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Extrait ajouté par ilovelire 2016-01-30T22:00:16+01:00

Conchi adorait sortir avec un journaliste (un intellectuel, disait-elle) et, bien que je sois persuadé qu’elle n’a jamais achevé un seul de mes articles (si ce n’est quelques-uns très courts), elle feignait toujours de les lire et, à la place d’honneur de son salon, de part et d’autre d’une image de la Vierge de Guadalupe installée sur un socle, elle avait disposé un exemplaire de chacun de mes livres soigneusement recouverts d’un plastique transparent. “C’est mon fiancé”, l’imaginais-je dire à ses amies semi-analphabètes avec un air de supériorité chaque fois que l’une d’elles franchissait le seuil de sa maison. Quand je fis sa connaissance, Conchi venait de se séparer d’un Équatorien appelé Deux-Partout González, dont le surnom lui avait apparemment été donné par son père en souvenir d’un match de football où son équipe fétiche remporta pour la première et la dernière fois le championnat de son pays. Pour oublier Deux-Partout – qu’elle avait rencontré dans un club de gym en s’adonnant au culturisme, et que dans les bons moments elle appelait affectueusement Match-Nul et, dans les mauvais, le Cerveau, le Cerveau González, parce qu’elle ne le trouvait pas très intelligent –, Conchi avait emménagé à Quart, un village voisin, où elle avait loué pour une somme modique une bâtisse biscornue, presque au cœur de la forêt. De manière subtile, mais constante, j’insistais pour qu’elle revînt en ville ; mon insistance s’appuyait sur deux arguments, l’un explicite et l’autre implicite, l’un officiel et l’autre officieux. L’argument officiel faisait valoir que cette maison isolée était un danger pour elle, mais le jour où deux individus essayèrent de l’attaquer, Conchi, qui pour leur plus grand malheur s’y trouvait, finit par les pourchasser à coups de pierre à travers la forêt et il me fallut bien admettre que cette maison était un danger pour quiconque s’aventurait à la prendre d’assaut. L’argument officieux était que, puisque je ne savais pas conduire, chaque fois que nous allions de chez moi à chez elle ou de chez elle à chez moi, nous devions le faire dans la Volkswagen de Conchi, une guimbarde si vieille qu’elle aurait bien pu mériter l’attention du préhistorien Pericot, et que Conchi conduisait toujours comme s’il était encore temps d’éviter à sa maison un assaut imminent et comme si toutes les voitures qui circulaient autour de nous étaient occupées par une armée de délinquants. Pour toutes ces raisons, chaque déplacement dans la voiture de mon amie qui, de plus, adorait conduire, impliquait un risque que je n’étais disposé à courir que dans des circonstances très exceptionnelles ; et il faut croire qu’elles s’étaient déjà souvent présentées, tout du moins au début, car j’avais alors risqué déjà pas mal de fois ma peau dans sa Volkswagen en allant de chez elle à chez moi et de chez moi à chez elle. D’ailleurs, et je crains ne pas avoir été très disposé à le reconnaître, je crois que Conchi me plaisait beaucoup (plus, de toute façon, que ma collègue du journal et que la fille du Pan’s and Company ; moins, peut-être, que mon ex-femme), au point, quoi qu’il en soit, de me laisser convaincre de passer avec elle, pour fêter les neuf mois écoulés depuis notre rencontre, deux semaines à Cancún, un endroit que j’imaginais véritablement épouvantable, mais que le plaisir d’être aux côtés de Conchi et son épatante gaieté rendraient – espérais-je – pour le moins supportable. Ainsi, l’après-midi où je réussis enfin à avoir un rendez-vous avec Figueras, mes valises étaient déjà prêtes et mon cœur impatient d’entreprendre un voyage que je considérais par moments (mais seulement par moments) comme téméraire.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-01-30T21:59:01+01:00

Il s’écoula encore plusieurs mois avant que je ne réussisse à parler avec Jaume Figueras. Après avoir laissé sur son téléphone portable plusieurs messages restés sans réponse, j’avais déjà pratiquement écarté la possibilité d’entrer en contact avec lui et je pensais que soit Figueras n’était qu’une illustration de la vigoureuse imagination d’Aguirre, soit, tout simplement, qu’il n’avait pas envie, pour des raisons que j’ignorais, mais qui n’étaient pas difficiles à imaginer, d’évoquer pour quiconque l’aventure de guerre de son père. Il est étrange (ou, du moins, c’est l’impression que j’ai aujourd’hui) que, depuis que le récit de Ferlosio avait éveillé ma curiosité, il ne me soit jamais venu à l’esprit que certains des protagonistes de l’histoire pussent encore être en vie, comme si cet événement ne s’était pas produit quelque soixante ans auparavant, mais qu’il fût aussi lointain que la bataille de Salamine.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-01-30T21:58:50+01:00

