elle avait dû retomber dans l'inconscience ; à moins que la terreur et la tension nerveuse accumulées l'aient fait glisser dans le sommeil pour protéger sa raison…

Et voilà qu'elle refaisait surface.

Pour l'instant, la résurgence n'était que pénible - donc, supportable -, mais cela risquait de se déchirer quelque part et de l'engloutir si elle ne rassemblait pas rapidement toutes ses forces. Ses pauvres et maigres forces… Sensation d'étouffement, respiration difficile qui lui mettait la poitrine en feu, elle était là, recroquevillée, enchaînée au fond de quelque puits, avec ce tunnel de pierres noires lancé au-dessus d'elle et menaçant de s'effondrer à tout instant et de l'écrabouiller.

Il n'y avait pas de puits.

Elle s'appelait Polynésie.

Un ourlet de gel blanc scellait ses paupières closes. Elle aurait pu ouvrir les yeux, mais non. Pas encore. Il lui fallait reprendre pied, se ressaisir. S'habituer à l'horreur. Car elle se souvenait.

Au bout d'un moment, des larmes chaudes firent fondre partiellement les perles de givre accrochées à ses cils. Les larmes de l'œil droit coulèrent le long de son nez, puis tombèrent goutte à goutte.

Elle ne bougeait pas sachant très bien où elle se trouvait ; dans sa tête défilaient en chapelets des images de fer et de feu, de fureur et de vacarme, tombées de l'autre bout du temps… ou bien âgées de quelques heures seulement : comment être sûre, à présent ? Des images incrustées à jamais dans sa mémoire et dont le souvenir la ferait longtemps frissonner d'épouvante. Si elle vivait longtemps.

Le vent glacé sifflait quelque part au-dessus d'elle, mais ne prodiguait que des caresses légères à son corps nu : des attouchements furtifs au creux des reins, le long d'une cuisse, à la pliure interne du genou, sur la pointe d'un sein. Elle était à l'abri.

C'était mou, contre son corps. En même temps, c'était hérissé d'ergots durs : comme un entassement de pièces de mousse et de morceaux de bois. C'était froid. Ça puait.

Le ciel était d'une couleur laiteuse et sale.

Le froid, très certainement, avait tiré Polynésie de l'inconscience. Du givre en pointillé piquait le bord de sa lèvre supérieure, lui dessinant, sous les narines, une moustache carrée de vieillard chenu. De la salive avait coulé à la commissure de sa bouche et gelé sur son menton. Sur sa joue gauche, le sang, lui aussi, avait gelé.

Elle attendit, sans bouger. Raidie. Pareille à tous les autres, - à ceci près qu'elle respirait, elle. L'air glacé taillait au rasoir dans ses poumons, mais elle ne pouvait pas faire un seul geste. Elle attendit, comme ça, pendant plus d'un quart d'heure.

Dehors - au-dehors d'elle-même -, vibrait ce silence de gel dur, comme une immense crispation, griffes plantées dans cette portion d'univers. Et le vent.

Polynésie comprit qu'elle avait peut-être une chance de s'en tirer vivante - puisqu'elle se trouvait là, au bout de ce voyage et de cette nuit d'enfer, puisqu'elle respirait encore le froid noir du matin revenu ; alors une peur métallique s'installa dans ses muscles ankylosés et jusqu'au fond de ses os. Elle fit un violent effort pour se maîtriser… Il ne fallait pas se dresser en hurlant, jaillir, s'extraire hors de la fosse et filer à toutes jambes au-devant d'une probable rafale de P.M. Elle eut mal. Mal aux jambes, au dos. Mal au crâne - et au visage, sous le masque déchiqueté de sang durci.

Enfin elle ouvrit les yeux, perçut le petit bruit fragile de ses faux cils de givre qui se décollaient. Son champ de vision, excessivement limité, baignait dans une pénombre grise. Elle habitua son regard et distingua, à une dizaine de centimètre, les parties génitales fripées et blêmes, d'un homme au ventre lourd. La bedaine du mort pesait sur la tête de Polynésie. En dessous, il y avait une femme, couchée de travers, arquée, et la joue de Polynésie reposait sur sa poitrine glacée. La tête de la femme était cachée par les jambes velues d'un autre cadavre masculin.

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Date de sortie

Les Hommes sans futur, Tome 2 : Saison de rouille

  • France : 2016-03-18 (Français)

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