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Extrait ajouté par Zamy 2013-04-17T18:44:43+02:00

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d'usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge!

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village

Fumer la cheminée, et en quelle saison

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,

Qui m'est une province et beaucoup davantage?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux

Que des palais romains le front audacieux,

Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine:

Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,

Plus mon petit Liré que le mont Palatin,

Et plus que l'air marin la douceur angevine.

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Extrait ajouté par Biquet 2011-11-01T11:07:55+01:00

Après avoir longtemps erré sur le rivage

Après avoir longtemps erré sur le rivage

Où l'on voit lamenter tant de chétifs de cour,

Tu as atteint le bord où tout le monde court,

Fuyant de pauvreté le pénible servage.

Nous autres cependant, le long de cette plage,

En vain tendons les mains vers le nautonnier sourd,

Qui nous chasse bien loin ; car, pour le faire court,

Nous n'avons un quatrain pour payer le naulage.

Ainsi donc tu jouis du repos bienheureux,

Et comme font là-bas ces doctes amoureux,

Bien avant dans un bois te perds avec ta dame :

Tu bois le long oubli de tes travaux passés,

Sans plus penser en ceux que tu as délaissés,

Criant dessus le port ou tirant à la rame.

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Extrait ajouté par Ledesignerdu29 2019-06-15T17:29:12+02:00

France, mère des arts, des armes et des lois,

Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :

Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,

Je remplis de ton nom les antres et les bois.

Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,

Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle?

France, France, réponds à ma triste querelle.

Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.

Entre les loups cruels, j'erre parmi la plaine,

Je sens venir l'hiver, de quoi la froide haleine

D'une tremblante horreur fait hérisse ma peau.

Las, tes autres agneaux n'ont faute de pâture,

Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :

Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau."

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Extrait ajouté par Ledesignerdu29 2019-06-13T17:47:33+02:00

Seigneur, je ne saurais regarder d'un bon œil

Ces vieux Singes de la Cour, qui ne savent rien faire,

Sinon en leur marcher les princes contrefaire,

Et se vêtir, comme eux, d'un pompeux appareil."

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Extrait ajouté par mdydy 2016-04-02T15:38:32+02:00

Ton Francus, cependant a beau hausser les voiles,

Dresser le gouvernail, épier les étoiles,

Pour aller où il dût être ancré désormais

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Extrait ajouté par Julieta 2015-11-26T13:08:22+01:00

Sonnet XIII

Maintenant je pardonne à la douce fureur

Qui m'a fait consumer le meilleur de mon âge,

Sans tirer autre fruit de mon ingrat ouvrage

Que le vain passe-temps d'une si longue erreur.

Maintenant je pardonne à ce plaisant labeur,

Puisque seul il endort le souci qui m'outrage,

Et puisque seul il fait qu'au milieu de l'orage,

Ainsi qu'auparavant, je ne tremble de peur.

Si les vers ont été l'abus de ma jeunesse,

Les vers seront aussi l'appui de ma vieillesse,

S'ils furent ma folie, ils seront ma raison,

S'ils furent ma blessure, ils seront mon Achille,

S'ils furent mon venin, le scorpion utile

Qui sera de mon mal la seule guérison.

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Extrait ajouté par Julieta 2015-11-26T13:05:54+01:00

France, mère des arts, des armes et des lois,

Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle :

Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,

Je remplis de ton nom les antres et les bois.

Si tu m’as pour enfant avoué quelquefois,

Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?

France, France, réponds à ma triste querelle.

Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.

Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,

Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine

D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

Las, tes autres agneaux n’ont faute de pâture,

Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :

Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.

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Extrait ajouté par Biquet 2011-11-01T11:07:13+01:00

A son livre

Mon livre (et je ne suis sur ton aise envieux),

Tu t'en iras sans moi voir la Cour de mon Prince.

Hé, chétif que je suis, combien en gré je prinsse

Qu'un heur pareil au tien fût permis à mes yeux ?

Là si quelqu'un vers toi se montre gracieux,

Souhaite-lui qu'il vive heureux en sa province :

Mais si quelque malin obliquement te pince,

Souhaite-lui tes pleurs et mon mal ennuyeux.

Souhaite-lui encor qu'il fasse un long voyage,

Et bien qu'il ait de vue éloigné son ménage,

Que son coeur, où qu'il voise, y soit toujours présent :

Souhaite qu'il vieillisse en longue servitude,

Qu'il n'éprouve à la fin que toute ingratitude,

Et qu'on mange son bien pendant qu'il est absent.

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Extrait ajouté par Biquet 2011-11-01T11:06:36+01:00

A monsieur d'Avanson

Si je n'ai plus la faveur de la Muse,

Et si mes vers se trouvent imparfaits,

Le lieu, le temps, l'âge où je les ai faits,

Et mes ennuis leur serviront d'excuse.

J'étais à Rome au milieu de la guerre,

Sortant déjà de l'âge plus dispos,

A mes travaux cherchant quelque repos,

Non pour louange ou pour faveur acquerre.

Ainsi voit-on celui qui sur la plaine

Pique le boeuf ou travaille au rempart

Se réjouir, et d'un vers fait sans art

S'évertuer au travail de sa peine.

Celui aussi, qui dessus la galère

Fait écumer les flots à l'environ,

Ses tristes chants accorde à l'aviron,

Pour éprouver la rame plus légère.

On dit qu'Achille, en remâchant son ire,

De tels plaisirs soulait s'entretenir,

Pour adoucir le triste souvenir

De sa maîtresse, aux fredons de sa lyre.

