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Extrait ajouté par Biquet 2012-03-18T00:20:36+01:00

« Le meurtrier qui tue un homme – un homme qui devait de toute façon mourir – se meut encore dans le domaine de la vie et de la mort qui nous est familier. Le meurtrier laisse un cadavre derrière lui et ne prétend pas que sa victime n’a jamais existé. (..) Les nazis, avec la précision qui les caractérisait, avaient l’habitude d’enregistrer toutes les opérations dans les camps de concentration sous la rubrique «Nuit et Brouillard (Nacht und Nebel)» [ce qui illustre] le radicalisme des mesures prises pour traiter les gens comme s’ils n’avaient jamais existé, et pour les faire disparaître au sens littéral du terme (...). »

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Extrait ajouté par Biquet 2012-03-18T00:20:01+01:00

« (...) Les atrocités pour lesquelles les formations d’élite sont utilisées sans merci deviennent, en somme, l’application pratique de l’endoctrinement idéologique – le banc d’essai où celui-ci doit faire ses preuves – tandis que l’effroyable spectacle des camps eux-mêmes est censé fournir la vérification «théorique» de l’idéologie. »

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Extrait ajouté par Biquet 2012-03-18T00:19:41+01:00

« Les camps de concentration et d’extermination des régimes totalitaires servent de laboratoires où la conviction fondamentale du totalitarisme que tout est possible se vérifie. »

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Extrait ajouté par Biquet 2012-03-18T00:19:11+01:00

« Dans les pays totalitaires, tous les lieux de détention dirigés par la police sont faits pour être de véritables oubliettes où les gens glissent par accident, sans laisser derrière eux ces signes d’une existence révolue que sont ordinairement un corps ou une tombe. (...) La police secrète opère le miracle de faire en sorte que la victime n’ait jamais existé du tout. »

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Extrait ajouté par Biquet 2012-03-18T00:18:30+01:00

« Dans la phase qui précède la prise du pouvoir, la technique la plus originale consiste à créer des organisations de façade [par exemple les Jeunesses Hitlériennes, ou les compagnons de route du parti communiste] et à faire une distinction entre membres du parti et sympathisants. (...) L’organisation de façade a une double fonction: façade du mouvement totalitaire aux yeux du monde non totalitaire, et façade de ce monde aux yeux de la hiérarchie interne du mouvement. »

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Extrait ajouté par Biquet 2012-03-18T00:17:44+01:00

« La fiction la plus efficace de la propagande nazie fut l’invention d’une conspiration juive mondiale. Les nazis placèrent le problème juif au centre de leur propagande, en ce sens que l’antisémitisme [devenait] la préoccupation intime de chaque individu dans son existence personnelle; nul ne pouvait être membre du parti si son arbre généalogique n’était pas en ordre, et plus le rang dans la hiérarchie nazie était élevé, et plus cet arbre devait remonter loin. (...) La propagande nazie eut l’ingéniosité de transformer l’antisémitisme en un principe d’autodéfinition. Cela procura aux masses d’individus atomisés, indéfinissables, instables et futiles, un moyen d’autodéfinition et d’identification qui restaurait en partie le respect de soi que leur conférait autrefois leur fonction dans la société (...). »

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Extrait ajouté par Biquet 2012-03-18T00:16:30+01:00

« Les régimes totalitaires, aussi longtemps qu’ils sont au pouvoir, et les dirigeants totalitaires, tant qu’ils sont en vie, commandent et s’appuient sur les masses jusqu’au bout. L’accession de Hitler au pouvoir fut légale selon la règle majoritaire et ni lui ni Staline n’auraient pu maintenir leur autorité sur de vastes populations, survivre à de nombreuses crises intérieures ou extérieures et braver les dangers multiples d’implacables luttes internes au parti, s’ils n’avaient bénéficié de la confiance des masses. » « Ce qui caractérisa l’essor du mouvement nazi en Allemagne et des mouvements communistes en Europe, après 1930, c’est qu’ils recrutèrent leurs adhérents dans cette masse de gens apparemment indifférent auxquels tous les autres partis avaient renoncés, les jugeant trop apathiques ou trop stupides pour mériter leur attention. »

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Extrait ajouté par Biquet 2012-03-18T00:12:37+01:00

[...]

