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Extrait de Les Liaisons dangereuses ajouté par isane3 2012-06-10T14:27:08+02:00

Lettre CLIII :

Le Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil.

Je réponds sur-le-champ à votre Lettre, et je tâcherai d'être clair ; ce qui n'est pas facile avec vous, quand une fois vous avez pris le parti de ne pas entendre.

De longs discours n'étaient pas nécessaires pour établir que chacun de nous ayant en main tout ce qu'il faut pour perdre l'autre, nous avons un égal intérêt à nous ménager mutuellement : aussi, ce n'est pas de cela dont il s'agit. Mais encore entre le parti violent de se perdre, et celui, sans doute meilleur, de rester unis comme nous l'avons été, de le devenir davantage encore en reprenant notre première liaison, entre ces deux partis, dis-je, il y en a mille autres à prendre. Il n'était donc pas ridicule de vous dire, et il ne l'est pas de vous répéter que, de ce jour même, je serai ou votre Amant ou votre ennemi.

Je sens à merveille que ce choix vous gêne ; qu'il vous conviendrait mieux de tergiverser ; et je n'ignore pas que vous n'avez jamais aimé à être placée ainsi entre le oui et le non : mais vous devez sentir aussi que je ne puis vous laisser sortir de ce cercle étroit sans risquer d'être joué ; et vous avez dû prévoir que je ne le souffrirais pas. C'est maintenant à vous à décider : je peux vous laisser le choix mais non pas rester dans l'incertitude.

Je vous préviens seulement que vous ne m'abuserez pas par vos raisonnements, bons ou mauvais ; que vous ne me séduirez pas davantage par quelques cajoleries dont vous chercheriez à parer vos refus, et qu'enfin, le moment de la franchise est arrivé. Je ne demande pas mieux que de vous donner l'exemple ; et je vous déclare avec plaisir que je préfère la paix et l'union : mais s'il faut rompre l'une ou l'autre, je crois en avoir le droit et les moyens.

J'ajoute donc que le moindre obstacle mis de votre part sera pris de la mienne pour une véritable déclaration de guerre : vous voyez que la réponse que je vous demande n'exige ni longues ni belles phrases. Deux mots suffisent.

Paris, ce 4 décembre 17**.

Réponse de la Marquise de Merteuil (écrite au bas de la même Lettre).

Hé bien ! la guerre.

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Extrait de Les Liaisons dangereuses ajouté par anonyme 2012-01-01T20:10:22+01:00

Qui pourrait ne pas frémir en songeant aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse !

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Extrait de Les Liaisons dangereuses ajouté par bagheera 2012-11-13T19:33:21+01:00

"Si j'en crois mon Almanach, il y a, mon adorable amie, que deux jours que vous êtes absente ; mais si j'en crois mon coeur, il y a deux siècles."

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Extrait de Les Liaisons dangereuses ajouté par isane3 2012-06-10T14:17:14+02:00

Lettre CXLI :

Lettre de rupture que Valmont enverra par la suite à la Présidente de Tourvel :

On s'ennuie de tout, mon Ange, c'est une Loi de la Nature ; ce n'est pas ma faute.

Si donc je m'ennuie aujourd'hui d'une aventure qui m'a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n'est pas ma faute.

Si, par exemple, j'ai eu juste autant d'amour que toi de vertu, et c'est sûrement beaucoup dire, il n'est pas étonnant que l'un ait fini en même temps que l'autre. Ce n'est pas ma faute.

Il suit de là que depuis quelques temps je t'ai trompée : mais aussi, ton impitoyable tendresse m'y forçait en quelque sorte ! Ce n'est pas ma faute.

Aujourd'hui, une femme que j'aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n'est pas ma faute.

Je sens bien que voilà une belle occasion de crier au parjure : mais si la Nature n'a accordé aux hommes que la constance, tandis qu'elle donnait aux femmes l'obstination, ce n'est pas ma faute.

Crois-moi, choisis un autre Amant, comme j'ai fait une autre Maîtresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n'est pas ma faute.

Adieu, mon Ange, je t'ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je te reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n'est pas ma faute.

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Extrait de Les Liaisons dangereuses ajouté par anonyme 2013-12-27T15:17:18+01:00

Quand une femme frappe dans le coeur d'une autre, elle manque rarement de trouver l'endroit sensible, et la blessure est incurable.

(Mme de Merteuil à Valmont, lettre CXLV)

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Extrait de Les Liaisons dangereuses ajouté par bagheera 2012-11-13T19:41:18+01:00

"C'est bien assez d'être obliger de renoncer à l'aimer! il m'en coûterait trop de la haïr."

