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– Y a-t-il autre chose que tu ne m’aies pas dit ?

Je réfléchis à toute vitesse. Tant de choses étaient arrivées, et nous étions sur le point d’affronter un magicien si puissant… La mort était une possibilité menaçante. Je voulais que Valek sache ce que j’éprouvais pour lui.

– Je t’aime, dis-je.

Valek me prit dans ses bras.

– Mon cœur t’appartient depuis la Fête du Feu, dit-il. Ce soir-là, j’ai compris que si tu mourais, je ne serais plus jamais le même. Je n’ai jamais espéré que tout cela arriverait ; je ne le voulais même pas. Mais je n’ai pas pu te résister.

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L'instant d’après, je m’étais faufilée derrière le divan, et avais entrepris de masser les épaules de Valek. La partie encore lucide de mon cerveau tentait de me mettre en garde, mais en vain. L'alcool avait pris possession de mon corps, et mon esprit n’avait plus aucune emprise sur lui.

A mon contact, Valek se raidit. Craignait-il que je ne l’étrangle ? Mais peu à peu, à mesure que mes mains pétrissaient ses trapèzes, il se détendit.

– Que feriez-vous, demandai-je, si vous vous retrouviez du jour au lendemain dans un monde idéal où les espions n’existaient pas ?

– Je m’ennuierais.

– Non, je suis sérieuse. Si vous deviez changer de métier, que choisiriez-vous ?

J’enfonçai mes pouces dans les muscles à la base de son cou.

– Vous pourriez être danseur du feu, suggérai-je.

– Hors de question. Maître d’armes, peut-être ?

– Dans un monde parfait, les armes n’existeraient pas.

Mes mains descendirent le long de son dos.

– Professeur, peut-être ? Vous avez lu tous ces livres qui traînent par terre, n’est-ce pas ? A moins qu’ils ne servent qu’à gêner les intrus ?

– Les livres me sont utiles à bien des niveaux, dit Valek. Mais dans ton monde parfait, je doute qu’on ait besoin de professeurs de meurtre.

Je me figeai un instant.

– Non. Sans doute pas.

– Je pourrais être artiste, et réaliser des sculptures fantaisistes. Nous redécorerions le château, ce ne serait pas un luxe. Et toi, Elena ?

Du bout des doigts, j’exerçai de légères pressions sur les reins de Valek.

– Que ferais-tu ? reprit-il.

– Acrobate, répondis-je sans réfléchir.

Je croyais avoir enterré l’acrobatie avec mon amulette en forme de flamme, mais apparemment, mon excursion dans les arbres avait réveillé cette ancienne passion.

– Acrobate ! Cela explique beaucoup de choses.

Enflammée par le contact du corps sculpté de Valek, je glissai mes mains vers son ventre. Que Reyad aille au diable, pensai-je. L'alcool m’avait ôté toute peur. Je dégrafai le pantalon de Valek.

Il m’agrippa par les poignets et m’immobilisa.

– Elena, dit-il d’une voix rauque, tu es soûle. Il relâcha mes mains et se leva. Pétrifiée, je le regardai s’approcher de moi ; il me souleva dans ses bras, me porta jusqu’à ma chambre et me déposa sur mon lit.

– Essaie de te reposer un peu, dit-il doucement en quittant la pièce.

La pièce se mit à tourner autour de moi. J’appuyai une main contre le mur en pierre froide. A présent, j’étais fixée. L'intérêt que Valek avait pour moi était purement professionnel. Influencée par les ragots de Dilana et la jalousie de Maren, je m’étais ridiculisée. Un sentiment de rejet cuisant m’envahit.

Pourquoi refusais-je d’apprendre ? Les gens étaient des monstres. S'ils ne l’étaient pas au départ, ils le devenaient. La preuve : Brazell, Reyad, Rand… Et Valek ? Allait-il se changer en monstre ? Ou bien en était-il déjà un ?

Assez, me dis-je. Je ne devais pas penser à lui, certainement pas en tant que compagnon. Ce n’était pas lui qui remplirait le vide en moi, qui réchaufferait mon coeur glacé…

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Après deux rappels, les danseurs quittèrent la pièce. Irys se leva alors et proposa un toast. Le sitiens avaient apportés leur meilleur cognac; elle ne servit au Commandement et à Valek. Elle ne sembla pas offensé lorsque le Commandement me tendit le sien.

Je fis tournoyer le liquide ambré dans le verre ses effluves intense. Puis je pris une petite gorgée , le roula dans ma gorge... et recrachai aussitot. Suffocante, secouée par des hauts-le-coeur je tentai d'expulser de ma bouche les dernières gouttes de liquide. Valek me dévisagea, alarmé.

-Mon Amour, dis-je d'une voix étranglée.

D'un coup de coude Valek fis tomber les deux autres verres dont le contenu se déversa sur la table. Puis il se forma en une tache noire, et les murs se couvrirent de sang.

Je flottais sur une mer écarlate. Les couleurs tournaient et dansaient autour de moi. Un bruit de verre cassé résonna à l’infini dans ma tête. Je flottais sur un radeau de boucles sombres porté par un courant puissant. Dans cette tempête de couleurs, la voix d’Irys me parvint, douce et apaisante. " Tu vas t’en sortir, disait-elle".