Il est dans la nature même des régimes totalitaires de revendiquer un pouvoir illimité. Un tel pouvoir ne peut être assuré que si tous les hommes littéralement, sans exception aucune, sont dominés de façon sûre dans chaque aspect de leur vie. Dans le domaine des affaires étrangères, les nouveaux territoires neutres ne doivent jamais cesser d'être soumis, tandis qu'à l'intérieur, des groupements humains toujours nouveaux doivent être domptés par l'expansion des camps de concentration, ou, quand les circonstances l'exigent, être liquidés pour faire place à d'autres. Le problème de l'opposition est sans importance, tant dans les affaires étrangères qu'intérieures. Toute neutralité, toute amitié même, dès lors qu'elle est spontanément offerte, est, du point de vue de la domination totalitaire, aussi dangereuse que l'hostilité déclarée : car la spontanéité en tant que telle, avec son caractère imprévisible, est le plus grand de tous les obstacles à l'exercice d'une domination totale sur l'homme. Aux communistes des pays non communistes qui se réfugièrent ou furent appelés à Moscou, une amère expérience apprit qu'ils constituaient une menace pour l'Union soviétique. Les communistes convaincus sont en ce sens, qui est le seul à avoir quelque réalité aujourd'hui, aussi ridicules et aussi menaçants aux yeux du régime russe que les nazis convaincus de la faction Röhm l'étaient par exemple pour les nazis.

Ce qui rend si ridicules et si dangereuses toute conviction et toute opinion dans la situation totalitaire, c'est que les régimes totalitaires tirent leur plus grande fierté du fait qu'ils n'en ont pas besoin, non plus que d'aucune forme de soutien humain.

Les hommes, dans la mesure où ils sont plus que la réaction animale, et que l'accomplissement des fonctions, sont entièrement superflus pour les régimes totalitaires. Le totalitarisme ne tend pas vers un règne despotique sur les hommes, mais vers un système dans lequel les hommes sont superflus. Le pouvoir total ne peut être achevé et préservé que dans un monde de réflexes conditionnés, de marionnettes ne présentant pas la moindre trace de spontanéité. Justement parce qu'il possède en lui tant de ressources, l'homme ne peut être pleinement dominé qu'à condition de devenir un spécimen de l'espèce animale homme.

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Extrait ajouté par Biquet 2012-03-18T00:12:11+01:00

[...] le totalitarisme diffère par essence des autres formes d'oppression politique que nous connaissons, comme le despotisme, la tyrannie et la dictature. Partout où celui-ci s'est hissé au pouvoir, il a engendré des institutions politiques entièrement nouvelles, il a détruit toutes les traditions sociales, juridiques et politiques du pays. Peu importent la tradition spécifiquement nationale ou la source spirituelle particulière de son idéologie : le régime totalitaire transforme toujours les classes en masses, substitue au système des partis, non pas des dictatures à parti unique, mais un mouvement de masse, déplace le centre du pouvoir de l'armée à la police, et met en œuvre une politique étrangère visant ouvertement à la domination du monde. Les régimes totalitaires actuels sont nés des systèmes à parti unique ; chaque fois que ces derniers sont devenus vraiment totalitaires, ils se sont mis à agir selon un système de valeurs si radicalement différent de tous les autres qu'aucune de nos catégories utilitaires, que ce soient celle de la tradition, de la justice, de la morale, ou de celles du sens commun, ne nous est plus d'aucun secours pour nous accorder à leur ligne d'action, pour la juger ou pour la prédire.

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Extrait ajouté par ninanina 2009-08-11T15:33:36+02:00

" Ce livre constitue une tentative de compréhension de faits qui, au premier coup d'oeil, et même au second, semblaient simplement révoltants.

Comprendre, toutefois, ne signifie pas nier ce qui est révoltant et ne consiste pas à déduire à partir de précédents ce qui est sans précédent ; ce n'est pas expliquer des phénomènes par des analogies et des généralités telles que le choc de la réalité s'en trouve supprimé. Cela veut plutôt dire examiner et porter en toute conscience le fardeau que les événements nous ont imposé, sans nier leur existence ni accepter passivement leur poids, comme si tout ce qui est arrivé en fait devait fatalement arriver.

Comprendre, en un mot, consiste à regarder la réalité en face avec attention, sans idée préconçue, et à lui résister au besoin, quelle que soit ou qu'ait pu être cette réalité. "

(Hannah Arendt)

Sur l'Antisémitisme est la première partie de l'oeuvre magistrale d'Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme (New York, 1951), qui inclut aussi L'Impérialisme et Le Système totalitaire .

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