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Les soldats de Salamine



Description ajoutée par camillel54 2010-07-21T22:52:45+02:00

Résumé

Voilà la fiction entrée dans l'histoire ou l'histoire se jouant de la fiction. À coups d'anecdotes, de tours et de détours, de propos recueillis. Des propos, des bribes que voudraient mettre à plat et à jour un jeune journaliste. La première histoire est celle de la guerre civile espagnole, tirant à sa fin, en janvier 1939. Les troupes républicaines en déroute se replient vers la France. Dans cette retraite sonnant la triste défaite, une dernière exécution massive de soldats fascistes est organisée. Parmi eux, Rafael Sanchez Mazas, écrivain réputé, l'un des fondateurs de la Phalange. Dans la débandade générale et le brouhaha de la fusillade, il échappe aux tirs croisés, se réfugie dans la forêt. Un milicien à ses trousses le retrouve réfugié dans un trou, le regarde, longuement, l'observe puis hurle : "Par ici, il n'y a personne" et s'en retourne. Mazas survivra plusieurs jours dans la forêt, se nourrissant de ce que lui donnaient les fermiers alentour. Échapper à la mort deux fois suffit pour construire une légende. Quelque soixante ans plus tard, intrigué par ce regard échangé entre ces deux hommes, le journaliste entreprend donc de reformer un puzzle éclaté. À travers ce récit, voilà la guerre civile qui remonte, avec ses lâchetés de part et d'autre. Mais, au-delà de la restitution historique, fresque formidable à la hauteur de L'Espoir de Malraux, Les Soldats de Salamine est un remarquable exercice romanesque, qui voit le narrateur se battre avec son texte, hésiter, reprendre, lutter avec ses incertitudes, ses moments de déprime, ses instants de soulagement, ses difficultés à tenir son lecteur en haleine. C'est donc tout le processus de création qui est en cause ici, avec l'air de ne pas y toucher, et qui fait de ce texte une œuvre originale, divertissante sinon ludique et puissante.

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Classement en biblio - 34 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par ilovelire 2016-01-30T22:00:16+01:00

Conchi adorait sortir avec un journaliste (un intellectuel, disait-elle) et, bien que je sois persuadé qu’elle n’a jamais achevé un seul de mes articles (si ce n’est quelques-uns très courts), elle feignait toujours de les lire et, à la place d’honneur de son salon, de part et d’autre d’une image de la Vierge de Guadalupe installée sur un socle, elle avait disposé un exemplaire de chacun de mes livres soigneusement recouverts d’un plastique transparent. “C’est mon fiancé”, l’imaginais-je dire à ses amies semi-analphabètes avec un air de supériorité chaque fois que l’une d’elles franchissait le seuil de sa maison. Quand je fis sa connaissance, Conchi venait de se séparer d’un Équatorien appelé Deux-Partout González, dont le surnom lui avait apparemment été donné par son père en souvenir d’un match de football où son équipe fétiche remporta pour la première et la dernière fois le championnat de son pays. Pour oublier Deux-Partout – qu’elle avait rencontré dans un club de gym en s’adonnant au culturisme, et que dans les bons moments elle appelait affectueusement Match-Nul et, dans les mauvais, le Cerveau, le Cerveau González, parce qu’elle ne le trouvait pas très intelligent –, Conchi avait emménagé à Quart, un village voisin, où elle avait loué pour une somme modique une bâtisse biscornue, presque au cœur de la forêt. De manière subtile, mais constante, j’insistais pour qu’elle revînt en ville ; mon insistance s’appuyait sur deux arguments, l’un explicite et l’autre implicite, l’un officiel et l’autre officieux. L’argument officiel faisait valoir que cette maison isolée était un danger pour elle, mais le jour où deux individus essayèrent de l’attaquer, Conchi, qui pour leur plus grand malheur s’y trouvait, finit par les pourchasser à coups de pierre à travers la forêt et il me fallut bien admettre que cette maison était un danger pour quiconque s’aventurait à la prendre d’assaut. L’argument officieux était que, puisque je ne savais pas conduire, chaque fois que nous allions de chez moi à chez elle ou de chez elle à chez moi, nous devions le faire dans la Volkswagen de Conchi, une guimbarde si vieille qu’elle aurait bien pu mériter l’attention du préhistorien Pericot, et que Conchi conduisait toujours comme s’il était encore temps d’éviter à sa maison un assaut imminent et comme si toutes les voitures qui circulaient autour de nous étaient occupées par une armée de délinquants. Pour toutes ces raisons, chaque déplacement dans la voiture de mon amie qui, de plus, adorait conduire, impliquait un risque que je n’étais disposé à courir que dans des circonstances très exceptionnelles ; et il faut croire qu’elles s’étaient déjà souvent présentées, tout du moins au début, car j’avais alors risqué déjà pas mal de fois ma peau dans sa Volkswagen en allant de chez elle à chez moi et de chez moi à chez elle. D’ailleurs, et je crains ne pas avoir été très disposé à le reconnaître, je crois que Conchi me plaisait beaucoup (plus, de toute façon, que ma collègue du journal et que la fille du Pan’s and Company ; moins, peut-être, que mon ex-femme), au point, quoi qu’il en soit, de me laisser convaincre de passer avec elle, pour fêter les neuf mois écoulés depuis notre rencontre, deux semaines à Cancún, un endroit que j’imaginais véritablement épouvantable, mais que le plaisir d’être aux côtés de Conchi et son épatante gaieté rendraient – espérais-je – pour le moins supportable. Ainsi, l’après-midi où je réussis enfin à avoir un rendez-vous avec Figueras, mes valises étaient déjà prêtes et mon cœur impatient d’entreprendre un voyage que je considérais par moments (mais seulement par moments) comme téméraire.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Lola38000 2019-01-11T14:27:31+01:00
Argent

