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Bibliothèque de LesMotsPourRever : Je n'ai pas apprécié

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Lettre à Hervé Lettre à Hervé
Eric Sagan   
Ce livre est en réalité une lettre destinée à un certain Hervé, l'homme dont le narrateur est amoureux. Nous ne savons pas grand chose de lui si ce n'est qu'il est tombé sur un cahier qu'il n'aurait pas dû voir. Son propriétaire (l'auteur de ce livre) entreprend alors de lui écrire une lettre afin de lui expliquer le contenu de ce cahier, et surtout pour lui permettre de comprendre. Nous y retrouvons donc un récit de la vie de l'auteur, jusqu'à ses vingt-quatre ans. Nous apprenons à connaître sa famille, à commencer par ce père qu'il respecte tout autant qu'il craint, et par cette mère dépeinte comme repliée sur elle-même, presque transparente. Un frère est mentionné, mais ne revient pas par la suite. Nous suivons Eric à travers ses premières années d'école, ces camarades auxquels il ne parvient pas à s'intégrer, sa maladresse avec les autres de son âge mais aussi avec ses propres parents dont il ne sait pas comment accepter la tendresse et encore moins la rendre. Nous suivons le narrateur à travers ses années collège puis lycée, assistons à ses premiers émois provoqués par une fille mais aussi ceux causés par un garçon. Il y a ses peurs, son aversion pour le sport, ses tentatives, ses espoirs, presque son désespoir en un certain sens, surtout lorsqu'il est question de Michel. Parallèlement il y a sa découverte de l'univers informatique qui finalement lui semble plus accueillant que celui des humains, mais aussi les premiers dessins animés japonais qui l'ont fait pleurer. Cette lettre retrace dans les grandes lignes le début de la vie de l'auteur jusqu'à Michel et les évènements qu'ils ont vécu ensemble.

Contrairement à ce que laisse présager le résumé, il ne s'agit donc pas de l'histoire d'une rencontre. Et je pense honnêtement que c'est ce qui fait qu'il me reste un goût d'inachevé. J'ai aimé suivre l'auteur à travers ses souvenirs d'enfance. J'ai souri, je me suis sentie parfois peinée pour lui, je me suis retrouvée dans sa peur et son incapacité à comprendre les autres et à s'en faire accepter. L'auteur est touchant, on ne peut pas le nier, notamment dans sa jeunesse, même si parfois un peu maladroit dans son écriture. On ressent sans peine sa nostalgie lorsqu'il parle de ses étés chez ses grands-parents ou encore de ses regrets face à ce frère qu'il n'a pas cherché à connaître réellement. L'auteur parvient, avec des souvenirs et des anecdotes simples, à expliquer qu'on ne choisit pas les personnes dont on tombe amoureux. Je n'ai nullement besoin d'être convaincue sur ce sujet – ce serait même tout le contraire – mais il serait intéressant d'en faire lire certains passages à cette flopée d'homophobes qui peuple cette planète.

Ma critique sera néanmoins en demi teinte et ce pour deux raisons. La première, c'est qu'en refermant le livre je me suis retrouvée avec une montagne de questions. Je suis du genre à vouloir tout savoir, tout comprendre, et le fait que le récit ait été tronqué à ce point m'a vraiment frustrée. J'avais l'impression qu'on rentrait enfin dans le vif du sujet que tombait déjà la dernière lettre, celle qui clôture toute cette histoire qu'a du vivre l'auteur pendant vingt-quatre ans et dont on ne saura absolument. Mais justement, c'est cette histoire que j'aurais voulu lire, moi. Je veux savoir comment a réagi Hervé, comment il en est venu à accepter les sentiments du narrateur, lui qui à l'origine était hétéro, mais aussi comment un psychologue a pu en venir à vouloir utiliser cette lettre pour aider l'un de ses patients. J'aurais voulu lire les premiers effleurements de doigts, les premières discussions, les premières découvertes. J'ai le sentiment d'avoir lu un prologue et un épilogue mais il me manque toute la substance même de ce récit que m'avait promis le résumé. Avec le recul je comprends ce choix et cette logique bien évidement (il ne pouvait pas écrire à Hervé quelque chose qui ne s'est pas encore passé) mais je pense sincèrement que si je n'avais pas lu la quatrième de couverture, je n'aurais pas ressenti ce manque. Sans oublier que cette lettre aurait pu se finir moins brutalement, continuer sur quelques années encore. Parce que même si le narrateur ne peut évidemment pas nous raconter son histoire avec Hervé, son récit aurait pu aller jusqu'à leur rencontre, jusqu'à ce fameux jour où Hervé à trouvé le cahier qui a déclenché l'écriture même de cette lettre. J'ai eu l'impression de lire une tentative de justification, presque comme si l'auteur s'excusait péniblement d'être gay, comme s'il fallait absolument trouver une raison à tout ça.

La deuxième raison est le jugement de l'auteur sur certaines personnes. Je ne sais pas s'il a été victime ou non de discrimination à cause de son homosexualité mais l'image qu'il a des filles et des femmes m'a dérangé au point de me faire sortir de l'histoire. En tant que femme je me suis sentie blessée face aux propos du narrateur qui voit les adolescentes de sa classe comme frivoles et portées uniquement sur les futilités telles que les vêtements ou le maquillage. Je veux bien admettre que certaines le soient mais de là à faire une généralité ? Plus loin l'auteur nous dit "j'ai même fini par admettre qu'une femme n'est pas forcément moins intelligente qu'un homme, c'est dire". Pour moi le "c'est dire" est de trop parce qu'il sous-entend que c'est un exploit, donc révèle encore un peu plus à quel point l'auteur méprisait les femmes. Tout comme le "forcément" d'ailleurs. Depuis quand l'intelligence se mesure-t-elle en fonction du genre de l'individu ? Moi j'appelle ça être misogyne. Sans parler de l'aversion qu'il éprouve pour ces gays qui dans leur façon d'être sont plus spectaculaires, plus féminins que masculins. Lui qui veut faire comprendre à Hervé que l'on est comme on est, se permet de juger les autres pour ce qu'ils sont.

Un livre qui reste intéressant à lire néanmoins, jolie petite tranche de vie dont l'auteur nous dévoile les bons comme les mauvais côtés avec sincérité. Ce livre n'a cependant rien de révolutionnaire. J'ai presque envie de dire, rien d'original. J'ai peut-être déjà trop lu d'histoires sur le sujet pour être véritablement touchée par celle d'Eric Sagan. J'admets que le récit est émouvant à certains moments mais définitivement pas "poignant" ou "à couper le souffle" comme j'ai pu le lire sur la toile.

