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Commentaires de livres faits par LesMotsPourRever

Extraits de livres par LesMotsPourRever

Commentaires de livres appréciés par LesMotsPourRever

Extraits de livres appréciés par LesMotsPourRever

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 08-03
http://lesmotspourrever.com/

Première année à l’université pour Azalea, dite Lea. Beaucoup de choses à découvrir, un cours d’écriture créative qu’elle a hâte de suivre mais surtout Gabe, ce garçon un peu mystérieux, souvent silencieux, qu’elle heurte par hasard un jour où elle ne regardait pas devant elle. Cette première rencontre se fait sous les yeux de Maribel, une camarade de Lea, qui va aussitôt décréter, comme bon nombre d’autres personnes, que Lea et Gabe iraient très bien ensemble. Malheureusement les deux principaux concernés semblent être les seuls à ne pas s’en rendre compte.

Un petit quelque chose en plus ou la promesse d’une histoire douce et sucrée, le genre qui vous fait couiner, qui fait vos orteils se recroqueviller et qui vous colle un sourire niais pour la journée. Promesse tenue ?

L’histoire est d’une simplicité déconcertante mais vous faire comprendre mon ressenti risque d’être plus compliqué. L’originalité de cette histoire tient uniquement sur sa narration : ici nous ne suivons pas le récit à travers Lea ou Gabe mais à travers 14 autres personnages présents dans leur vie. Le grand frère, la colocataire, le conducteur de bus, la barmaid du Starbuck en passant par l’écureuil ou le banc du parc, tous sont présents à un moment ou à un autre dans le quotidien de Gabe et Lea, et tous sans exception les imagineraient bien ensemble. L’idée de départ est tout simplement géniale ! Mais dans les faits ? Étrangement je suis moins emballée. Peut-être y a-t-il trop de narrateurs. Ou peut-être que certains manquent tout simplement de crédibilité. J’ai du mal à concevoir que tant de gens puissent imaginer une romance entre deux personnes. Les amis/proches, pas de souci. La barmaid je l’accepte, j’ai déjà lu des histoires de ce type. Mais le glandeur de la classe ou tout simplement le professeur et son assistant ? Je ne sais pas. J’aurais pu y croire s’il n’y avait pas déjà tellement de gens concentrés sur Gabe et Lea. Je veux dire, il m’arrive parfois de m’imaginer des choses sur les gens que je croise mais je doute que nous soyons quatorze à le faire en même temps. C’est la multitude de personnages plus que leur diversité qui me pose problème. J’aurais d’avantage apprécié cette histoire s’il y avait eu moins de protagonistes. Soyons honnêtes, certains ne sont pas du tout intéressants. Ce ressenti vient sans doute du fait qu’on ne sait absolument rien de ces personnages secondaires. Ils ont leur propre vie mais le lecteur n’en fait pas partie, et j’ai du mal avec ça. Ils n’ont d’ailleurs pratiquement même pas d’opinion sur Lea et Gabe et ne s’impliquent pas vraiment. Je regrette également qu’on n’en sache si peu sur les deux personnages principaux. J’aurais aimé m’attacher à eux mais j’ai bien trop peu d’informations pour ça. Mis à part le fait que Lea soit timide et asiatique, je ne pourrais guère vous en dire plus sur elle. Gabe est plus intéressant parce qu’il nous cache quelque chose (on devine assez facilement où se situe le problème) mais on ne sait véritablement rien de personnel sur lui. J’ai besoin de plus de concret pour véritablement m’attacher à un personnage, quel qu’il soit.

J’ai tout de même poursuivie ma lecture sans rechigner parce que je reconnais qu’il y a quelque chose d’addictif dans Un petit quelque chose en plus. Je n’arrive pas à déterminer quoi. Comme dit précédemment impossible de véritablement m’attacher aux personnages, proportionnellement parlant il y a bien plus de dialogues que de narration (ce qui m’insupporte) et les dit dialogues sont parfois d’une banalité affligeante. Et pourtant comme les 14 voix de ce roman je me suis surprise à attendre qu’il se passe enfin quelque chose entre Lea et Gabe. Du moins pour la première partie du livre où on suit avec plaisir les différents moments qui nous font penser « c’est évident qu’ils sont fait pour être ensemble ». Mais j’admets que passer un certain temps, les deux protagonistes finissaient par m’exaspérer. Il n’était plus question que de quiproquos, d’occasions manquées, de malentendus, … Je n’avais pas assez de matière pour patienter sagement. Si au moins on avait droit à un aperçu sur le ressenti de Gabe ou de Lea ! Mais non, tout passe encore et toujours par d’autres protagonistes. Le manque de descriptions, de profondeur dans l’implication des autres personnages m’a vraiment posé problème. Ils se contentent d’observer sans jamais émettre d’hypothèse, sans véritablement parler aux principaux concernés (du moins pour ce que l’on sait), ce qui fait qu’au final cette histoire me semble vide. J’ai besoin de connaître le ressenti des personnages que je suis. Malheureusement l’auteur préfère de loin les dialogues, ce qui ne permet pas de faire des introspections et c’est principalement ce qui m’a manqué. D’un point de vue technique il m’a aussi manqué quelques incises ici et là, ce qui fait que je me retrouvais parfois perdu dans qui disait quoi.

L’histoire entre Gabe et Lea reste adorable mais la façon dont elle est racontée me dérange. Pas les 14 voix parce que même si certaines sont inutiles, on les suit avec plaisir. Mais il y a trop peu de narration pour moi. Je ne pouvais pas me représenter les lieux, les mois filent sans qu’on sache véritablement ce qu’il se passe dans la vie de tous les protagonistes, … Cette histoire est à la fois trop longue et trop courte. Si l’auteur voulait se baser principalement sur des dialogues, elle aurait pu se permettre de sauter quelques moments inintéressants sans que cela nuise au récit. Mais si au contraire l’auteur avait pris le temps de mieux poser son histoire, d’accorder plus de place aux personnages (autres que Gabe et Lea), d’inclure un ou deux vrais rebondissements, j’aurais d’avantage aimé ce livre. Ou peut-être que tout ça m’aurait paru plus crédible si l’histoire se déroulait au lycée plutôt qu’à l’université.

Un petit quelque chose en plus est une histoire toute douce et mignonne, pleine de guimauve (ce qui habituellement est ma tasse de thé) et pourtant il m’a définitivement manqué quelque chose. Le plus frustrant est de ne pas parvenir à mettre le doigt dessus. L’idée des 14 narrateurs reste originale, notamment le fait de ne jamais avoir le point de vue de Gabe ou Lea. Et pourtant le récit souffre incontestablement de longueurs et n’offre aucune surprise.
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date : 22-02
Vic Howard a toujours été transparent. Sa timidité naturelle et son bégaiement ne l’aident pas à se sociabiliser. Les moqueries et les taquineries lui sont néanmoins épargnées grâce à son amitié avec Brett, particulièrement populaire. Tout les différencie et pourtant les deux amis sont inséparables au point que Vic se laisse entraîner par Brett dans des fêtes où il ne s’amuse pas, où il ne se sent pas à sa place. Un jour à l’une de ces fêtes, Vic aide Callie, une jeune fille de son lycée, à trouver un peu de tranquillité dans une des chambres afin qu’elle puisse se reposer suite à sa trop grande consommation d’alcool. Il n’aurait jamais pu imaginer que le lendemain des policiers viendrait frapper à sa porte parce que Callie l’accusait de viol, ni que sa propre père ne croirait pas à son innocence.

Je connaissais déjà Kelley York pour son livre Sous la même étoile, qui m’avait laissé entre deux eaux avec une histoire particulièrement addictive et une fin plus que décevante. Mais j’avais adoré cette façon qu’avait l’auteur de nous décrire les sentiments de ses personnages donc j’ai décidé de retenter l’aventure avec Le piège de l’innocence. Pour mon plus grand bonheur, les sentiments et le ressenti était bien là.

Les livres traitant de la thématique du viol sont nombreux de nos jours mais tous, ou presque, se placent du point de vue de la victime. Le piège de l’innocence prend, pour une fois, le parti de l’accusé. Dès le début nous savons que Vic n’est pas coupable, ce qui bien évidemment aide à s’attacher au personnage. Du moins dans une certaine mesure. Vic est avant tout une personne transparente, peu sûre d’elle, très hésitante, sensible, et je reconnais avoir eu un peu de mal à m’intéresser à lui. Sans doute l’auteur a-t-elle trop bien perfectionné son personnage au point de le rendre inintéressant même pour le lecteur. Vic ne proteste jamais, ne lève jamais la voix et accepte toutes les misères que la fatalité peut lui envoyer. Je l’ai trouvé parfois trop enfantin, trop naïf, dans ses pensées et ses actions. Au final Vic n’est intéressant que lorsqu’on l’associe à d’autres personnages. Je m’explique : j’ai été vraiment intriguée par la relation étrange qu’il entretient avec sa mère. Au début on ne comprend pas cette distance qu’elle met entre eux ni pourquoi elle est si prompt à le croire coupable. La vérité se devine au fil des pages et elle n’est vraiment pas belle à voir. La relation (ou plutôt son absence) qu’il entretient avec son père est elle aussi très intéressante. Comment détester son propre père même s’il a commis un acte horrible ? J’ai été déçue que Vic n’aille pas au bout de son action, même si je peux le comprendre. Et puis il y a sa relation avec Autumn. Cette jeune fille est tout le contraire de Vic. Soyons honnête, sans Autumn, Vic serait encore à pleurer sur son sort et aurait probablement finit sa triste vie sous le regard accusateur des autres habitants de la ville. Si cela renforce mon intérêt pour Autumn, fatalement je me désintéresse un peu plus de Vic, ce qui est dommage. La romance entre les deux est intéressante à suivre et ne prend pas le pas sur la trame principale de l’histoire, ce qui j’ai énormément apprécié. Pas que je n’avais pas envie de quelque chose entre ces deux là (c’était d’ailleurs plutôt prévisible) mais j’aurais trouvé dommage qu’ils se concentrent sur leur idylle et oublient Callie et tout le reste.

Comme je le disais plus haut, le point fort de Kelley York sont les sentiments. Parler de viol n’est jamais facile mais ici la victime est parfaitement crédible. On ressent sans mal la détresse de Callie mais aussi son envie de s’en sortir malgré sa peur, sa volonté de continuer à vivre malgré ce qui lui est arrivé. Je ne dirais pas qu’on ne la plaint pas mais on ne s’apitoie pas sur son sort justement parce qu’elle-même ne le fait pas, et c’est un vrai bonheur de la voir lutter pour reprendre sa vie en main. Mais je pense que la plus belle réussite de l’auteur concernant Le piège de l’innocence est de ne jamais porter de jugement. Ce serait facile de mettre tout sur le compte de l’alcool ou des tenues affriolantes que portent parfois les adolescentes. Heureusement ici Kelley York ne juge pas, ne prend pas parti, elle énonce simplement un évènement tragique sans jamais désigner de coupable alternatif. Il aurait été facile de charger la victime à cause de sa tenue ou le coupable à cause de sa trop grande consommation d’alcool (et autres). Callie se trouvait au moment endroit au mauvais moment en compagnie de la mauvaise personne, point final.

Le plus gros point faible de ce roman est incontestablement le fait qu’on devine sans mal qui est le véritable violeur. Je ne saurais même pas vous dire précisément ce qui m’a mis sur la voie mais en quelques chapitres le mystère était déjà résolu. Je n’arrive pas à savoir si c’est ou non volontaire de la part de l’auteur étant donné que je n’ai pas réellement mené mon enquête. La vérité m’est apparue devant les yeux, tout simplement. J’ai néanmoins continué ma lecture avec l’espoir de me tromper, avec l’inquiétude que le véritable coupable ne soit jamais démasqué (vu le manque de motivation de la police, ça n’aurait rien eu d’étonnant !), mais surtout avec l’anxiété de découvrir comment Vic allait réagir, comment il allait être affecté par la vérité. A ce propos j’ai d’ailleurs adoré son moment d’hésitation lorsqu’il comprend enfin : doit-il se taire pour protéger le coupable ou au contraire le dénoncer pour assurer une certaine paix de l’esprit à Callie ? J’ai vraiment cru qu’il se laisserait embobiner et ne dirait rien. Le dernier rebondissement qui en découle m’a semblé à la fois lâche (de la part du violeur) et trop facile (de la part de l’auteur). Au final le coupable ne paiera jamais pour son crime et je trouve ça dommage pour un roman Young Adult.

J’en suis néanmoins venu à me demander si cette thématique du viol n’était pas qu’un prétexte pour tout le reste. Grâce à ça Vic crève enfin l’abcès avec sa mère, en apprend plus sur ce père inconnu qu’il a toujours idéalisé, sort du giron de son meilleur ami, trouve l’amour, … Le récit tourne autour de Vic donc c’est normal qu’il lui arrive tout un tas de péripéties mais j’ai souvent eu le sentiment que l’accusation qui planait sur lui était relégué au second plan. Je pense que j’aurais d’avantage apprécié si Vic avait réellement été soupçonné par tout le monde, s’il y avait eu plus de répercussions. Parce qu’au final même s’il se fait un peu bousculer au lycée et que sa mère réagit étrangement, Vic est rapidement innocenté par la police (du moins si on se base sur les preuves) et je n’ai jamais réellement été inquiète concernant son avenir. Je n’ai jamais douté qu’il ne finisse pas par être déclaré non coupable. En revanche j’ai longuement redouté que le véritable coupable ne soit jamais identifié. J’ai envie de dire que le poids du viol de Callie ne pèse pas assez sur Vic, qu’il n’y a pas assez de conséquences. Parce que quand on y regarde bien, l’histoire reste tout de même très gentillette. Vic ne se débat pas assez avec la justice et laisse trop souvent faire les autres. Je n’aime guère la politique du « j’attends sagement de voir ce qu’il adviendra ». Et c’est dommage parce qu’avec un peu plus de désespoir, un peu plus de torture psychologique envers Vic, un peu plus de prise de risque de la part de l’auteur, Le piège de l’innocence aurait pu se révéler tout simplement passionnant !
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Replay écrit par Ken Grimwood
date : 08-02
http://lesmotspourrever.com/

Alors qu’il est au téléphone avec sa femme Linda, Jeff réalise à quel point sa vie est morne et monotone. Mauvais choix, hésitation constante, peut-être aussi la faute à pas de chance. La romance comme les projets, rien n’avait marché pour eux. Et pourtant lorsqu’il sent cette douleur atroce dans sa poitrine Jeff est sûr d’une chose : il ne veut pas mourir. Le destin, un miracle ou peut-être une entité supérieure l’a entendu : lorsqu’il rouvre à nouveau les yeux, Jeff n’est pas mort mais de retour à l’université, propulsé dans son corps de jeune adulte tout en ayant gardé les souvenirs de cette vie passée dont il est le seul à se souvenir.

Replay m’a d’abord attiré par son titre, qui m’a immanquablement fait imaginer un récit en rapport avec la musique. Première déception en lisant le résumé et pourtant j’en suis venue à me dire « et pourquoi pas ? » tout en redoutant les explications les plus abracadabrantesque concernant cet étrange phénomène. Mais la curiosité était grande et aussitôt acheté, aussitôt commencé !

Tout d’abord Ken Grimwood est très doué pour faire passer les émotions. On ressent sans mal la lassitude de Jeff lorsqu’il contemple sa vie du haut de ses 43 ans. Il n’en est pas suicidaire pour autant, juste fatigué de cette existence ratée qui ne s’améliorera jamais. Finalement c’est presque avec soulagement (du moins pour moi) que survient cette attaque cardiaque qui va le sortir de son ennui. Je n’ai pas souhaité sa mort bien évidement mais j’avais hâte que le fameux phénomène que nous promettait le résumé se produise pour que Jeff ait enfin la chance de bien faire les choses. Et vous, que feriez-vous si vous aviez la possibilité de tout recommencer ? Vaste question ! Jeff lui, commence par plaquer l’université et parier sur les résultats sportifs dont il se souvient afin de se construire une nouvelle existence dorée. Oui c’est de la triche mais j’avoue sans honte que j’aurais fait exactement pareil. Cette nouvelle vie suit son court et, cliché oblige, Jeff réalise que cette existence n’est au final guère plus remplie que la précédente puisque l’argent ne fait pas le bonheur. On sent venir cette réalisation de très loin et c’est dommage.

J’ai été surprise de voir qu’à l’âge de 43 ans, Jeff meurt à nouveau et se réveille encore une fois dans son corps d’étudiant. A partir de là je me suis demandé quel était le but de ce livre. La recherche de la vie parfaite ? Lui faire recommencer son existence jusqu’à ce qu’il trouve enfin celle qui a été faite pour lui ? Un jeu de la part d’une entité supérieure qui s’ennuie ? Un simple tour de passe-passe ? Je l’admets, j’ai passé une bonne partie de ma lecture à tenter de comprendre le phénomène ce qui fait que je ne me suis pas toujours réellement plongée dans les différentes vies de Jeff. Surtout lorsque les clichés s’enchainent : tout d’abord la richesse, ensuite la tentative d’une histoire d’amour parfaite, voir plus grand et tenter de changer la face du monde, réaliser que tout est vain et sombrer dans la drogue et le sexe, tenter de trouver des réponses en dévoilant le phénomène au monde entier. Et après ? Il y a dans Replay trop de vies à mon goût. Surtout lorsqu’on ne sait pas où l’on va, lorsqu’on ignore quel est le but de tout ça. Je n’ai jamais eu l’esprit cartésien mais j’aime comprendre l’intérêt de faire telle ou telle chose et en ce qui concerne les déboires de Jeff, je cherche encore. Lui a-t-on fait endurer tout ça pour qu’il réalise que le meilleur dans la vie, ce sont les petites choses ? Qu’une existence ne pourra jamais être parfaite ? Qu’il faut savoir se contenter de ce qu’on a ? Si c’est ça le message du livre j’ai envie de répondre : tout ça pour ça ? Apprenez-moi quelque chose que je ne sais pas déjà.

Même si le concept est passionnant, j’ai connu quelques longueurs, notamment lorsqu’intervient dans l’histoire le personnage de Paméla. Je ne saurais vous dire pourquoi mais je ne suis pas parvenue à m’attacher à elle. Pire encore, certaines de ses réactions m’ont laissé perplexe. Je conçois qu’elle ne réagisse pas au phénomène du replay comme le fait Jeff (le contraire aurait d’ailleurs été ennuyeux) mais je me suis lassée de la voir fuir devant le moindre problème. Elle fuit lorsqu’elle découvre que Jeff a passé plusieurs année avec elle avant qu’elle ne se souvienne de son replay, elle fuit lorsqu’elle ne supporte pas la pression, elle fuit lorsqu’elle a tort, … Bref, elle ne fait que courir face aux problèmes, ce qui m’énerve prodigieusement. Peut-être l’écart est-il trop grand entre Jeff qui accepte tout sans broncher et Paméla qui nie en bloc tout ce qui la dérange. Ou peut-être n’ai-je tout simplement pas accroché avec ce personnage qui manque un peu de profondeur. Sans oublier que leur histoire d’amour m’a étrangement laissé de marbre et prend trop de place à mon goût (moi qui pourtant ne jure que par ça !).

Chaque vie nous fait prendre conscience des travers de l’humanité mais aussi de ses bons côtés. Chaque vie nous amène à nous poser des questions, à émettre des jugements malgré nous, et nous attache un peu plus à Jeff. Sa descente aux enfers a été passionnante à lire, et quelle claque me suis-je pris lorsque j’ai réalisé la « trahison » de Mireille ! Je pensais que Jeff avait enfin trouvé quelqu’un qui ne le jugerait pas, je me suis royalement trompé. En revanche ce repli sur lui qu’il effectue dans une vie suivante m’a ennuyée. L’importance de la nature, vivre en harmonie avec les éléments, … La théorie est intéressante mais en lire le récit ? Cette vie m’a semblé bien longue. Alors quand en plus lors d’un autre replay Jeff s’y adonne à nouveau … En fait je crois que ce que je reproche vraiment à Ken Grimwood c’est d’avoir été trop sage. Trop cliché, trop américain moyen avec son personnage principal. Il y avait tellement de possibilités bien plus dingues ou plus excitantes ! J’ai aimé suivre Jeff, bien sûr, mais il m’a manqué une vie de folie, une vie d’excès où tout lui serait permis et où il en profiterait entièrement.

Il parait qu’une seconde lecture de Replay offre une toute nouvelle vision des choses sur l’histoire. Je vais donc laisser passer quelques mois, peut-être quelques années avant de l’ouvrir à nouveau. On verra si se dégage un autre niveau de lecture, si cette fois je ne commence pas à me lasser arriver à la moitié du livre.
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http://lesmotspourrever.com

Pas facile d’être le descendant du célèbre Dr Watson, fidèle compagnon de Sherlock Holmes. Pire encore, lorsque grâce à une bourse d’étude James Watson se retrouve envoyé dans un lycée aux USA, il se dit que le monde s’acharne contre lui. Le hasard n’a pas fini de le surprendre puisque là-bas il rencontre Charlotte Holmes, arrière-petite-fille du célèbre détective qui n’a rien à envier à son aïeul. Les deux lycéens sont loin de s’entendre mais le meurtre d’un camarade et les accusations qui pèsent contre eux vont les obliger à collaborer.