Un peu déçue par ce livre, je m attendais à plus de faits historiques.. je n ai,pas accroché.. Néanmoins il reste un bon petit roman qui se lit facilement...Fiction qui s'accroche à des faits historiques réels

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Commentaire ajouté par nilale 2018-05-22T15:24:20+02:00
Argent

tout ce qui a trait à la guerre civile espagnole m'intéresse, ce qui peut expliquer pourquoi j'ai décidé de lire pendant les vacances un récit de faits réels sur un des créateurs de la Phalange espagnole, sujet qui n'est pas logiquement le premier qui me viendrait à l'idée.

En lisant ce récit composé de témoignages sur une telle époque, j'ai essayé de laisser de côté mon ressenti sur ce que la Phalange et le régime franquiste avaient fait subir à l'Espagne pour en apprendre plus sur Sanchez Mazas, mais aussi sur toutes ces personnes que le narrateur a interrogé et qui sont bien plus que des témoins d'un bout de l'histoire de Sanchez Mazas. Il s'agit d'une expérience de lecture assez étrange puisque la similitude entre le narrateur et l'écrivain sont très fortes, ce qui ne veut pas dire qu'ils sont exactement la même personne. L'auteur a fourni beaucoup d'efforts pour réussir à trouver tous ces témoignages, le plus surprenant et inattendu étant bien sûr le dernier.

Bien que le personnage principal soit Sanchez Mazas, il serait réducteur de penser que ce livre n'est qu'une biographie de plus. C'est également un livre historique où un autre regard est porté sur les événements arrivés pendant cette guerre, sur les origines de cette guerre et sur le révisionnisme. Faisant des études d'espagnol j'ai été très intéressée par ce thème si problématique qu'est la mémoire historique en Espagne depuis que Franco a commencé sa dictature en 1939 et encore après, au moment de la Transition, depuis sa mort en 1975. L'auteur apporte à son récit beaucoup de conversations inspirantes, notamment avec l'écrivain Roberto Bolaño. Il transmet une certaine conception de ce qu'est un héros, transforme notre opinion préconçue sur le lien entre la Phalange et Franco, sur les motivations de Sanchez Mazas quand il fonda ce mouvement. Le début n'était pas la partie la plus intéressante du livre, mais mon intérêt a grandi à mesure qu'avançait l'intrigue et qu'on en découvrait un peu plus sur cette histoire étrange où Sanchez Mazas réussit à s'échapper pendant son exécution ratée.

Je pense qu'il s'agit d'un livre très important pour la démocratie espagnole et y compris en général, pour prendre de la distance avec certaines actualités. C'est une oeuvre extrêmement recherchée et qui offre plus qu'on ne pouvait s'y attendre en lisant le résumé, l'intrigue partant dans plusieurs directions (y compris dans celle française, c'était... intéressant).

Et le lire en espagnol ? l'auteur a un style très fouillé, rempli d'un vocabulaire recherché et de synonymes qu'on ne connaît pas forcément quand on débute dans la langue voire peut-être même avec certains mots plus catalans que castillans. Même sans connaître certains mots on comprend facilement le sens, à chacun de voir s'il se sent de commencer ce (court) livre, accessible à partir d'un niveau B2.

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Commentaire ajouté par fabricegrossi 2017-08-29T09:49:51+02:00
Diamant

Une fois de plus, Cercas nous livre par le biais du récit de son écriture les grands questionnements qui travaillent et construisent son pays. Il remue la question du sens de la guerre civile, la question de la nécessité du héros, auquel son récit semble aspirer pour se conclure. Mais devant Miralles, qui pourrait incarner le héros dans toute sa splendeur, le récit prend tout son sens, loin de celui qu'il semblait rechercher, loin de la compréhension : à l'image de la réponse à la question qui hante le roman à propos du soldat républicain au moment où il épargne Rafael sanchez Mazas : "Que croyez-vous qu'il ait pensé ? Rien. Rien ? Rien." La question n'est pas de comprendre, l'auteur semble avoir réglé cette question, la question est celle de l'oubli des héros, c'est-à-dire ceux qui sont morts dans l'indifférence de leur pays et qui n'ont personne pour porter leur mémoire, personne à qui se raccrocher pour continuer à exister. Miralles, toujours vivant, porte la mémoire de ces héros, compagnons de guerre, il livrera à Cercas ce rôle de porteur de mémoire.