Dragon de glace Dragon de glace
George R. R. Martin   
Grosse déception que ce conte pour moi. Même si les illustrations par Luis Royo sont juste MAGNIFIQUES, le texte écrit par George R.R Martin m'a juste déçu, il manque sérieusement d'originalité, les personnages ne sont pas attachants et rien ne m'a ému. Une fin presque prévisible et tellement décevante, rien n'est aboutit selon moi. http://lesmotspourrever.com/dragon-de-glace/#more-678
Lire la siute ici:
D.I.M.I.L.Y, Tome 1 : Did I Mention I Love You ? D.I.M.I.L.Y, Tome 1 : Did I Mention I Love You ?
Estelle Maskame   
D.I.M.I.L.Y. n’est pas un livre vers lequel je me serais tournée spontanément. Déjà parce que je trouve la couverture d’un cliché monstre, mais aussi parce que le résumé m’a donné l’impression que j’allais me retrouver avec la version adolescente de Cinquante nuances de Grey. Mais que voulez-vous, je n’étais pas chez moi et je n’avais que ça à ma disposition, alors au final pourquoi pas ?

Tout commence avec Eden qui a accepté de passer l’été à Santa Monica avec son père qu’elle n’a pas vu (et dont elle n’a presque pas entendu parler) depuis trois ans. Elle est prête à lui accorder une seconde chance et espère qu’ils auront la possibilité de parler de ce qu’il s’est passé afin qu’elle obtienne enfin les réponses à ses questions (la principale étant : pourquoi n’a-t-il pas donné signe de vie avant ?). Elle fait donc ses bagages pour deux mois et n’oublie pas d’emporter avec elles quelques préjugés et une bonne dose de mauvaise foi. Eden savait que son père s’était remarié et n’ignorait pas que Ella, la nouvelle femme, avait également des enfants mais elle s’était imaginé qu’ils étaient tous en bas-âge, quelle ne fut donc pas sa surprise en découvrant que l’un d’eux, Tyler, avait un an de plus qu’elle. Eden apprend rapidement que si Jamie et Chase veulent bien sympathiser avec elle, c’est loin d’être le cas pour Tyler. Quant à Ella, notre héroïne a tôt fait de la classer dans la catégorie des belles-mères agaçantes. L’été promet donc d’être long pour la jeune fille. Heureusement pour elle, elle rencontre Rachel, la fille des voisins, qui va rapidement l’inclure dans son cercle d’amis mais aussi dans tous ses projets pour l’été.

Vous remarquerez que mon résumé est bien loin de celui de l’éditeur. Je lui reproche d’ailleurs de nous avoir dévoilé les trois-quarts du livre. Il n’y a pas de réel suspense et l’on a du mal à croire à l’indifférence d’Eden à l’égard de Tyler puisqu’on sait déjà qu’ils vont finir ensemble. Quant au côté passionnel de leur histoire, on ne peut pas dire qu’il dure très longtemps. Mais n’allons pas trop vite en besogne !

Eden est une jeune fille à qui on s’attache très vite même si les raisons qui l’ont poussé à accepter la proposition de son père restent très floues au début. Gentille, simple, elle semble être une adolescente typique comme les autres, de celles qui atteignent l’âge adulte sans faire de vague et à qui il est étonnement facile de s’identifier. Je me suis prise d’affection pour elle et j’étais prête à revêtir une tenue de pom-pom girl en guise d’encouragements à chacune de ses confrontations avec son père, attendant tout comme elle qu’il y ait enfin une réelle discussion entre eux (et pour ceux qui se le demandent : non je n’ai pas de tenue de pom-pom girl xD). Pour ne pas passer son été seule, elle intègre une bande qui ne lui ressemble pas vraiment et pour cause, ils sont tous bourrés de clichés. Vous avez donc la petite princesse qui n’accepte pas non pour réponse (Tiffani), celle qui pense qu’une fête réussie se jauge à son taux d’alcoolémie (Meghan), celui dont le but est de coucher avec le plus de filles possible (Jake) et le bad-boy de la bande qui défit l’autorité, fume, boit et se drogue (Tyler). A côté d’eux les deux derniers personnages (Rachel et Dean) font bien pâle figure. Nous avons donc : sexe, drogue, alcool, fêtes, mensonges, manipulation. Eden se demande souvent ce qu’elle fait avec eux, et pour être honnête moi aussi. Je ne juge pas, j’ai eu ma part de fêtes et de folie, mais je trouve les personnages poussés à l’extrême en ce qui concerne leurs vices.

Côté personnages, il nous reste Ella, qui est clairement dépassée par les évènements et que l’on ne peut pas détester malgré l’opinion qu’à Eden au début à son sujet. Il y aussi Chase et Jamie qu’on ne voit vraiment pas beaucoup et qui, en toute honnêteté, ne servent pas à grand chose. Ah si, ça m’a rappelé le chantage qu’on pouvait se faire entre ma sœur et moi quand il s’agissait de garder un secret vis-à-vis de nos parents !

Eden apprend à connaître tout ce petit monde et se fait une opinion sur chacun d’eux. Son regard change au fil de ses découvertes, elle s’éloigne de certains et se rapprochent d’autres. Ce qui est merveilleusement bien retranscrit, c’est ce trouble que l’on a tous ressenti un jour lorsqu’on a tenté d’intégrer une bande d’amis déjà formée. J’ai aimé les doutes et les tâtonnements d’Eden que j’ai trouvé authentiques.

J’ai également beaucoup apprécié les descriptions de Santa Monica et de L.A, même si elles n’étaient pas assez nombreuses à mon goût (elles sont suffisantes pour se représenter le décor mais j’en voulais toujours plus ^^). J’ai aimé me rapprocher de ces grandes lettres mythiques installées à flanc de montage, la jetée, la plage, Pacific Park, … Ca sentait l’été, ça je ne peux pas le nier. Estelle Maskame a réussi à me dépayser et à m’emmener pour quelques heures loin de notre hiver frisquet.

J’ai néanmoins rapidement remis les pieds sur terre à mesure que l’histoire progressait. J’ai manqué de décrocher plusieurs fois face à l’enchaînement de trop de clichés d’un seul coup ou encore à cause du comportement de Tiffani. Cette fille m’exaspère à un point que je n’aurais pas cru possible. Et surtout surtout, j’ai failli tout plaquer lorsque Eden se mettait à fantasmer sur les veines apparentes des bras de Tyler. En ce qui me concerne, non les veines apparentes ce n’est pas sexy ! C’est même tout le contraire !

Puisqu’on en est à parler de Tyler, abordons donc l’aspect principal de cette histoire : l’attirance qu’à Eden envers Tyler et leur soit disant romance passionnée. A mes yeux il n’y a rien de passionné dans tout ça, juste une adolescente qui se retrouve attirée par un garçon de son âge et qui déchante rapidement face à sa froideur, même si ça ne l’empêche pas de le lorgner de loin. Et NON, pour moi il n’est absolument pas question d’inceste dans tout ça. Eden m’a profondément agacé à nous brandir cet argument à tout va ! D’accord en théorie ils sont demi-frère et sœur mais ça c’est uniquement sur le papier ! Il n’y a aucun lien du sang entre eux, ils n’ont pas de parents en communs, et surtout ils ne se connaissaient pas il y a à peine trois semaines ! Pour moi ça n’est pas ça l’inceste ! Si l’auteur le veut, j’ai quelques titres d’histoires vraiment incestueuses à lui soumettre parce que ça non, je suis désolée mais ça n’en est pas ! Du coup j’ai passé mon temps à grogner contre Eden face à son comportement et à lever les yeux au ciel devant ses réticences.