Ainsi flattait le regret de la sienne

Perdue, hélas, pour la seconde fois,

Cil qui jadis aux rochers et aux bois

Faisait ouïr sa harpe thracienne.

La Muse ainsi me fait sur ce rivage,

Où je languis banni de ma maison,

Passer l'ennui de la triste saison,

Seule compagne à mon si long voyage.

La Muse seule au milieu des alarmes

Est assurée et ne pâlit de peur :

La Muse seule au milieu du labeur

Flatte la peine et dessèche les larmes.

D'elle je tiens le repos et la vie,

D'elle j'apprends à n'être ambitieux,

D'elle je tiens les saints présents des dieux

Et le mépris de fortune et d'envie.

Aussi sait-elle, ayant dès mon enfance

Toujours guidé le cours de mon plaisir,

Que le devoir, non l'avare désir,

Si longuement me tient loin de la France.

Je voudrais bien (car pour suivre la Muse

J'ai sur mon dos chargé la pauvreté)

Ne m'être au trac des neuf Soeurs arrêté,

Pour aller voir la source de Méduse.

Mais que ferai-je afin d'échapper d'elles ?

Leur chant flatteur a trompé mes esprits,

Et les appas auxquels elles m'ont pris

D'un doux lien ont englué mes ailes.

Non autrement que d'une douce force

D'Ulysse étaient les compagnons liés,

Et sans penser aux travaux oubliés

Aimaient le fruit qui leur servait d'amorce.

Celui qui a de l'amoureux breuvage

Goûté mal sain le poison doux-amer,

Connaît son mal, et contraint de l'aimer,

Suit le lien qui le tient en servage.

Pour ce me plaît la douce poésie,

Et le doux trait par qui je fus blessé :

Dés le berceau la Muse m'a laissé

Cet aiguillon dedans la fantaisie.

Je suis content qu'on appelle folie

De nos esprits la sainte déité,

Mais ce n'est pas sans quelque utilité

Que telle erreur si doucement nous lie.

Elle éblouit les yeux de la pensée

Pour quelquefois ne voir notre malheur,

Et d'un doux charme enchante la douleur

Dont nuit et jour noue âme est offensée.

Ainsi encor la vineuse prêtresse,

Qui de ses cris Ide va remplissant,

Ne sent le coup du thyrse la blessant,

Et je ne sens le malheur qui me presse.

Quelqu'un dira : De quoi servent ces plaintes ?

Comme de l'arbre on voit naître le fruit,

Ainsi les fruits que la douleur produit

Sont les soupirs et les larmes non feintes.

De quelque mal un chacun se lamente,

Mais les moyens de plaindre sont divers :

J'ai, quant à moi, choisi celui des vers

Pour désaigrir l'ennui qui nie tourmente.

Et c'est pourquoi d'une douce satire

Entremêlant les épines aux fleurs,

Pour ne fâcher le monde de nies pleurs,

J'apprête ici le plus souvent à rire.

Or si mes vers méritent qu'on les loue

Ou qu'on les blâme, à vous seul entre tous

Je m'en rapporte ici : car c'est à vous,

A vous, Seigneur, à qui seul je les voue :

Comme celui qui avec la sagesse

Avez conjoint le droit et l'équité,

Et qui portez de toute antiquité

Joint à vertu le titre de noblesse :

Ne dédaignant, confine était la coutume,

Le long habit, lequel vous honorez,

Comme celui qui sage n'ignorez

De combien sert le conseil et la plume.

Ce fut pourquoi ce sage et vaillant prince,

Vous honorant du nom d'ambassadeur,

Sur votre dos déchargea sa grandeur,

Pour la porter en étrange province :

Récompensant d'un état honorable

Votre service, et témoignant assez

Par le loyer de vos travaux passés

Combien lui est tel service agréable.

Qu'autant vous soit agréable mon livre,

Que de bon coeur je le vous offre ici :

Du médisant j'aurai peu de souri

Et serai sûr à tout jamais de vivre.

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Extrait ajouté par Biquet 2011-10-28T13:08:13+02:00

1

Divins esprits, dont la poudreuse cendre

Gît sous le faix de tant de murs couverts,

Non votre los, qui vif par vos beaux vers

Ne se verra sous la terre descendre,

Si des humains la voix se peut étendre

Depuis ici jusqu'au fond des enfers,

Soient à mon cri les abîmes ouverts

Tant que d'abas vous me puissiez entendre.

Trois fois cernant sous le voile des cieux

De vos tombeaux le tour dévotieux,

A haute voix trois fois je vous appelle:

J'invoque ici votre antique fureur,

En cependant que d'une sainte horreur

Je vais chantant vostre gloire plus belle.

2

Le Babylonien ses hauts murs vantera,

Et ses vergers en l'air, de son Ephesienne

La Grèce décrira la fabrique ancienne,

Et le peuple du Nil ses pointes chantera:

La même Grèce encor vanteuse publiera

De son grand Jupiter l'image Olympienne,

Le Mausole sera la gloire Carienne,

Et son vieux Labyrinth' la Crète n'oubliera.

L'antique Rhodien élèvera la gloire

De son fameux Colosse, au temple de Mémoire:

Et si quelque oeuvre encor digne se peult vanter

De marcher en ce rang, quelque plus grand faconde

Le dira: quant à moi, pour tous je veux chanter

Les sept coteaux romains, sept miracles du monde.

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