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Commentaire ajouté par Biquet 2014-02-24T14:00:53+01:00
Diamant

Como en la primera novela de Cercas que leí hace poco, "Velocidad de la Luz" publicada en 2005, esa novela de 2001 parece ser un reportaje, una investigación puntillosa pero no lo es. Tampoco es un historia de ficción pura aunque haya personages de ficción. Otro rasgo común con su otra obra es que ella empieza describiendo la gestación del libro y que el escritor se pone en escena. Tan me asombró la estructura del primer libro de Cercas que leí que lo dejé un mes antés de volver a leerlo. Acostumbrado al estilo del escritor, no fue el caso aquí.

Y como en el otro libro referido arriba, el título es bastante críptico y no es obvio entenderlo. ¿Quien se acuerda de los apellidos de los soldados de la flota naval del imperio persa que enfrentó a los griegos a la batalla de Salamina cerca de Atenas en el 480 a. C? Al revés cada uno sea perito sea aficionado a la antiguedad griega puede hablar de esta batalla que marcó un punto de inflexión en el curso de las Guerras Médicas, pues despues las ciudades griegas tomaron la iniciativa y pasaron a la ofensiva. Pienso que Cercas hace un paralelo entre los vencidos de Salamina y aquellos de la guerra civil española: los soldados heróicos murieron desconocidos solo sigue viviendo la fama de la batalla. Los heroes son los muertos desconocidos y los que sobrevivieron sólo son sobrevivientes.

El libro se articula en tres capítulos bastante independientes y también con títulos metafóricos.

• Primera parte: "Los amigos del bosque" donde reconstitue la vida de un tal Rafael Sanchez Mazas durante el final de la guerra civil de España. Esto se hice por medio de relatos presumidos de testigos oculares. Apunte que el señor Sanchez Mazas es un personaje real y que con José Antonio Primo de Rivera fue un de los fundadores de la falange española.

• Segunda parte: "Los soldados de Salamina". Aquí es el texto que según un testimonio de "Los amigos del bosque", Mazas hubiera prometido escribir. En forma de autobiografía, este señor narra el fusilamento de donde escapó vivo por increíble que sea.

• Tercera parte: "Cita en Stockton" El periodista, protagonista central de la novela, se va a Dijon en Francia en busca de un tal Antoño Miralles. Puede ser el soldado republicano que al huirse hacia Francia no mató a Mazas cerca de Gerona. El título refiere a una ciudad de la película negra y sórdida "Fat City" de John Huston. Esta metáfora me sigue siendo bastante incomprensible.

Como astucia, para intuir que reproduzca palabras de verdaderos testigos, el escritor repite muchas veces perifrasis supuestas dichas por ellos. "el uniforme de campaña profuso de hebillas y raído de intemperie" es una de las que se ve con frecuencia. Otra técnica para fingir el testimonio es el tamaño de sus frases. A veces ellas cubren media sino una oja completa. Volver a leerla es a menudo la unica opción para entenderla. En este característica Cercas se aparenta a su amigo el escritor chileno Roberto Bolaño que también aparece como protagonista en la novela.

Este libro me reveló algunos sucesos de la guerra de España como los fusilamientos por los republicanos, que muchos soldados de la Francia Libre, los de la II° DB, eran españoles, etc... Una cultura que puede integrar en una novela de ficción acontecimientos históricos reales es una cultura que assume su pasado en sus buenos y malos aspectos. Este libro no es la prueba última de este racionamiento pero contribuye en probarlo. Cercas no deturpa la realdad histórica de la guerra sino introduce acontecimientos y personajes minores de ficción. Es decir que al mimo tiempo hace obra de periodista historiador y de escritor de ficción.

Por supuesto voy a leer otros libros de Cercas.

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Commentaire ajouté par Rika 2013-02-03T22:55:42+01:00
Or

La guerre d'Espagne dans toute sa splendeur. Ecrit comme un journal d'investigation, l'auteur nous plonge dans ses recherches sur cette période qui a gravement marqué l'Espagne. On se demande toujours pourquoi le résistant a laissé la vie sauve au franquiste.

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Date de sortie

Les soldats de Salamine

  • France : 2002-06-30 - Poche (Français)

Activité récente

Les chiffres

Lecteurs 34
Commentaires 5
Extraits 5
Evaluations 5
Note globale 7.6 / 10

Évaluations

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