La suite sur : http://lesmotspourrever.com/did-i-mention-i-love-you/
Les Cordes de cristal, Tome 1 Les Cordes de cristal, Tome 1
Anne Robillard   
Derek Sands, chanteur d’un groupe autrefois très célèbre des années 70, décide d’installer son nouveau domaine au milieu de nulle part. D’abord seul et tranquille, il cède un terrain à Jippy Wade, le guitariste de leur ancien groupe de musique. Ce dernier a pour projet de construire un studio d’enregistrement. Mais pas d’enregistrements sans employés et pas d’employés sans foyers, donc ce qui était au départ un coin tranquille devient finalement un micro village en expansion au fil des groupes qui viennent enregistrer sous la direction de Jippy Wade et des besoins de chacun. Parallèlement tout se passe très (trop) bien pour Jippy. D’accord à cette époque l’industrie du disque n’avait pas autant de soucis qu’aujourd’hui mais les groupes qu’il choisit réussissent tous leur carrière, pas un seul raté, pas une seule déception. Tout se passe presque en un claquement de doigts. Soit la cause est magique mais il aurait fallu l’expliquer clairement, soit l’auteur n’a pas cherché à coller à la réalité, ce qui enlève toute crédibilité à l’histoire.

J’ai toujours eu un faible pour les aventures tournant autour du monde musical et la fana de musique en moi était surexcitée à l’idée de pouvoir lire une histoire bien ficelée sur le sujet. Au final …

La suite sur : lesmotspourrever.com/les-cordes-de-cristal/
PhonePlay PhonePlay
Morgane Bicail   
http://lesmotspourrever.com/phoneplay/

Alyssa est une adolescente qui vient d'un milieu aisé. Elle s'ennuie dans sa grande maison avec ses parents absents, toujours plongés dans leur travail. Bien que petite fille modèle en apparences, elle tente de se rebeller en fumant des cigarettes et en assistant à toutes les soirées possibles, n'hésitant pas à boire à outrance. Un jour elle reçoit un étrange texto d'un parfait inconnu « devine qui je suis et je serai à toi ». Alyssa se retrouve intriguée et voit dans cette proposition l'occasion de se sortir de son quotidien barbant. Commence alors un échange régulier de sms entre elle et cet inconnu qu'elle a baptisé Lui où chacun apprendra à connaître l'autre.

Je ne vais pas vous mentir, je n'ai pas aimé ce livre. Arrivée au premier tiers je n'étais toujours pas rentrée dans l'histoire et je désespérais de pouvoir un jour en venir à bout. Je l'avoue sans honte, j'ai sauté quelques pages ici et là tellement je m'ennuyais et ça n'a absolument pas gâché ma lecture, c'est dire à quel point il y a trop de passages inutiles dans ce livre. Peut-être est-ce l'héroïne, le contexte, ou tout simplement le sujet, je ne sais pas. Je n'ai rien à reprocher au style de l'auteur mais entre Phoneplay et moi, ça n'a pas marché.

L'idée de base était pourtant sympa. Un échange entre un mystérieux inconnu et moi me semblerait relativement romantique, après tout. Alors pourquoi est-ce que ça ne marche pas ici ? Tout simplement parce qu'aucun des deux ne connaît l'autre au départ. Pour moi un jeu de séduction par sms doit avoir un minimum d'intérêt. Je ne vais pas aller chercher le numéro d'un inconnu parce que je le trouve beau et jouer les femmes mystères juste pour voir si ça marche entre nous. Si je dois devenir une admiratrice anonyme, ce sera avec quelqu'un que je connais déjà, avec quelqu'un à qui je n'aurais jamais osé me déclarer autrement. Si Lui ne connaît pas Alyssa, pourquoi l'avoir choisi ? Réponse : parce qu'elle fait partie des plus belles filles du lycée. Ouais. Mais non. D'autant plus qu'il avoue lui-même qu'il y a eu dix-huit autres filles avant Alyssa. Avec une telle base, comment voulez-vous que je croie en une possible et sincère histoire d'amour ? Mais passons. Imaginons que Lui soit simplement désespéré à l'idée de trouver la femme de sa vie (s'il désespère déjà à dix-huit ans, j'ose pas imaginer à trente …) et qu'il ratisse large. Ça je peux éventuellement y croire. Mais il gâche tout au fil de ses échanges de sms. Je n'aime pas sa façon de parler (pas du tout dans le style adolescent), je le trouve trop pompeux et présomptueux. Et que dire de ces chapitres où nous avons droit à son point de vue ? Je pensais que l'auteur en profiterait pour nous attacher à lui, pour nous le montrer sous son meilleur jour, pour nous faire comprendre qu'il y avait plus derrière les mots qu'il utilise. Et au final non. Il n'y a qu'un gamin jaloux qui ne juge que sur les apparences et dont la principale ambition dans la vie est de faire tomber les filles amoureuses de lui sans jamais les aimer en retour. D'accord sur le final on apprend qu'il y a un peu plus que ça mais même cette seconde raison me semble stupide et franchement faiblarde. Même maintenant j'en garde l'image d'un garçon manipulateur, jaloux, possessif et égocentrique. Je n'ai donc pas du tout été convaincue par Lui et malheureusement il en va de même pour Alyssa.

Je n'ai rien contre le fait qu'elle fume, mais qu'elle le fasse juste pour protester face à ses parents toujours absent ? Là je dis non. On peut fumer pour un tas de raison mais certainement pas pour celle là. Surtout qu'elle semble bien accro, la Alyssa. Et puis si c'est un acte de rébellion, pourquoi s'en cacher ? Ça n'a aucun sens. Ce simple fait est l'exemple parfait de l'immaturité de l'héroïne alors que l'auteur elle-même nous la décrit comme mature. Ça et certaines de ses réflexions comme « la vache tu as dix-huit ans ? Tu peux rentrer en boîte quand tu veux alors ! » You-pi. Sans oublier Alyssa m'énerve à être aussi stupide avec sa meilleure amie. On peut vouloir ne pas partager ses pensées ou ses problèmes, mais là Alyssa est centrée sur elle-même pratiquement du début à la fin. On se demande même pourquoi l'auteur a pris le temps de lui faire des amis. Elle aurait été une solitaire, ça aurait eu le même impact sur l'histoire. Pareil pour Louis, dont je ne comprends pas l'intervention. A sa première apparition je me dis « tiens, Lui va les voir et va lui faire une scène de jalousie, ça pourrait être sympa ». Mais non. Louis va et vient, n'apporte aucun rebondissement à l'histoire et pas vraiment de soutien non plus à notre héroïne concernant son histoire avec Lui via portables interposés. L'apparition de Louis aurait pu être une pause, un moment détente au milieu de tout cet univers un peu glauque, mais les moments passés en sa compagnie m'ont profondément ennuyée.