Dans les jours qui suivirent, j’attendis avec impatience l’appel de Figueras, qui ne venait pas. De nouveau, je le rappelai, lui laissai un message, attendis. Entre-temps, je lus Je fus assassiné par les rouges, le livre de Pascual Aguilar. C’était un rappel effrayant des horreurs commises par l’arrière-garde républicaine, un de plus au nombre de tous ceux qui parurent en Espagne à la fin de la guerre, sauf que celui-ci avait été publié en septembre 1981. La date n’est pas fortuite, je le crains, car il faut lire ce récit comme une sorte de justification des putschistes d’opérette du 23 février de cette même année (à plusieurs reprises, Pascual cite une phrase révélatrice que José Primo de Rivera répétait comme si elle était sienne : “C’est toujours un peloton de soldats qui, au dernier moment, sauve la civilisation”) et comme un avertissement face aux catastrophes menaçantes de l’imminente arrivée au pouvoir du parti socialiste et de la fin symbolique de la Transition. Si surprenant que cela puisse paraître, ce livre est très bon. Pascual, dont la conviction de camisa vieja{3} phalangiste n’avait pas le moins du monde été érodée en dépit des années et des changements advenus en Espagne, raconte avec aisance ses péripéties de guerre, depuis le moment où le soulèvement militaire le surprend en vacances dans un village proche de Teruel, en zone républicaine, jusque peu après l’exécution du Collell – un événement auquel il consacre de nombreuses pages avec un soin acharné du détail, faisant de même pour les jours qui le précèdent et le suivent. Pendant la guerre, il mena une vie rappelant à la fois Le Mouron Rouge et Henry de Lagardère (d’abord comme membre actif et ensuite comme dirigeant d’un groupe de la cinquième colonne barcelonaise), il est ensuite incarcéré pendant un moment dans la tchéka de Vallmajor avant d’être libéré par l’armée de Franco. Le livre de Pascual était une édition à compte d’auteur ; à plusieurs reprises, il y fait mention de Sánchez Mazas, avec qui il passa les heures précédant l’exécution. Je suivis la suggestion d’Aguirre et lus également Trapiello. Dans l’un de ses livres je découvris que lui aussi racontait l’histoire de l’exécution de Sánchez Mazas, et en des termes quasi identiques à ceux employés par Ferlosio, à cette différence près que, tout comme moi dans mon article ou récit réel, il ne mentionnait pas davantage “les amis de la forêt”. Cette similitude extrêmement frappante entre le récit de Trapiello et le mien me surprit. Je pensai que Trapiello l’avait peut-être entendu de Ferlosio lui-même (ou d’un des autres fils ou de la femme de Sánchez Mazas) et j’imaginai qu’à force d’avoir été si souvent racontée par Sánchez Mazas à sa famille cette histoire avait acquis pour elle un caractère presque proverbial, comme ces blagues parfaites auxquelles on ne peut retirer un seul mot sans en annuler l’effet.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-01-30T21:58:33+01:00

Ce fut la première fois que j’entendis raconter cette histoire, et en ces termes. Quant à l’interview avec Ferlosio, je réussis finalement à la sauver ou peut-être l’inventai-je : pour autant que je m’en souvienne, je n’y fis pas une seule fois allusion à la bataille de Salamine (mais bien à la distinction entre personnages de destin et personnages de caractère), ni au bon usage de la varlope (mais bien aux fastes du cinquième centenaire de la découverte de l’Amérique). Il n’y est pas non plus fait mention de l’exécution du Collell ni de Sánchez Mazas. De la fusillade, je ne savais que ce que je venais d’entendre de la bouche de Ferlosio ; de son père, je n’en savais guère plus : à cette époque, je n’avais pas lu une seule ligne de Sánchez Mazas et il n’était pour moi qu’un nom brumeux parmi tant d’autres noms d’hommes politiques et d’écrivains phalangistes que ces dernières années de l’histoire espagnole s’étaient empressées d’enterrer, comme si les fossoyeurs avaient craint qu’ils ne fussent pas complètement morts.