Si vous traînez sur ce blog depuis longtemps, vous savez déjà la passion que je voue à Sherlock Holmes et à son univers. Je suis passée par pas mal d’adaptations, de réécritures et autres, et malheureusement je n’ai que très peu souvent été convaincue du résultat. Quand sera-t-il des aventures de Charlotte Holmes ?

Je l’admets, cette lecture commençait plutôt mal. Partir du principe que John Watson et Sherlock Holmes ont réellement existé et que Conan Doyle n’a jamais vu le jour est on ne peut plus grisant. Du moins pour moi ! Mais ce que l’auteur en a fait m’a fait quelques fois tiquer. Je l’admets, l’idée même que Sherlock ait pu concevoir un enfant m’est étrange. Non pas qu’il n’aime pas les femmes, mais en trouver une qui lui plaise (non pas physiquement mais mentalement) relève de l’impossible. Donc fonder une famille ? Difficile à admettre. Un peu comme le fait que le Dr Watson ait vendu les droits de ses histoires pour éponger ses dettes de jeu. Certes il a toujours eu ce vice mais lui faire abandonner ses récits pour le profit me semble être un sacrilège. Que voulez-vous, je n’ai jamais aimé qu’on touche à ces deux-là.

Comme avec son aïeul, le récit se fait du point de vue de James Watson. J’apprécie beaucoup ce personnage. Pas aussi intelligent qu’un Holmes bien évidemment, mais pas non plus un benêt ou un simple faire valoir. Encore moins un simple tas de muscles, même s’il a une grande facilité à jouer des poings qui lui attirera quelques ennuis. J’aime aussi la relation compliquée qu’il a avec son père. Ce dernier est d’ailleurs un personnage très intéressant que je regrette de ne pas avoir côtoyé plus longuement. Ce qui est franchement agaçant en revanche ce sont les sentiments de James pour Charlotte. Je veux dire bien évidemment que je m’attendais à une romance (sinon Brittany Cavallaro n’aurait pas pris soin de faire de l’un d’eux une fille) mais je n’en voulais pas. J’aurais préféré une amitié tendre, un peu floue, qui laisse présager mais qui ne dit rien. J’aurais préféré de la subtilité, des sous-entendus semés grâce au choix des mots. La détresse de James face à la réticence de Charlotte m’aurait plus touché s’il avait été question d’amitié. Et puis James tombe amoureux trop vite et trop violemment. J’ai même eu l’impression qu’il était amoureux avant même de rencontrer Charlotte. Il a passé une partie de son enfance à imaginer ce que ce serait de vivre de passionnantes aventures avec elle, du coup j’ai vraiment eu le sentiment qu’il était amoureux de l’image qu’il s’était construit d’elle. Certes on sent bien qu’il est aussi amoureux de la vraie Charlotte mais les sentiments entre ces deux-là me poseront toujours problème. Peut-être parce que Charlotte a justement trop de sentiments. Elle est censée être une Holmes, après tout. Pas juste une machine qui résout des crimes et est incapable de ressentir quoi que ce soit non plus, mais je ne l’imaginais pas du tout comme elle est dans cette histoire. Certes Brittany Cavallaro a repris les codes de Holmes en faisant de Charlotte une surdouée addict aux sciences et à la drogue, virtuose du violon, inadaptée en société et incapable de garder pour elle ce qu’elle pense, mais elle dégage trop d’émotion. Certains mettront ça sur le fait que ce soit non seulement une fille mais surtout une adolescente de 16 ans, ce à quoi je répondrais que dans ce cas elle n’est plus qu’un cliché, une parodie d’héroïne. Trouvez-moi bizarre si ça vous chante mais je ne la juge pas digne d’être une Holmes, surtout lorsqu’elle se laisse aveugler par ses sentiments pour son ancien précepteur.

Deux autres points m’ont fait tiquer mais c’est la sherlockienne en moi qui se révolte donc vous ne ressentirez probablement pas la même chose lors de votre lecture. Premièrement : ça va vous sembler stupide mais je ne comprends pas pourquoi notre héros s’appelle James. Le plus grand ennemi de Sherlock Holmes s’appelle James Moriarty. Vous trouvez ça logique de donner à votre fils le même prénom que le plus grand ennemi du meilleur ami de votre ancêtre ? Moi non. Sur ce coup là je ne comprends vraiment pas le choix de l’auteur, surtout qu’elle a pris soin de faire du père de James un fan des aventures de Sherlock Holmes. Jamais il n’aurait pu faire une chose pareille. Deuxièmement : c’est quoi cette histoire entre Charlotte et August Moriarty ?! (descendant de James Moriarty, je précise). Je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir l’intrusion du fantasme d’une fangirl. Une Holmes et un Moriarty ? Yeurk. Le pire est lorsque, aveuglée par ses sentiments pour lui, Charlotte en devient stupide et refuse de voir ce qu’il y a pourtant juste en face d’elle.

J’ai passé les premiers chapitres à grogner dans mon coin avant de changer de tactique : oublier complètement le lien entre ce nouveau duo et l’originel afin de me concentrer exclusivement sur l’histoire. J’ai eu du mal mais j’y suis arrivée. Et j’en suis heureuse parce que ce livre est loin d’être mauvais. Certes on voit venir certaines choses de loin et Charlotte est un peu trop passive dans ses investigations à mon goût mais les derniers chapitres nous offrent plusieurs rebondissements successifs qui ne sont pas pour me déplaire. Rien ne nous permet vraiment de mener notre propre enquête et de dénicher le coupable mais on suit James avec plaisir (tout en se retenant de frapper Holmes pour refuser d’ouvrir les yeux) dans ses déductions et ses hypothèses. Tout comme lui je n’avais pas vu venir cette autre « menace » certes de moindre importance comparée à cette accusation de meurtre qui plane sur lui, et j’ai été véritablement surprise d’apprendre que certains personnages ne faisaient que jouer la comédie. Surprise mais triste aussi parce que finalement en dehors de Charlotte, James n’a pas grand monde sur qui compter. Sa déception m’a fait mal, je ne peux pas le nier. Autre point fort des aventures de Charlotte Holmes : le grand méchant de cette histoire reprend les modus operandi des criminels qu’a rencontrés Sherlock au cours de sa carrière. Voir les références et retrouver les histoires concernées (avant que James ou Charlotte ne nous les dévoile) était un petit plaisir très agréable. Sans oublier que l’amitié entre nos deux protagonistes se construit lentement, avec logique, et ne nous tombe pas dessus en un battement de paupières, ce qui fait qu’on n’a aucun mal à y croire.

Pour résumer une lecture en demie teinte en ce qui me concerne mais ça ne sera probablement pas votre cas si vous ne vous intéressez pas plus que ça à Sherlock Holmes. C’est toujours un risque de reprendre des personnages ayant déjà une certaine stature, et ça l’est tout autant de vouloir jouer avec leurs descendants. J’ai eu énormément de mal avec Charlotte (trop émotionnelle à mon goût) mais j’aime beaucoup James. Il est dommage que l’intrigue soit cependant parfois reléguée au second plan pour laisser place à des moments plus innocents. Tout cela manquait un peu de folie, je dirais même de grandeur. Et paradoxalement certaines choses sont un peu trop faciles. Mais ça reste un roman jeunesse, donc on pardonne. Ceci dit je me demande vraiment ce que l’auteur va pouvoir nous dénicher pour les deux autres tomes prévus. En rester là ne m’aurait pas dérangé, il ne me reste aucune question en suspens. Nous verrons bien ce que donnera la suite !
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La vie tranquille de Yaichi et de sa fille Kana se voit bousculée par l’arrivée de Mike Flanagan, l’homme que Ryôji (son frère jumeau aujourd’hui décédé) a épousé après être parti s’installer au Canada. Bouleversée non pas dans ses habitudes de père célibataire mais plutôt dans ses convictions et son opinion sur l’homosexualité en générale et surtout sur celle de son frère, Yaichi va réaliser qu’il n’est peut-être pas aussi tolérant qu’il le pensait.

Pour être franche, si je ne m’étais fiée qu’à la couverture, je n’aurais jamais acheté Le mari de mon frère. Le dessin représente typiquement tout ce que je n’aime pas : personnages imposants, visages carrés et franchement simples, un style un peu « vieillot ». Pourquoi avoir tenté l’aventure, alors ? Pour le titre, tout simplement. En le lisant je me suis sentie interpellée, je me suis même dit « enfin un auteur qui ose ». Donc j’ai craqué. Et quelle bonne idée j’ai eu ! En seulement quelques pages mes problèmes avec le graphisme étaient totalement oubliés tant j’ai été prise par l’histoire.

Je craignais un peu un véritable choc des cultures non pas entre japonais et canadien mais entre hétéro et homo. On ne peut pas dire que Yaichi accueille Mike à bras ouverts mais au moins sait-il se contrôler et se montrer courtois. Même si ses pensées à l’égard de Mike sont loin d’être toutes amicales, il a la décence de les garder pour lui. Les débuts sont maladroits non seulement parce que les deux hommes ne se connaissent pas mais surtout parce que Yaichi est bourré de préjugés. Ces derniers sont d’ailleurs tout sauf des clichés, malheureusement. C’est l’un des points forts de Gengoroh Tagame, d’ailleurs, il ne tombe jamais dans l’excès. Toutes les pensées, toutes les réflexions que peut se faire Yaichi sont authentiques. S’adresser à des lecteurs de tous âges et leur parler d’homosexualité sans tabou ni érotisme, je ne peux que dire bravo ! C’est une lecture qu’on pourrait presque qualifier de pédagogique puisqu’elle se passe en partie du point de vue de Kana. Cette petite fille est pleine de candeur et d’innocence mais surtout de gentillesse et ne voit pas pourquoi deux hommes ne pourraient pas être ensemble. Elle ne juge pas, elle se contente de poser des questions et d’accepter les réponses le plus naturellement du monde et c’est une véritable bouffé d’air frais dans ce monde homophobe qui nous entoure. Les questions de Kana vont amener Yaichi à réaliser qu’il n’a jamais véritablement accepté l’homosexualité de son frère, qu’il a toujours préféré faire comme si ce fait n’existait pas. Peut-être est-ce même la raison de leur éloignement ? Yaichi n’est pas tout à fait homophobe, il ne sait tout simplement pas comment agir parce qu’il n’a jamais été confronté à cette situation avant. Il est maladroit, sans doute un peu ignorant aussi, ce qui donne lieu à quelques situations embarrassantes, surtout lorsque Kana s’en mêle.

Le mari de mon frère ne parle pas seulement d’homosexualité/d’homophobie. Comme Yaichi est père célibataire, la question du rôle de chacun dans un couple hétéro est abordée l’air de rien. Vivant seul, il se retrouve à faire lui-même ménage, cuisine et lessive, ce dont il n’est pas fier. Du coup se pose immanquablement la question de la mère : où est-elle ? Est-elle décédée ou simplement absente ? Je n’ai pas vraiment cherché à comprendre, entre les mots de Kana et le comportement de Yaichi, pour moi elle n’était tout simplement plus de ce monde mais il semblerait que ce soit un peu plus compliqué que ça. De là Gengoroh Tagame nous entraîne sur un autre sujet encore : la famille. La culture japonaise est très centrée sur l’importance des liens familiaux et Yaichi se retrouve partagé entre son savoir-vivre et ses pensées homophobes. Il le reconnait lui-même : si Mike avait été une femme, il n’aurait pas hésité une seule seconde à lui proposer de l’héberger. Là il a fallu l’intervention de Kana et son instance sur le fait que Mike est son oncle pour que Yaichi réalise qu’il ne s’est pas comporté comme il l’aurait dû vis-à-vis de Mike, trop perturbé par le fait que l’autre homme soit le mari de son frère.

Est également abordé le thème du deuil et rappelle que personne ne réagit de la même façon. A la mort de leurs parents, Yaichi n’a pas versé une seule larme alors que Ryôji était inconsolable. A la mort de Ryôji, Yaichi n’a pas plus pleuré, sans doute parce que la distance a fait qu’il n’a pas vraiment réalisé ce qu’il se passait. La présence de Mike lui rappelle se fait et Yaichi semble seulement commencer son deuil, à tout petits pas. J’espère vraiment retrouver ce point dans les prochains tomes et connaître enfin le ressenti de Yaichi vis-à-vis de la mort de son jumeau. Pour le moment la présence de Mike fait remonter à la surface tout un tas de souvenirs, de regrets et de questions (pourquoi ne se parlaient-il plus ? La distance est-elle réellement la seule coupable ?). C’est dans ces situations que Yaichi est le plus intéressant. Sans ça, il ne serait qu’un homme sans grand intérêt bourré de préjugés et d’idées reçues, le genre qu’on a parfois envie de frapper devant tant d’ignorance. Ces instants souvenirs le rendent touchant et donnent envie d’apprendre à le connaître.

Sont disséminées ici et là quelques « petites leçons de culture gays » qui personnellement ne m’ont rien appris de nouveau mais m’ont fait réaliser à quel point l’auteur a le sens du détail. Il s’agit de deux ou trois pages qui coupent littéralement l’histoire mais ces interventions n’ont rien de frustrant ou d’agaçant. C’était un pari risqué mais Gengoroh Tagame l’a gagné.

Certains pourraient reprocher à ce manga d’être trop léger, trop gentil. Dans ce premier tome il n’y a pas de grand conflit, pas de véritable problème à surmonter, pas de péripétie, pourrait-on dire. C’est une lecture tout en douceur et c’est, je pense, ce qui fait tout l’intérêt de ce manga. Oui les situations sont parfois un peu trop naïves mais il fallait au moins ça pour parler d’homophobie. Il ne faut pas oublier qu’au Japon l’homosexualité est loin d’être aussi bien acceptée qu’en France (ce qui n’est pas peu dire …), aussi le comportement de Yaichi vis-à-vis de Mike est déjà en soi un rebondissement énorme.

Un premier tome prometteur qui change des clichés véhiculés aussi bien sur les homosexuels que sur les homophobes, à la fois mélancolique et léger. Vivement la suite !

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date : 29-12-2016
Eva Tramell commence sa nouvelle vie à New York comme assistante pour un publiciste. Sur son lieu de travaille elle rencontre par hasard le grand patron en personne, Gidéon Cross, qu’elle juge d’une beauté renversante. Si l’apparence lui plait, en revanche la personnalité beaucoup moins : il se permet de la tutoyer et à même le culot de lui demander si elle accepterait de coucher avec lui. Bien qu’elle se refuse vertement à lui, il ne cède pas pour autant et comme alors un jeu du chat et de la souris.

Il est des livres que je n’ouvrirais pas pour tout l’or du monde et jusqu’à présent celui-ci en faisait partie. Mais quand votre pote est planté devant sa console, vous vous retrouvez à fureter dans la bibliothèque de sa petite amie et vous réalisez avec horreur qu’elle a été happée par le phénomène Cinquante nuances de Grey et qu’elle ne lit que de la littérature érotique. Du coup pas le choix, vous prenez celui qui vous semble le moins pire de tous, et pour moi ce fut Dévoile-moi. Je tiens à préciser que je ne ferai pas de comparaison entre Cinquante nuances de Grey et Dévoile-moi puisque je ne suis pas parvenue à aller au bout du premier tome de cette trilogie qui a soi-disant secoué la terre entière.

Je ne vais pas vous le cacher, je me suis retrouvée plus d’une fois à lever les yeux au ciel ou à rire toute seule tellement certaines situations me semblaient improbables/pitoyables. Rien de bien nouveau dans le scénario, au final la littérature érotique commence plus ou moins toujours de la même façon. Eva me plaisait bien au début. Malgré sa jeunesse elle a un certain caractère et est loin d’être naïve. Et que dire de son meilleur ami Cary ? Il m’a plu tout de suite. Beaucoup moins sur la fin … Quant à Gidéon ? Ce type est une horreur. Il ne prend pas « non » pour réponse et est franchement effrayant. Son argent lui permet de tout s’offrir, y compris les services de certains professionnels pour tout savoir sur la vie d’Eva. A sa place je trouverai ça franchement effrayant. Le « pire » a sans doute été d’apprendre qu’en plus de posséder le bureau dans lequel elle travaille, il possède également l’immeuble où elle vit ainsi que le bar où il lui arrive d’aller se détendre. A la place d’Eva je me serai sentie prise au piège, mais pas elle. La résistance qu’elle offrait à Cross me plaisait, je m’attendais à un véritable jeu de séduction, presque à une bataille pour voir qui ferait plier l’autre en premier. Mais point de bataille, Eva réagit avec son deuxième cerveau (oui, les femmes en un aussi, ce n’est pas spécifique aux hommes !) et se laisse approcher rapidement, même si elle pose deux-trois conditions que monsieur s’empresse d’accepter. Le problème vient peut-être de là. Les scènes de sexe s’enchainent dans différents contextes et à différents degrés mais sont toujours trop courtes et, oserais-je le dire, trop succinctes. Il y a plus à écrire que quelques léchouilles, une brève description de sensations et la mention d’un ou deux orgasmes. Je suis navrée de le dire mais Sylvia Day ne m’a pas fait fantasmer. Pour un livre qui est censé ne se lire que d’une main, c’est quand même dommage !

Etant donné que Eva et Gidéon en viennent rapidement aux choses sérieuses, je me suis franchement demandé ce qui pouvait occuper les trois derniers quarts de Dévoile-moi. Ce qui est sûr c’est que je ne m’attendais pas à un micmac pareil. On finit par comprendre que Gidéon a de véritables problèmes d’engagements qui lui ont valu quelques casseroles qu’il se traîne toujours mais surtout qu’Eva a un passé sombre dont elle a du mal à se défaire. Ce point a rajouté une certaine profondeur au personnage, ce qui m’a plu, tout comme avec Cary, qui se juge « cabossé par la vie ». Si on en apprend plus sur Eva, le passé de Cary reste pour le moment un mystère. Mais étrangement quand on en vient à comprendre que Gidéon a lui aussi connu un traumatisme, là j’ai dit non. Un personnage à problèmes, ok. Deux, pourquoi pas. Mais trois ? Je dis stop. Certes cela rajoute des difficultés à leur histoire, certes cela rajoute un rebondissement, mais là ça commence à faire beaucoup. A la limite, il aurait fallu faire de Cary un personnage normal, sans bagage émotionnels à traîner (il m’a d’ailleurs énormément déçue en agissant de cette façon). Là je pense que j’aurais plus apprécié cette romance entre nos deux traumatisés. Enfin, quand je dis « romance » … Eva nous parle d’amour mais je ne l’ai pas ressenti. Gidéon clame ses sentiments mais je ne les ai pas vus. Pire encore, qu’il se mette à pleurer chaque fois qu’elle menace de le quitter est … pathétique. Je n’ai pas d’autres mots. Ce n’est même pas le fait que cela casse son image de dominateur (au contraire, qui ne rêverait pas qu’un gros dur brise ainsi sa carapace pour vous ?), c’est tout simplement, je pense, dans la façon dont les choses nous sont racontées. Je n’ai pas ressenti la détresse de Gidéon, sa peur de perdre Eva, pas plus que l’évolution de ses sentiments envers elle, évolution qui l’aurait donc conduit à se comporter ainsi en cas de rupture. Je suis restée figée avec mon livre entre les mains à me demander si j’avais bien lu ou si je n’avais pas sauté quelques pages. C’est comme lorsqu’on apprend que Gidéon a fait installer dans son appartement la reproduction exacte de la chambre d’Eva. Comment peut-elle sérieusement trouver ça touchant ? C’est effrayant ! L’emprise de Gidéon se referme encore un peu plus sur elle et elle l’en remercierait presque pour ça !

Si la première partie du livre se laisse lire facilement, je reconnais que la seconde a commencé à me mettre mal à l’aise. Entre le passé d’Eva, celui de Gidéon, leur couple qui se brise puis se rabiboche (encore et encore), cette histoire de presse qui vient fourrer son nez où elle ne devrait pas, et cette notion de dominant/dominé qui tombe comme un cheveux sur la soupe, je n’en pouvais plus. Sans oublier que je suis sidérée des actions et réactions d’Eva face à Gidéon et son manque de subtilité malgré le traumatisme qu’elle a subi durant l’enfance. Qu’elle ait réussi à y faire face je veux bien, mais un minimum de résistance quand même, zut alors ! Même les scènes de sexe ne me permettaient plus de faire une pause dans tout ce bazar parce qu’il y avait trop de tension dans l’air, trop de problèmes. Je n’ai rien contre la littérature érotique, bien au contraire, mais Dévoile-moi n’est clairement pas fait pour moi. Trop de problèmes qui s’emmêlent, trop de choses qui ne sont pas crédibles, des actions/réactions que je ne comprends pas, … Sans oublier que parfois les situations ne s’imbriquent pas très bien entre elles. C’est dommage, la première partie du livre m’avait presque donné envie de redonner une chance à cette nouvelle vague qui déferle dans nos librairies mais je vais m’en tenir à mes bonnes vieilles lectures érotiques en ligne écrites par monsieur et madame tout le monde. L’auteur le dit elle-même, ce livre est un fantasme. Est-ce une raison suffisante pour ne pas en faire une histoire crédible ? Il m’a manqué le réalisme mais surtout les sentiments et l’empathie. De leur rencontre au revirement de chacun, rien ne m’a semblé naturel et c’est bien dommage.
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date : 20-12-2016
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Olivia, dix-sept ans, est parvenue à convaincre ses parents de la laisser organiser une fête pour son anniversaire. La soirée se passe à merveille, l’adolescente est persuadée d’avoir donné la fête du siècle. Dommage que sa meilleure amie Nicola ait disparu peu après le début de la soirée. Dommage que Jonty, son petit ami, lui gâche son bonheur en exprimant sa jalousie et sa possessivité par la violence alors qu’elle ne faisait que s’amuser avec Ben, son meilleur ami gay. La fête bascule véritablement lorqu’Olivia découvre Nicola cachée dans la salle de bain depuis des heures, sur le point d’accoucher alors qu’elle ignorait être enceinte. Tout se complique encore plus lorsqu’elle surprend un étrange regard entre Jonty et Nicola. Que lui cachent-ils ?