Je pense que ce qui m'a empêché de vraiment rentrer dans l'histoire c'est le côté malsain du scénario. Non seulement je trouve le concept un peu bancal et Lui fait un peu psychopathe au début, mais en plus tout est parsemé de mensonges. Alyssa ment à Lui et Lui ment à Alyssa. Si elle a de pseudo bonnes raisons, lui n'en a aucune. Et le pire c'est qu'elle lui pardonne tout. le problème aussi c'est que je ne crois pas en leurs échanges. Je n'avais pas espéré un langage « jeune » bourré de fautes de grammaire ou de syntaxe, mais là clairement, ça ne marche pas. La façon dont Lui s'adresse à Alyssa, ses tournures de phrases, … Je suis désolée mais je n'y crois pas. Et que dire de ses « chérie » qu'il balance à tout bout de champ ? Argh que je déteste ce petit nom ! Mais en plus qu'il décide de l'appeler comme ça dès leur premier échange, c'est juste bien trop étrange. Au risque de me répéter, comment voulez-vous que je croie à la sincérité de leurs sentiments avec un truc pareil ? Parce que non, je n'ai pas réussi à croire en la véracité de leurs sentiments. Malgré tous ces chapitres passés en compagnie d'Alyssa, je n'ai pas vu de transition, je ne l'ai pas vu passer de « moyennement intriguée » à « complètement amoureuse ». Idem pour Lui. Jusqu'au bout je me suis dit qu'il se jouait de l'héroïne, qu'il ne l'aimait pas réellement.

Quant à l'intrigue, ça n'en est pas vraiment une. Oui j'ai aimé émettre des hypothèses, m'interroger sur la véritable identité de Lui, mais Alyssa ne remplit pas sa part du contrat. Elle ne cherche pas à savoir qui il est avant le dernier quart du livre alors que je m'attendais à plus d'investigation, à plus de curiosité de sa part. A plus d'action, tout simplement. Et puis finalement ce mystère autour de l'identité de Lui est assez rapidement levé, du moins pour moi.

La fin en elle-même est trop lisse. Un certain personnage (que je ne révèlerai pas pour ne pas spoiler) vient leur mettre des bâtons dans les roues lorsqu'Alyssa commence à vraiment chercher qui est Lui. Et pourtant une fois que Lui s'est révélé au grand jour, le fauteur de trouble disparaît tout bonnement du paysage. Sans oublier toutes ces pages après la première rencontre IRL entre Alyssa et Lui. Je n'avais pas besoin de cette rencontre avec les parents et encore moins de cette lettre que Lui écrit à Alyssa. C'est niais, mielleux, ça sert à rien ça gâche tout en nous projetant brusquement dans une autre ambiance, presque dans un autre livre.

Il y a aussi une certaine confusion tout au long de Phoneplay, comme si l'auteur avait brusquement oublié certains détails de sa propre histoire. Exemple tout bête : on nous présente Alyssa comment étant une lycéenne d'Oxford (donc en Angleterre) et pourtant plus tard on apprend qu'elle étudie en réalité en France et que le fait de partir étudier en Angleterre ne l'intéresse pas plus que ça. Donc au final, où se déroule l'action ?

Vous allez me dire que l'auteur est jeune, bla bla bla. Ce à quoi je vous répondrais : c'est pas une raison. Si Michel Lafon a fait le choix d'éditer cette histoire, j'étais en droit de m'attendre à une certaine qualité, à des faits cohérents. La plume de l'auteur reste néanmoins bonne. A voire donc, ce que ça donnera dans quelques années avec un peu plus de pratique et de maturité.
La Beauté du Mal La Beauté du Mal
Rebecca James   
http://lesmotspourrever.com/

Après avoir vécu un drame, Katie change non seulement de ville mais aussi de nom, et devient Katherine, lycéenne effacée qui ne cherche pas à se lier d’amitié avec les autres. S’il n’y avait que ce drame, peut-être aurait-elle pu se laisser aller à vivre pleinement et être heureuse à nouveau mais voilà, il y a aussi cette culpabilité qui la ronge et dont elle ne parvient pas à se défaire. Sa vie change brusquement lorsqu’Alice, la fille la plus populaire du lycée, l’invite à une fête et se met en tête de devenir son amie. Les deux filles apprennent à se connaître et deviennent rapidement très proches. Alice a des défauts, un comportement parfois étrange, mais grâce à elle Katherine sourit à nouveau donc elle ferme les yeux sur ces petites choses qui la mettent parfois mal à l’aise.

J’ai pioché La beauté du mal dans ma PAL sans savoir le moins du monde à quoi m’attendre. A vrai dire je ne me souvenais même plus qu’il y était. Les polar/thriller ne sont pas vraiment ma tasse de thé à la base, mis à part les Sherlock Holmes, Hercule Poirot et autres détectives du même acabit. Et ce n’est pas ce livre qui va me convaincre de m’y mettre !

L’intrigue est bien présente au début : pourquoi Katherine n’a-t-elle pas assisté aux funérailles d’Alice ? Qu’est-il arrivé à cette dernière ? Comment les deux amis ont-elles pu en arriver là ? Qu’est-il arrivé au père de sa fille ? Beaucoup de questionnements dès le début de cette histoire qui nous promet de nombreux rebondissements.

Le récit se fait à trois voix, ou plutôt à trois époques : nous suivons Katherine avant le drame et découvrons par petites touches ce qui lui est réellement arrivé ; nous avons quelques brefs moments de la vie de Katherine une fois devenue adulte mais surtout maman d’une petite Sarah ; et bien évidemment, le plus gros de l’histoire est centrée sur ses mésaventures avec Alice.

Mon enthousiasme initial est vite retombé lorsqu’on apprend que Katherine vit (presque) seule. Suite au drame qu’elle a vécu, elle a préféré quitter la ville mais aussi ne plus vivre avec ses parents, chose que je peux comprendre. Elle a donc emménagé chez sa tante qui est, comme c’est surprenant, toujours absente. Je ne sais pas pourquoi les auteurs s’arrangent toujours pour laisser leur héros/héroïne adolescent(e) sans figure d’autorité dans leur quotidien. Oui certains ados doivent apprendre à se débrouiller seuls mais par pitié, cessez de dégager les parents aussi facilement ! Parce que oui c’est une facilité, des personnages en moins à gérer. Katherine se retrouve donc seule dans un grand appartement et toutes ses dépenses sont prises en charge. De faux airs d’indépendance et de l’argent qui tombe du ciel, comme c’est pratique. Bref, passons.

