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Extrait ajouté par bookbeach95 2012-07-24T12:14:33+02:00

LES CONQUÉRANTS

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,

Fatigués de porter leurs misères hautaines,

De Palos de Moguer, routiers et capitaines

Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal

Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,

Et les vents alizés inclinaient leurs antennes

Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,

L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques

Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,

Ils regardaient monter en un ciel ignoré

Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

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Extrait ajouté par bookbeach95 2012-07-24T12:11:47+02:00

POUR LE VAISSEAU DE VIRGILE

Que vos astres plus clairs gardent mieux du danger,

Dioscures brillants, divins frères d'Hélène,

Le poète latin qui veut, au ciel hellène,

Voir les Cyclades d'or de l'azur émerger.

Que des souffles de l'air, de tous le plus léger,

Que le doux Iapyx, redoublant son haleine,

D'une brise embaumée enfle la voile pleine

Et pousse le navire au rivage étranger.

À travers l'Archipel où le dauphin se joue,

Guidez heureusement le chanteur de Mantoue ;

Prêtez-lui, fils du Cygne, un fraternel rayon.

La moitié de mon âme est dans la nef fragile

Qui, sur la mer sacrée où chantait Arion,

Vers la terre des Dieux porte le grand Virgile.

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Extrait ajouté par bookbeach95 2012-07-24T12:09:06+02:00

Jadis plus d'un amant, aux jardins de Bourgueil,

A gravé plus d'un nom dans l'écorce qu'il ouvre,

Et plus d'un coeur, sous l'or des hauts plafonds du Louvre,

A l'éclair d'un sourire a tressailli d'orgueil.

Qu'importe ? Rien n'a dit leur ivresse ou leur deuil.

Ils gisent tout entiers entre quatre ais de rouvre

Et nul n'a disputé, sous l'herbe qui les couvre,

Leur inerte poussière à l'oubli du cercueil.

Tout meurt. Marie, Hélène et toi, fière Cassandre,

Vos beaux corps ne seraient qu'une insensible cendre

- Les roses et les lys n'ont pas de lendemain -

Si Ronsard, sur la Seine ou sur la blonde Loire,

N'eût tressé pour vos fronts, d'une immortelle main,

Aux myrtes de l'Amour le laurier de la Gloire.

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Extrait ajouté par Biquet 2011-11-01T11:37:01+01:00

Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit,

Dorent l'âpre sommet que le couchant allume ;

Au loin, brillante encor par sa barre d'écume,

La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds c'est la nuit, le silence. Le nid

Se tait, l'homme est rentré sous le chaume qui fume.

Seul, l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,

A la vaste rumeur de l'Océan s'unit.

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,

Des landes, des ravins, montent des voix lointaines

De pâtres attardés ramenant le bétail.

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,

Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,

Ferme les branches d'or de son rouge éventail.

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Extrait ajouté par bookbeach95 2012-07-24T12:12:23+02:00

À UN TRIOMPHATEUR

Fais sculpter sur ton arc, Imperator illustre,

Des files de guerriers barbares, de vieux chefs

Sous le joug, des tronçons d'armures et de nefs,

Et la flotte captive et le rostre et l'aplustre.

Quel que tu sois, issu d'Ancus ou né d'un rustre,

Tes noms, famille, honneurs et titres, longs ou brefs,

Grave-les dans la frise et dans les bas-reliefs

Profondément, de peur que l'avenir te frustre.

Déjà le Temps brandit l'arme fatale. As-tu

L'espoir d'éterniser le bruit de ta vertu ?

Un vil lierre suffit à disjoindre un trophée ;

Et seul, aux blocs épars des marbres triomphaux

Où ta gloire en ruine est par l'herbe étouffée,

Quelque faucheur Samnite ébréchera sa faulx.

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Extrait ajouté par bookbeach95 2012-07-24T12:10:50+02:00

NÉMÉE

Depuis que le Dompteur entra dans la forêt

En suivant sur le sol la formidable empreinte,

Seul, un rugissement a trahi leur étreinte.

Tout s'est tu. Le soleil s'abîme et disparaît.