Tout d’abord, merci à Babelio et aux éditions Milan pour ce partenariat. Sans lui je ne pense pas que j’aurais osé tenter l’aventure Baby bad trip.


Moi qui adore les romans sur la parentalité à l’adolescence, j’ai presque été déçue. Presque parce que même si au final ce thème n’est pas (à mes yeux) central, l’histoire en elle-même reste intéressante. Le livre est divisé en cinq chapitres, chacun dédié à l’un des personnages principaux : Olivia, Nicola, Alice, Jonty et Ben. Heureusement pour nous il ne s’agit pas du point de vue successif de chacun sur un même instant, tous s’insinuant plutôt dans la continuité de l’histoire. Au final c’est peut-être ça qui me pose problème. J’aimais être du point d’Olivia, voir ses doutes et ses soupçons concernant une possible liaison entre Jonty et Nicola, son désarroi face au fait que sa meilleure amie ne lui ait pas avoué ne plus être vierge, ses problèmes de compréhension avec sa petite sœur, sa merveilleuse amitié avec Ben, cette violence qui commence à s’installer entre Jonty et elle, … Bref, j’aimais suivre cette histoire à travers les yeux d’Olivia. Le fait de basculer un mois plus tard du point de vue de Nicola est d’autant plus frustrant qu’on ne sait rien de son quotidien avec ce bébé qu’elle n’attendait pas. J’aurais aimé la voir se débattre avec ses nouvelles responsabilités, la voir affirmer vouloir garder son bébé malgré tout ce que pouvait lui dire les adultes, voir en situation cette solitude qui lui pèse face à tous ces amis qui n’en sont plus, … Il m’a manqué une transition, en fait. En ce qui concerne Nicola on passe d’un déni de grossesse à un quotidien plus ou moins rodé, même si épuisant et avec peu de soutien. Et lorsqu’on rentre finalement dans le quotidien de Nicola, on passe ensuite à Alice. J’ai adoré suivre les aventures de cette enfant un peu en marge de la société et à l’imagination débordante mais j’ai été une fois de plus perturbée par le fait de passer d’un quotidien à un autre. J’ai ressenti cet effet à chaque changement de personnage, ce qui au final fait beaucoup de frustration.


Changer aussi souvent de point de vue permet à l’auteur d’aborder différent sujets puisque chaque personnage a sa propre histoire, ses propres problèmes. Pour Olivia il est question de violence conjugale, de trahison, de pardon, d’acceptation. Nicola permet de parler de problème de confiance en soi, du regard des autres et de déni de grossesse. Avec Alice on aborde le thème de la différence, de la difficulté à s’intégrer lorsqu’on ne voit pas le monde de la même façon que les autres. Jonty permet d’exploiter la thématique des enfants illégitimes, des parents absents ou qui n’assument pas leurs responsabilités. Et enfin avec Ben il est question de s’assumer, de refuser de se cacher à cause de son homosexualité. Tous ces thèmes sont extrêmement intéressants mais malheureusement pas assez exploités. Baby bad trip est un roman très court au final, trop court pour vraiment parler de tout ça. Il aurait fallu choisir quelques unes de ses thématiques et les travailler réellement plutôt que de se contenter de les survoler. Sans oublier que certaines sont franchement clichées. Je ne sais pas vous mais personnellement l’histoire de Jonty ne m’a absolument pas touché. J’ai eu l’impression d’avoir lu ça mille fois auparavant. Et surtout je ne cautionne pas que l’auteur explique la violence de Jonty par le fait que sa mère était parfois violente avec lui. C’est trop facile.


Le personnage qui m’a le plus marqué est sans conteste Ben. Olivia et Nicola ne s’en rendent pas compte mais il est un véritable pilier pour chacune d’entre elles. On ne peut pas nier qu’il les aime et qu’il se soucie d’elles. Il est une véritable bouffé d’air frais au milieu de tout ce chaos qu’a provoqué l’arrivé de ce bébé imprévu. Et que dire de ces sentiments qu’il se découvre pour Josh, l’un des joueurs de foot de son lycée ? Leur histoire se fait tout en douceur et en tendresse, un véritable contraste par rapport à tous les bouleversements que connait ce récit. J’aurais tellement aimé en lire plus sur eux !


Par contre je dois admettre avoir eu énormément de mal avec le style de l’auteur. Le présent me pose souvent problème dans mes lectures mais le fait que les phrases soient extrêmement courtes devient vite lassant. Cela alourdit le récit, donne une impression de saccade, de lenteur. Je ne comprends pas ce choix. Pourquoi utiliser autant de points quand une virgule ferait parfaitement l’affaire ?


Au final Baby bad trip n’est pas un mauvais roman, loin de là. Mais j’aurais aimé que l’auteur s’éparpille moins ou qu’elle prenne le temps de réellement traiter en profondeur les nombreux sujets qu’elle aborde. Sans parler de ce dernier retournement de situation que je ne cautionne vraiment pas. Il n’était absolument pas nécessaire. Pire encore, il met en branle ce fragile équilibre que Olivia, Jonty et Nicola ont finalement trouvé, menaçant de tout faire basculer encore une fois. Comment annoncer la vérité après toutes ces péripéties ? Comment vont réagir les autres ? Jonty va-t-il accepter les faits ou cela le fera-t-il retomber dans ses excès de violence ? Bref, une fin ouverte, bien trop ouverte à mon goût. J’aurais définitivement gardé un meilleur souvenir de ce roman sans ce dernier retournement de situation.
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date : 16-11-2016
Grayson, vit chez son oncle et sa tante depuis le décès brutal de ses parents. Il un élève de sixième, ne parle presque à personne, n’a pas d’ami et déjeune toujours seul au CDI. Un secret le ronge depuis des années et pour éviter de le révéler par inadvertance, il a préféré s’isoler des autres. Parce qu’au fond de lui Grayson se sent plus fille que garçon et il sait que les autres ne l’accepteront jamais. Les choses changent quelque peu lorsqu’une nouvelle élève, Amelia, rejoint sa classe en plein milieu de l’année et semble vouloir se rapprocher de lui. Pour la première fois depuis longtemps, Grayson ressent l’envie de faire de nouveau confiance à quelqu’un.

D’une certaine manière, Le secret de Grayson m’a énormément fait penser à La face cachée de Luna, que j’avais adoré. Je redoutais vraiment que l’auteur nous laisse mariner pendant des pages et des pages, que ce fameux secret ne tarde à nous être révélé, mais au final non. Dès le premier paragraphe on se retrouve plongé dans le monde torturé de Grayson. Il déteste ce qu’il doit porter, les belles robes ne sont là que dans son imagination (et disparaissent de plus en plus vite) et il ne peut dessiner ses princesses qu’avec des formes géométriques afin que personne ne sache de quoi il s’agit exactement. Le quotidien de Grayson est désespérément solitaire, je dirais même profondément triste, et on ne peut pas ne pas s’attacher à lui. Son choix de s’isoler de ses camarades n’est peut-être pas le bon mais on ne peut pas ne pas comprendre sa peur à l’idée d’être un jour découvert. D’autant plus lorsque le temps lui donne raison : il s’attache à Amélia, se laisse aller à rêver à l’idée qu’il puisse être lui-même avec elle, et malheureusement les choses ne se terminent pas bien. Il faut bien avouer cependant que ce n’est pas une réelle surprise. Dès le début de cette amitié on sent bien que ça ne durera pas entre eux. Amélia n’approche Grayson que par commodité ou par dépit, ce qui en fait automatiquement un personnage que je n’apprécie pas. Je peux comprendre qu’elle n’accepte pas Grayson comme il est une fois qu’elle a découvert son secret mais j’ai vraiment eu le sentiment qu’elle se servait de lui, qu’elle l’utilisait pour ne pas être seule. Ça fait d’autant plus mal que Grayson lui accordait sa confiance, chose qu’il n’avait pas faite depuis très longtemps. Le pire est cette angoisse à l’idée qu’elle révèle ce qu’elle sait au reste du collège. Grayson n’a définitivement pas besoin de ça. Grayson a pris un risque avec Amélia et en est ressorti plus abimé encore, et pourtant il ose une nouvelle fois sortir de son cocon protecteur : pourquoi ne pas s’inscrire à la pièce de théâtre de l’école ?

Je ne sais pas ce qui passionne tant les auteurs dans le théâtre mais j’ai l’impression d’en croiser beaucoup ces derniers temps (3000 façons de dire je t’aime, Dans chacun de mes mots, Moi Simon, 16 ans, homo sapiens). Je suppose qu’il n’y a pas de meilleur contexte pour faire sortir le héros de sa coquille. J’ai été à la fois surprise et anxieuse lorsque Grayson a postulé pour le premier rôle féminin. On sourit à l’idée qu’il sorte de sa coquille mais on ne peut que redouter les répercussions que son choix va avoir. J’avais peur que les brimades n’atteignent un tout autre niveau, que le harcèlement s’intensifie, mais jamais il ne me serait venu à l’esprit que la propre famille de Grayson se dresse contre lui. Au pire je m’attendais à une réaction négative de la part de son oncle Évan ou son cousin Jack (parce que tout ne peut pas être rose) mais je n’aurais jamais soupçonné sa tante Sally. Comme quoi moi aussi je suis pleine d’à priori. J’ai tendance à imaginer les figures féminines plus compréhensives et je suis tombée de haut avec Sally. Les propos qu’elle tient, l’opinion qu’elle a de Grayson, … Je me suis pris une véritable claque, tout comme notre héros. Le pire est de savoir que ce qui la dérange le plus dans tout ça, c’est le regard des autres. Elle n’assume pas d’avoir un neveu qui aime s’habiller en fille et se cache derrière les normes et les conventions sociales. Préférer les apparences au bonheur de son neveu ? J’ai failli en lâcher mon livre. Surtout lorsqu’on apprend par la suite jusqu’où elle est prête à aller pour que son neveu ne monte pas sur scène vêtue comme une fille. Parallèlement je n’ai pu qu’adresser des remerciements silencieux à l’oncle Évan pour son ouverture d’esprit et sa compréhension. Cette division entre les adultes se retrouve aussi entre Jack et Brett. La naïveté du cadet est touchante et surtout rappelle combien tout ce débat est futile : si Grayson se sent heureux comme ça alors où est le problème ? De son côté Jack associe cette « crise identitaire » à de l’homosexualité et ne voit plus que les soucis que cela peut engendrer pour lui d’être de la même famille que Grayson. Je suis moins remonté contre lui parce qu’il est jeune et que je me souviens que le collège n’est pas facile, que les adolescents sont loin d’être tolérants, que la différence fait peur. Mon seul regret concernant ce personnage est qu’il n’évolue pas vraiment. J’attendais une discussion entre lui et le héros. Pas forcément une réconciliation mais au moins une conversation.

Finn, le professeur de littérature, m’a étrangement fait penser à Mr Keating (Le cercle des poètes disparus). Peut-être parce qu’il soutient ses élèves, parce qu’il a ses propres convictions, ou parce qu’il va au bout des choses, quitte à s’attirer des ennuis. C’est un professeur comme on a tous rêvé d’avoir : qui écoute et qui est vraiment préoccupé par ses élèves. Il sait qu’il prend un risque en donnant à Grayson le rôle de Perséphone et pourtant il ne renonce pas, pas même lorsque d’affreuses rumeurs commencent à circuler sur lui. Qu’on puisse l’accuser d’être responsable des envies féminines de Grayson m’a tout simplement révolté. Et surtout cela m’a rappelé combien les gens peuvent être bornés et arriérés.

Voir Grayson s’affirmer et prendre confiance en lui est un véritable bonheur. Fini la peur, désormais il s’assume. Pas au point de porter des jupes à l’école (pas sûr qu’on le laisse faire de toute façon) mais il se battra pour jouer le rôle de Perséphone, qu’importe les obstacles que les autres mettront sur sa route. En parlant de jouer Perséphone, je redoutais un peu la retranscription du spectacle. J’avais peur que l’auteur se contente de nous copier/coller le texte de la pièce. J’aime le théâtre mais j’aurais trouvé ça vraiment trop facile. L’idée d’Amy Polonsky est tout simplement géniale ! En reprenant les codes de la narration théâtrale, elle nous relate non pas la pièce elle-même mais les réactions du public, ce qui est bien plus intéressant et ingénieux.

Si certains se le demandent, il ne sera pas question ici de transsexualité. Ce n’est pas le propos tout simplement parce que Grayson n’en est pas là. Tout ce qu’il veut c’est pouvoir s’habiller comme il l’entend. Il vit le moment présent et ne pense pas à l’avenir pour le moment.

Avec Le secret de Grayson j’avais peur des clichés, des idées préconçues, des portes ouvertes qu’on enfonce, des débats qui n’en sont pas vraiment puisqu’il y a parti pris. Au final Amy Polonsky a su, avec habilité, passer à travers tout ça et nous offrir une histoire qui ne juge pas, une histoire touchante et magnifique qui vous prend aux tripes et qui vous colle les larmes aux yeux. Tout n’est pas rose dans ce livre, une partie de la fin est totalement injuste, mais ça ne rend cette histoire que plus réelle encore. Bref, une magnifique lecture, un livre que je relierai avec plaisir.
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date : 03-11-2016
Oswald Chesterfield Cobblepot est l’une des personnes les plus influentes et les plus redoutées de Gotham City. Si sa fortune colossale lui permet tous les excès, il n’hésite pas à voler ce qui ne peut s’acheter. Quiconque le regarde de travers ou lui manque de respect verra sa vie littéralement s’effondrer en un claquement de doigts sans pouvoir rien y faire.

Le Pingouin est incontestablement l’un des méchants que je préfère dans l’univers de Batman, même si on ne le voit que trop peu souvent. Ma fascination pour ce personnage a commencé avec Batman, returns, de Tim Burton. J’étais jeune, je ne comprenais pas tout, mais j’adorai à un point inimaginable. La série animée des années 90 n’a fait que me conforter dans mon choix, même si le personnage y était moins sombre. Quel plaisir donc, de découvrir un album qui lui soit entièrement consacré ! Album un peu maigre, il faut bien le reconnaître, et c’est vraiment dommage. J’aurais tellement aimé en apprendre encore plus ! Même si je reconnais que Hurwitz nous en dit déjà beaucoup, du moins sur sa version de l’histoire.

Ici Oswald n’est pas issue d’une famille déjà riche et influente, pas plus qu’il n’a été abandonné à la naissance. Aimé sans limite par sa mère, Oswald ne trouve pas grâce aux yeux de son père à cause de sa difformité, de sa stature chétive, peut-être même de son incapacité à tenir tête à ses trois grands frères. Raillé et martyrisé à l’école comme chez lui, peu aidé par sa mère malgré l’amour qu’elle lui porte, Oswald trouve la compagnie dont il a besoin auprès des oiseaux. C’est une enfance froide qui l’a conduit à devenir l’homme qu’il est aujourd’hui. Charismatique, certes, mais empli de méchanceté, de cruauté et de machiavélisme. S’il ne tue pas lui-même, il a toujours des hommes de main prêts à le faire pour lui. Aux yeux du Pingouins peu importe les méthodes de ses sbires tant qu’ils obtiennent ce qu’il convoite. C’est ainsi que pour récupérer un énorme rubis monté en pendentif, ses hommes n’hésite pas à décapiter la propriétaire en pleine rue. Je dois reconnaître que je ne m’attendais pas à une telle violence. Le Pingouin auquel je suis habitué a un peu plus de classe et de principes moraux. Voleur oui, meurtrier non.

Mais il faut cependant préciser que ce Pingouin vu par Hurwitz n’est pas le plus sain d’esprit. La relation qu’il a avec sa mère n’est pas des plus normales. Son propre père l’avait remarqué à l’époque : Oswald ne regarde pas sa mère comme un enfant. Rien n’est dit clairement, peut-être pour ne pas repousser les limites des lecteurs, mais Oedipe n’est pas très loin. L’affection qu’il porte à sa mère le pousse à faire des choses inconsidérées mais aussi à « éliminer la concurrence », quelle qu’elle soit. Oswald commet son premier meurtre alors qu’il n’a pas dix ans.

Hurwitz s’efforce donc avec La splendeur du Pingouin de nous dépeindre l’enfance du Pingouin comme pour nous expliquer l’homme qu’il est devenu. Au final, si l’on veut simplifier les choses, tout ça n’est plus qu’une histoire de vengeance : contre sa famille, contre ces enfants qui se sont moqués de lui, contre cette société qui l’a rejeté. Ce Pingouin inspire la crainte et l’horreur, certes, mais il fait aussi pitié. Je n’ai pu m’empêcher de ressentir une certaine empathie pour lui quand on voit tout ce qu’il a traversé. Je ne dis pas que tout cela excuse son comportement actuel, mais les scènes de son enfance font qu’au final l’homme qu’il est devenu ne nous surprend pas, on en vient à comprendre pourquoi il agit ainsi (même si évidement on ne le cautionne pas). Le plus triste dans tout ça est que sans son argent, Oswald ne serait rien. C’est la crainte et la peur qui inspire le respect aux gens qui l’entourent mais qui voudrait de ce genre de respect ? Inconsciemment, le Pingouin lui-même sait que son empire n’est qu’illusion. Il suffit que Batman se dresse contre lui pour que les railleries reprennent, pour que son assurance vacille.

Apparait alors Cassandra, comme une petite lueur d’espoir. Aveugle, elle ne peut avoir conscience de la difformité du Pingouin (qui se garde bien de la laisser le toucher). Leur histoire est belle mais on sait déjà que ça ne peut que mal finir. La seule question qui reste est de savoir comment. Honnêtement, je ne m’attendais pas à un tel acte de la part du Pingouin et pourtant avec le recul, tout est parfaitement logique. Paradoxalement cette romance me fait éprouver encore plus de pitié pour le Pingouin si avide de tendresse et d’affection. Sans oublier qu’il donne l’impression d’avoir honte d’être ce criminel craint et redouté, lui qui en était pourtant si fier jusque là.

Mon plus gros regret concerne la vitesse du récit. On passe de l’enfance d’Oswald a sa vie en tant que Pingouin, mais nous ignorons tout de ce qu’il s’est passé entre ces deux époques. Comment est-il devenu un personnage influent de Gotham ? Comment a-t-il construit son réseau ?

Côté graphismes, je suis partagée. L’ambiance est très sombre, malsaine, oppressante, ce qui colle parfaitement avec les sentiments qu’inspire le Pingouin. Ce choix desserre malheureusement parfois le récit : les scènes d’action sont bizarrement confuses, on peine parfois à comprendre ce qui se joue pourtant devant nos yeux. Les personnages ne retrouvent parfois noyés dans les ténèbres qui composent le décor. D’ailleurs lorsque vous lirez ce livre prévoyez une bonne source de lumière. Les couleurs vives y sont rares et le noir (sous toutes ses nuances) y abonde.

Côté bonus, cet opus s’accompagne d’une histoire de Jason Aaron et Jason Pearson où le Joker nous raconte l’histoire de ce petit garçon difforme qui deviendra plus tard le Pingouin. Ce récit est bien moins sombre graphiquement parlant mais le personnage principal n’y est pas plus stable ‘l’inceste en moins). Je comprends l’idée d’avoir rassemblé les deux histoires en un même volume puisque le Pingouin y a le rôle principal, mais malheureusement cela produit un effet redondant. Ici aussi Oswald se met à changer au contact d’une jeune femme, le rendant moins cruel pour un temps. Et ici aussi la romance ne peut que mal finir.

La splendeur du Pingouin se révèle être un titre particulièrement glauque pour l’univers de Batman. On ne peut s’empêcher d’éprouver un certain malaise à la lecture et pourtant il est impossible d’arrêter de lire. On veut savoir jusqu’où ira le Pingouin et si quelqu’un sera capable de l’arrêter. Les scènes de combat ne sont pas légion et le scénario n’a rien d’exceptionnel, mais ici il s’agit avant tout de psychologie. Jamais le Pingouin n’avait été pensé avec autant de profondeur.
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date : 28-10-2016
Suite à un appel particulièrement insistant d’une certaine Mrs Drummond, le commissaire Workan se retrouve un soir à partager un whisky avec cette septuagénaire. La vieille dame prétend pouvoir l’aider concernant une série de meurtres non élucidés ayant au lieu dans le 15e arrondissement de Paris quelques années auparavant. Si l’on en croit Mrs Drummond ces meurtres seraient liés non seulement à l’assassinat de la mère du commissaire elle-même, mais aussi au plus grand meurtrier que le Londres du XIXe siècle ait connu : Jack l’Éventreur.