Dès le début j’ai trouvé le comportement d’Alice relativement suspect. Je veux dire, pourquoi s’intéresse-t-elle aussi soudainement à Katherine ? Je veux bien qu’il y ait des amitiés qui se créer dans la seconde mais les choses ont vraiment été précipités. A peine les présentations sont-elles faites qu’Alice lui prête déjà ses robes. Je ne sais pas si l’auteur aurait dû être plus subtile ou Katherine plus méfiante, mais quelque chose m’a chagriné. Et quand ça m’arrive dès le début d’une histoire, généralement la suite se présente mal (du moins pour moi). Leur amitié se poursuit néanmoins, Alice présente Robbie à Katherine et le duo inséparable devient trio. Grâce à Robbie, Katherine en apprend plus sur Alice qui mine de rien reste très secrète, mais notre héroïne ne peut pas le lui reprocher puisque elle aussi a sa part de mystère. La beauté du mal suit son cours, je tourne mes pages, mais j’ai bien du mal à éprouver quoi que ce soit pour tout ce petit monde.

Je suis d’ailleurs mitigée sur les personnages secondaires. Robbie est extrêmement intéressant, j’ai totalement adhéré à cette fascination destructrice qu’il éprouve pour Alice, surtout lorsqu’on voit jusqu’où elle est prête à aller pour faire du mal aux autres. Philippa est une bouffé d’air frais dans cette atmosphère lourde. On peut facilement s’identifier à elle et ainsi devenir « celle qui a sauvé l’héroïne ». Pas sauver d’un grand danger, simplement de l’emprise d’Alice, mais c’est déjà beaucoup. Mick est … relativement fade. Il ne m’a pas donné l’impression d’avoir beaucoup de caractère et je ne me suis pas vraiment attachée à lui (ce qui lui arrive ne m’a donc pas tiré la moindre larme, ce qui fait que je suis passée malgré moi à côté du plus gros de l’émotion du livre). Sans oublier que sa relation avec Katherine va vraiment trop vite. Quant à Rachel … Aussi horrible que je puisse paraître à vos yeux, ce personnage ne m’a pas touché le moins du monde. Oui elle vit dans un monde un peu à part et n’a pas eu les mêmes expériences que les autres adolescents étant donné qu’elle passait beaucoup de temps sur son piano, mais je l’ai trouvé trop niaise, trop naïve. Plus exaspérante qu’autre chose, donc là non plus je n’ai pas réussi à m’attacher.

Le style est bon et les flash-back sont correctement utilisés (et surtout utiles) mais cela n’a pas suffit à me convaincre. Je reconnais que je ne suis pas réellement rentrée dans l’histoire : le début était déjà relativement suspect pour moi mais en plus il devient facile à un moment de recoller tous les morceaux pour comprendre où Rebecca James veut en venir. La folie d’Alice n’a été, à mon sens, pas assez poussé pour la rendre suffisamment intéressante. Il en va de même pour son côté machiavélique. La seule chose qui m’a véritablement surprise c’est l’identité du frère d’Alice. Ça je reconnais que je ne l’avais pas vu venir, et c’est pourtant sur cet élément que repose réellement toute l’histoire. Mais le reste ? Pas de vrai suspense, pas de moment haletant, pas d’angoisse, pas de tension. Pas le moindre soupçon de peur dans le pseudo harcèlement que va finir par orchestrer Alice et c’est vraiment dommage.
Hyde Hyde
Daniel Levine   
http://lesmotspourrever.com

Enfermé dans le cabinet du Docteur Jekyll depuis des jours, Hyde n’a qu’une seule hantise : que Poole découvre la supercherie et qu’il s’en prenne à lui. En attendant l’inévitable, Hyde se remémore ces derniers mois, cette liberté qu’il a touché du bout des doigts et en laquelle il a cru, avant que tout ne bascule et le conduise entre ces murs dont il sait qu’il ne ressortira pas vivant. Hyde nous délivre sa version des faits, version qui est bien éloignée de celle du docteur Jekyll.

Si j’ai été attirée par ce livre, c’est tout simplement parce que j’ai toujours été fascinée par l’histoire du Docteur Jekyll et de Mister Hyde. Souvent adaptée, parfois transposée, toujours captivante. Je n’allais donc certainement pas laisser passer l’occasion d’avoir enfin le point de vue de Hyde ! Merci à NetGalley et à Fayard pour ce partenariat.

Cette version proposée par Daniel Levine est bien plus basée sur la psychologie que l’œuvre originale. Ici, Hyde ne déteste absolument pas Jekyll. Ici, Hyde n’est d’ailleurs absolument pas la représentation du côté sombre de Jekyll. Levine nous propose un concept tout à fait intéressant : et si Jekyll n’était pas aussi bien pensant que nous l’a décrit R.L. Stevenson ? Et si tout ça n’était qu’affaire de mensonges, de tromperie et de manipulation ? Et s’il y avait en réalité un troisième homme dont ni Jekyll ni Hyde n’a conscience ? Hyde se bat pour se faire une place dans ce monde alors qu’il n’est même pas censé exister, mais surtout il se bat pour savoir ce que Jekyll attend de lui. Car si Jekyll a accès à toutes les pensées de Hyde, l’inverse est loin d’être vrai. Hyde s’achète une maison, des vêtements, se trouve des habitudes, tente de se créer une existence en espérant faire ce que Jekyll attend de lui mais sans jamais être sûr de rien. C’est le fait le plus surprenant de ce roman. Ici, Hyde n’a rien de l’homme sans cœur et sans remord auquel nous a présenté R.L. Stevenson autrefois. J’ai été surprise de voir à quel point Hyde est, au fond, un homme ordinaire. Du moins jusqu’à ce que ne commencent ces actes tantôt immoraux, tantôt inavouables. Mais qui les accomplit vraiment ? Jekyll ou Hyde ? Parce que s’il s’agit bien de l’apparence de Hyde, il y a cette horrible sensation de ne plus avoir le contrôle de son corps, d’être relégué au second plan. Quand il n’a pas tout simplement des absences, perdant des heures dont il n’a aucun souvenir. Le jeu psychologique s’arrêtera malheureusement là parce qu’il est plus qu’évident que Hyde n’est pas aux commandes. Plutôt qu’une dissociation de son âme en deux (un côté bon et un côté mauvais), Hyde devient alors le moyen parfait pour Jekyll d’accomplir certains vices, certaines pulsions sans avoir à en subir le regard de la société ou le poids de la culpabilité. Après tout ce n’est pas lui, c’est Hyde. A moins qu’il ne s’agisse d’une troisième personnalité dont aucun des deux n’a conscience ? Une personnalité bien plus torturée, bien plus « dérangée » psychologiquement ?