Morts, en effet, ils ne l’étaient pas ; ou du moins pas complètement. Comme l’histoire de l’exécution de Sánchez Mazas au Collell et les circonstances qui l’entouraient m’avaient beaucoup impressionné, après mon interview avec Ferlosio je commençai à éprouver de la curiosité pour Sánchez Mazas, autant que pour la guerre civile (sur laquelle je n’en savais alors pas davantage que sur la bataille de Salamine ou sur le bon usage de la varlope) et pour les histoires extraordinaires qu’elle avait engendrées et qui depuis toujours me paraissaient des excuses à la nostalgie des vieux et du carburant pour l’imagination des romanciers sans imagination. Par hasard (ou pas autant qu’il y paraît), il était alors devenu de bon ton chez les écrivains espagnols de défendre des écrivains phalangistes. En réalité, cette pratique était plus ancienne. Elle datait du milieu des années quatre-vingt, quand certaines maisons d’édition aussi distinguées qu’influentes publièrent quelque volume de quelque phalangiste distingué et oublié, mais, au moment où je commençai à m’intéresser à Sánchez Mazas, dans certains cercles littéraires on défendait déjà non seulement les bons écrivains phalangistes, mais aussi les médiocres, voire les mauvais. Quelques ingénus, tout comme quelques gardiens de l’orthodoxie de gauche, ainsi que d’autres sots, déclarèrent sur un ton dénonciateur que défendre un écrivain phalangiste c’était défendre (ou préparer le terrain pour défendre) le phalangisme. C’était tout le contraire : défendre un écrivain phalangiste équivalait à défendre un écrivain ; ou, plus précisément, à se défendre soi-même en tant qu’écrivain défenseur d’un bon écrivain. Je veux dire par là que cette mode surgit, dans le meilleur des cas (du pire, mieux vaut ne pas parler), du besoin naturel que tout écrivain éprouve de s’inventer sa propre tradition, d’un certain penchant pour la provocation, de la certitude problématique que la littérature et la vie font deux et que par conséquent on peut être à la fois un bon écrivain et une personne exécrable (ou une personne qui soutient et fomente des causes exécrables), de la conviction donc qu’il y a une injustice littéraire envers certains écrivains phalangistes qui, pour reprendre la formule forgée par Andrés Trapiello, avaient gagné la guerre, mais perdu leur place dans l’histoire de la littérature. Quoi qu’il en soit, Sánchez Mazas n’échappa point à cette exhumation collective : en 1986, on publia pour la première fois son œuvre poétique complète ; en 1995, on réédita dans une collection très populaire son roman La Nouvelle Vie de Pedrito de Andía ; en 1996, on réédita aussi Rosa Krüger, un autre de ses romans, resté, en fait, inédit jusqu’en 1984. Je lus alors tous ces livres. Je les lus avec curiosité, avec délectation même, mais sans enthousiasme ; je n’eus pas besoin de beaucoup les fréquenter pour en déduire que Sánchez Mazas était un bon et non un grand écrivain, mais il est très probable que je n’aurais su expliquer clairement ce qui distingue un grand d’un bon écrivain. Je me souviens que, dans les mois ou les années qui suivirent, je glanais aussi, au hasard de mes lectures, des informations sur Sánchez Mazas et même quelques allusions, très sommaires et imprécises, à l’épisode du Collell.