Comme beaucoup je suis passionnée par l’histoire de Jack l’Éventreur, donc merci à Masse Critique et aux éditions Palémon pour ce partenariat !

Je ne cache pas que j’étais, avant même d’avoir ouvert le livre, un peu sceptique. Comment pourrait-on relier ainsi deux séries de meurtres commis à plus de cent ans d’intervalle ? Il fallait oser et Hugo Buan l’a fait. Avant ce livre je ne connaissais pas du tout le commissaire Workan et son unité. Adepte de l’humour noir, du sarcasme et de l’ironie, je ne peux pas nier que ce trentenaire me plaît bien. Il dérange, il n’a de respect pour presque personne (et certainement pas pour ses supérieurs ou les politiciens). En toute honnêteté, on se demande comment il est parvenu à ne pas se faire virer. Il est mal poli et ne mâche pas ses mots, ce qui n’a pas manqué de me faire rire plus d’une fois. Il va parfois trop loin, ses méthodes ne sont pas conventionnelles, on s’offusque, on frôle l’inconfort mais une réplique bien sentie vient apporter une touche d’humour et la lecture se poursuit sans anicroche.

Il s’agit ici d’une huitième enquête mais Hugo Buan s’est arrangé pour que même les néophytes dans mon genre parviennent à suivre l’histoire sans se sentir perdus (la preuve, je ne me retrouve pas avec une liste de comment et de pourquoi à la fin de ma lecture). Je ne vais pas vous mentir, L’héritage de Jack l’Éventreur met un certain temps à démarrer. Je me suis vite retrouvé agacée par cette Mrs Drummond qui tout au long de l’histoire veut soi-disant aider le commissaire mais sans pour autant lui dévoiler tout ce qu’elle sait. Elle parle en demi teinte, cache beaucoup trop de choses, garde toutes les preuves qui permettraient d’étayer ses dires et devient vite exaspérante. Sur ce point le commissaire Workan lui-même n’est malheureusement pas en reste. J’apprécie énormément son côté peu conforme aux normes mais parfois, sans que je ne comprenne bien pourquoi, il semble perdre quelques points de QI au cours d’un dialogue et se retrouve penaud ou tout simplement pris dans un exemple flagrant de stupidité. Comme si l’auteur hésitait encore sur le caractère même de son personnage ou ne le maîtrisait pas complètement. C’est une sensation plutôt étrange qui a failli plusieurs fois me faire sortir de l’histoire.

Puisqu’on en est à parler de stupidité, je n’ai pas du tout accroché avec la brigade (presque inexistante d’ailleurs) de Workan. Si le commissaire enquête sur cette histoire de Jack l’Éventreur, son équipe se penche sur le cas d’un chirurgien violemment agressé un soir sur le parking de son lieu de travail. Je ne sais pas comment Mahir, Lerouyer et Roberto on fait pour entrer dans la Police Judiciaire … En se trompant de porte au détour d’un couloir, peut-être ? La victime est un chirurgien spécialisé dans les opérations des membres supérieurs (notamment bras et mains), ce qui les pousse à rechercher un coupable parmi les opérés du gros orteil. Comme on dit chez moi : paie ta logique. Le pire est sans doute que ce n’est absolument pas une blague de leur part. De la part de l’auteur peut-être éventuellement, mais dans ce cas elle est loin de m’avoir fait rire. Il y a peut-être dans ce trio un second degré qui ne m’atteint absolument pas. Pourtant j’ai l’humour facile ! Au final c’est sans doute une bonne chose qu’on ne voit pas beaucoup ces trois-là. On se retrouve d’ailleurs avec une tripoté de personnages secondaires. Certains disparaissent très vite, d’autres sont entourés d’une aura de mystère. D’autres encore sont presque transparent et ne sont pas indispensables à l’histoire. Certains sont morts sans vraiment l’être, ce qui relance l’intrigue.

Côté scénario, tout progresse très lentement. Cette impression est due au fait que le commissaire enquête sans réellement le faire, peu sûr de vraiment croire à cette histoire en apparence cousue de fil blanc. Paradoxalement Workan fait parfois des raccourcis auxquels on ne s’attend pas mais qui se révèlent toujours payant, ce qui m’a quelque peu chagriné. Comme si tout était presque trop facile. Il faut que l’histoire avance, d’accord, mais le commissaire semble avoir une bonne étoile particulièrement performante.

Malgré tout ça je garde un bon souvenir de ma lecture. Hugo Buan m’a eu rien qu’avec son titre, de toute façon (même si je l’attendais au tournant : je n’ai que trop souvent été déçue par l’utilisation de ce grand criminel). Il fallait que je sache comment Jack l’Éventreur pouvait avoir un rapport avec Workan, comment deux meurtriers pouvaient être liés malgré 130 ans d’écart. Même si l’évidence se fait rapidement, le but devient alors de démêler le vrai du faux, le fantasque du réel. Je suis passée outre les incartades avec le fatiguant trio Mahir-Lerouyer-Roberto, je me suis armée de patience pour lire les scènes avec Mrs Drummond, mais surtout je me suis concentrée sur l’humour et le caractère bien trempé de Workan. Et j’ai bien fait parce que lorsqu’il arrête enfin de jouer et se lance pleinement dans l’enquête, je me suis retrouvé rivée à mon livre. Que dire de cette péripétie ? Je cherchais bien sûr l’identité de ce tueur du 15e qui sévissait maintenant sur Rennes, mais jamais je ne l’aurais imaginé se cacher sous ces traits-là. Tout comme je n’aurais jamais pensé à cet ultime rebondissement dans les toutes dernières lignes, rebondissement qui donne immanquablement envie de connaître la suite ! Sans oublier les théories qu’avance l’auteur concernant l’identité et surtout la vie de Jack l’Éventreur : il donne ses propres hypothèses concernant les différences entre certains meurtres mais aussi concernant son silence après (et avant) les cinq agressions qui l’ont rendu célèbre. Même si la transposition de l’Angleterre à la France m’a fait tiquer, j’ai aimé la manière dont Hugo Buan s’est approprié l’histoire de ce criminel tristement connu.

L’héritage de Jack l’Éventreur fut une lecture parfois fastidieuse mais je reste heureuse de l’avoir eu entre les mains. En revanche si je lirai sans aucun doute possible la suite (suspense, quand tu nous tiens !), l’exaspération que m’ont fait ressentir Workan et ses trois acolytes à certains moments m’ont coupé toute envie de lire les sept premiers tomes. C’est drôle comme un livre peut être à la fois intéressant et particulièrement frustrant.

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date : 23-10-2016
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Le jour de leurs dix-sept ans, et ce depuis l’Essor Technologique, chaque adolescent reçoit un souvenir personnel envoyé depuis le futur. Ce souvenir est une chose précieuse qui déterminera l’avenir de chaque adolescent. Callie a attendu ce grand jour toute sa vie. Passionnée de cuisine, elle espère se découvrir grand chef cuisinier. Sa vie bascule lorsque son souvenir lui est révélé, faisant d’elle une criminelle. Jugée coupable pour un acte qu’elle n’a pas encore commis, Callie se voit envoyer dans les Limbes où, comme elle, d’autres adolescents sont enfermés pour les empêcher de commettre l’irréparable et compromettre l’équilibre de leur société.

L’idée que notre destin puisse être tout tracé et surtout immuable est un concept avec lequel j’ai du mal. Ce n’est pas une thématique que j’ai souvent croisé au fil de mes lectures et j’avais hâte de connaître le point de vue d’un auteur young adult sur le sujet. C’est un élément central de Forget tomorrow mais il y a tellement d’autres choses qui gravitent dans cet univers ! En quelques pages seulement je me suis retrouvé complètement happée par cette histoire. On veut en savoir toujours plus et ce sur une multitude de sujets : on veut comprendre comment Callie peut, dans le futur, sérieusement envisager de commettre un tel acte, apprendre ce que deviennent ceux qui sont dans les Limbes (puisqu’il ne semble y avoir que des adolescents là-bas), savoir si les pouvoirs de Jessa (la petite sœur de Callie) vont être découverts et lui apporter des ennuis, si le père de Callie finira par revenir, … Il y a énormément de choses dans Forget tomorrow et pourtant pas une seule fois je me suis faite la réflexion qu’il y en avait trop. Certains auteurs vont trop loin mais Pintip Dunn a définitivement trouvé un juste milieu qui me plaît.

La société qu’il nous dépeint est futuristes et d’une certaine manière assez effrayante. Je ne m’imagine pas ne plus cuisiner manuelle et me contenter de plats tout prêts ou fabriqués exclusivement par des machines. Je ne m’imagine pas me voir attribuer une puce magnétique renfermant un seul et unique souvenir censé faire office de garantie pour mon futur employeur. Il n’est même plus question de méritocratie, de reconnaissance de l’intelligence, de l’effort ou des capacités. Si votre souvenir vous montre médecin, n’essayez même pas de devenir fleuriste, personne ne voudra vous engager. Il n’y a absolument plus d’imprévu, un simple souvenir du futur programme à lui seul toute votre vie. Je trouve ça tout simplement effrayant. Je sais que l’humanité cherche à dominer l’imprévu, à parer à toute éventualité, mais lorsque cela touche également les hommes, je ne peux pas m’empêcher de penser que l’on touche à la liberté de chacun. Certes Forget tomorrow n’est qu’une fiction mais je me suis retrouvé embarquée dans cette histoire au point d’avoir peur qu’un jour ce genre de chose soit effectivement possible.

Le pire est sans doute de voir à quel point les citoyens de Eden City sont soumis à ces souvenirs du futur. Comment peut-on condamner quelqu’un pour un crime qui n’a pas encore été commis ? Comment peut-on ne pas laisser la possibilité de bien faire les choses maintenant que l’avertissement a été donné ? Une partie de moi comprend  que le gouvernement ne veuille pas prendre de risque mais la solution qu’il propose est aberrante. C’est ce point précisément qui a fait que j’ai dévoré Forget tomorrow. Je voulais absolument finir par lire que Callie se révoltait contre le système et leur prouvait à tous qu’une autre alternative était possible, que rien n’était écrit.

Callie, notre narratrice, se présente comme une jeune fille simple et normale, qui aime profondément sa mère et sa petite sœur. Presque effacée, elle est l’exemple même de la fille que l’on ne remarque pas. Je n’ai pas eu le moindre mal à m’attacher à elle. Elle est tout sauf prétentieuse, est totalement dévouée à sa famille, et lorsqu’elle se trouve égoïste, je ne suis pas d’accord avec elle. Certes elle veut certaines choses mais ne le dit jamais à voix haute et ne fait jamais rien pour influencer la décision des autres en sa faveur. Son seul acte réellement égoïste est lorsqu’elle décide de tout faire pour aller sauver sa petite sœur. Et peut-on vraiment parler d’égoïsme dans ce cas là ? Mais ce qui me plaît encore plus chez Callie, c’est son besoin constant de voir ou de sentir le soleil. Elle est attirée par cet astre comme le serait un tournesol et je trouve ça tout simplement magnifique. Peu lui importe d’être enfermée entre quatre mur pendant une semaine du moment qu’on lui permet de voir le soleil pendant quinze minutes. De plus Callie, qui jusque là ne s’était jamais posé la moindre question, va remettre en cause les fondements de la société dans laquelle elle vit. On suit son raisonnement, qui progresse lentement grâce à de petites découvertes, ce qui nous amène à réfléchir nous-mêmes sur les principes de cette société.  Je n’ai cependant jamais réussi à approuver ou à comprendre comment les dirigeants pouvaient agir de cette façon, pas même un tout petit peu. Certains diront que leurs actes se justifiaient mais je ne serai jamais d’accord avec eux. Je ne peux pas cautionner un monde où le libre arbitre n’est plus.

Côté personnages secondaires, il y en a à foison, certains plus intéressant que d’autres. J’adore Tristine (et je suis tellement mais tellement révoltée par ce que l’auteur lui a fait !), je suis dubitative face à la mère de Callie, je suis atrocement triste pour Angela et Zed qui s’empêchent d’avancer à cause de leur damné souvenir, et je suis mitigée concernant Jessa. Elle est innocente et adorable, on ne peut rien lui reprocher, et c’est justement ça qui m’énerve. Je n’aime pas qu’on m’impose de devoir aimer un personnage. J’ai eu (et j’ai encore) un peu de mal avec Logan. Au fil du livre on découvre son histoire et les raisons qui l’ont poussé à s’éloigner de Callie il y a cinq ans, ce qui m’a un peu réconciliée avec lui, mais sa passivité m’a plus d’une fois fait lever les yeux au ciel. J’avais envie qu’il se montre un peu plus égoïste, qu’il cesse de se sentir coupable, qu’il tienne enfin tête à son frère. Lorsqu’il le fait enfin, c’est sans heurt, sans faire de bruit, si bien qu’une confrontation avec son grand frère m’a vraiment, vraiment manqué. La romance entre Logan et Callie reste très discrète, basée plus sur le ressenti que les actes. Un peu à la manière de Divergente (vous me pardonnerez la comparaison, mais je l’ai faite malgré moi à plusieurs reprises au cours de ma lecture). Ca s’insère dans l’histoire sans jamais prendre le pas sur l’intrigue, ce qui est une bonne chose. Je n’avais pas envie que tout bascule et que la trame principale se voit reléguée au second plan. Bien que pas de romance du tout ne m’aurait pas non plus dérangé. Parce que bon, le fait que Logan soit revenu vers Callie uniquement parce qu’il l’a vu dans son souvenir futur me hérisse légèrement le poil.

Mise à part cette romance, la seule chose que je vais réellement reprocher à ce livre, ce sont les « méchants ». Je ne comprends pas pourquoi suivre ces souvenirs futurs est à ce point vital. Qu’est-ce que ça peut bien faire que je refuse une carrière de pianiste ? En quoi ça va bouleverser la société ? Si mon souvenir me montre en train de commettre un crime, pourquoi vouloir s’assurer que cela se produit bel et bien mais dans un environnement contrôlé ? Du coup le but ultime de la présidente Dresden (trouver comment sont envoyés les souvenirs, qui est responsable de ça et s’assurer de tout faire pour que cette personne puisse bel et bien les envoyer) me semble un peu caduc. Elle ordonne des choses aussi horrible qu’absurde et je ne comprends pas pourquoi. A moins que ça ne soit qu’une énième histoire de contrôle, de pouvoir et de mégalomanie ? Si c’est ça l’idée de l’auteur, je dis non.

En refermant Forget tomorrow, j’ai eu l’impression de m’être pris une véritable claque. Tout s’est enchaîné très vite dans les ultimes chapitres, mais que dire du tout dernier ? Encore plus de questions, encore plus de « comment ». Cette fin est à la fois géniale et redoutable. Comment parvenir à faire un tome 2 (et un 3) qui soit à la hauteur ? J’ai trop souvent été déçue par des trilogies dont le premier tome m’avait transporté mais dont les suivants n’ont pas été à la hauteur. Pas sûre que j’aurais lu ce livre si j’avais su que ce n’était pas un tome unique. J’ai conscience qu’une telle intrigue ne pouvait pas se résoudre en un seul volume mais j’ai vraiment peur d’être déçue par la suite. Que va bien pouvoir imaginer Pintip Dunn pour pouvoir remplir deux autres volumes ?
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Après sa précédente collaboration avec le Cygne Noir, Sophie a du mal à accepter d’être brusquement laissée à l’écart. L’organisation secrète œuvre forcément dans l’ombre mais refuse de l’inclure dans ses plans, même lorsqu’elle le leur demande. Pire encore, des traces de pas ont été repéré près du Sanctuaire où vit désormais Silveny mais le Conseil ne semble pas s’en alarmer. Sophie refuse de rester sans rien faire lorsqu’un traqueur d’origine ogre est trouvé sur l’alicorne et décide alors de mener sa propre enquête, accompagnée de Keefe.

Avant de commencer la chronique de ce tome 3 des Gardiens des cités perdues, j’ai pris le temps de relire mes commentaires sur les deux précédents tomes et avec le recul je trouve que j’ai été beaucoup trop gentille. Le souvenir que j’ai des tomes 1 et 2 est bien moins enjôleur que ce qu’ont laissé transparaitre mes mots. La preuve en est : j’ai mis un temps fou à me lancer dans le tome 3 parce que je craignais une lecture tout aussi fastidieuse et une héroïne un peu trop pleurnicheuse. J’ai même eu du mal à entrer à nouveau dans cet univers et pourtant c’est avec surprise que je me suis retrouvée véritablement plongée dans cette nouvelle histoire. Cette fois je peux le dire : les aventures de Sophie Foster sont enfin devenues intéressantes ! (il aura fallu le temps …).

Le début était un peu long à démarrer. Sophie se retrouve les mains liées, ne sachant pas trop comment venir en aide à Silveny étant donné le peu de moyens dont elle dispose, et son inactivité s’en est ressentie sur ma lecture. J’ai vraiment cru que j’allais une fois de plus peiner à aller au bout de ce livre mais Shannon Messenger a enfin réussi à me happer avec son histoire. Je ne saurais vous dire à quel moment exactement mais j’ai commencé à tourner les pages sans pouvoir m’arrêter. Peut-être y a-t-il encore plus de rebondissements et d’intrigues dans ce nouvel opus. Il y a, en tout cas, beaucoup de choses à penser et pas mal de réflexions qui tournent en arrière plan dans votre esprit tandis que vous suivez les aventures de Sophie. On l’avait senti venir dans le précédent opus mais cette fois les choses sont indéniables : le Conseil (et par extension le peuple) est englué dans son passé et refuse de voir ce qui est pourtant juste en face de lui. Les mauvaises décisions s’enchainent uniquement parce que les dirigeants refusent d’admettre qu’ils puissent avoir eu tort. Le déni et la peur s’entremêlent et provoquent des décisions impensables, à la limite l’inhumain. Sophie est différente, Sophie est trop puissante, Sophie fait peur, Sophie en paie le prix. C’est peut-être précisément pour ça que ce tome 3 me plaît tant. Sophie est enfin vulnérable (mais vraiment vulnérable, pas comme ce pseudo problème du tome 2). Mais surtout l’auteur nous donne enfin ces fichues révélations qu’on attend depuis le début de toute cette histoire. J’ai beaucoup grincé des dents face aux choix de l’auteur et je ne peux que crier un énorme « enfin ! » en refermant ce livre. Même si encore une fois, les mots auront été durs à lâcher.

C’est avec plaisir que je découvre une héroïne un peu moins geignarde, un peu plus philosophe. Elle semble enfin en avoir fini avec sa phase des « pourquoi moi et pas une autre », ce qui est un véritable soulagement. Elle a gagné en maturité et la lecture s’en retrouve moins lourde. Avec le recul je trouve cette évolution un peu étrange puisque très peu de temps s’est écoulé depuis sa dernière aventure mais le fait de ne pas avoir enchaîné les livres atténue cet effet. Cependant je pense que le jeune âge de Sophie me posera toujours problème. J’ai du mal à concevoir que ses réflexions et ses actions puissent provenir d’une enfant de douze ans. Tout comme cette confiance absolue qui s’installe entre elle et Fitz. Étrangement j’aurais moins tiqué si Sophie avait eu ne serait-ce que deux ans de plus. Ou alors c’est tout simplement le style de l’auteur, sa manière d’amener les choses qui fait que j’ai un peu de mal à accepter tout ça sans me poser de questions. Ou alors je suis désabusée et je ne crois plus en rien, allez savoir !

Dans ma chronique sur le tome 2 des Gardiens des cités perdues, je vous avais parié que ce tome 3 mettrait l’accent sur Fitz et je ne me suis pas trompée. Après tout c’était logique. Dans le 1 on explore le Sophie/Dex, dans le 2 on passe au Sophie/Keefe, donc le 3 s’attarde sur le Sophie/Fitz. Classique. Prévisible et chiant au possible. C’est vraiment l’un des points qui ne me plaît pas dans cette saga : tous les garçons semblent se disputer les faveurs de Sophie. J’ai de la peine pour Keefe parce que même s’il déguise tout ça en amitié, je me plais à croire qu’il y a plus (oui comme vous pouvez le comprendre, j’ai fait mon propre choix :D). Je suis plus que désolée pour Dex qui semble engagé dans un combat perdu d’avance et qui ne le voit même pas. Ne reste plus que Fitz qui ne me touche pas vraiment et qui me paraît un peu terne quand on voit ce dont est capable Keefe. Je me prépare donc déjà à ne pas aimer la romance finale qu’instaurera l’auteur à un moment ou à un autre puisque j’ai peu d’espoir concernant mes attentes personnelles.