Il y avait donc un énorme potentiel. J’étais prête à remettre en cause la version de Stevenson en un battement de cœur. Le problème est que cette histoire est très, très, très longue. Les cent premières pages se concentrent sur l’entrée de Hyde dans le monde et comme il n’est pas la personnalité névrosée à laquelle on s’attend, son existence est particulièrement lisse et, oserais-je l’écrire, franchement ennuyeuse. L’auteur se perd en détails dont je n’ai que faire et j’ai plus d’une fois sauté quelques paragraphes sans jamais perdre le fil de l’histoire. Il est comme un enfant découvrant le monde donc oui il est attachant, mais l’histoire en elle-même n’avance pas et cela devient vite frustrant. Sans oublier ce mystère qui n’en est pas vraiment un. Après tout si Hyde est le « gentil » de l’histoire, il ne reste pas vraiment de mystère concernant l’identité du « méchant ». J’ai failli abandonner cette lecture à plusieurs reprises, je l’avoue. Certes l’écriture est belle, mais cela se fait au détriment de l’intrigue. Sans oublier la forme choisie par l’auteur. Je ne comprends pas cette envie de fusionner les dialogues avec la narration. Il n’y a aucune démarcation, si ce n’est les paroles de Hyde et Jekyll qui sont en italiques. Le reste n’est qu’un monstrueux bloc qui donne une impression de lourdeur, d’oppression, alors que le récit n’avait déjà franchement pas besoin de ça.

Paradoxalement il y a des personnages secondaires très intéressants qui disparaissent en un claquement de doigts et dont on ne saura plus rien, ou qui n’ont pas assez voix au chapitre. Je pense avant tout à Jeannie. J’avais peu d’intérêt pour elle au début mais elle parvient à devenir un élément central dans la vie de Hyde. Et pourtant il s’en débarrasse sans même une arrière pensée et le lecteur se retrouve à se demander ce qu’il advient d’elle, si elle s’en sort enfin, si elle a eu son bébé (rien n’est dit clairement mais j’ai choisi de penser, à travers sa gestuelle, qu’elle est effectivement enceinte). On sait ce qu’il advient de Georgina mais rien sur Jeannie. Alors que la seconde était bien plus attachante que la première. L’autre personnage secondaire (voire même tertiaire) qui m’a particulièrement intéressée est Émile Verlaine. Lorsqu’on comprend qu’il est doté de trouble de la personnalité multiple, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec Jekyll. Émile Verlaine est tout simplement fascinant mais pas assez exploité à mon goût.

Levine connait bien l’œuvre originale, on ne peut pas le nier. Il a repris chaque élément fourni par Stevenson, que ce soit les personnages principaux ou le déroulement des évènements, mais ça ne suffit pas pour faire une bonne adaptation. J’ai été déçue de ne pas en apprendre plus sur le Londres de cette époque. D’accord ce n’est pas le but de ce roman, mais rien n’empêchait d’y inclure quelques éléments qui, pour le coup, auraient été sans aucun doute possible bien plus intéressants que la vie morne et monotone de Hyde. Sans oublier que là où Stevenson joue sur les sous-entendus, Levine choisit d’être le plus explicite possible. Je préférais ne pas savoir quels vices avait Jekyll, je trouvais l’ambiance du récit bien plus sombre de cette façon. On a plus facilement peur de ce qu’on ne voit pas, de ce qu’on ne sait pas. Ici on éprouve plus facilement du dégoût que de la peur. En revanche, Levine explore les racines de l’instabilité mentale de Jekyll (ses rapports avec son père, l’échec d’une romance, sa responsabilité dans la perte d’un patient) et c’est un aspect du récit qui m’a vraiment plu. En fait, bien qu’il se concentre sur Hyde, Daniel Levine m’a donné envie d’en apprendre encore plus sur sa version du docteur Jekyll.

Hyde ne fut donc pas vraiment une bonne lecture pour moi. Je ne peux pas me résoudre à le classer dans les policier ou les thriller puisqu’il ne m’a pas fait peur et surtout étant donné qu’il n’y a pas de véritable mystère. Je suis la première à regretter de ne pas avoir aimé cette lecture mais les longueurs, la lenteur du récit et la personnalité fade de Hyde auront eu raison de mon intérêt pour cette histoire.
La quatrième fée La quatrième fée
Brigitte Guilbau   
A vingt-quatre ans, Chelsea a déjà décidé qu’il n’y avait pas de place pour un homme dans sa vie. Déçue par ses anciennes histoires, elle préfère se consacrer à Beau, son cheval, et à l’équitation. Malheureusement Beau ne correspond pas aux standards des grands chevaux de courses, donc ils ont peu d’occasions officielles de montrer ce qu’ils valent réellement. Heureusement pour Chelsea et Beau, une course hippique caritative accepte des participants de tous horizons et les voilà parmi les concurrents. Mais trop confiante, Chelsea commet une erreur qui les fera chuter tous les deux, la faisant même sombrer dans l’inconscience.

J’avais vaguement croisé ce livre sur un blog ou deux. J’avais trouvé la couverture magnifique mais je n’étais pas du tout allée au delà. Donc lorsque j’ai vu ce titre disponible dans les partenariats proposés par NetGalley et les éditions Lilys (que je remercie d’ailleurs pour leur confiance), je n’ai pas hésité une seule seconde et j’ai postulé sans même lire quoi que ce soit à son sujet ! Pourquoi faut-il que je fasse encore et toujours cette erreur ?

Vous le savez maintenant, j’ai l’imagination plutôt fertile. Donc quand j’ai lu le résumé de La quatrième fée, je me suis aussitôt retrouvé embarquée dans une histoire fantasy (ou fantastique, peu importe) où l’héroïne serait – par un sort, le hasard, la main de Merlin, le destin, ou ce que vous voudrez – ressuscitée suite à la visite de cette quatrième fée dont aucune légende ne fait mention. Ou même une histoire de réincarnation, je n’étais pas bien fixée. Mais ce qui est sûr c’est que je m’attendais vraiment à tomber sur un livre de fantasy.

La chute n’en fut que plus rude. La quatrième fée et moi n’avons pas pris un bon départ, il faut bien l’avouer. En lisant les premières pages, je me voyais déjà plongée au cœur d’une énième histoire de cheval et d’adolescente un peu niaise qui ne voit que par l’équitation. Je ne suis jamais parvenue à m’intéresser aux chevaux malgré mes tentatives, pardonnez-moi. Et comme la description de la relation entre Chelsea et Beau m’a paru peu réaliste (très belle et très forte, mais absolument pas crédible aux yeux de l’hérétique que je suis en matière de cheval), ça n’a fait que renforcer mon idée première d’un livre empli de fantastique. Je poursuivis ma lecture, tournant mes pages, attendant que se pointe enfin ce fichue sursaut de fantasy, cet éclair de magie qui ferait enfin basculer cette histoire. Et, oserais-je l’écrire, qui l’a rendrait enfin intéressante. Malheureusement pour moi, ce moment n’est jamais venu.

