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- Hé, la grosse, tu ne sais pas qu'il faut parler un peu mieux que ça à un louchébem ? Tu fais quoi ici ? Qui t'as permis de venir au Café Variable ?

Liberté avait l'impression qu'un géant s'amusait à comprimer son cerveau entre ses mains. Il fallait qu'elle s'en aille. Tout de suite. Elle se redressa de toute sa taille, à peine un centimètre plus haut que le boucher, pourtant ce dernier recula et arrêta de jouer avec son fendoir. Lorsque Liberté reprit la parole, sa voix était un mélange de morgue et d'autorité digne de Carmine.

- Je suis une louchébem, stupide lânepuche ! Si tu ne vois pas mes couteaux, c'est que je viens de les laisser dans le lard du dernier crétin qui a osé me parler comme ça. Alors, tu me donnes un luxo et tu me montres la porte.

Le garçon hésita une seconde puis décida qu'il valait mieux être prudent.

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"Rue de la Nouvelle-Cité, grommela Alcide d'un ton dégoûté ; autrefois, c'était la rue de Rivoli, baptisée ainsi en l'honneur d'une victoire de l'empereur Napoléon. Tu vois, Nathanaël, ce que je hais le plus chez les Larispemois, c'est cette façon de faire comme si Larispem était une cité entièrement neuve, née de leurs rêveries d'anarchistes. Voilà presque trente ans qu'ils changent le nom des rues, transforment les églises en clubs de discussion, en gares et en entrepôts. Pourquoi ? Pour que l'on oublie que Larispem n'est rien d'autre que Paris caché sous d'autres noms."

P.217

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Carmine précéda une Liberté essoufflée par la montée des marches jusqu'à une table du Point de vue, le très chic café installé dans la coupole de l'aérogare. Le serveur en smoking plissa le nez en voyant une louchébem noire et une grosse fille mal fagotée s'installer à l'une des meilleures tables, tout contre la verrière, mais il prit quand même leur commande.

- Un laféquès bien loirnem pour moi, commanda Carmine.

Elle s'était exprimée dans l'argot des bouchers pour le simple plaisir de contrarier un peu plus le serveur.

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"Par ses romans, le citoyen Jules Verne nous a ouvert une fenêtre sur le futur. A nous de fabriquer la porte"

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« Carmine courut à la fenêtre et se pencha autant qu’elle put pour absorber une grande goulée d’air frais. Dans la chambre abandonnée, la fumée blanche se dissipa vite, balayée par les courants d’air.

Liberté tremblait comme une feuille. Son amie l’aida à se relever.

– Il faut partir ! cria-t-elle pour couvrir le bruit des sirènes. La milice de quartier va arriver !

Liberté inspira et expira profondément, terrifiée à l’idée de sentir une douleur soudaine dans ses poumons, mais rien de tel ne se produisit. Ses côtes se soulevaient et s’abaissaient norma­lement. Quoi qu’aient contenu les billes de verre, ça ne semblait pas toxique.

Carmine se précipita dans l’espace ouvert derrière la biblio­thèque. Pas question d’être venues pour rien. Elle ramassa au hasard quelques objets – une croix en or, deux ou trois bijoux dans un coffret – et les fourra dans sa sacoche. Un éclat au pied de l’automate, dont la sirène faiblissait déjà, attira son attention : la tranche dorée du livre. Les bras encombrés par son butin, elle le désigna du menton à son amie.

– Vite ! Prends le bouquin, on s’en va.

Liberté se leva péniblement. Son esprit était embrouillé, comme un rêve qui s’effiloche au fur et à mesure qu’on essaie de s’en souvenir. Il y avait eu un homme blond, un homme qui… qui pleurait ? Quelque chose comme ça. Où était-il passé ? Elle ramassa le livre. Carmine l’entraîna en bas de l’escalier et elles retraversèrent le jardin à toute allure tandis que les lumières s’allumaient dans les maisons des alentours. Lorsque la milice de quartier réussit enfin à se frayer un passage jusqu’aux ruines, elle ne trouva rien d’autre qu’un petit luxomaton au ressort détendu, abandonné dans le hall de la bâtisse, et une cape noire, clouée au mur de l’une des chambres par un couteau effilé. »

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