En fait, le problème de cette saga est que Shannon Messenger a parfois la subtilité d’un bulldozer. Lorsque Sophie décide de n’en faire qu’à sa tête face au roi des ogres, on ne peut que soupirer parce qu’on sait déjà que ça va se retourner contre elle (à croire qu’elle n’apprendra jamais). Lorsque Dex commence à fabriquer ses gadgets censés booster les pouvoirs de Sophie, on ne peut s’empêcher de penser qu’ils pourraient tout à fait faire le contraire, ce qui laisse présager une catastrophe imminente. Quand Sophie pénètre dans l’esprit de Brant et n’y découvre que feu et flamme, il ne faut que quelques secondes pour relier ce fait avec une certaine personne recherché par Sophie. Quand le journal de Jolie nous est finalement dévoilé, le pseudo mystère qui tourne autour de ce Pyrokinésiste apprenti de Fintan ne tient plus non plus. Lorsque Sophie se voit contrainte de guérir l’esprit de Fintan, on sait d’avance que quelque chose va clocher et on en vient à se demander si le Conseil est vraiment aussi stupide pour ne pas avoir prévu de quoi faire face à un éventuel Grand Brasier quand on sait de quoi le Pyrokinésiste est capable. Les révélations sont riches, les rebondissements s’enchaînent mais je trouve dommage que Shannon Messenger ne sache pas maintenir un peu mieux le suspense.

Les interactions entre les personnages me laissent aussi parfois perplexe. Je suis peut-être la seule dans ce cas mais je me demande toujours comment Biana a pu retourner sa veste à ce point. Elle semble vraiment engagée aux côtés de Sophie cette fois mais il me manque toujours la discussion ou l’évènement qui fait que j’y croirai vraiment. Puisqu’on en est à parler de personnage secondaire, je suis de plus en plus stupéfaite face à Edaline : a-t-elle toujours été aussi tête en l’air et si peu profonde ? Elle semble enfin accepter la mort de Jolie et c’est une bonne chose mais je n’apprécie pas beaucoup ce qu’elle est en train de devenir. Sans parler de Marella, qui passe pratiquement à la trappe. D’accord elle était loin d’avoir un grand rôle jusque là mais sa présence s’est considérablement amoindrie et son comportement n’en est que plus suspect. A ce jour je me retrouve avec quelques théories la concernant et certaines ne sont pas bien jolies.

Bref, tout ça pour dire que ce tome 3 m’a quelque peu réconciliée avec les Gardiens des cités perdues. J’ai eu le sentiment qu’il se passait enfin quelque chose d’intéressant, comme si l’intrigue progressait après avoir attendu pendant deux opus que l’histoire se mette en place. Je ne regrette pas de m’être « forcé » à lire ce tome et j’espère que le tome 4 ressemblera plus au 3 qu’au deux autres. Maintenant que Sophie m’intéresse enfin, ce serait dommage de retourner à la case départ !
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date : 06-10-2016
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Après avoir vécu un drame, Katie change non seulement de ville mais aussi de nom, et devient Katherine, lycéenne effacée qui ne cherche pas à se lier d’amitié avec les autres. S’il n’y avait que ce drame, peut-être aurait-elle pu se laisser aller à vivre pleinement et être heureuse à nouveau mais voilà, il y a aussi cette culpabilité qui la ronge et dont elle ne parvient pas à se défaire. Sa vie change brusquement lorsqu’Alice, la fille la plus populaire du lycée, l’invite à une fête et se met en tête de devenir son amie. Les deux filles apprennent à se connaître et deviennent rapidement très proches. Alice a des défauts, un comportement parfois étrange, mais grâce à elle Katherine sourit à nouveau donc elle ferme les yeux sur ces petites choses qui la mettent parfois mal à l’aise.

J’ai pioché La beauté du mal dans ma PAL sans savoir le moins du monde à quoi m’attendre. A vrai dire je ne me souvenais même plus qu’il y était. Les polar/thriller ne sont pas vraiment ma tasse de thé à la base, mis à part les Sherlock Holmes, Hercule Poirot et autres détectives du même acabit. Et ce n’est pas ce livre qui va me convaincre de m’y mettre !

L’intrigue est bien présente au début : pourquoi Katherine n’a-t-elle pas assisté aux funérailles d’Alice ? Qu’est-il arrivé à cette dernière ? Comment les deux amis ont-elles pu en arriver là ? Qu’est-il arrivé au père de sa fille ? Beaucoup de questionnements dès le début de cette histoire qui nous promet de nombreux rebondissements.

Le récit se fait à trois voix, ou plutôt à trois époques : nous suivons Katherine avant le drame et découvrons par petites touches ce qui lui est réellement arrivé ; nous avons quelques brefs moments de la vie de Katherine une fois devenue adulte mais surtout maman d’une petite Sarah ; et bien évidemment, le plus gros de l’histoire est centrée sur ses mésaventures avec Alice.

Mon enthousiasme initial est vite retombé lorsqu’on apprend que Katherine vit (presque) seule. Suite au drame qu’elle a vécu, elle a préféré quitter la ville mais aussi ne plus vivre avec ses parents, chose que je peux comprendre. Elle a donc emménagé chez sa tante qui est, comme c’est surprenant, toujours absente. Je ne sais pas pourquoi les auteurs s’arrangent toujours pour laisser leur héros/héroïne adolescent(e) sans figure d’autorité dans leur quotidien. Oui certains ados doivent apprendre à se débrouiller seuls mais par pitié, cessez de dégager les parents aussi facilement ! Parce que oui c’est une facilité, des personnages en moins à gérer. Katherine se retrouve donc seule dans un grand appartement et toutes ses dépenses sont prises en charge. De faux airs d’indépendance et de l’argent qui tombe du ciel, comme c’est pratique. Bref, passons.

Dès le début j’ai trouvé le comportement d’Alice relativement suspect. Je veux dire, pourquoi s’intéresse-t-elle aussi soudainement à Katherine ? Je veux bien qu’il y ait des amitiés qui se créer dans la seconde mais les choses ont vraiment été précipités. A peine les présentations sont-elles faites qu’Alice lui prête déjà ses robes. Je ne sais pas si l’auteur aurait dû être plus subtile ou Katherine plus méfiante, mais quelque chose m’a chagriné. Et quand ça m’arrive dès le début d’une histoire, généralement la suite se présente mal (du moins pour moi). Leur amitié se poursuit néanmoins, Alice présente Robbie à Katherine et le duo inséparable devient trio. Grâce à Robbie, Katherine en apprend plus sur Alice qui mine de rien reste très secrète, mais notre héroïne ne peut pas le lui reprocher puisque elle aussi a sa part de mystère. La beauté du mal suit son cours, je tourne mes pages, mais j’ai bien du mal à éprouver quoi que ce soit pour tout ce petit monde.

Je suis d’ailleurs mitigée sur les personnages secondaires. Robbie est extrêmement intéressant, j’ai totalement adhéré à cette fascination destructrice qu’il éprouve pour Alice, surtout lorsqu’on voit jusqu’où elle est prête à aller pour faire du mal aux autres. Philippa est une bouffé d’air frais dans cette atmosphère lourde. On peut facilement s’identifier à elle et ainsi devenir « celle qui a sauvé l’héroïne ». Pas sauver d’un grand danger, simplement de l’emprise d’Alice, mais c’est déjà beaucoup. Mick est … relativement fade. Il ne m’a pas donné l’impression d’avoir beaucoup de caractère et je ne me suis pas vraiment attachée à lui (ce qui lui arrive ne m’a donc pas tiré la moindre larme, ce qui fait que je suis passée malgré moi à côté du plus gros de l’émotion du livre). Sans oublier que sa relation avec Katherine va vraiment trop vite. Quant à Rachel … Aussi horrible que je puisse paraître à vos yeux, ce personnage ne m’a pas touché le moins du monde. Oui elle vit dans un monde un peu à part et n’a pas eu les mêmes expériences que les autres adolescents étant donné qu’elle passait beaucoup de temps sur son piano, mais je l’ai trouvé trop niaise, trop naïve. Plus exaspérante qu’autre chose, donc là non plus je n’ai pas réussi à m’attacher.

Le style est bon et les flash-back sont correctement utilisés (et surtout utiles) mais cela n’a pas suffit à me convaincre. Je reconnais que je ne suis pas réellement rentrée dans l’histoire : le début était déjà relativement suspect pour moi mais en plus il devient facile à un moment de recoller tous les morceaux pour comprendre où Rebecca James veut en venir. La folie d’Alice n’a été, à mon sens, pas assez poussé pour la rendre suffisamment intéressante. Il en va de même pour son côté machiavélique. La seule chose qui m’a véritablement surprise c’est l’identité du frère d’Alice. Ça je reconnais que je ne l’avais pas vu venir, et c’est pourtant sur cet élément que repose réellement toute l’histoire. Mais le reste ? Pas de vrai suspense, pas de moment haletant, pas d’angoisse, pas de tension. Pas le moindre soupçon de peur dans le pseudo harcèlement que va finir par orchestrer Alice et c’est vraiment dommage.
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date : 23-09-2016
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Cela faisait des années que Jared tentait de percer le secret que renfermait ce livre de contes en apparence si banal. A force de persévérance, la magie l’entraîna aux annales Akashiques, une immense bibliothèque renfermant toute la mémoire du monde. A travers l’un des livres, Jared découvre la vie d’Ambre Delage, une adolescente dont le quotidien bascule le jour où deux hommes enfoncent la porte de sa maison pour tenter de l’enlever, déclenchant une avalanche de révélations.

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat et à Joël pour nous l’avoir proposé. Je l’avoue, je n’avais jamais entendu parler de ce livre et pourtant il gagnerait à être connu ! Même si Ysé et le palimpseste ne nous épargne pas quelques clichés, on ne peut pas nier que l’histoire tient la route. Je parle de clichés notamment concernant l’héroïne elle-même. Orpheline recueillie par un parent éloigné (ici sa tante) qui ne sait rien de sa véritable nature et qui la découvre brusquement lorsque le mal décide de venir toquer à sa porte (littéralement). J’ai lu des dizaines d’histoires qui commençaient de cette façon et pourtant Florent Marotta a su me donner envie d’aller au-delà. Peut-être parce que l’histoire ne commence pas réellement avec Ambre (ou Yzé si vous préférez) mais avec Jared, un garçon dont ne sait absolument rien si ce n’est qu’il cherche à percer le mystère d’un vieux livre de contes. J’aime cette idée d’une histoire dans une histoire. Et je suis incroyablement frustrée de ne pas en savoir plus sur Jared ! Je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi lui. Et surtout pourquoi semble-t-il vouloir à tout prix savoir ce qu’il s’est passé autrefois. Jared n’est présent que le temps de cinq toutes petites pages, donc oui je suis frustrée. On ne le retrouve même pas à la fin du livre le temps pour lui de faire une pause ou de lui permettre de commencer à assembler quelques pièces de son mystérieux puzzle. Ou alors je m’emballe et il n’y a pas vraiment d’histoire autour de lui, peut-être n’est-il qu’un prétexte pour nous permettre de suivre les aventures d’Yzé. Si c’est le cas je serai vraiment déçue. Bref, laissons Jared de côté pour le moment et revenons à Yzé et à ses clichés.

Yzé n’a jamais soupçonné la moindre trace de magie en elle et pourtant elle est capable de prouesses. J’avoue ne pas vraiment avoir apprécié cette facilité. Je veux dire, il est normale qu’elle ait des pouvoirs et qu’ils soient relativement impressionnant (sinon il n’y aura pas de prophétie la concernant) mais elle les maîtrise bien trop vite à mon goût. Il ne s’est jamais rien passé d’étrange en sa présence et pourtant il lui suffit qu’on lui remette son artefact (une sorte de catalyseur de son pouvoir) pour qu’elle soit capable de faire aussi bien qu’une personne ayant toujours eu conscience de sa magie. J’aurais aimé la voir se battre contre elle-même, peiner un peu plus pour prendre contact avec son moi magique qu’elle avait jusque là royalement ignoré. Là tout est bien trop simple, trop lisse. Même lorsqu’elle veut apprendre à maîtriser un élément qui n’est pas le sien, elle y parvient en une après-midi. Le résultat est certes faible mais il est bien là et moi ça me dérange. Elle en devient agaçante parce qu’on sait d’avance que quoi qu’elle tente, elle y arrivera. Ceci dit l’auteur a tout de même eu l’intelligence de ne pas lui donner le pouvoir absolu et heureusement parce que sinon elle serait devenue incroyablement chiante. J’ai été agréablement surprise de constater que ce n’était pas Yzé qui se découvrirait un don pour entrer dans l’esprit des gens mais son amie Isobel. Cela a le mérite de rendre Yzé moins parfaite et Isobel plus intéressante.

De nombreux personnages gravitent autour de l’héroïne, certains plus intéressants que d’autres (autant Isaac me laisse de marbre, autant j’ai hâte d’en savoir encore plus sur Fall !). La façon dont Yzé se comporte avec eux n’est pas toujours très naturelle, ce qui m’a interpellé plusieurs fois. Elle prend deux adolescents presque au hasard et décide qu’ils seront ses amis et compagnons d’aventure. Elle se lie en un claquement de doigts avec une famille rejetée par la plupart de la communauté des Wicce (des sorciers trouvant leurs pouvoirs dans les quatre éléments) et embarque le fils avec elle pour faire face au danger alors qu’ils se sont parlé en tout et pour tout trois fois. Même chose pour Matt, de qui elle se rapproche sans que je n’ai rien vu venir. Encore une fois, tout cela est trop facile. L’auteur a sans doute voulu privilégier l’action plutôt que les sentiments et je trouve ça dommage. Quand je parle de sentiments je ne parle bien évidemment pas de romance (Yzé et le palimpseste nous épargne l’habituel triangle amoureux, même si je soupçonne qu’on finira par y venir, ou du moins que la romance pointera le bout de son nez). Mais il n’y a pas assez de profondeur dans les réflexions d’Yzé. Je n’ai pas eu suffisamment accès à son ressenti, à ses sentiments face à toutes les épreuves qu’elle traverse. Il m’a manqué l’insécurité, la peur de ne pas réussir, la tristesse, la culpabilité face à certaines de ses actions, son ressenti la première fois qu’elle a ôté la vie. Même s’il s’agissait d’un « méchant » et qu’elle n’avait pas le choix, j’aurais aimé qu’elle s’attarde plus sur le sujet.

L’alternance de point de vue m’a un peu perdue étant donné le nombre de personnages présents dans cette histoire, surtout durant le premier tiers. Il m’a parfois fallu quelques pages avant de me souvenir de qui était qui. Si d’ordinaire j’apprécie d’avoir les pensée de chaque camps, ici cela ralenti parfois le récit et la tentation de sauter quelques pages pour retrouver Yzé a été grande.

Le plus perturbant dans cette histoire, c’est le décor. Florent Marotta nous propulse dans un futur qui a des airs de passé. Oui je sais, dit comme ça c’est très étrange. Aucune date n’est mentionnée mais on sait qu’un conflit a ravagé la France il y a des décennies et que la ville de Lyon s’appelle désormais Nova Lugdunum. C’est le seul indicateur de temps que nous auront. La technologie est toujours présente (et a même connu quelques améliorations) mais le fanatisme religieux qui règne sur le monde d’Yzé me rappelle incontestablement ces anciennes guerres des religions qui ont traversé la France depuis le Moyen Âge. J’ai un peu tiqué je l’admets, parce qu’en matière de Fantasy, j’ai du mal à penser que la religion puisse autant poser problème dans un monde futuriste (douce utopie, je le sais). J’ai eu une impression constante de retour en arrière. Je ne pouvais m’empêcher de voir l’histoire se dérouler dans un temps plus ancien et chaque mention de technologie me ramenait dans le futur. J’ai sincèrement eu du mal à m’y faire.

Donc au final pourquoi ai-je dit plus haut que ce livre gagnerait à être connu ? Je réalise que jusque là je n’ai fait qu’émettre des critiques alors que Yzé et le palimpseste a incontestablement du bon en lui. Et surtout, malgré tous les défauts et les maladresses que j’ai pu lui trouver, j’avais quand même envie de connaître la suite parce que l’intrigue est vraiment prenante. Comme je le disais, le scénario tient la route et on sent qu’il y a un véritable travail en amont. L’univers créé par l’auteur est riche, longuement pensé, consistant. Quatre « clans » s’affrontent et chacun est persuadé de détenir la vérité, ce qui fait qu’il n’y a pas de véritable méchant (sauf Ashahell) dans cette histoire, uniquement des clans, presque des partis politiques, qui veulent ce qu’il y a de mieux pour l’humanité et qui ont de vraies raisons de se battre. Une fois de plus la peur de l’autre, de ce que l’on ne comprend pas, mène la danse mais n’est-ce pas toujours le cas ?

Le style est fluide et c’est un pur bonheur de voir que l’auteur ose utiliser des mots qu’on ne croise pas souvent en littérature fantasy (à croire que le lecteur lambda a un vocabulaire limité …) sans pour autant tomber dans le pompeux, je vous rassure. Le rythme est soutenu malgré quelques longueurs, les rebondissements sont nombreux et je tiens à souligner que je ne les ai pas toujours vus venir. Il y a des choses auxquelles je ne m’attendais pas et j’aime qu’on me surprenne. Plus l’histoire avance et plus elle s’assombrit, plus elle devient compliqué. Il n’y a pas seulement le mystère qui entoure Yzé (cette prophétie dont personne ne veut lui parler, tout ça tout ça) il y a surtout cette histoire d’ancienne magie, celle-là même que les Wicce semblent avoir oublié depuis longtemps, celle dont ils semblent avoir peur. Des sorciers qui ont peur de leurs pouvoirs ? Je ne peux pas m’empêcher d’être intriguée et de vouloir savoir comment ils en sont arrivés là. Du plus si Yzé ne sait pas à quoi s’attendre de la part de ses ennemis, l’alternance de point de vue fait que leurs plans n’ont pas de secret pour le lecteur, ce qui fait incontestablement monter notre appréhension, tout comme le niveau de suspense.

Bref, une saga fantasy dont il me tarde de lire la suite !
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date : 16-09-2016
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Originaire d’un monde parallèle où les valeurs morales sont inversées, Alexander Luthor s’écrase sur Terre dans un champ de maïs et vient demander l’aide de la Justice League dans son combat contre le Syndicat du Crime qui ne cesse de mettre à mal ce monde qui lui est si cher. Bien que certains soient réticents, Superman, Wonder Woman, Batman, Flash et Green Lantern finissent par accepter de l’aider et se rendent sur cette autre Terre. Parallèlement, une donnée inconnue envoie les membres du Syndicat du crime sur Terre où ils tenteront de répandre le mal.

J’ai toujours eu un faible pour les histoires de Grant Morrison (du moins celles concernant Batman) donc quitte à se lancer dans une aventure de la Justice League, pourquoi ne pas commencer avec lui ? Je suis tellement habituée à ses scénarios complexes et alambiqués que celui de L’autre Terre me parait presque trop simple. Pas d’intrigue à tiroirs, pas de réelle action, pratiquement pas d’interactions entre ce Syndicat du Crime et la Justice League. L’idée de base était pourtant sympa, même si elle est loin d’être nouvelle (je tiens d’ailleurs à préciser que ce Syndicat du Crime n’est absolument pas l’invention de Grant Morrison). Mais que dire de cette fin ? Que dire de cette résolution du « problème » ? Un claquement de doigts et tout rentre dans l’ordre.

Le gros point positif de cette histoire, c’est la transformation des personnalités de nos héros. Ultraman (double de Superman) est un ancien astronaute parano et violent accidentellement dopé à la kryptonite ; SuperWoman (double de Wonder Woman) baigne dans la perversité et l’immoralité ; Owlman (double de Batman) est un génie du crime particulièrement manipulateur ; Johnny Quick (double de Flash) garde les mêmes capacités que son double mais les doit à une drogue dont il ne peut plus se passer ; Power Ring est un looser et un trouillard doté d’un anneau renfermant les pouvoirs d’un moine tibétain. Le ton est donné, il n’y en a pas un pour racheter l’autre. Je dois dire que ma première rencontre avec chacun d’entre eux fut surprenante. Entre Ultraman qui désintègre l’un des habitants de son monde parce qu’il a osé critiquer le Syndicat du Crime et SuperWoman (campé ici par Loïs Lane) qui trompe Ultraman avec Owlman, il y a de quoi vous chambouler sérieusement. Je ne vous cacherai pas que j’ai eu un peu de mal avec la distribution des rôles qu’a fait Morrison sur cette autre Terre, sans doute trop habituée à Bruce Wayne, Clark Kent et compagnie. Je n’ai pas pu m’empêcher de tiquer un peu quand j’ai compris que Loïs Lane était SuperWoman ou que Owlman était Thomas Wayne Junior, le frère aîné de Bruce Wayne. Que voulez-vous, j’aime mes bases et j’ai un peu de mal quand on les bouscule. Et puis pourquoi vouloir changer l’identité secrète de ces Super-héros devenus des Super-vilains ? Si l’autre Terre est l’inverse de notre Terre, les identités de chacun auraient dû rester les mêmes, si on veut garder une certaine logique. Qu’on me dise que sur cette autre Terre Martha et Thomas Wayne ont eu un autre fils, je veux bien. Mais pourquoi faire de Loïs SuperWoman à la place de Diana Prince ?