Donc La quatrième fée, qu’est-ce que c’est ? C’est un livre qui pose des questions, qui propose des débats, qui met en lumière des faits que la plupart des gens préfèrent ne pas aborder par gêne ou par simple volonté de ne pas en parler maintenant pour ne pas se porter la poisse (ce qui revient à ne jamais aborder le sujet, au final). Le plus gros questionnement que propose ce livre porte sur le fait de garder ou non une personne sous machines lorsque le cerveau est déjà perdu. On ne pense jamais à en parler autour de soit de peur d’attirer le mauvais œil ou simplement en se disant qu’on aura bien le temps plus tard, lorsque l’occasion se présentera. Mais parfois l’occasion ne se présente jamais. Ici nous avons Natacha qui, après l’accident de sa fille Chelsea, doit décider si oui ou non il faut la débrancher. C’est un sujet traité avec une grande sensibilité. On ne peut pas ne pas vouloir serrer Natacha dans nos bras pour la soutenir, la consoler. On comprend incontestablement sa volonté de ne pas débrancher sa fille, son espoir qui refuse de s’éteindre, son égoïsme à vouloir la garder près d’elle encore un peu, même si elle n’est plus qu’une coquille vide. Les étapes du deuil sont bien là, on suit Natacha à travers son calvaire, on la regarde marchander, refuser la réalité, pleurer, nier, accepter. Jusqu’au bout j’ai espéré ce petit sursaut de fantasy qui ramènerait Chelsea et qui ferait entrer en scène la fameuse quatrième fée. J’ai nié la réalité, tout comme Natacha.

Certains diront que le thème central de ce livre concerne le don d’organes mais je ne suis pas d’accord. Ce deuxième questionnement arrière bien plus tard et surtout n’est pas traité avec autant de temps et de pertinence. Une fois que Natacha a accepté de laisser partir sa fille, la question du don d’organes ne se pose pratiquement pas (comparativement parlant). Et surtout, à mes yeux il n’y a pas eu de réel suspense à ce sujet puisque l’auteur a ajouté quelques éléments inattendus mais logiques pour faire avancer l’histoire (comme la réapparition d’un ancien amour de jeunesse) qui font qu’on ne doute pas une seule seconde du choix que fera Natacha.

La quatrième fée est donc un roman touchant rempli de l’amour d’une mère pour sa fille. Le problème majeur c’est qu’il est également parasité par bien trop de débats. A travers presque deux cent pages, nous avons droit à : débrancher ou non une personne déclarée en mort cérébrale, la place des femmes dans la société, les différences homme/femmes, le don d’organes, la vision qu’à la société sur les mères célibataires, les réseaux sociaux, et bien d’autres encore. Honnêtement, ça fait beaucoup pour une seule histoire. Lorsque après un débat l’histoire reprenait enfin, je me laissais tranquillement porter (avec peu d’illusions concernant la fin une fois fait mon deuil concernant mes attentes fantasy) mais lorsque je sentais poindre un nouveau débat, je ne pouvais pas m’empêcher de soupirer parce que je savais que viendraient à nouveau des tonnes d’arguments pour ou contre cet énième duel verbal. Duel que je n’avais pas envie de lire puisque je sortais à peine d’un autre. Duels qui n’en n’étaient parfois pas vraiment tant les arguments sont peu nombreux. Le pire est que tous ces débats (qui n’en sont pas vraiment puisque l’auteur semble prêcher la bonne parole) ralentissent considérablement l’histoire, ce qui fait que ma lecture m’a semblé très, très longue. Je suis ressortie de ce livre épuisée mais pas de la bonne façon. Je n’avais plus qu’une envie : me coller devant une série dont le scénario tiendrait sur un post-it pour être sûre de ne pas avoir à réfléchir à quoi que ce soit pendant au moins quarante minutes.

Je ne nie pas que Natacha est touchante et que ses émotions sont très bien retranscrites. Mais l’auteur a voulu mettre trop de choses dans son livre. Qu’elle relie le maintient de la vie artificiellement et le don d’organes est tout à fait logique, mais les autres débats auraient très bien pu se voir intégrer à une autre histoire, ce qui aurait considérablement allégé celle-ci.

La couverture et le résumé desservent le livre, incontestablement. Je doute sincèrement être la seule à mettre faite avoir en imaginant totalement autre chose. Donc forcément, dans ces conditions, la lecture ne peut pas être positive.

Et puis ma plus grande question une fois ma lecture terminée : que devient Beau, dans tout ça ? Chelsea l’adorait plus que tout et pourtant on ne sait pas ce qu’il advient de lui. Certes Natacha avait d’autres choses en tête mais pour l’amour de sa fille, presque comme pour respecter sa dernière volonté, je m’étais attendu à ce qu’elle trouve une autre famille pour Beau ou bien qu’elle le garde avec elle en souvenir de Chelsea.

En résumé, un beau témoignage malheureusement alourdi par la volonté de l’auteur de dire trop de choses en peu de temps. Et, pour moi, un mauvais choix marketing quant au résumé et à la couverture du livre.
La Fille Dragon, tome 1: L'Héritier de Thuban La Fille Dragon, tome 1: L'Héritier de Thuban
Licia Troisi   
Sofia a toujours vécu à l’orphelinat. Désormais âgée de treize ans, elle est convaincue que plus personne ne voudra l’adopter, fait que ses camarades ne cessent de lui rappeler. Sofia a renoncé à espérer trouver un jour une famille et imagine déjà ce que sera son existence : elle ne quittera jamais cet endroit, devenant simplement employée plutôt que pensionnaire le jour de sa majorité. Mais un jour le professeur Schlafen, désireux d’adopter, demande à avoir une entrevue avec elle. Ses propos sont parfois cryptiques, il lui cache clairement quelque chose mais il est décidé à l’adopter, aussi Sofia ne laissera pas passer cette chance de quitter pour toujours l’orphelinat.

Je dois admettre que cette histoire de fille dragon commençait plutôt bien. Sofia a clairement du mal à se faire des amis, sa seule confidente est une employée qui n’a jamais été adoptée et qui est simplement restée à l’orphelinat, donc éprouver de la sympathie pour Sofia n’est franchement pas difficile quand on nous brosse à la fois son présent solitaire et son triste avenir. Par la suite j’ai été un peu surprise de la rapidité de l’adoption de Sofia. Le professeur vient la voir, discute rapidement avec elle, et dès le lendemain il l’emmène officiellement chez lui. C’est peut-être mon esprit tordu (il faudrait que je ralentisse sur les séries policières
Crossfire, Tome 1 : Dévoile-Moi Crossfire, Tome 1 : Dévoile-Moi
Sylvia Day   
Eva Tramell commence sa nouvelle vie à New York comme assistante pour un publiciste. Sur son lieu de travaille elle rencontre par hasard le grand patron en personne, Gidéon Cross, qu’elle juge d’une beauté renversante. Si l’apparence lui plait, en revanche la personnalité beaucoup moins : il se permet de la tutoyer et à même le culot de lui demander si elle accepterait de coucher avec lui. Bien qu’elle se refuse vertement à lui, il ne cède pas pour autant et comme alors un jeu du chat et de la souris.