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Extrait ajouté par camillel54 2010-07-21T22:52:59+02:00

C’est à l’été 1994, voilà maintenant plus de six ans, que j’entendis pour la première fois parler de l’exécution de Rafael Sánchez Mazas. Trois choses venaient alors tout juste de m’arriver : la première fut la mort de mon père, la deuxième, le départ de ma femme, la troisième, l’abandon de ma carrière d’écrivain. Mensonge. La vérité, c’est que, de ces trois choses, les deux premières sont on ne peut plus exactes ; contrairement à la troisième. En réalité, ma carrière d’écrivain n’avait jamais véritablement démarré, si bien qu’il m’aurait été difficile de l’abandonner. Il serait plus juste de dire qu’à peine entamée je l’avais abandonnée. En 1989, j’avais publié mon premier roman. Tout comme le recueil de nouvelles paru deux ans auparavant, le livre fut accueilli dans une indifférence notoire, mais ma vanité et le compte rendu élogieux d’un ami de l’époque s’allièrent pour me convaincre que je pouvais devenir romancier et que, pour ce faire, il valait mieux quitter mon travail à la rédaction du journal afin de me consacrer pleinement à l’écriture. Le résultat de ce changement de vie fut cinq ans d’angoisse économique, physique et métaphysique, trois romans inachevés et une épouvantable dépression qui me cloua pendant deux mois dans un fauteuil, devant la télévision. Fatiguée de payer les factures, y compris celle des funérailles de mon père, et de me voir pleurer devant le poste éteint, ma femme me quitta alors que je commençai à peine à reprendre le dessus et, ainsi, je n’eus d’autre remède que d’oublier pour toujours mes ambitions littéraires et de demander ma réintégration au journal. Je venais d’avoir quarante ans mais par bonheur — soit parce que je ne suis pas un bon écrivain, sans être un mauvais journaliste pour autant, soit, plus probablement, parce qu’à la rédaction personne n’était disposé à faire mon travail pour un salaire aussi modique que le mien — on accepta ma demande. On m’affecta aux pages culturelles, là où on affecte ceux qu’on ne sait où affecter. Au début, et dans l’intention non avouée mais évidente de punir ma déloyauté — vu que, pour certains journalistes, un collègue qui renonce au journalisme pour passer au roman n’est ni plus ni moins qu’un traître — on m’obligea à faire de tout sauf à aller au bar du coin chercher le café du directeur et seuls quelques rares collègues s’abstinrent de sarcasmes ou de piques à mes dépens. Le temps devait atténuer mon infidélité : je me mis très vite à rédiger des billets, à écrire des articles, à faire des interviews. Ce fut ainsi qu’en juin 1994 j’interviewai Rafael Sánchez Ferlosio, qui donnait alors un cycle de conférences à l’université. Je savais que Ferlosio était extrêmement réticent à parler avec les journalistes mais, grâce à un ami (ou plutôt à une amie de cet ami qui avait organisé le séjour de Ferlosio dans la ville), je réussis à lui faire accepter de discuter un moment avec moi. Il serait en effet excessif d’appeler cela une interview ; si c’en était bel et bien une, elle serait la plus bizarre que j’aie jamais faite de ma vie. Ferlosio commença par apparaître à la terrasse du Bistrot, entouré d’un nuage d’amis, de disciples, d’admirateurs et de thuriféraires ; ces circonstances, liées à la négligence de son vêtement et à un physique qui mêlait inextricablement une allure d’aristocrate castillan honteux de l’être à celle d’un vieux guerrier oriental — la tête puissante, les cheveux poivre et sel ébouriffés, le visage dur, émacié et ingrat, le nez sémite et la barbe ombrant les pommettes —, invitaient tout observateur non averti à le prendre pour un gourou au milieu de ses adeptes. Qui plus est, Ferlosio refusa net de répondre à une seule de mes questions, alléguant que dans ses livres il avait déjà donné les meilleures réponses dont il fût capable. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne voulait pas parler avec moi, au contraire : comme s’il cherchait à démentir sa réputation d’homme bourru (mais peut-être que celle-ci manquait de fondement), il fut on ne peut plus cordial, si bien qu’en discutant nous ne vîmes pas passer l’après-midi. L’ennui, c’est que si j’essayais pour ma part de sauver mon interview en lui demandant son opinion (disons) sur la différence entre personnages de caractère et personnages de destin, lui s’en tirait en me répondant par une digression (disons) sur les causes de la défaite de la flotte perse lors de la bataille de Salamine ; de même, quand je tentais de lui extirper une opinion (disons) sur les fastes du cinquième centenaire de la conquête de l’Amérique, lui me donnait une réponse qu’illustraient force gestes et détails, relative au (disons) bon usage de la varlope. La discussion se solda par un épuisant chassé-croisé et ce ne fut qu’à la dernière bière de cet après-midi-là que Ferlosio raconta l’histoire de l’exécution de son père, cette histoire qui m’a tenu en haleine durant ces deux dernières années. Je ne me souviens ni par qui ni comment le nom de Rafael Sánchez Mazas fut mentionné (peut-être par l’un des amis de Ferlosio, peut-être par Ferlosio lui-même). Je me souviens pourtant que Ferlosio raconta ceci : – On l’a exécuté tout près d’ici, dans le sanctuaire du Collell. Il me regarda. — Y êtes-vous déjà allé ? Moi non plus, mais je sais que c’est à côté de Banyoles. C’était à la fin de la guerre. Le 18 juillet l’avait surpris à Madrid et il avait dû se réfugier à l’ambassade du Chili, où il a passé plus d’un an. Vers la fin de 1937, il s’en est enfui pour quitter Madrid, camouflé dans un camion, peut-être avec l’intention de rejoindre la France. Mais il a été arrêté à Barcelone et, tandis que les troupes de Franco entraient dans la ville, on l’a emmené au Collell, tout près de la frontière. C’est là qu’il a été exécuté. Il s’agissait d’une exécution massive, probablement chaotique, puisque la guerre était déjà perdue et que les républicains fuyaient à la débandade par les Pyrénées, aussi, je ne crois pas qu’ils aient su qu’ils étaient en train d’exécuter l’un des fondateurs de la Phalange, qui plus est ami personnel de José Antonio Primo de Rivera. Mon père conservait à la maison la pelisse et le pantalon qu’il portait au moment de la fusillade, il me les a souvent montrés, il est possible qu’ils y traînent encore ; le pantalon était troué parce que les balles ne l’avaient que frôlé et il avait profité de la confusion du moment pour courir se cacher dans la forêt. De là, réfugié dans un trou, il entendait les chiens aboyer et les tirs et les voix des miliciens à ses trousses qui savaient qu’ils ne pouvaient perdre trop de temps à le rechercher, car les franquistes les talonnaient. A un moment donné, mon père a entendu dans son dos un bruit de branches, il s’est retourné et a vu un milicien qui le regardait. C’est alors que quelqu’un a crié : "Il est par là ?" Mon père racontait que le milicien était resté à le regarder quelques secondes et qu’ensuite, sans le quitter des yeux, il avait crié : "Par ici, il n’y a personne !", puis il avait fait demi-tour et était parti.

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