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Extrait de Les Liaisons dangereuses ajouté par Nora07 2012-02-23T08:56:35+01:00

" Je ne me rapelle jamais sans plaisir le temps où vous m'honoriez de noms plus doux. Souvent même je désire de les mériter de nouveau, et de finir par donner, avec vous, un exemple de constance au monde. Mais de plus grands intêrets nous appellent ; conquérir est notre destin ; il faut le suivre : peut-être au bout de la carrière nous rencontrerons-nous encore. "

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Extrait de Les Liaisons dangereuses ajouté par Gneygney 2012-11-30T11:36:16+01:00

"Me boudez-vous, vicomte ? ou bien êtes-vous mort ? ou, ce qui y ressemblerait beaucoup, ne vivez-vous plus que pour votre présidente ? Cette femme, qui vous a rendu les illusions de la jeunesse, vous en rendra bientôt aussi les ridicules préjugés. Déjà vous voilà timide et esclave ; autant vaudrait être amoureux. Vous renoncez à vos heureuses témérités. Vous voilà donc vous conduisant sans principes, et donnant tout au hasard, ou plutôt au caprice. Ne vous souvient-il plus que l’amour est, comme la médecine, seulement l’art d’aider à la nature ? Vous voyez que je vous bats avec vos armes : mais je n’en prendrai pas d’orgueil ; car c’est bien battre un homme à terre. Il faut qu’elle se donne, me dites-vous : eh ! sans doute, il le faut ; aussi se donnera-t-elle comme les autres, avec cette différence que ce sera de mauvaise grâce. Mais, pour qu’elle finisse par se donner, le vrai moyen est de commencer par la prendre. Que cette ridicule distinction est bien un vrai déraisonnement de l’amour ! Je dis l’amour ; car vous êtes amoureux. Vous parler autrement, ce serait vous trahir ; ce serait vous cacher votre mal."

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Extrait de Les Liaisons dangereuses ajouté par marvel_girl1618 2016-03-23T03:39:08+01:00

« Car il ne faut pas s'y tromper; ce charme qu'on croit trouver dans les autres, c'est en nous qu'il existe; et c'est l'amour qui embellit tant l'objet aimé »

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Extrait de Les Liaisons dangereuses ajouté par Thyda 2015-10-13T16:28:08+02:00

Lettre CL

En attendant le bonheur de te revoir, je me livre, ma tendre amie, au plaisir de t’écrire ; et c’est en m’occupant de toi, que je charme le regret d’en être éloigné. Te retracer mes sentiments, me rappeler les tiens, est pour mon cœur une vraie jouissance ; et c’est par elle que le temps même des privations m’offre encore mille biens précieux à mon amour. Cependant, s’il faut t’en croire, je n’obtiendrai point de réponse de toi : cette lettre même sera la dernière ; et nous nous priverons d’un commerce qui, selon toi, est dangereux, et dont nous n’avons pas besoin. Sûre- ment je t’en croirai, si tu persistes : car que peux-tu vouloir, que par cette raison même je ne le veuille aussi ? Mais avant de te décider entièrement, ne permettras- tu pas que nous en causions ensemble ?

Sur l’article des dangers, tu dois juger seule : je ne puis rien calculer, et je m’en tiens à te prier de veiller à ta sûreté, car je ne puis être tranquille quand tu seras inquiète. Pour cet objet, ce n’est pas nous deux qui ne sommes qu’un, c’est toi qui es nous deux.

Il n’en est pas de même sur le besoin : ici nous ne pouvons avoir qu’une même pensée, et si nous différons d’avis, ce ne peut-être que faute de nous expliquer ou de nous entendre. Voici donc ce que je crois sentir.

Sans doute une lettre paraît bien peu nécessaire, quand on peut se voir libre- ment. Que dirait-elle, qu’un mot, un regard, ou même le silence, n’exprimât cent fois mieux encore ? Cela me paraît si vrai, que dans le moment où tu me parlas de ne plus nous écrire, cette idée glissa facilement sur mon âme ; elle la gênait peut- être, mais ne l’affecta point. Tel à peu près quand voulant donner un baiser sur ton cœur, je rencontre un ruban ou une gaze, je l’écarte seulement, et n’ai cependant pas le sentiment d’un obstacle.

Mais depuis, nous nous sommes séparés ; et dès que tu n’as plus été là, cette idée de lettre est revenue me tourmenter. Pourquoi, me suis-je dit, cette privation de plus ? Quoi ! pour être éloignés n’a-t-on plus rien à se dire ? Je suppose que, favorisés par les circonstances, on passe ensemble une journée entière ; faudra- t-il prendre le temps de causer sur celui de jouir ? Oui, de jouir, ma tendre amie ; car auprès de toi, les moments même du repos fournissent encore une jouissance délicieuse. Enfin quel que soit le temps, on finit par se séparer ; et puis, on est si seul ! C’est alors qu’une lettre est précieuse ! si on ne la lit pas, du moins on la regarde... Ah ! sans doute, on peut regarder une lettre sans la lire, comme il me semble que la nuit j’aurais encore quelque plaisir à toucher ton portrait...

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