Il est des livres que je n’ouvrirais pas pour tout l’or du monde et jusqu’à présent celui-ci en faisait partie. Mais quand votre pote est planté devant sa console, vous vous retrouvez à fureter dans la bibliothèque de sa petite amie et vous réalisez avec horreur qu’elle a été happée par le phénomène Cinquante nuances de Grey et qu’elle ne lit que de la littérature érotique. Du coup pas le choix, vous prenez celui qui vous semble le moins pire de tous, et pour moi ce fut Dévoile-moi. Je tiens à préciser que je ne ferai pas de comparaison entre Cinquante nuances de Grey et Dévoile-moi puisque je ne suis pas parvenue à aller au bout du premier tome de cette trilogie qui a soi-disant secoué la terre entière.

Je ne vais pas vous le cacher, je me suis retrouvée plus d’une fois à lever les yeux au ciel ou à rire toute seule tellement certaines situations me semblaient improbables/pitoyables. Rien de bien nouveau dans le scénario, au final la littérature érotique commence plus ou moins toujours de la même façon. Eva me plaisait bien au début. Malgré sa jeunesse elle a un certain caractère et est loin d’être naïve. Et que dire de son meilleur ami Cary ? Il m’a plu tout de suite. Beaucoup moins sur la fin … Quant à Gidéon ? Ce type est une horreur. Il ne prend pas « non » pour réponse et est franchement effrayant. Son argent lui permet de tout s’offrir, y compris les services de certains professionnels pour tout savoir sur la vie d’Eva. A sa place je trouverai ça franchement effrayant. Le « pire » a sans doute été d’apprendre qu’en plus de posséder le bureau dans lequel elle travaille, il possède également l’immeuble où elle vit ainsi que le bar où il lui arrive d’aller se détendre. A la place d’Eva je me serai sentie prise au piège, mais pas elle. La résistance qu’elle offrait à Cross me plaisait, je m’attendais à un véritable jeu de séduction, presque à une bataille pour voir qui ferait plier l’autre en premier. Mais point de bataille, Eva réagit avec son deuxième cerveau (oui, les femmes en un aussi, ce n’est pas spécifique aux hommes !) et se laisse approcher rapidement, même si elle pose deux-trois conditions que monsieur s’empresse d’accepter. Le problème vient peut-être de là. Les scènes de sexe s’enchainent dans différents contextes et à différents degrés mais sont toujours trop courtes et, oserais-je le dire, trop succinctes. Il y a plus à écrire que quelques léchouilles, une brève description de sensations et la mention d’un ou deux orgasmes. Je suis navrée de le dire mais Sylvia Day ne m’a pas fait fantasmer. Pour un livre qui est censé ne se lire que d’une main, c’est quand même dommage !

Etant donné que Eva et Gidéon en viennent rapidement aux choses sérieuses, je me suis franchement demandé ce qui pouvait occuper les trois derniers quarts de Dévoile-moi. Ce qui est sûr c’est que je ne m’attendais pas à un micmac pareil. On finit par comprendre que Gidéon a de véritables problèmes d’engagements qui lui ont valu quelques casseroles qu’il se traîne toujours mais surtout qu’Eva a un passé sombre dont elle a du mal à se défaire. Ce point a rajouté une certaine profondeur au personnage, ce qui m’a plu, tout comme avec Cary, qui se juge « cabossé par la vie ». Si on en apprend plus sur Eva, le passé de Cary reste pour le moment un mystère. Mais étrangement quand on en vient à comprendre que Gidéon a lui aussi connu un traumatisme, là j’ai dit non. Un personnage à problèmes, ok. Deux, pourquoi pas. Mais trois ? Je dis stop. Certes cela rajoute des difficultés à leur histoire, certes cela rajoute un rebondissement, mais là ça commence à faire beaucoup. A la limite, il aurait fallu faire de Cary un personnage normal, sans bagage émotionnels à traîner (il m’a d’ailleurs énormément déçue en agissant de cette façon). Là je pense que j’aurais plus apprécié cette romance entre nos deux traumatisés. Enfin, quand je dis « romance » … Eva nous parle d’amour mais je ne l’ai pas ressenti. Gidéon clame ses sentiments mais je ne les ai pas vus. Pire encore, qu’il se mette à pleurer chaque fois qu’elle menace de le quitter est … pathétique. Je n’ai pas d’autres mots. Ce n’est même pas le fait que cela casse son image de dominateur (au contraire, qui ne rêverait pas qu’un gros dur brise ainsi sa carapace pour vous ?), c’est tout simplement, je pense, dans la façon dont les choses nous sont racontées. Je n’ai pas ressenti la détresse de Gidéon, sa peur de perdre Eva, pas plus que l’évolution de ses sentiments envers elle, évolution qui l’aurait donc conduit à se comporter ainsi en cas de rupture. Je suis restée figée avec mon livre entre les mains à me demander si j’avais bien lu ou si je n’avais pas sauté quelques pages. C’est comme lorsqu’on apprend que Gidéon a fait installer dans son appartement la reproduction exacte de la chambre d’Eva. Comment peut-elle sérieusement trouver ça touchant ? C’est effrayant ! L’emprise de Gidéon se referme encore un peu plus sur elle et elle l’en remercierait presque pour ça !

Si la première partie du livre se laisse lire facilement, je reconnais que la seconde a commencé à me mettre mal à l’aise. Entre le passé d’Eva, celui de Gidéon, leur couple qui se brise puis se rabiboche (encore et encore), cette histoire de presse qui vient fourrer son nez où elle ne devrait pas, et cette notion de dominant/dominé qui tombe comme un cheveux sur la soupe, je n’en pouvais plus. Sans oublier que je suis sidérée des actions et réactions d’Eva face à Gidéon et son manque de subtilité malgré le traumatisme qu’elle a subi durant l’enfance. Qu’elle ait réussi à y faire face je veux bien, mais un minimum de résistance quand même, zut alors ! Même les scènes de sexe ne me permettaient plus de faire une pause dans tout ce bazar parce qu’il y avait trop de tension dans l’air, trop de problèmes. Je n’ai rien contre la littérature érotique, bien au contraire, mais Dévoile-moi n’est clairement pas fait pour moi. Trop de problèmes qui s’emmêlent, trop de choses qui ne sont pas crédibles, des actions/réactions que je ne comprends pas, … Sans oublier que parfois les situations ne s’imbriquent pas très bien entre elles. C’est dommage, la première partie du livre m’avait presque donné envie de redonner une chance à cette nouvelle vague qui déferle dans nos librairies mais je vais m’en tenir à mes bonnes vieilles lectures érotiques en ligne écrites par monsieur et madame tout le monde. L’auteur le dit elle-même, ce livre est un fantasme. Est-ce une raison suffisante pour ne pas en faire une histoire crédible ? Il m’a manqué le réalisme mais surtout les sentiments et l’empathie. De leur rencontre au revirement de chacun, rien ne m’a semblé naturel et c’est bien dommage.