À travers le hallier, la ronce et le guéret,

Le pâtre épouvanté qui s'enfuit vers Tirynthe

Se tourne, et voit d'un œil élargi par la crainte

Surgir au bord des bois le grand fauve en arrêt.

Il s'écrie. Il a vu la terreur de Némée

Qui sur le ciel sanglant ouvre sa gueule armée,

Et la crinière éparse et les sinistres crocs ;

Car l'ombre grandissante avec le crépuscule

Fait, sous l'horrible peau qui flotte autour d'Hercule,

Mêlant l'homme à la bête, un monstrueux héros.

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Extrait ajouté par Biquet 2011-11-01T11:38:22+01:00

Le récif de corail

Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore,

Éclaire la forêt des coraux abyssins

Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins,

La bête épanouie et la vivante flore.

Et tout ce que le sel ou l'iode colore,

Mousse, algue chevelue, anémones, oursins,

Couvre de pourpre sombre, en somptueux dessins,

Le fond vermiculé du pâle madrépore.

De sa splendide écaille éteignant les émaux,

Un grand poisson navigue à travers les rameaux ;

Dans l'ombre transparente indolemment il rôde ;

Et, brusquement, d'un coup de sa nageoire en feu

Il fait, par le cristal morne, immobile et bleu,

Courir un frisson d'or, de nacre et d'émeraude.

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Extrait ajouté par bookbeach95 2012-07-24T12:14:01+02:00

LA BELLE VIOLE

Accoudée au balcon d'où l'on voit le chemin

Qui va des bords de Loire aux rives d'Italie,

Sous un pâle rameau d'olive son front plie.

La violette en fleur se fanera demain.

La viole que frôle encor sa frêle main

Charme sa solitude et sa mélancolie,

Et son rêve s'envole à celui qui l'oublie

En foulant la poussière où gît l'orgueil Romain.

De celle qu'il nommait sa douceur Angevine,

Sur la corde vibrante erre l'âme divine

Quand l'angoisse d'amour étreint don cœur troublé ;

Et sa voix livre auxz vents qui l'emportent loin d'elle,

Et le caresseront peut-être, l'infidèle,

Cette chanson qu'il fit pour un vanneur de blé.

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Extrait ajouté par bookbeach95 2012-07-24T12:11:24+02:00

NESSUS

Du temps que je vivais à mes frères pareil

Et comme eux ignorant d'un sort meilleur ou pire,

Les monts Thessaliens étaient mon vague empire

Et leurs torrents glacés lavaient mon poil vermeil.

Tel j'ai grandi, beau libre, heureux, sous le soleil ;

Seule, éparse dans l'air que ma narine aspire,

La chaleureuse odeur des cavales d'Épire

Inquiétait parfois ma course ou mon sommeil.

Mais depuis que j'ai vu l'Épouse triomphale

Sourire entre les bras de l'Archer de Stymphale,

Le désir me harcèle et hérisse mes crins ;

Car un Dieu, maudit soit le nom dont il se nomme !

A mêlé dans le sang enfiévré de mes reins

Au rut de l'étalon l'amour qui dompte l'homme.

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Extrait ajouté par bookbeach95 2012-07-24T12:11:12+02:00

STYMPHALE

Et partout deant lui, par milliers, les oiseaux,

De la berge fangeuse où le Héros dévale,

S'envolèrent, ainsi qu'une brusque rafale,

Sur le lugubre lac dont clapotaient les eaux.

D'autres, d'un vol plus bas croisant leurs noirs réseaux,

Frôlaient le front baisé par les lèvres d'Omphale,

Quand, ajustant au nerf la flèche triomphale,

L'Archer superbe fit un pas dans les roseaux.

Et dès lors, du nuage effarouché qu'il crible,

Avec des cris stridents plut une pluie horrible

Que l'éclair meurtrier rayait de traits de feu.

Enfin, le Soleil vit, à travers ces nuées

Où son arc avait fait d'éclatantes trouées,

Hercule tout sanglant sourire au grand ciel bleu.

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