Mais revenons à l’histoire. Nos Super-héros tentent de faire le bien sur cette autre Terre mais si tout y est inversé, faire le bien ne revient-il pas à faire le mal ? Après tout même la politique locale semble réticente à ces changements positifs et se retrouve désemparée lorsque Superman refuse un pot de vin ou lorsque Wonder Woman et Flash viennent en aide aux plus démunis. Peut-on réellement forcer les gens à changer ? Cette Terre veut-elle seulement être sauvée ? Alexander Luthor se bat pour le bien mais rares sont ceux qui pensent comme lui. Morrison nous offre ici plusieurs pistes de réflexions très intéressantes mais son scénario manque malheureusement de profondeur. Certes il y a bien un dernier retournement de situation mais je n’aime pas cette idée de fatalité ni la rapidité avec laquelle se clôt l’action. Il me manque un véritable affrontement entre les Super-héros et les Super-vilains. Ici, chacun est mis en défaite non pas par un adversaire mais par la nature-même de ces deux mondes miroirs. Sans oublier que j’aurais aimé en apprendre plus sur ce Syndicat du Crime. Ses membres ne sont que survolés, ils manquent de caractérisation. Seul Owlman est un peu plus approfondis que les autres et m’a véritablement intéressée.

Côté graphisme, si j’adore les décors bourrés de petits détails et les costumes dessinés par Quitely, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il a un sérieux problème avec les personnages (que dire de sa Wonder Woman ? Elle ferait presque peur à voir !). Les visages ont tous la même mâchoire carrée, les expressions sont mal représentées, et il n’est pas rare que les jambes nues des personnages féminins soient bien trop longues pour être réalistes. Même son style n’est pas tout à fait égal, certaines cases me font vraiment penser aux comics des années 90. C’est vraiment dommage parce que ses scènes de chaos sont absolument géniales.

Quelques bonnes trouvailles donc dans L’autre Terre, des pistes de réflexions intéressantes, mais il m’a définitivement manqué quelque chose dans cette histoire. J’ai eu le sentiment que tout cela n’était que survolé, qu’il aurait fallu un peu plus de pages et surtout de profondeur quant aux thématiques abordées.
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Hyde écrit par Daniel Levine
date : 09-09-2016
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Enfermé dans le cabinet du Docteur Jekyll depuis des jours, Hyde n’a qu’une seule hantise : que Poole découvre la supercherie et qu’il s’en prenne à lui. En attendant l’inévitable, Hyde se remémore ces derniers mois, cette liberté qu’il a touché du bout des doigts et en laquelle il a cru, avant que tout ne bascule et le conduise entre ces murs dont il sait qu’il ne ressortira pas vivant. Hyde nous délivre sa version des faits, version qui est bien éloignée de celle du docteur Jekyll.

Si j’ai été attirée par ce livre, c’est tout simplement parce que j’ai toujours été fascinée par l’histoire du Docteur Jekyll et de Mister Hyde. Souvent adaptée, parfois transposée, toujours captivante. Je n’allais donc certainement pas laisser passer l’occasion d’avoir enfin le point de vue de Hyde ! Merci à NetGalley et à Fayard pour ce partenariat.

Cette version proposée par Daniel Levine est bien plus basée sur la psychologie que l’œuvre originale. Ici, Hyde ne déteste absolument pas Jekyll. Ici, Hyde n’est d’ailleurs absolument pas la représentation du côté sombre de Jekyll. Levine nous propose un concept tout à fait intéressant : et si Jekyll n’était pas aussi bien pensant que nous l’a décrit R.L. Stevenson ? Et si tout ça n’était qu’affaire de mensonges, de tromperie et de manipulation ? Et s’il y avait en réalité un troisième homme dont ni Jekyll ni Hyde n’a conscience ? Hyde se bat pour se faire une place dans ce monde alors qu’il n’est même pas censé exister, mais surtout il se bat pour savoir ce que Jekyll attend de lui. Car si Jekyll a accès à toutes les pensées de Hyde, l’inverse est loin d’être vrai. Hyde s’achète une maison, des vêtements, se trouve des habitudes, tente de se créer une existence en espérant faire ce que Jekyll attend de lui mais sans jamais être sûr de rien. C’est le fait le plus surprenant de ce roman. Ici, Hyde n’a rien de l’homme sans cœur et sans remord auquel nous a présenté R.L. Stevenson autrefois. J’ai été surprise de voir à quel point Hyde est, au fond, un homme ordinaire. Du moins jusqu’à ce que ne commencent ces actes tantôt immoraux, tantôt inavouables. Mais qui les accomplit vraiment ? Jekyll ou Hyde ? Parce que s’il s’agit bien de l’apparence de Hyde, il y a cette horrible sensation de ne plus avoir le contrôle de son corps, d’être relégué au second plan. Quand il n’a pas tout simplement des absences, perdant des heures dont il n’a aucun souvenir. Le jeu psychologique s’arrêtera malheureusement là parce qu’il est plus qu’évident que Hyde n’est pas aux commandes. Plutôt qu’une dissociation de son âme en deux (un côté bon et un côté mauvais), Hyde devient alors le moyen parfait pour Jekyll d’accomplir certains vices, certaines pulsions sans avoir à en subir le regard de la société ou le poids de la culpabilité. Après tout ce n’est pas lui, c’est Hyde. A moins qu’il ne s’agisse d’une troisième personnalité dont aucun des deux n’a conscience ? Une personnalité bien plus torturée, bien plus « dérangée » psychologiquement ?

Il y avait donc un énorme potentiel. J’étais prête à remettre en cause la version de Stevenson en un battement de cœur. Le problème est que cette histoire est très, très, très longue. Les cent premières pages se concentrent sur l’entrée de Hyde dans le monde et comme il n’est pas la personnalité névrosée à laquelle on s’attend, son existence est particulièrement lisse et, oserais-je l’écrire, franchement ennuyeuse. L’auteur se perd en détails dont je n’ai que faire et j’ai plus d’une fois sauté quelques paragraphes sans jamais perdre le fil de l’histoire. Il est comme un enfant découvrant le monde donc oui il est attachant, mais l’histoire en elle-même n’avance pas et cela devient vite frustrant. Sans oublier ce mystère qui n’en est pas vraiment un. Après tout si Hyde est le « gentil » de l’histoire, il ne reste pas vraiment de mystère concernant l’identité du « méchant ». J’ai failli abandonner cette lecture à plusieurs reprises, je l’avoue. Certes l’écriture est belle, mais cela se fait au détriment de l’intrigue. Sans oublier la forme choisie par l’auteur. Je ne comprends pas cette envie de fusionner les dialogues avec la narration. Il n’y a aucune démarcation, si ce n’est les paroles de Hyde et Jekyll qui sont en italiques. Le reste n’est qu’un monstrueux bloc qui donne une impression de lourdeur, d’oppression, alors que le récit n’avait déjà franchement pas besoin de ça.

Paradoxalement il y a des personnages secondaires très intéressants qui disparaissent en un claquement de doigts et dont on ne saura plus rien, ou qui n’ont pas assez voix au chapitre. Je pense avant tout à Jeannie. J’avais peu d’intérêt pour elle au début mais elle parvient à devenir un élément central dans la vie de Hyde. Et pourtant il s’en débarrasse sans même une arrière pensée et le lecteur se retrouve à se demander ce qu’il advient d’elle, si elle s’en sort enfin, si elle a eu son bébé (rien n’est dit clairement mais j’ai choisi de penser, à travers sa gestuelle, qu’elle est effectivement enceinte). On sait ce qu’il advient de Georgina mais rien sur Jeannie. Alors que la seconde était bien plus attachante que la première. L’autre personnage secondaire (voire même tertiaire) qui m’a particulièrement intéressée est Émile Verlaine. Lorsqu’on comprend qu’il est doté de trouble de la personnalité multiple, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec Jekyll. Émile Verlaine est tout simplement fascinant mais pas assez exploité à mon goût.

Levine connait bien l’œuvre originale, on ne peut pas le nier. Il a repris chaque élément fourni par Stevenson, que ce soit les personnages principaux ou le déroulement des évènements, mais ça ne suffit pas pour faire une bonne adaptation. J’ai été déçue de ne pas en apprendre plus sur le Londres de cette époque. D’accord ce n’est pas le but de ce roman, mais rien n’empêchait d’y inclure quelques éléments qui, pour le coup, auraient été sans aucun doute possible bien plus intéressants que la vie morne et monotone de Hyde. Sans oublier que là où Stevenson joue sur les sous-entendus, Levine choisit d’être le plus explicite possible. Je préférais ne pas savoir quels vices avait Jekyll, je trouvais l’ambiance du récit bien plus sombre de cette façon. On a plus facilement peur de ce qu’on ne voit pas, de ce qu’on ne sait pas. Ici on éprouve plus facilement du dégoût que de la peur. En revanche, Levine explore les racines de l’instabilité mentale de Jekyll (ses rapports avec son père, l’échec d’une romance, sa responsabilité dans la perte d’un patient) et c’est un aspect du récit qui m’a vraiment plu. En fait, bien qu’il se concentre sur Hyde, Daniel Levine m’a donné envie d’en apprendre encore plus sur sa version du docteur Jekyll.

Hyde ne fut donc pas vraiment une bonne lecture pour moi. Je ne peux pas me résoudre à le classer dans les policier ou les thriller puisqu’il ne m’a pas fait peur et surtout étant donné qu’il n’y a pas de véritable mystère. Je suis la première à regretter de ne pas avoir aimé cette lecture mais les longueurs, la lenteur du récit et la personnalité fade de Hyde auront eu raison de mon intérêt pour cette histoire.
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date : 03-09-2016
J’ai dévoré Eléanor & Park et plus encore Fangirl, je me suis donc jetée sur Attachement sans aucune arrière pensée et surtout sans crainte, ne prêtant même pas attention à l’éditeur. Peut-être que j’aurais dû être plus méfiante. Ça ne va pas être facile de vous expliquer ce que j’ai ressenti en lisant ce livre mais on va essayer.

Tout commence avec Lincoln, un jeune homme un peu gauche qui va sur ses trente ans et qui ne sait pas vraiment quoi faire de sa vie (et qui habite toujours chez sa mère, chose que le monde entier semble considérée comme aberrante pour une raison qui m’échappe …). Il ne s’est jamais remis de sa rupture avec Sam et pense encore à elle même dix ans après. Indécis, il a multiplié les diplômes dans divers domaines et se retrouve désormais avec un poste de maintenance informatique de nuit dans un journal local. Il doit bien entendu gérer tout ce qui est panne informatique dans les différents services mais aussi et surtout veiller à ce que les employés n’abusent pas des échanges de mails personnels. Certains mots ont été proscrit et déclenchent une alerte, et ce sont justement ces mails que Lincoln doit lire afin de juger s’ils sont ou non hors propos et envoyer des investissements aux personnes concernées le cas échéant. On ne peut pas dire qu’il soit dépressif mais il attend clairement que les jours défilent, tous mornes et gris, s’enchaînant sans jamais apporter un peu de couleur dans sa vie. En plus de ça son travail ne lui plait pas du tout, le fait de devoir lire la correspondance des employés lui pose un problème d’éthique moral. Bien obligé de s’acquitter de sa tache malgré tout, il finit par tomber sur des échanges personnels entre Jennifer et Beth, deux jeunes femmes qui parviennent à capter son attention et surtout à éveiller sa curiosité. Il va ainsi suivre leurs histoires au fil de ses lectures et apprendre à les connaître alors qu’il ne les a jamais rencontrées.

Lincoln est un personnage vraiment attachant. Timide, peu sûr de lui et brisé par sa rupture avec celle qu’il considérait comme la femme de sa vie, on ne peut que se prendre d’affection pour lui. Notre attachement à ce personnage se renforce lorsqu’on réalise qu’il est drôle et extrêmement gentil. On ne peut pas ne pas aimer Beth et Jennifer tant elles sont drôles et sincères. On ne les connait pas vraiment et pourtant on se surprend à s’attendrir de leurs bêtises et surtout à vouloir les consoler lorsque le malheur les frappe à tour de rôle. Tout comme Lincoln on se sent très vite attiré par ce qui se passe dans leur quotidien. D’une façon étrange et pourtant logique, ce qui ce se passe dans la vie de Beth et Jennifer a une incidence sur celle de Lincoln. Sans le savoir elles vont l’influencer et lui apporter la maturité qui lui manquait. Grâce à elles Lincoln réalise qu’il ne peut pas se contenter d’attendre que les jours passent, qu’il doit faire quelque chose s’il veut que son quotidien change. Il y a une véritable évolution de ce personnage, on le voit sortir de sa coquille, s’affirmer, reprendre goût à la vie.

Ce n’est pas que je n’ai pas aimé ce livre. La lecture est fluide, l’histoire mignonne et l’humour bien présent. Et puis l’auteur casse les clichés et démontre qu’on peut être tout à fait normal et sociable et aimer jouer à Donjon & Dragons. Pourtant en refermant ce livre je n’ai rien ressenti de particulier. Je suis une grande romantique mais il faut croire que la collection romance de Milady n’est pas faite pour moi. Un peu trop « cul-cul la praline » peut-être. Ça traîne parfois en longueur et paradoxalement la fin est vraiment précipitée. Sans oublier tous ces éléments qu’on voit venir de loin. Mais ce qui m’a le plus déçu c’est Lincoln lui-même pas. Je m’explique : au début nous n’avons droit qu’à une brève description de lui. Et il est tellement effacé, tellement introverti que je me suis imaginé un jeune homme non pas frêle mais pas à la carrure imposante pour autant, pas un homme petit mais pas grand non plus, pas moche mais pas pour autant le genre qui vous fait vous retourner sur son passage. Je voyais un jeune homme normal, passe partout, ordinaire. Au lieu de ça on réalise au bout d’une soixantaine de pages (plus précisément au chapitre 38) qu’il est grand, qu’il est musclé, qu’il est beau. Et je me suis sentie trahie. Je ne voulais pas d’un héros parfait, je voulais un héros crédible. A partir de là c’était fichue pour moi, Lincoln ne m’intéressait plus du tout autant. Surtout que sérieusement ? Comme si un type comme lui n’avait jamais retrouvé de petite amie après une rupture difficile ! Ok il peut être toujours en plein chagrin d’amour, penser toujours à Sam et ne pas être prêt à se lancer dans une nouvelle romance mais une fille l’aurait forcément abordé une fois ou deux ! Alors que là non, il n’intéresse soi-disant personne. Alors à moins qu’il se trimballe avec un panneau « attention au dépressif » je ne vois pas comment c’est possible. Pour moi ça n’est juste pas crédible.

Certes Attachement sort un peu du lot parce que contrairement aux habitudes le narrateur est un homme, les deux protagonistes ne se rencontrent pas par hasard et ce n’est pas l’amour au premier regard, l’amour nait d’une façon peu conventionnelle et on en vient même à douter brièvement qu’ils finissent un jour réellement ensemble. L’histoire est rythmée grâce à l’alternance des chapitres entre la narration de Lincoln et les échanges de Beth et Jennifer. On sent que Rainbow Rowell connait bien l’univers du journalisme, le décor est bien planté et développé. Mais tout ça ne suffit pas. Il m’a manqué quelque chose, la petite étincelle qui aurait fait que ce roman puisse être vraiment génial. La fin est plus que précipitée et la rencontre tant attendue entre Beth et Lincoln tombe à plat. On attendait de la magie, des étincelles, mais on se retrouve avec un pétard mouillé, donc qui ne prend pas.
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date : 27-08-2016
A vingt-quatre ans, Chelsea a déjà décidé qu’il n’y avait pas de place pour un homme dans sa vie. Déçue par ses anciennes histoires, elle préfère se consacrer à Beau, son cheval, et à l’équitation. Malheureusement Beau ne correspond pas aux standards des grands chevaux de courses, donc ils ont peu d’occasions officielles de montrer ce qu’ils valent réellement. Heureusement pour Chelsea et Beau, une course hippique caritative accepte des participants de tous horizons et les voilà parmi les concurrents. Mais trop confiante, Chelsea commet une erreur qui les fera chuter tous les deux, la faisant même sombrer dans l’inconscience.

J’avais vaguement croisé ce livre sur un blog ou deux. J’avais trouvé la couverture magnifique mais je n’étais pas du tout allée au delà. Donc lorsque j’ai vu ce titre disponible dans les partenariats proposés par NetGalley et les éditions Lilys (que je remercie d’ailleurs pour leur confiance), je n’ai pas hésité une seule seconde et j’ai postulé sans même lire quoi que ce soit à son sujet ! Pourquoi faut-il que je fasse encore et toujours cette erreur ?

Vous le savez maintenant, j’ai l’imagination plutôt fertile. Donc quand j’ai lu le résumé de La quatrième fée, je me suis aussitôt retrouvé embarquée dans une histoire fantasy (ou fantastique, peu importe) où l’héroïne serait – par un sort, le hasard, la main de Merlin, le destin, ou ce que vous voudrez – ressuscitée suite à la visite de cette quatrième fée dont aucune légende ne fait mention. Ou même une histoire de réincarnation, je n’étais pas bien fixée. Mais ce qui est sûr c’est que je m’attendais vraiment à tomber sur un livre de fantasy.

La chute n’en fut que plus rude. La quatrième fée et moi n’avons pas pris un bon départ, il faut bien l’avouer. En lisant les premières pages, je me voyais déjà plongée au cœur d’une énième histoire de cheval et d’adolescente un peu niaise qui ne voit que par l’équitation. Je ne suis jamais parvenue à m’intéresser aux chevaux malgré mes tentatives, pardonnez-moi. Et comme la description de la relation entre Chelsea et Beau m’a paru peu réaliste (très belle et très forte, mais absolument pas crédible aux yeux de l’hérétique que je suis en matière de cheval), ça n’a fait que renforcer mon idée première d’un livre empli de fantastique. Je poursuivis ma lecture, tournant mes pages, attendant que se pointe enfin ce fichue sursaut de fantasy, cet éclair de magie qui ferait enfin basculer cette histoire. Et, oserais-je l’écrire, qui l’a rendrait enfin intéressante. Malheureusement pour moi, ce moment n’est jamais venu.

Donc La quatrième fée, qu’est-ce que c’est ? C’est un livre qui pose des questions, qui propose des débats, qui met en lumière des faits que la plupart des gens préfèrent ne pas aborder par gêne ou par simple volonté de ne pas en parler maintenant pour ne pas se porter la poisse (ce qui revient à ne jamais aborder le sujet, au final). Le plus gros questionnement que propose ce livre porte sur le fait de garder ou non une personne sous machines lorsque le cerveau est déjà perdu. On ne pense jamais à en parler autour de soit de peur d’attirer le mauvais œil ou simplement en se disant qu’on aura bien le temps plus tard, lorsque l’occasion se présentera. Mais parfois l’occasion ne se présente jamais. Ici nous avons Natacha qui, après l’accident de sa fille Chelsea, doit décider si oui ou non il faut la débrancher. C’est un sujet traité avec une grande sensibilité. On ne peut pas ne pas vouloir serrer Natacha dans nos bras pour la soutenir, la consoler. On comprend incontestablement sa volonté de ne pas débrancher sa fille, son espoir qui refuse de s’éteindre, son égoïsme à vouloir la garder près d’elle encore un peu, même si elle n’est plus qu’une coquille vide. Les étapes du deuil sont bien là, on suit Natacha à travers son calvaire, on la regarde marchander, refuser la réalité, pleurer, nier, accepter. Jusqu’au bout j’ai espéré ce petit sursaut de fantasy qui ramènerait Chelsea et qui ferait entrer en scène la fameuse quatrième fée. J’ai nié la réalité, tout comme Natacha.

Certains diront que le thème central de ce livre concerne le don d’organes mais je ne suis pas d’accord. Ce deuxième questionnement arrière bien plus tard et surtout n’est pas traité avec autant de temps et de pertinence. Une fois que Natacha a accepté de laisser partir sa fille, la question du don d’organes ne se pose pratiquement pas (comparativement parlant). Et surtout, à mes yeux il n’y a pas eu de réel suspense à ce sujet puisque l’auteur a ajouté quelques éléments inattendus mais logiques pour faire avancer l’histoire (comme la réapparition d’un ancien amour de jeunesse) qui font qu’on ne doute pas une seule seconde du choix que fera Natacha.

La quatrième fée est donc un roman touchant rempli de l’amour d’une mère pour sa fille. Le problème majeur c’est qu’il est également parasité par bien trop de débats. A travers presque deux cent pages, nous avons droit à : débrancher ou non une personne déclarée en mort cérébrale, la place des femmes dans la société, les différences homme/femmes, le don d’organes, la vision qu’à la société sur les mères célibataires, les réseaux sociaux, et bien d’autres encore. Honnêtement, ça fait beaucoup pour une seule histoire. Lorsque après un débat l’histoire reprenait enfin, je me laissais tranquillement porter (avec peu d’illusions concernant la fin une fois fait mon deuil concernant mes attentes fantasy) mais lorsque je sentais poindre un nouveau débat, je ne pouvais pas m’empêcher de soupirer parce que je savais que viendraient à nouveau des tonnes d’arguments pour ou contre cet énième duel verbal. Duel que je n’avais pas envie de lire puisque je sortais à peine d’un autre. Duels qui n’en n’étaient parfois pas vraiment tant les arguments sont peu nombreux. Le pire est que tous ces débats (qui n’en sont pas vraiment puisque l’auteur semble prêcher la bonne parole) ralentissent considérablement l’histoire, ce qui fait que ma lecture m’a semblé très, très longue. Je suis ressortie de ce livre épuisée mais pas de la bonne façon. Je n’avais plus qu’une envie : me coller devant une série dont le scénario tiendrait sur un post-it pour être sûre de ne pas avoir à réfléchir à quoi que ce soit pendant au moins quarante minutes.

