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Presque comme si penser aux Sentinelles avait fait apparaître leur chef exaspérant, Lana entendit un bruit de pas qui approchaient et huma l’odeur caractéristique du pouvoir viril à l’état brut.

C’était ridicule, mais elle continua à marcher, comme si elle pouvait ne pas prêter attention à l’homme qui la rattrapait rapidement. Elle aurait plus de chance si elle tentait de ne pas remarquer une avalanche imminente.

Pour preuve, elle sentit des doigts minces lui saisir le haut du bras, l’arrêter brusquement et la tourner pour qu’elle se retrouve face à l’expression sévère de Wolfe.

Une chaleur perfide l’envahit à son contact alors même qu’elle gardait farouchement son visage dépourvu de toute émotion. Maîtriser les réactions que suscitait cet homme en elle lui paraissait chaque jour plus difficile.

— Wolfe. (Elle arqua un sourcil.) Avez-vous besoin de quoi que ce soit ?

Le Tagos plissa les yeux jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que des fentes impitoyables. Un indice certain qu’il n’était pas content. Comme si la chaleur qui crépitait contre la peau de Lana ne suffisait pas à l’en avertir.

— Nous devons parler.

— Peut-être plus tard.

— Maintenant.

Avec une arrogance choquante même pour cet homme, Wolfe la traîna dans le couloir jusqu’à un bureau vide. Il referma la porte derrière eux et tendit le bras pour allumer une petite lampe sur une table proche.

Lana remarqua à peine la pièce bien rangée meublée d’un bureau en chêne et de deux profonds fauteuils en cuir placés près de la bibliothèque qui s’élevait du sol au plafond. Elle était bien trop occupée à foudroyer le Tagos du regard.

Elle était furieuse qu’il l’ait malmenée.

C’était pour cette raison que son cœur battait la chamade et qu’elle avait des papillons dans le creux du ventre, pas vrai ?

Ça ne pouvait pas être parce que les doigts la démangeaient de suivre les traits cuivrés qui lui rappelaient un dieu égyptien. Ou de les passer dans les cheveux foncés satinés mêlés d’une saisissante mèche argentée qui l’avait toujours fascinée.

Non.

Zut ! elle était la Mave. Elle n’avait pas le droit de considérer un homme autrement que comme un outil au service de son peuple.

Relevant le menton, elle libéra à dessein le bras qu’il continuait à agripper.

— Dois-je vous rappeler qui je suis ?

Wolfe s’avança, envahissant son espace et laissant son pouvoir l’envelopper comme une force physique.

— Si vous voulez, mais vous gâcheriez votre salive.

Elle grimaça. Wolfe adorait lui taper sur les nerfs. C’était un homme qui marchait sur le fil du rasoir. Dans tous les domaines de sa vie.

Mais il insistait rarement au-delà des barrières qu’elle avait établies avec fermeté.

— Quel est votre problème ? s’enquit-elle.

— Vous, grogna-t-il, se penchant jusqu’à ce que leurs nez se touchent. Vous êtes mon problème.

Elle le regarda fixement, stupéfaite.

— Quoi ?

— Quand est-ce que vous avez mangé pour la dernière fois ?

— Je vous demande pardon ?

— C’est une question simple.

Le souffle de Wolfe lui caressa la joue, envoyant de minuscules pointes de désir le long de sa colonne vertébrale.

C’était dangereux. Si… dangereux.

D’instinct, elle s’éloigna d’un pas de cet homme troublant et heurta du dos les boiseries luisantes.

— Je ne m’en souviens pas, murmura-t-elle.

La main posée sur le mur près de sa tête, il se pencha de nouveau sur elle.

— Moi si, grogna-t-il. C’était il y a plus de vingt-quatre heures.

Elle fronça les sourcils. L’avait-il espionnée ? À moins que son chef personnel n’ait jasé ? Aucune de ces possibilités ne la rendait heureuse.

— Comment le savez-vous ?

De façon prévisible, il ne tint aucun compte de sa question.

— Ça fait aussi quarante-huit heures que vous n’avez pas dormi.

Zut ! il l’avait espionnée.

Elle leva sa main libre pour l’appuyer sur son torse.

— Vous n’êtes pas mon père, Wolfe, dit-elle d’un ton brusque.

Il pinça les lèvres, et sa chaleur battit avec force contre sa paume tandis qu’il baissait les yeux sur l’encolure dégagée de son pull sans manches. Elle choisissait délibérément des vêtements qui dévoilaient sa marque de sorcière, laquelle miroitait d’un vif éclat émeraude. Rappeler son pouvoir à son peuple ne faisait jamais de mal.

Seul Wolfe pouvait la faire se sentir douce, féminine et sexuellement vulnérable.

— Pas une fois, depuis le temps que je vous connais, n’ai-je éprouvé de sentiments paternels à votre égard.

(Chapitre 10)

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— Très bien, marmonna-t-elle, marchant vers la porte. Vous pouvez venir, mais je parlerai à Bas seule.

L’empoignant par le bras quand elle tenta de passer devant lui, Wolfe l’attira contre son corps ferme. Avec lenteur il baissa la tête et lui parla directement à l’oreille.

— Avez-vous encore des sentiments pour lui ?

Lana frissonna, un désir aigre-doux lui nouant le ventre.

— Je suis la Mave, dit-elle, la voix rauque d’un émoi qu’elle ne parvenait pas entièrement à masquer.

Des lèvres il lui effleura la tempe, une caresse si légère qu’elle pourrait l’avoir imaginée.

— Et ?

L’espace d’une folle seconde, elle s’appuya contre sa force massive et s’imprégna du pouvoir à l’état brut qui palpitait autour de lui. Cela faisait si longtemps qu’elle ne s’était pas laissée aller à être une femme.

Tellement, tellement longtemps.

Elle trembla, des papillons plein le ventre. Zut ! elle voulait désespérément se retourner, oublier qui elle était pour pouvoir fondre entre ses bras.

Mais il n’était pas question d’oubli. Pas quand cet homme menaçait de détruire les barrières qu’elle avait érigées autour de son cœur au prix d’un immense effort.

Un sourire qui ne se refléta pas dans ses yeux plaqué sur les lèvres, elle s’écarta avec fermeté et reprit son chemin vers la porte.

— Et je n’ai pas le droit d’éprouver des sentiments pour qui que ce soit.

(Chapitre 4)

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