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- Elena, tu m'as rendu fou. Tu m'as causé des ennuis considérables et j'ai déjà envisagé à deux reprises de te tuer.

Le souffle de Valek dans mon oreille envoya un frisson le long de mon dos.

- Mais je t'ai dans la peau, dans le sang... Tu as envahi mon coeur.

- On dirait que vous parlez d'un poison.

La confession de Valek m'avait à la fois choquée et transportée.

- Exactement, dit-il. Tu m'as empoisonné.

Il me fit rouler vers lui pour me regarder dans les yeux. Avant que j'aie pu dire un mot, il m'embrassa.

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Pp 93, 94

J’aurais du être ravie de quitter l’infirmerie, mais j’étais trop angoissée pour me réjouir. Un petit rongeur avait élu domicile dans mon estomac, où il creusait des galeries avec ses dents. Une fois entrée dans ma chambre, je fis un petit état des lieux. Mon lit était intact, mes uniformes pendaient dans l’armoire. Mais, au lieu d’être caché dans un tiroir, mon journal traînait, ouvert, au milieu de mon bureau. Quelqu’un avait lu mes notes sur les poisons et mes réflexions personnelles. L’activité dans mon estomac laissa place à une sensation froide et dure. Le rongeur était mort. Et j’étais d’humeur massacrante.

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– Je crois que Brazell et Reyad ont essayé de me réduire à cet état mental, dis-je. Mais j’ai résisté.

Je lui résumai la théorie que je venais d’échafauder.

– Dis-moi ce qu’ils t’ont fait, demanda Valek, les lèvres pincées.

J’hésitai un instant, puis je lui racontai mon histoire, d’abord par bribes, puis dans un grand torrent de paroles, tandis que des larmes silencieuses coulaient sur mes joues. Je ne lui épargnai aucun détail. Je ne cherchai pas à atténuer les épisodes sordides. Je lui dit tout : les deux années d’expériences, les tortures, les jeux, les humiliations, les châtiments, mon désir de réussir, de faire plaisir à Reyad malgré tout, et enfin le viol qui m’avait poussée au meurtre. A la fin de mon récit, j’eus l’impression d’avoir lavé mon âme du sang de Reyad. Ce fut une libération aussi brusque que grisante.

Depuis le début, Valek n’avait pas dit un mot. Pas un commentaire, pas une question. Enfin, d’une voix glacée, il déclara :

– Brazell et Mogkan seront détruits.

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Le rythme de la musique s’accéléra ; bientôt l’orchestre attaquait un air endiablé qui faisait vibrer la verrerie. Des danseurs costumés firent irruption dans la salle, brandissant de grandes torches enflammées. Des danseurs du feu ! Ils entamèrent une chorégraphie complexe et éblouissante, qui me coupa le souffle. Je comprenais, à présent, pourquoi leur tente avait été prise d’assaut lors de la Fête du Feu.

Valek s’enfonça dans sa chaise, et murmura à mon oreille :

– Je crois que j’aurais raté l’audition, Elena. Je me serais déjà mis le feu aux cheveux.

– Et vous n’êtes pas prêt à sacrifier vos beaux cheveux pour l’art, c’est ça ?

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– Entendu. Tu auras un an, je t’en donne ma parole.

Elle marqua une pause.

– Allez-y, dis-je. Je sais que vous avez envie de clore cette conversation par des menaces ou une mise en garde sinistre. Ne vous gênez pas pour moi, j’ai l’habitude. A vrai dire, quand on ne me menace pas, je suis complètement désorientée.

– Tu crânes… mais il suffirait que je fasse un pas vers toi pour que tu mouilles ton pantalon.

– Je le mouillerai de votre sang, oui ! m’exclamai-je en brandissant mon couteau.

Mais je ne pus garder mon sérieux, tant mes fanfaronnades étaient ridicules. Je laissai échapper un ricanement ; la magicienne se mit à rire aussi.

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– Je ferais mieux de partir, dis-je en me levant. Valek va se demander où je suis passée.

– C'est vrai, j’ai remarqué que vous étiez devenus inséparables. Essaie d’user de ton influence pour qu’il tue un peu moins de gens, d’accord ?

Je claquai violemment la porte du four. Le bruit résonna dans la cuisine silencieuse.

– Au moins, Valek a la décence de me prévenir quand il m’empoisonne, lançai-je.

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Nous passâmes en revues les détails de l'opération.Bien que ma vie fût mise en danger par ce projet, j'étais ravie. J'avais retrouvé mon bon vieux Valek ... Mais pour combien de temps ?

Lorsque nous fûmes convenus d'un plan, je me tournai pour partir.

-Elena ...

Je m'arrêtai sur le seuil de la porte et lui jetai un coup d'oeil par-dessus mon épaule.

-Tu m'as dit un jour que je n'étais pas prêt à croire pourquoi tu as tué Reyad. Je suis prêt, maintenant.

-Mais moi, je ne suis pas prête à vous le dire.

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