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"le comte de Saslow aurait toutes les raisons d'annuler sa proposition, s'il soupçonnait ton tempérament dissipé!

- Maman!

- Dissipé! répéta la marquise. Que tu as d'ailleurs hérité de ton père. Et il t'a encouragée dans cette voie. Du jour où il t'a autorisée à apprendre toutes ces langues étrangères, il t'a soutenue dans une attitude fort peu digne. Il n'y a rien de plus inconvenant pour une dame que d'étudier le latin."

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Quand on annonça l’arrivée de Sophie York au bal des Dewland, un frisson de murmures parcourut la salle.

Sophie était délurée, indocile, grommelaient dans leur coin les vieilles filles acariâtres.

La plus belle femme d’Angleterre, estimaient les autres. Petite, mais voluptueuse. Coquette, mais fille de l’aristocrate la plus guindée du pays, la marquise de Brandenburg. Les commentaires acides d’Héloïse avaient flétri la réputation de plus d’une jeune personne. Alors, bien sûr, les jugements de la marquise rendaient plus savoureuse encore l’attitude de sa fille.

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L’après-midi du bal des Dewland, il y eut au ministère des Affaires étrangères une réunion exceptionnelle de jeunes gentilshommes, présidée par le ministre en personne. Lord Breksby prenait de l’âge, mais en même temps il devenait de plus en plus à l’aise avec le pouvoir. Aussi, bien qu’il reçût ses visiteurs un peu affalé dans son fauteuil, et que sa chevelure blanche persistât à pencher d’un côté au lieu de rester sagement attachée en arrière, il n’avait rien de comique.

Lord Breksby était aux Affaires étrangères depuis sept ans, et il voyait le monde comme un théâtre de marionnettes dont il tirait les ficelles. L’un de ses principaux talents, aux yeux de William Pitt et du gouvernement anglais en général, était son art de la manipulation.

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Cette idée renforça sa décision. Peu importait qu’elle eût sangloté toutes les nuits depuis qu’elle avait refusé la demande en mariage de Patrick, un mois auparavant. Elle avait eu raison. Il lui suffisait de se rappeler le soulagement qu’elle avait lu dans son regard quand, le lendemain du bal, dans la bibliothèque, elle avait dégagé ses mains des siennes et avait répondu « non » fort poliment. Qu’elle ne l’oublie surtout pas !

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Quand il avait pris son bras pour la conduire hors de la salle de bal, comme pour aller chercher un verre de sabayon, puis qu’il l’avait entraînée vers un salon désert, elle n’avait pas protesté. Patrick s’était adossé au mur pour la contempler en souriant d’un air taquin. Les émotions des dernières heures avaient dû monter à la tête de Sophie, car elle lui avait rendu son sourire, se comportant comme la fille facile qu’on l’accusait d’être.

Patrick l’avait prise dans ses bras, et son geste avait un parfum d’inévitable. Pourtant, l’ardeur charnelle de ce baiser avait été un choc. Sophie avait déjà été embrassée, tant de fois que sa mère se serait évanouie si elle avait pu en avoir la moindre idée, mais ce baiser-là n’était pas le tendre hommage auquel elle était habituée.

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La colère de la jeune fille s’envola, remplacée par une vague de culpabilité. Sa mère avait enduré bien des humiliations publiques, à cause de l’amour immodéré de son époux pour les Françaises. Et à présent, elle-même était la source de ragots.

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Élevée dans un couvent, Héloïse était arrivée à sa nuit de noces affreusement mal préparée. Elle avait épousé un Anglais tellement féru de la France qu’il n’acceptait que des serviteurs français. La nourrice de Sophie était française, les femmes de chambre, les valets de pied et naturellement le cuisinier étaient français. Héloïse ne pouvait imaginer les conversations crues qui avaient cours à la nursery. La jeune fille n’avait nul besoin d’être mise au courant sur ce que les hommes attendaient des femmes !

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Lady Sophie York, fille unique du marquis de Brandenburg, avait refusé la demande en mariage d’un baron, ainsi que celles de deux chevaliers, d’une poignée de messieurs fort convenables et d’un vicomte, qui avait de façon fort conventionnelle réclamé l’honneur d’obtenir sa main dans le bureau de son père. Elle avait de même écarté un marquis au beau milieu d’une chasse, et le simple M. Kissler à Ascot. De moins heureuses jeunes filles ne comprenaient pas Sophie. En deux saisons, elle avait évincé la plupart des partis les plus recherchés. Mais, désormais, il n’y aurait plus de demandes en mariage, officielles ou non. Les mauvaises langues seraient d’accord : la jeune fille avait jeté son dévolu sur un homme de haute naissance. Lady Sophie serait comtesse à la prochaine saison.

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Après toutes ses angoisses, qui n’avaient fait que croître à mesure que l’accouchement approchait, les jumelles étaient nées si vite que le Dr Lambeth n’avait même pas eu le temps de chasser Patrick de la chambre. Aussi ce dernier avait-il Katherine dans les bras lorsque le médecin, avec un petit rire surpris, avait attrapé la tête d’Ella qui se précipitait pour rejoindre sa sœur dans le monde des vivants. Patrick avait encore le cœur gonflé de joie, à ce souvenir.

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Sophie se réveilla en sursaut et s’assit dans le lit. La seule lumière dans la chambre était celle de la cheminée. Un instant, encore ensommeillée, elle regarda les ombres dansantes sur le mur. Il faisait chaud, bien que l’hiver fût particulièrement rude.

Puis elle l’entendit de nouveau : un gazouillis, suivi d’un rire bas…

Les yeux plissés, elle distingua le fauteuil à bascule, près de l’âtre, qui s’agitait doucement.

— Patrick ?

— Nous sommes là.

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