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Comment peux-tu vouloir notre mort à tous ?

— Ce n’est pas le cas.

— Oh, c’est vrai. C’est ton patron qui le veut.

— Crois-le ou non, dit Guerre d’un air las, mais il y a d’autres créatures sur cette planète qui méritent d’être sauvées. Des créatures que les humains ont systématiquement annihilées. As-tu déjà songé que même si vous êtes les enfants préférés de Dieu vous n’êtes pas les seuls qu’Il ait ?

— Alors tu fais ça pour sauver les moustiques ? J’imagine que je pourrais presque en rire si je n’étais pas aussi en colère. L’envie de balancer mon verre me démange.

— Il y a eu plusieurs extinctions de masse sur cette planète, Miriam. Et avant que mes frères et moi n’apparaissions, le monde se dirigeait vers la suivante, une dont seuls les humains étaient responsables.

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An 16 de l’Ère des Cavaliers

Tout commence par une vibration. Le sol tremble depuis les profondeurs, chaque seconde plus violente que la précédente, et bientôt, la terre donne l’impression de vouloir se débarrasser de sa croûte.

Des tsunamis s’écrasent le long des côtes, des bâtiments s’effondrent et, partout dans le monde, les populations s’abritent en attendant que le terrible tremblement de terre s’apaise.

Le premier Cavalier titube quand la vérité le frappe.« Ça recommence ».

Le deuxième Cavalier se réveille brutalement et prend une vive inspiration. Des mots anciens s’échappent de ses lèvres.

— Ina bubūti imuttu.

« Ils vont mourir de faim. »

Et dans la crypte qu’il s’est lui-même construite, un être surnaturel s’agite.

Ses doigts s’enroulent autour de sa faux. Son armure de bronze bruisse quand il remue.

Ses yeux verts s’ouvrent, et il inspire sa première bouffée d’air depuis de longues années.

Puis, il esquisse un sourire.

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Les gravillons crissent sous mes bottes tandis que je me faufile le long des rues de Jérusalem, équipée de mon arc, de mon carquois et de la besace de toile dans laquelle je rangerai mes trouvailles. Une dague pend sur ma hanche, et dans mon sac, j’ai empaqueté une petite hache.

Je passe devant une mosquée, pour l’heure remplie d’ombres, mais qui sera bondée à mon retour. Plus bas, la synagogue se dresse, sombre et sinistre avec la plupart de ses fenêtres barricadées. Elle paraît faible et repentante, comme si elle n’avait pas un jour fièrement régné sur cet espace.

Il n’y a personne d’autre que moi dehors, à l’exception de quelques gardes palestiniens. Ils m’observent, l’air menaçant, mais me laissent tranquille.

La vie ici n’a pas toujours été ainsi.

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An 13 de l’Ère des Cavaliers

Jérusalem, Nouvelle Palestine

La journée commence comme tant d’autres. Par un cauchemar.

L’explosion rugit dans mes oreilles et le souffle me projette dans l’eau.

L’obscurité. Le néant. Et puis…

J’essaie d’inspirer. De l’eau, du feu… et… et Seigneur, cette douleur ! Encore, et encore, et encore. Sa morsure acérée m’empêche à moitié de respirer.

— Maman, maman, maman !

Je ne la vois pas. Je ne vois personne.

— Maman !

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— Ressentez-vous quelque chose quand vous tuez ? Il est temps de me faire ma piqûre de rappel : Guerre est le méchant de cette histoire. Il s’interrompt, le dos tourné.

— Oui. J’attends qu’il développe. Le silence s’allonge.

— J’éprouve une soif de sang et de l’excitation, et la profonde satisfaction du travail bien fait. Il le dit comme s’il parlait du temps qu’il fait et pas du massacre de milliers d’innocents. Il se tourne vers moi.

— Je suis à toi et tu es à moi, Miriam… Je tremble à ces mots.

— Mais je ne suis pas comme toi, et tu ne devrais jamais l’oublier.

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Je ne comprends pas pourquoi il nous faut monter à cheval alors que les vélos existent. Ces derniers n’ont jamais faim, ne sont jamais fatigués, ne répandent pas leur crottin partout et, surtout, ils n’essaient pas de mordre à tout bout champ sous prétexte qu’ils sont de sales carnes capricieuses. Cela étant dit, il faut être honnête. Une armée à bicyclette ne serait pas très effrayante.

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Je recule en trébuchant. Le talon de ma botte dérape sur l’une de mes flèches et je tombe durement sur les fesses. Le Cavalier s’avance, le soleil illuminant sa peau hâlée et éclairant ses iris. Il ne me lâche pas des yeux, nos regards comme prisonniers l’un de l’autre. Je relève le menton avec défi malgré ma frayeur. Mon corps tremble de peur. Guerre redresse sa lame… Mais ne m’achève pas. Il me scrute pendant un long moment – assez pour que je me demande pourquoi il hésite. Ses prunelles s’attardent sur le creux de ma gorge, et son épée vacille. Qu’est-ce qu’il fabrique ? Ma main se contracte, désireuse d’aller toucher ma gorge et sentir la cicatrice macabre qui l’orne. Les yeux de Guerre remontent vers mon visage. Il y a maintenant quelque chose de différent dans son expression, quelque chose qui me terrifie d’une tout autre façon.

— Netet wā neterwej. « Tu es celle qu’Il m’a envoyée. » Je tressaille au son de sa voix. Ses mots ne sont ni hébreux, ni arabes, ni yiddish, ni anglais. Il ne parle aucune langue que je reconnaisse… et pourtant je le comprends.

— Netet tayj hemet. « Tu es mon épouse.

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Le malaise m’étreint. La plupart des ordures ont leurs motivations, que ce soit leurs croyances, la convoitise, la recherche du pouvoir ou la préservation. Il est toujours troublant de croiser un individu qui a l’intention de faire du mal non pour arriver à ses fins, mais parce qu’il s’agit de son but ultime.

Les râles de l’homme ralentissent, puis s’arrêtent. Sa poitrine s’immobilise.

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Des histoires de villes entières, décimées. De rues parsemées d’ossements et de cimetières retournés comme des champs. Et au milieu de tout ce carnage, Guerre sur son cheval rouge sang, l’épée brandie. Je ne sais pas à quel point ces récits disent vrai – ces temps-ci, tout n’est que rumeur –, mais Jérusalem est plus silencieuse que de coutume. Quelques habitants ont même fait leurs valises.

J’aurais pu être l’une d’entre eux si j’avais eu assez d’argent pour me rendre où je souhaitais aller. Mais ce n’est pas le cas, alors, à Jérusalem je demeure.

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Je jette un coup d’œil nostalgique à ma couche. Je ne vais pas parvenir à me rendormir, aussi, autant m’atteler à ma dernière commande ou m’en aller glaner. Je balaie les murs du regard. Certains de mes produits finis – des arcs huilés et des flèches peintes – y sont accrochés, à peine visibles dans l’obscurité.

Les armes restaurées de bonne facture valent une somme rondelette de nos jours.

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