Je ne nie pas que Natacha est touchante et que ses émotions sont très bien retranscrites. Mais l’auteur a voulu mettre trop de choses dans son livre. Qu’elle relie le maintient de la vie artificiellement et le don d’organes est tout à fait logique, mais les autres débats auraient très bien pu se voir intégrer à une autre histoire, ce qui aurait considérablement allégé celle-ci.

La couverture et le résumé desservent le livre, incontestablement. Je doute sincèrement être la seule à mettre faite avoir en imaginant totalement autre chose. Donc forcément, dans ces conditions, la lecture ne peut pas être positive.

Et puis ma plus grande question une fois ma lecture terminée : que devient Beau, dans tout ça ? Chelsea l’adorait plus que tout et pourtant on ne sait pas ce qu’il advient de lui. Certes Natacha avait d’autres choses en tête mais pour l’amour de sa fille, presque comme pour respecter sa dernière volonté, je m’étais attendu à ce qu’elle trouve une autre famille pour Beau ou bien qu’elle le garde avec elle en souvenir de Chelsea.

En résumé, un beau témoignage malheureusement alourdi par la volonté de l’auteur de dire trop de choses en peu de temps. Et, pour moi, un mauvais choix marketing quant au résumé et à la couverture du livre.
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Sofia a toujours vécu à l’orphelinat. Désormais âgée de treize ans, elle est convaincue que plus personne ne voudra l’adopter, fait que ses camarades ne cessent de lui rappeler. Sofia a renoncé à espérer trouver un jour une famille et imagine déjà ce que sera son existence : elle ne quittera jamais cet endroit, devenant simplement employée plutôt que pensionnaire le jour de sa majorité. Mais un jour le professeur Schlafen, désireux d’adopter, demande à avoir une entrevue avec elle. Ses propos sont parfois cryptiques, il lui cache clairement quelque chose mais il est décidé à l’adopter, aussi Sofia ne laissera pas passer cette chance de quitter pour toujours l’orphelinat.

Je dois admettre que cette histoire de fille dragon commençait plutôt bien. Sofia a clairement du mal à se faire des amis, sa seule confidente est une employée qui n’a jamais été adoptée et qui est simplement restée à l’orphelinat, donc éprouver de la sympathie pour Sofia n’est franchement pas difficile quand on nous brosse à la fois son présent solitaire et son triste avenir. Par la suite j’ai été un peu surprise de la rapidité de l’adoption de Sofia. Le professeur vient la voir, discute rapidement avec elle, et dès le lendemain il l’emmène officiellement chez lui. C’est peut-être mon esprit tordu (il faudrait que je ralentisse sur les séries policières
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date : 11-08-2016
Holly Martin signe avec Veux-tu m'épouser 100 fois? une comédie romantique où l'on voit la relation de nos personnages évolué très lentement. Autant les demandes en mariages sont justes magiques, extraordinaire, et émouvante autant le reste de l'histoire est très prévisible et mou. Les personnages ne sont pas attachants et l'histoire n'est pas remarquable.
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date : 08-08-2016
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Le vaisseau de Kal-El ne s’est pas écrasé au Kansas mais en URSS, si bien que Clark a grandi dans un environnement communiste qui déplore l’impérialisme américain. Le jour où il se sent prêt, il fait part de ses capacités spéciales à Staline, qui décide alors de le présenter au reste du monde comme étant son nouveau protecteur et sa nouvelle arme. Superman devient malgré lui un symbole à la fois adulé et redouté, le communisme personnifié. Inquiets, les États-Unis donnent carte blanche au génie Lex Luthor afin de trouver un moyen de contrer Superman s’il décide un jour de s’en prendre à eux.

Je ne l’ai jamais caché, entre Superman et moi c’est pas franchement une grande histoire d’amour. Mais le voir transposer en URSS m’intriguait énormément, donc je me suis laissé tenter. Red Son a, il faut bien l’avouer une idée de départ vraiment intéressante. Après tout, pourquoi est-ce que les super héros officieraient toujours aux USA ? Les autres pays aussi ont droit à leurs capes, que diable ! Ok le coup du gentil qui devient méchant a déjà été fait dans d’autres domaines, mais la littérature n’est-elle pas un éternel recommencement ?

Superman dévoile au monde l’étendu de ses capacités sans pour autant faire le mal. Il ne cherche pas à attaquer ou à affaiblir les Etats-Unis, juste à leur montrer ce dont il est capable et ce qu’ils risquent si jamais ils tentent de s’en prendre à son pays d’adoption. Superman inspire la peur au citoyen lambda et c’est, du moins en ce qui me concerne, la première fois que je lis ce genre de réaction vis-à-vis de ce héros. Ici les gens (y compris ses compatriotes) redoutent la moindre de ses capacités. Ils n’osent pas critiquer le gouvernement de peur que Superman ne les entende, tout comme ils osent à peine traverser en dehors des clous de peur qu’il ne les voit. Superman n’est pas omniscient, il ne peut pas surveiller constamment le moindre recoin de la Terre mais ses pouvoirs sont suffisamment inquiétants pour faire trembler la population.

Red Son est une lecture vraiment intéressante. La question centrale est à mon sens celle-ci : peut-on faire le bonheur des gens malgré eux ? Superman rêve d’un monde où la race humaine ne connaîtra plus aucun accident, aucune maladie, aucun danger. Certes il y parvient sur la durée, mais à quel prix ? Il leur vole leur libre-arbitre, leur droit à la réflexion simplement parce qu’il veut les protéger. Rares sont ceux qui s’y opposent mais il y en a, comme les États-Unis, qui ont refusé un partenariat avec l’URSS quand le reste de la planète bleue a dit oui. D’autres anonymes tentent de lutter mais finissent lobotomisés (pardon, « reprogrammés ») par Superman. Pendant ce temps Lex Luthor s’enfonce dans sa folie en tentant de trouver un adversaire qui soit à la mesure de son ennemi soviétique (et crée des trucs plutôt flippant) pendant que le gouvernement américain perd l’autorité qu’il avait sur son peuple. Le pays sombre lentement mais est libre de ses choix tandis que le reste du monde prospère mais a perdu sa liberté. Superman pense indéniablement faire le bien et ne voit pas les torts qu’il cause. Mais d’autres, comme Batman, en ont parfaitement conscience et tentent de s’opposer à lui. Honnêtement je ne m’attendais pas à voir surgir Batman au milieu de cette histoire. Lui aussi est devenu soviétique (là j’avoue ne pas avoir compris pourquoi Millar ne l’a pas laissé américain … Une question de proximité géographique, probablement) et tente de libérer son pays de la coupe de Superman. Batman n’est pas le seul autre héros que l’on croisera au fil de cette lecture. Wonder Woman sera également présente, même si elle fait pas mal de figuration au début. Ses sentiments pour Superman l’aveuglent et la poussent à faire un acte dont elle ne ressortira pas indemne. Je n’ai guère d’affection pour cette héroïne mais la voir s’enfoncer dans le déni, la voir se sacrifier pour un homme qui ne la regarde même pas ne peut pas me laisser indifférente.

Puisqu’on en est à parler sentiments, c’est un point plutôt négatif pour ce comic. Je m’explique : même si c’est lui qui raconte l’histoire, on nous présente depuis le début un Superman en retrait émotionnellement, presque froid, tactique, concentré sur son idéal. Je ne suis pas parvenue à m’attacher à lui pendant une bonne partie de ma lecture parce qu’il ne dégage aucune émotion. Il fait ce qu’il a à faire, point. Il y a certes une petite étincelle lorsqu’il rencontre Loïs Lane pour la première fois mais elle est déjà mariée à un autre homme, donc Superman l’oublie très rapidement parce que Superman ne touche pas aux femmes des autres, bla bla bla. Superman laisse échapper quelques sentiments lors du grand final mais c’est bien peu, sur toutes ces années qu’il a passé à « protéger » la race humaine. Ce Superman manquerait presque de profondeur tant il est dévoué uniquement à cette utopie qu’il s’est mis en tête.

Et que dire de ce grand final ? Wouh, c’est à vous retourner le cerveau ! Quand on pense aux implications, au fait que Lex Luthor et Superman sont peut-être plus liés qu’on ne le pense, que Superman n’est peut-être pas si extraterrestre que ça, … C’est une idée complètement dingue mais Merlin qu’elle est bien trouvée !

Au final la seule chose qui m’ait réellement dérangée dans cette lecture vraiment passionnante, c’est qu’une fois de plus les communistes sont les méchants et les étasuniens sont les gentils (alors que Lex Luthor est franchement dérangé et passablement psychotique). Quand Superman est du côté des USA il est parfait, mais il devient étrangement totalitaire quand on le met du côté soviétique. Par contre, comment se fait-il qu’il s’appelle toujours Superman ? Je vois mal l’URSS affubler son héros d’un nom bien américain. Mais je chipote, comme toujours ;)
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date : 30-07-2016
Ce manga avait attiré mon regard à la sortie du premier tome mais j’ignore pourquoi, je n’avais pas cédé. Et lorsque j’ai de nouveau été attendrie par la couverture à la sortie du tome 2, je me suis dit qu’il fallait vraiment que je commence cette série ! Quelle merveilleuse idée j’ai eu
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date : 24-07-2016
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Madeline Whittier, dix-huit ans, n’a jamais connu le monde extérieur à cause de son système immunitaire défaillant. Elle occupe ses journées avec des livres, ses cours d’architecture en ligne, les jeux avec sa mère et les check-up de Carla, son infirmière. Madeline n’est pas malheureuse. Elle accepte la situation, comprend que le monde extérieur peut la tuer, et suit sa routine avec un certain plaisir dans cette maison aseptisée, véritable forteresse contre les bactéries en tous genres. Un jour, la maison en vente juste en face de la sienne ne l’est plus, et de nouveaux voisins arrivent. Une famille en apparence normale, un père, une mère, une fille mais surtout un fils, Oliver (dit Olly). Si leurs premiers échanges se font d’abord par internet, Carla va vite leur permettre de se rencontrer en vrai du moment que Olly applique bien le principe de décontamination et s’engage à ne jamais toucher Madeline. Au contact de Oliver, Madeline va réaliser tout ce qu’elle manque, tout ce à côté de quoi elle passe à cause de sa maladie comme, par exemple, le fait de ne pas pouvoir vivre une vraie histoire d’amour.

Je n’ai vraiment rien à redire sur la première partie du roman. L’auteur commence par nous plonger dans le quotidien de Madeline et surtout par nous faire comprendre qu’elle n’est pas malheureuse. Maldeline a parfaitement accepté la situation et ne se plaint jamais. J’avais vraiment peur de commencer l’histoire avec une héroïne taciturne ou totalement blasée qui rejetterait sa maladie en bloc et ne jurerait que par le monde du dehors. Heureusement pour nous, Everything Everything nous épargne bon nombre de clichés.

Dès le moment où Madeline croise le regard de Olly, on sait déjà qu’ils vont finir par tomber amoureux. La relation qui évolue entre eux est adorable et tous deux sont atrocement mignons dans leur hésitation et leurs tâtonnements. Aucun ne sait comment se comporter l’un avec l’autre (Madeline parce qu’elle n’a jamais connu ça et Olly parce qu’il a peur de lui faire du mal par inadvertance). Madeline a beau avoir dix-huit ans, elle traverse ses premiers émois comme si elle en avait douze. Ça devrait être ridicule, voire franchement niais, mais la plume de l’auteur fait que ça marche. Madeline change, évolue, en apprend beaucoup sur elle-même et il y a un côté gratifiant à assister à tout ça.

La seconde partie de Everything Everything m’a moins accroché. Peut-être parce que la fugue de Madeline ne m’a pas semblé crédible. Je ne saurais dire pourquoi exactement mais la voir brusquement partir pour Hawaï presque du jour au lendemain m’a laissé de marbre. Peut-être parce qu’elle ne songe pas assez à ce qui va inévitablement se passer lorsqu’elle sera dehors (peut-on réellement se dire qu’on va mourir et n’en avoir rien à faire ?) ou bien parce que ses réflexions sur le « partir ou rester ? » ne sont pas assez développées. Il n’y a pas de véritable débat, pas de « pour » et de « contre ». Pareil pour Olly qui ne pose pas beaucoup de questions et accepte de la suivre en un battement de cœur sans même prendre le temps d’emporter une brosse à dent. Ou peut-être parce que, comme par hasard, Olly a justement un ami à Hawai, comme c’est pratique. D’une manière générale leur séjour à là-bas ne m’a pas fait beaucoup d’effet. J’aurais préféré non pas plus de passion mais plus de sentiments, tout simplement. L’auteur nous dit que Madeline est amoureuse mais je ne l’ai pas éprouvé, ressenti. Mon cœur ne s’est pas emballé comme le fait soi-disant celui de Madeline Tout est presque trop lisse. Mon intérêt pour cette histoire est réapparu lorsque la maladie de Madeline est venue briser leur rêve éveillé. A partir de là on se dit « c’est fini, game over, la romance s’arrête là ». Je me suis longuement demandé comment allait finir cette histoire. Est-ce que ça allait être une romance inachevée, chacun dans son coin triste à en pleurer ? Une fin à la Roméo et Juliette ? Je peux dire honnêtement que je n’avais pas prévu cette fin. J’en étais venue à penser que Madeline allait guérir miraculeusement (ce qui aurait été le plus beau raté de l’histoire de la littérature jeunesse parce que crédibilité zéro) ou bien que Olly allait se plier aux règles stricts qu’engendre sa maladie pour pouvoir rester avec elle tout de même, bien que je ne le voyais pas s’engager avec de tels responsabilités si vite et surtout à un âge aussi jeune. Donc non, je n’avais pas prévu ce retournement de situation. Il est réaliste, crédible, la folie de l’esprit dans toute sa splendeur. Là où j’accroche moins, c’est dans les conséquences de cette nouvelle révélation. Le regard de Madeline sur sa mère a changé et pourtant ça non plus je ne l’ai pas assez ressenti. On ne sait pas non plus ce qu’il advient vraiment d’elle à la fin et j’ai horreur d’un livre qui me laisse avec plein de questions sans réponse.

Les chapitres sont très cours, ce qui donne un certain rythme à l’histoire. De plus on croise au fil des pages quelques illustrations ici et là, comme les poissons les plus connus à Hawai ou bien les graphiques de santé de Madeline. On croise aussi parfois des extraits de pages internet, ce qui nous permet de savoir ce qu’a fait Madeline sans qu’elle n’ait à nous le dire. J’ai parfois eu un peu de mal avec ces fameuses pages internet parce que je ne voyais pas toujours où l’auteur voulait en venir. Mais d’une manière générale, les illustrations sont un petit plus appréciable. J’aime aussi énormément les spoiles que nous fait l’héroïne concernant ses lectures. Avec peu de mots on capte facilement son humeur du moment.

Ce fut pour moi une lecture « montagne russe » mais pas dans le bon sens. Une lecture trop inégale, en fait. Les choses qui m’ont plu m’ont vraiment plu mais les autres m’ont plus d’une fois fait lever les yeux au ciel. Et c’est dommage parce que l’idée avait vraiment un potentiel énorme ! Avec le recul je pense que l’auteur a voulu être trop lisse, qu’elle n’a pas voulu trop approfondir ni trop creuser certains points parce qu’elle restait dans l’objectif Young Adult. Attention, je ne dis pas non plus que Everything Everything est une nullité ! Il y a un véritablement questionnement sur le fait de continuer à rester vivant si on ne peut pas vivre et j’ai vraiment adoré. J’ai aimé assister à la transformation de Madeline et son éveil est vraiment touchant. Sans parler de ce retournement auquel je ne m’attendais pas !

En fait je crois que j’aurais juste aimé qu’il y ait plus que ça.
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date : 14-07-2016
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Pour être franche, ça va faire deux semaines que j’ai terminé la lecture de ce livre et que je cherche ce que je pourrais bien vous dire dessus. J’ai dû recommencer cette chronique une bonne dizaine de fois parce que cette histoire me chamboule toujours autant malgré les deux semaines que j’ai laissé passer. Quelque chose me dit que je n’arriverais jamais à prendre de recule sur ce livre, donc tant pis, je me jette à l’eau.

Sous la même étoile avait tout pour me plaire. Une histoire d’astronomie, une couverture agréable (et croyez-moi ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps !) mais aussi un fond d’homosexualité. Comment dire non ? Je n’ai pas pu et je me suis ruée sur cette lecture dès que j’ai eu le livre entre les mains. J’avais un peu peur malgré tout d’un pseudo triangle amoureux, mais surtout d’une romance d’un banal affligeant. Et bien non. Parce que pour une fois, pour une foutue fois dans un roman Young Adult, le garçon ne choisit pas la fille. Merlin que ça fait du bien ! Je n’ai évidemment pas écumé tout le rayon Young Adult mais je peux compter sur les doigts d’une seule main les triangles amoureux qui ne finissent pas en romance hétéro. Donc Sous la même étoile qu’est-ce que c’est ? Une histoire d’amitié, avant tout. Ashlin et son demi-frère Hunter décident de prendre une année sabbatique pour rester chez leur père toujours en convalescence après s’être fait tirer dessus dans l’exercice de ses fonctions. Mais ils le font aussi pour Chance, ce garçon qu’ils connaissent depuis l’enfance et qu’ils ne voient que pendant les vacances d’été. Tout ce joyeux petit monde passe du temps ensemble, les jeunes adultes se trouvent même un travail tandis que le père continue de guérir. C’est un point de départ simple en apparences mais il me plaît beaucoup (me demandez pas pourquoi, j’en sais rien). La simplicité a du bon, parfois. Pas besoin d’accumuler les problèmes à résoudre, les obstacles à surmonter, les « coups du sort » qui font que le héros a déjà une sacrée épine dans le pied dès le début du récit. Non, ici les choses sont simples et légères et je ne m’étais pas rendue compte à quel point ce genre d’histoire m’avait manqué. Bref.

Le récit se fait à deux voix (une alternance de chapitres entre Hunter et Ashlin) ce qui ne se révèle pas particulièrement utile au début puisque nos deux héros ne se séparent jamais. Ce n’est vraiment qu’à la fin, lorsqu’ils ont tous deux un plan d’action différent à suivre, que ce choix se justifie. Honnêtement quand je m’en suis rendue compte, je me suis dit que l’histoire aurait eu tout à gagner à se dérouler à la troisième personne. Mais passons. Je n’ai vraiment rien à reprocher à l’écriture. Le style est fluide, on tourne les pages sans même s’en rendre compte. Il y a même un côté addictif parce qu’on veut absolument savoir ce qu’il va se passer ensuite. J’ai eu du mal à lâcher le livre avant de l’avoir fini. Parce qu’il y a ce fameux triangle amoureux (très bien amené, d’ailleurs) mais il y a aussi ce secret qui semble entourer Chance. On sait que ce sera quelque chose d’horrible la question est de savoir horrible à quel point. Tous les personnages sont bien conçus et surtout touchant, chacun à leur manière. Ma préférence va incontestablement à Hunter parce qu’il lutte avec ses sentiments et ce genre de personnage m’a toujours fascinée.

Comme dit précédemment, j’avais un peu peur que le triangle tourne vite en romance hétéro. Si Ashlin sous-entend assez vite (même si tout est relatif) qu’elle aimerait plus qu’une simple amitié avec Chance, les sentiments de Hunter sont vraiment traités tout en pudeur. J’ai même véritablement cru qu’il ne l’avouerait jamais. J’ai redouté la fameuse crise de l’identité sexuelle (« naaaan j’peux pas être gay, pourquoi mouaaa » gna gna gna) mais heureusement Kelley York nous épargne ça et ça fait un bien fou. Hunter est véritablement touchant. Ce n’est pas parce que Chance est lui aussi un garçon qu’il a peur de l’aimer mais parce qu’il est Chance. Et Chance est … un mystère à lui tout seul. Ashlin et Hunter découvrent que contrairement à ce qu’il leur a toujours dit, leur ami d’enfance ne vit pas dans une grande maison, ses parents ne sont pas overbookés par leur travail et il n’a pas une famille unie et aimante. Je ne vais pas mentir, la vérité sur le quotidien de Chance n’a pas été une révélation pour moi. Les signes étaient là et si Hunter et Ashlin refusaient de les voir, le lecteur ne pas passer à côté. Les sentiments qu’il éprouve pour ses deux amis ne sont pas mis au clair dès le début, ce qui nous permet de douter sur la finalité de la romance. Mais rapidement on réalise que Ashlin ne l’intéresse pas. Ou plutôt que Hunter l’intéresse un peu trop. Chance n’a aucun problème à avouer ses sentiments pour Hunter et c’est sans doute ça qui fait que Hunter doute un peu au début. On se prend à espérer, à prier pour que ces sentiments réciproques soient la clé de tous leurs problèmes, que l’amour vrai triomphe du mal (oui c’est niais mais c’est raconté de telle sorte qu’on veut vraiment y croire). Le souci est que Hunter ne peut pas avoir confiance, donc il ne peut pas avouer (et surtout s’avouer) qu’il est amoureux de Chance. Comment le pourrait-il puisque Chance lui a menti toute sa vie et continue encore à le faire ? Par honte, certes, mais Hunter ne voit pas les choses de cette façon. Parce que lui n’a jamais rien caché à Chance. Il a toujours été honnête avec lui et ne peut pas s’autoriser à aimer quelqu’un qui n’a pas suffisamment confiance en lui pour lui dire la vérité, même si elle fait mal à entendre, même si elle est horrible, même si elle fait pleurer. Je ne peux pas reprocher ça à Hunter, bien au contraire. J’ai eu du mal à m’attacher à Chance à cause de son côté excentrique, à la limite de l’ovni, et de sa propension à mentir, à tout nier en bloc. Ce n’est que lorsqu’il a commencé à en dévoiler plus sur lui qu’il m’a véritablement intéressée. Et je me revoie encore en train de m’énerver sur mon livre, me retenant de crier à Chance de cracher cette foutue vérité pour que lui et Hunter puissent enfin être heureux ensemble, cette foutue vérité que l’on devine en tant que lecteur, cette foutue vérité que Ashlin et Hunter ont fini par comprendre eux aussi. Quel est le point de continuer à se taire si tout le monde sait déjà ? Une partie de moi s’est vraiment prise d’affection pour Chance mais l’autre lui en voulait de s’enliser encore plus dans les mensonges quand la vérité aurait permis de faire avancer les choses.

