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Les Hommes sans futur, Tome 5 : Le Chien courait sur l'autoroute en criant son nom



Résumé

Les Supérieurs s’installent et l’homme régresse. Au cœur de l’archipel qu’est devenu San Francisco, l’aventurier Cutloss porte en lui le souvenir d’un amour perdu. Et l’espoir complètement fou que, peut-être, il survivrait encore d’une autre manière, peut-être par le biais de ce chien trafiqué qui revient du monde des Supérieurs...

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Classement en biblio - 6 lecteurs

Extrait

C'ÉTAIT dans les derniers souffles d'un soir qui hésitait encore, au couchant, entre le rouge vineux de la coagulation et bientôt le noir de la mort. Quelques éclairs silencieux, bien loin, illuminaient de temps à autre, en flashes rasants, ces brumes qui s'enténébraient inexorablement, avalant ciel et mer, cassant tout horizon à jamais disparu au bout de l'océan.

Il faisait bon, pour l'heure. A peine si les haleines puantes des vents retombés se faisaient sentir. De nuit, la lourdeur glauque habituelle du ciel pesait moins aux épaules. La marée clapotait moyennement, ne donnant pas le moindre signe de colère brutale - dans la journée, il avait entendu plusieurs personnes affirmer que l'océan se tiendrait tranquille au moins jusqu'à la prochaine aube. Des personnes qui ne racontaient pas n'importe quoi, et dont la parole méritait quelque crédit : des guetteurs de longue expérience.

Néanmoins, il surveillait. Sans véritable conviction, plutôt par désœuvrement que par conscience professionnelle. D'ailleurs, ce n'était même pas son tour de veille. La marée promettait le calme ; peut-être n'y aurait-il pas de veille du tout.

Il était assis sur le bord de l'autoroute, les jambes balancées doucement dans le vide au-dessus des clapotis et du bruit des vagues molles. Maigre et le dos rond dans sa veste de toile goudronnée. Les pieds nus. Les jambes de son pantalon étaient tailladées à hauteur des genoux qu'il avait fortement osseux, proéminents, comme des boules difformes. Parfois, il se frottait les genoux, du creux de ses mains calleuses. Ca le démangeait depuis un bout de temps - quelques semaines - il se demandait s'il n'avait pas ramassé quelque saloperie et sans qu'il en ait jamais rien dit, au fond de lui, il s'inquiétait.

Qui n'en vient jamais à s'inquiéter pour une raison ou une autre, dans le monde des Tollmen, sur les tronçons d'autoroute, et parmi les Îliens ?

Son île à lui (c'est-à-dire le morceau de roc sur lequel il vivait en compagnie de quelques centaines d'autres) s'appelait l'Île Carson. Pourquoi l'Île Carson ? Allez savoir. Il y en avait d'autres, dans le genre, de ces ergots que jamais les plus hautes marées folles ne submergeaient : Black Island, l'Ile des Sneks - celle-ci, parce que la famille des Sneks la contrôlait en priorité. Par contre, il n'existait pas de Carson illustre sur l'Île Carson, pas davantage en chair et en os que dans la mémoire de ses occupants.

Les feux s'allumaient sur les tronçons d'autoroute surplombant la mer à différents niveaux, sur les ponts reconstruits et les trois grandes masses de terre qui émergeaient encore, tout ce qui subsistait de San Francisco et de la côte après que le grand raz de marée eut craché sa furie.

Au delà, à quelques miles, d'autres lumières signalaient la présence du bâtiment-plate-forme des Supérieurs, au large. Juste des lumières, violacées, et une sorte de couronne étoilée d'étincelles rougeâtres. La brume, la nuit, avaient mangé la silhouette des bâtiments.

L'Île Carson avait une forme approximativement hémisphérique : un dôme de rocs et de broussailles parmi lesquels étaient dressés les abris. Elle ne devait pas mesurer plus de quatre kilomètres de diamètre. Le morceau d'autoroute qui venait s'y planter n'était même pas numéroté comme l'étaient les grands axes. Il arrivait en pente douce de la mer, sur ses piles de béton variqueuses, cent mètres au plus, pénétrait dans les terres sur un petit kilomètre et s'effondrait sur lui-même après avoir amorcé une sorte de coude qui devait certainement, à l'origine, éviter un pic rocheux.

C'était davantage un ponton qu'autre chose, avec des tas de carcasses emmêlées dans ses piles immergées, et, au bout, l'épave rouillée d'un pétrolier, comme une figure de proue biscornue. Il y avait eu un temps où les navires des Mangeurs d'Argile allaient et venaient encore le long de la vieille côte. Avant l'installation au large du "truc" des Supérieurs.

(A bien y réfléchir, la bête avait dû se servir de l'épave pour accéder au tronçon d'autoroute, au ponton.)

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La serie est annoté les hommes sans futur, L'humanité tel que nous est confronté au hommes de demain, un jour alors que rien ne les distinguent de leur parent, ils partent et rejoignent les autres dans leurs cités innacessibles : des murs de terreur prennent les humains normaux à leur approche une femme est passé et maintenant il y a un chien, avec ses souvenirs, qui parle qui crie son nom...

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Date de sortie

Les Hommes sans futur, Tome 5 : Le Chien courait sur l'autoroute en criant son nom

  • France : 2016-06-15 (Français)

Activité récente

Les chiffres

Lecteurs 6
Commentaires 1
Extraits 1
Evaluations 1
Note globale 7 / 10

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