J’ai vraiment aimé cette amitié forte entre les trois personnages, cette notion de famille qui ne se limite pas aux liens du sang, la façon dont sont traités les sentiments, un amour pur sans jamais tomber dans le mielleux ou le niais, l’humour ici et là, voir les héros quitter doucement l’enfance pour rejoindre le monde plus dur des adultes, cette fichue frustration devant leur incapacité à faire changer les choses. Ça aurait pu, bon sang, ça aurait dû être un livre absolument génial. Le problème se situe dans cette fin qui n’en est pas une. Je me retrouve avec une tonne de questions, des petits mystères qui ne trouveront jamais de réponse (est-ce que le camion qui manque au boulot de Hunter a été volé par le père de Chance ? Est-ce que Chance monte dans ce même camion et se retrouve donc entre les griffes de son père et ne s’en rend compte que trop tard ou ne s’agit-il que d’une coïncidence ?), une envie qu’il se passe autre chose, quelque chose de plus, de mieux, pour arranger définitivement cette montagne de problèmes et avoir enfin droit à ma happy end. Parce que cette fin ouverte est à mes yeux un véritable acte de lâcheté. Est-ce que l’auteur ne savait pas comment finir ? Est-ce qu’elle ne se sentait pas la force d’aller au bout de son projet ? Ce qu’elle a fait n’est pas juste, ni pour nous lecteurs, ni pour ses personnages.

S’il y a une suite, ce livre entrera directement dans le top 5 de mes coups de cœur. Mais s’il n’y en a pas, si l’histoire en reste là, alors Sous la même étoile finira dans ma liste de ces livres qui ont raté leur coup et qui m’ont profondément déçue alors qu’ils avaient tout pour être parfaits.
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date : 12-07-2016
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Alyssa est une adolescente qui vient d'un milieu aisé. Elle s'ennuie dans sa grande maison avec ses parents absents, toujours plongés dans leur travail. Bien que petite fille modèle en apparences, elle tente de se rebeller en fumant des cigarettes et en assistant à toutes les soirées possibles, n'hésitant pas à boire à outrance. Un jour elle reçoit un étrange texto d'un parfait inconnu « devine qui je suis et je serai à toi ». Alyssa se retrouve intriguée et voit dans cette proposition l'occasion de se sortir de son quotidien barbant. Commence alors un échange régulier de sms entre elle et cet inconnu qu'elle a baptisé Lui où chacun apprendra à connaître l'autre.

Je ne vais pas vous mentir, je n'ai pas aimé ce livre. Arrivée au premier tiers je n'étais toujours pas rentrée dans l'histoire et je désespérais de pouvoir un jour en venir à bout. Je l'avoue sans honte, j'ai sauté quelques pages ici et là tellement je m'ennuyais et ça n'a absolument pas gâché ma lecture, c'est dire à quel point il y a trop de passages inutiles dans ce livre. Peut-être est-ce l'héroïne, le contexte, ou tout simplement le sujet, je ne sais pas. Je n'ai rien à reprocher au style de l'auteur mais entre Phoneplay et moi, ça n'a pas marché.

L'idée de base était pourtant sympa. Un échange entre un mystérieux inconnu et moi me semblerait relativement romantique, après tout. Alors pourquoi est-ce que ça ne marche pas ici ? Tout simplement parce qu'aucun des deux ne connaît l'autre au départ. Pour moi un jeu de séduction par sms doit avoir un minimum d'intérêt. Je ne vais pas aller chercher le numéro d'un inconnu parce que je le trouve beau et jouer les femmes mystères juste pour voir si ça marche entre nous. Si je dois devenir une admiratrice anonyme, ce sera avec quelqu'un que je connais déjà, avec quelqu'un à qui je n'aurais jamais osé me déclarer autrement. Si Lui ne connaît pas Alyssa, pourquoi l'avoir choisi ? Réponse : parce qu'elle fait partie des plus belles filles du lycée. Ouais. Mais non. D'autant plus qu'il avoue lui-même qu'il y a eu dix-huit autres filles avant Alyssa. Avec une telle base, comment voulez-vous que je croie en une possible et sincère histoire d'amour ? Mais passons. Imaginons que Lui soit simplement désespéré à l'idée de trouver la femme de sa vie (s'il désespère déjà à dix-huit ans, j'ose pas imaginer à trente …) et qu'il ratisse large. Ça je peux éventuellement y croire. Mais il gâche tout au fil de ses échanges de sms. Je n'aime pas sa façon de parler (pas du tout dans le style adolescent), je le trouve trop pompeux et présomptueux. Et que dire de ces chapitres où nous avons droit à son point de vue ? Je pensais que l'auteur en profiterait pour nous attacher à lui, pour nous le montrer sous son meilleur jour, pour nous faire comprendre qu'il y avait plus derrière les mots qu'il utilise. Et au final non. Il n'y a qu'un gamin jaloux qui ne juge que sur les apparences et dont la principale ambition dans la vie est de faire tomber les filles amoureuses de lui sans jamais les aimer en retour. D'accord sur le final on apprend qu'il y a un peu plus que ça mais même cette seconde raison me semble stupide et franchement faiblarde. Même maintenant j'en garde l'image d'un garçon manipulateur, jaloux, possessif et égocentrique. Je n'ai donc pas du tout été convaincue par Lui et malheureusement il en va de même pour Alyssa.

Je n'ai rien contre le fait qu'elle fume, mais qu'elle le fasse juste pour protester face à ses parents toujours absent ? Là je dis non. On peut fumer pour un tas de raison mais certainement pas pour celle là. Surtout qu'elle semble bien accro, la Alyssa. Et puis si c'est un acte de rébellion, pourquoi s'en cacher ? Ça n'a aucun sens. Ce simple fait est l'exemple parfait de l'immaturité de l'héroïne alors que l'auteur elle-même nous la décrit comme mature. Ça et certaines de ses réflexions comme « la vache tu as dix-huit ans ? Tu peux rentrer en boîte quand tu veux alors ! » You-pi. Sans oublier Alyssa m'énerve à être aussi stupide avec sa meilleure amie. On peut vouloir ne pas partager ses pensées ou ses problèmes, mais là Alyssa est centrée sur elle-même pratiquement du début à la fin. On se demande même pourquoi l'auteur a pris le temps de lui faire des amis. Elle aurait été une solitaire, ça aurait eu le même impact sur l'histoire. Pareil pour Louis, dont je ne comprends pas l'intervention. A sa première apparition je me dis « tiens, Lui va les voir et va lui faire une scène de jalousie, ça pourrait être sympa ». Mais non. Louis va et vient, n'apporte aucun rebondissement à l'histoire et pas vraiment de soutien non plus à notre héroïne concernant son histoire avec Lui via portables interposés. L'apparition de Louis aurait pu être une pause, un moment détente au milieu de tout cet univers un peu glauque, mais les moments passés en sa compagnie m'ont profondément ennuyée.

Je pense que ce qui m'a empêché de vraiment rentrer dans l'histoire c'est le côté malsain du scénario. Non seulement je trouve le concept un peu bancal et Lui fait un peu psychopathe au début, mais en plus tout est parsemé de mensonges. Alyssa ment à Lui et Lui ment à Alyssa. Si elle a de pseudo bonnes raisons, lui n'en a aucune. Et le pire c'est qu'elle lui pardonne tout. le problème aussi c'est que je ne crois pas en leurs échanges. Je n'avais pas espéré un langage « jeune » bourré de fautes de grammaire ou de syntaxe, mais là clairement, ça ne marche pas. La façon dont Lui s'adresse à Alyssa, ses tournures de phrases, … Je suis désolée mais je n'y crois pas. Et que dire de ses « chérie » qu'il balance à tout bout de champ ? Argh que je déteste ce petit nom ! Mais en plus qu'il décide de l'appeler comme ça dès leur premier échange, c'est juste bien trop étrange. Au risque de me répéter, comment voulez-vous que je croie à la sincérité de leurs sentiments avec un truc pareil ? Parce que non, je n'ai pas réussi à croire en la véracité de leurs sentiments. Malgré tous ces chapitres passés en compagnie d'Alyssa, je n'ai pas vu de transition, je ne l'ai pas vu passer de « moyennement intriguée » à « complètement amoureuse ». Idem pour Lui. Jusqu'au bout je me suis dit qu'il se jouait de l'héroïne, qu'il ne l'aimait pas réellement.

Quant à l'intrigue, ça n'en est pas vraiment une. Oui j'ai aimé émettre des hypothèses, m'interroger sur la véritable identité de Lui, mais Alyssa ne remplit pas sa part du contrat. Elle ne cherche pas à savoir qui il est avant le dernier quart du livre alors que je m'attendais à plus d'investigation, à plus de curiosité de sa part. A plus d'action, tout simplement. Et puis finalement ce mystère autour de l'identité de Lui est assez rapidement levé, du moins pour moi.

La fin en elle-même est trop lisse. Un certain personnage (que je ne révèlerai pas pour ne pas spoiler) vient leur mettre des bâtons dans les roues lorsqu'Alyssa commence à vraiment chercher qui est Lui. Et pourtant une fois que Lui s'est révélé au grand jour, le fauteur de trouble disparaît tout bonnement du paysage. Sans oublier toutes ces pages après la première rencontre IRL entre Alyssa et Lui. Je n'avais pas besoin de cette rencontre avec les parents et encore moins de cette lettre que Lui écrit à Alyssa. C'est niais, mielleux, ça sert à rien ça gâche tout en nous projetant brusquement dans une autre ambiance, presque dans un autre livre.

Il y a aussi une certaine confusion tout au long de Phoneplay, comme si l'auteur avait brusquement oublié certains détails de sa propre histoire. Exemple tout bête : on nous présente Alyssa comment étant une lycéenne d'Oxford (donc en Angleterre) et pourtant plus tard on apprend qu'elle étudie en réalité en France et que le fait de partir étudier en Angleterre ne l'intéresse pas plus que ça. Donc au final, où se déroule l'action ?

Vous allez me dire que l'auteur est jeune, bla bla bla. Ce à quoi je vous répondrais : c'est pas une raison. Si Michel Lafon a fait le choix d'éditer cette histoire, j'étais en droit de m'attendre à une certaine qualité, à des faits cohérents. La plume de l'auteur reste néanmoins bonne. A voire donc, ce que ça donnera dans quelques années avec un peu plus de pratique et de maturité.
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date : 24-06-2016
http://lesmotspourrever.com

Lorsque son père lui annonce qu’il est temps d’avoir une discussion sérieuse, Phillip, douze ans et aveugle de naissance, craint aussitôt le pire. Il ne veut pas de cette discussion qui ne pourra qu’être gênante, et surtout pas avec son père. Mais tandis que Phillip s’attendait à devoir écouter un discours maladroit sur les hormones et la sexualité, son père lui révèle qu’il possède des pouvoirs, comme le reste de leur famille, et surtout comme le reste de cette ville, Freepoint, dans laquelle ils ont emménagé il y a quelques mois. A la rentrée prochaine, Phillip intégrera une école pour super héros où il apprendra à maîtriser sa télékinésie. Lui qui se voyait déjà digne de ses super héros préférés (mais totalement fictifs) tel Batman ou Superman, il va rapidement déchanter. Oui il intègre bien une école de super-héros, mais à cause de son handicape il se voit contraint d’intégrer une classe spéciale et Philip se sent aussitôt mis à l’écart, encore une fois traité différemment. Il y rencontrera pourtant d’autres adolescents dont il va vite devenir inséparable.

Une fois de plus c’est un livre dont je n’avais pas entendu parler, donc que je n’avais pas prévu d’acheter. Je ne saurais même pas vous dire pourquoi Les Prodiges m’a attiré en premier lieu. Peut-être à cause de ce gamin en chaise roulante dont la pose me rappelait indubitablement le professeur Xavier des X-men. Forcément, dès qu’il est question de super-héros, moi j’accoure ! Et puis bon, le résumé, aussi bref soit-il, donnait envie, on ne va pas se le cacher. Parce que des gamins dont le handicap devient la plus grande force ? Sacrée promesse !

Alors, promesse tenue ? J’ai envie de dire non. Attention, je tiens à préciser que ce fut vraiment une bonne lecture malgré quelques couacs mais, encore une fois, j’estime que le résumé est trompeur. Parce qu’on dira ce qu’on voudra, les pouvoirs de ces « prodiges » ne sont pas incroyables : Phillip est télé-kinésiste. Problème ? Pour faire bouger des objets il a besoin de connaître non seulement leur forme mais aussi leur poids, ce qui est rendu quasiment impossible à cause de sa cécité. James est capable de se téléporter n’importe où du moment qu’il a bien l’image du lieu en tête mais il est lui aussi aveugle, donc incapable de visualiser la plupart des lieux. Freddie est capable de devenir gigantesque mais son asthme le paralyse aussitôt et l’oblige à reprendre une taille normale. Bentley a des capacités cérébrales supérieures mais son corps, atteint d’ataxie, le ralenti. Donnie est un trisomique dont personne ne connait véritablement le pouvoir. Henry, lui, est capable de lire dans les esprits mais est coincé dans un fauteuil roulant. Donc oui ils ont des pouvoirs, mais en matière de super-héros, on a déjà vu mieux … Mais passons.

Pouvoirs mis à part, suivre Phillip dans ce nouveau lycée est presque comme suivre un lycéen lambda. Il y a même la brute de l’école, toujours là pour intimider les petits nouveaux et surtout pour rire au détriment des élèves un peu différents. La classe spéciale dont fait partie Phillip est donc toute désignée. Mais Phillip y fait face, principalement parce qu’il n’a pas vraiment d’autres choix, mais aussi parce que ses nouveaux amis sont là pour le soutenir. L’auteur n’a pas cherché à jouer la carte de l’apitoiement et c’est définitivement une bonne chose. Au contraire, Phillip semble toujours prendre les choses du bon côté et on oublie facilement qu’il est aveugle. Tout comme oublie facilement les handicaps des uns et des autres, tout simplement parce qu’ils s’entraident, palliant sans sourciller aux « défaillances » les uns des autres. Je reconnais néanmoins que ce point peut facilement devenir une critique. Par exemple la cécité de Phillip devient presque inexistante à partir du moment où Henry ne cherche plus à lire dans l’esprit des autres, donc à prendre des images ou des pensées, mais à en déposer. Il devient les yeux de Phillip et de James, annulant leur handicap. Pourquoi les avoir faits handicapés, alors ? Juste pour pouvoir attendrir un peu le cœur des lecteurs en jouant la carte de la complémentarité de leur amitié ? Ou peut-être pour pointer du doigt les préjugés qu’ont la plupart des gens envers ceux qui sont un peu différents ? Si c’est le cas, je suis totalement passée à côté. Peut-être parce que je ne m’apitoie pas sur le sort d’un aveugle, d’un sourd ou d’un mec en fauteuil roulant. Je ne m’apitoie pas non pas parce que je ne suis pas capable de compassion mais tout simplement parce que je ne vois pas leur handicap comme un problème. Je ne vais pas les regarder avec pitié quand c’est bien la dernière chose dont ils ont besoin. Qu’un ami soit muet ou qu’il parle sans cesse, pour moi c’est pareil. Les prodiges n’a donc pas touché ma corde sensible.

Mais ça n’a pas vraiment d’importance puisque ici c’est l’action qui prime sur les sentiments. Même si l’histoire est un peu longue à se mettre en route, les choses finissent par bouger une fois Phillip bien intégré à son nouveau lycée. Les six amis espèrent avoir l’occasion de prouver qu’ils valent tout autant qu’un super-héros « valide » lors d’une SuperSim, un concours organisé sous la forme d’une simulation, et se retrouvent bien malgré eux au cœur d’un complot qu’ils n’auraient jamais soupçonné. J’ai été un peu déstabilisée par le manque premier de cruauté du soi-disant méchant. Finch se montre courtois, poli, un brin amusant. Pas de quoi nous faire trembler et j’ai commencé par me demander si Jeremy Scott ne se moquait pas un peu de nous avec ce méchant de pacotille. Tout se complique lors de leurs altercations suivantes et Finch devient enfin méchant. Sans doute un peu trop aux yeux de certains, parce que je ne m’attendais pas du tout à une telle tournure ! Je suis restée quelques secondes devant mon livre ouvert à me demander si j’avais bien lu ou si je ne m’étais pas trompé de livre en cours de route. Je ne souhaite à personne ce qu’il inflige à Phillip et je dois bien admettre que je ne l’avais pas vu venir. Avec le recul ce brusque changement est sans doute un peu extrême mais il a au moins le mérite de crédibiliser Finch. Avec d’autres adeptes, il espère faire revivre Celui-qui-peut-tout, ce super-héros ultime qui possède à lui seul tous les pouvoirs possible et imaginable. Une prophétie dit qu’il doit revenir cette année et Finch est déterminé à tout mettre en œuvre pour le faire réapparaitre. Bon, son plan et son but machiavélique sont un peu bancals mais je ne me suis pas ennuyée pour autant. Sans oublier que je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il ne s’appelle pas réellement Finch et qu’il soit en réalité une toute autre personne ! J’aime quand un auteur parvient à me surprendre avec une révélation que je n’attendais pas.

En parlant de révélation, je dois cependant admettre que l’identité de super-héros ultime n’a pas été une surprise pour moi. Parvenu à la moitié du livre, c’était devenu une évidence. En revanche, j’ai été profondément révolté par la réaction des habitants de Freepoint. Sans oublier cette tristesse face à ce qu’il advient finalement de Celui-qui-peut-tout. Un vrai destin de super-héros, certes, mais ça n’en reste pas moins injuste. Et encore une fois, c’est une tournure à laquelle je ne m’attendais pas ! Je suis bien obligé de reconnaître que Jeremy Scott maîtrise l’art de créer des rebondissements.

Les Prodiges souffre malheureusement de quelques longueurs et de quelques incohérences. Le premier exemple qui me vient en tête est tout simplement l’âge des protagonistes. Ils n’ont ni le comportement ni les réflexions de gamins de douze ans. Quatorze à la limite, quinze sans aucun doute. C’est à se demander si l’auteur a déjà fréquenter des ado de douze ans. Ils n’ont pas du tout cette maturité, cette débrouillardise ni ce regard sur le monde. Le deuxième exemple concerne un personnage que je n’ai pas abordé pour le moment et que je n’explorerai pas vraiment pour ne pas vous spoiler. On apprend au fil de notre lecture que Chad a perdu un bras lors d’un séjour dans une sorte de camp de redressement pour mineur. Et pourtant on peut lire : « [Chad] s’essuya les mains sur les genoux » ou encore un peu plus loin « nous posant à chacun la main sur une épaule, [Chad] nous rendit tout autant invisible« . Balaise le type, si on part du principe qu’il lui manque un bras, donc une main. Alors faute d’inattention de la part du traducteur ou incohérence de l’auteur ? Va savoir. Mais ça n’en reste pas moins perturbant. La première fois je suis sortie de l’histoire et je suis même remonté le long des chapitres pour vérifier si je n’avais pas mal compris dès le départ et si Chad ne possédait pas encore ses deux bras, contrairement à ce que j’avais pu croire. Mais non, je n’avais pas mal lu.

Mais à part ça j’ai vraiment passé un bon moment. Oui je sais, on ne dirait pas comme ça ! Et pourtant je me suis retrouvée plongée dans l’action, pardonnant sans peine la faiblesse du scénario et les erreurs trouvées ici et là. Je n’ai pas été perturbée par l’absence de fille au sein de cette équipe et j’ai vraiment été grisée par l’humour (parfois noir) des personnages. Si Jeremy Scott décide de faire une suite, j’en serai avec plaisir !
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