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Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-22T13:21:11+02:00

Chère Deborah,

Cela fait déjà un moment que je veux vous écrire, malheureusement le courage n’a cessé de me faire défaut. Il n’est pas possible de remettre cette lettre plus longtemps. Vous ne me connaissez pas. Je suis venue vous voir à Londres quand vous étiez bébé, mais vous ne pouvez vous en souvenir. Je suis la plus vieille amie de votre mère et je vous écris parce que je m’inquiète beaucoup pour elle. Voilà des années que votre rupture la rend malheureuse. Récemment, elle est devenue encore plus morose et sa douleur me fend le cœur.

Elle meurt d’envie de voir Justine, Richard et vous-même. Elle les aime tendrement, tout comme vous. Vous êtes sa seule famille.

Il faut que je vous pose la question suivante, Deborah. Pourquoi la tenez-vous à l’écart ? Je ne comprends pas votre attitude. Je suis sûre qu’une réconciliation est possible. Quelle que soit la raison de votre rupture, il faut que vous y mettiez fin immédiatement, avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’elle meure. Elle aura bientôt quatre-vingts ans, vous ne l’ignorez pas. Je vous conjure de faire un geste, de la contacter, de la ramener dans votre vie et celle de ses petits-enfants. Vous seule avez le pouvoir de la tirer de sa souffrance et de son chagrin.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-22T13:21:08+02:00

Dans l’après-midi, pendant la sieste de Daisy, Justine s’installa au bureau du petit salon. Elle s’attaqua au courrier qui s’était accumulé pendant le mois que Richard et elle venaient de passer à New York.

Le plus gros était de la publicité qu’elle s’empressa de jeter ; elle classa ensuite les factures, les agrafa ensemble, et passa en revue une demi-douzaine d’invitations à des événements locaux, qu’elle mit aussi de côté.

En bas de la pile se trouvait une enveloppe carrée blanche dont le papier lui parut venir de l’étranger. D’Europe, sans aucun doute.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-22T13:20:28+02:00

Cela avait toujours été le centre de la maison, où tout le monde se réunissait, parce qu’une partie était aménagée en salon. Un canapé, des fauteuils à oreilles, un poste de télévision et un buffet gallois étaient regroupés autour de la cheminée tandis qu’une grande table en bois pouvant accueillir dix convives partageait la salle ; et derrière, il y avait les placards et l’électroménager habituel. Avec son carrelage en terre cuite, ses murs pêche pâle et ses tissus fleuris, la cuisine ne manquait pas de charme et on s’y sentait bien.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-22T13:20:20+02:00

Justine ne put s’empêcher de sourire en regardant Tita aider Daisy, se montrer aussi attentive avec elle. Tita et sa sœur Pearl l’aimaient comme si elle était leur et, dans un sens, c’était vrai. Les deux femmes travaillaient et vivaient à Indian Ridge depuis des années et elles faisaient partie de la famille à présent.

Richard et Justine avaient grandi avec elles et ils appréciaient ce qu’elles faisaient pour maintenir la maison, la galerie et leurs ateliers en excellente condition. Tita et Pearl étaient un vrai don du ciel ; pour Richard, elles étaient le sel de la terre.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-22T13:20:11+02:00

Il a raison, bien entendu, se dit-elle en descendant au rez-de-chaussée. Personne ne me connaît aussi bien que lui, et c’est réciproque. La tristesse l’envahit à la pensée de la femme de Richard, Pamela, morte deux ans auparavant d’un cancer.

Vu de l’extérieur, Richard était calme, fort et stoïque, mais elle savait qu’il avait le cœur brisé. Il donnait le change et s’accrochait pour sa fille de cinq ans, Daisy. Elle avait l’intention de prendre soin d’eux ce week-end, de materner l’une et d’être une compagne aimante pour l’autre.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-22T13:20:04+02:00

Elle espérait que la chaîne serait du même avis lors de la projection la semaine suivante. Miranda Evans, la directrice des documentaires à Cable News International, le visionnerait avec un parfait détachement, ce que Justine et son équipe appréciaient toujours. Miranda ne venait pas en salle de projection encombrée de préjugés ni d’idées préconçues, et pour cette raison Justine se fiait à son jugement. Cette impartialité était une qualité rare. Miranda avait cru en elle dès le début et financé la plus grosse partie de Diamants du sang, un autre sujet difficile.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-22T13:19:58+02:00

En regardant sa chambre, un sourire aux lèvres, elle se sentit envahie de bonheur. Elle aimait cette pièce et la maison dans son entier. Elle avait passé ses moments les plus heureux à Indian Ridge, surtout du vivant de son père. Son frère jumeau Richard et elle l’adoraient.

Elle se réjouissait que sa mère ait conservé la maison et que Richard et elle-même puissent continuer à y venir passer des week-ends et plusieurs jours en été. C’était leur soupape de sûreté, leur havre, un endroit où souffler loin de leurs emplois du temps surchargés à New York.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-22T13:19:48+02:00

La vue de la terrasse du premier étage était à couper le souffle. Justine Nolan, qui la connaissait bien, n’en restait pas moins pantoise chaque fois qu’elle la retrouvait, même après une courte absence, et ce jour ne faisait pas exception.

Accoudée à la balustrade en bois blanc, elle contempla les collines de Litchfield qui s’alignaient jusqu’à l’horizon. Leurs pentes boisées descendaient vers des prairies verdoyantes ; au fond de la vallée, le lac Waramaug scintillait au soleil telle une bande d’étoffe argentée. Justine retint son souffle, tout au plaisir d’être de retour à Indian Ridge, la maison où elle avait grandi et passé la plus grande partie de sa vie.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-22T13:19:40+02:00

En se dirigeant vers le bureau de poste, le garçon serrait la lettre dans sa main, fier que l’employeur de son père lui ait confié une mission aussi importante. Il n’avait que dix ans, mais tout le monde disait qu’il possédait de grandes aptitudes, ce qui lui faisait plaisir.

Une douce brise soufflait de la mer, portant une légère odeur de sel ainsi que le mugissement continu de la corne d’un des gros paquebots qui remontaient le Bosphore en direction de nouvelles escales sur la mer Noire.

Le garçon pressa le pas, en se remémorant ses instructions – il fallait glisser la lettre dans la boîte marquée « International ». Elle était destinée à l’Amérique. Il ne devait pas commettre l’erreur d’utiliser la boîte du courrier local. Il remonta la longue Halk Caddesi. La poste l’attendait au sommet et, quelques minutes plus tard, il trouva la boîte marquée « International » et glissa la lettre dans la fente. Il rebroussa chemin.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-04-22T13:19:18+02:00

La lettre, longtemps envisagée et cause de bien des soucis, était enfin terminée. On la plaça dans un tiroir du bureau afin d’y réfléchir encore, d’en peser soigneusement chacun des termes avant de franchir le cap sans possibilité de retour.

Le matin suivant, on relut la lettre, on la corrigea et on la rangea de nouveau. Le troisième jour, on la parcourut encore et on en modifia quelques mots. Satisfait de la limpidité et de la concision du texte, son auteur recopia l’ultime version sur une feuille vierge. Laquelle fut pliée, glissée dans une enveloppe dûment cachetée, timbrée et revêtue de l’adresse du destinataire. La mention AIR MAIL figurait dans l’angle supérieur gauche de l’enveloppe que l’on posa contre la pendule française ancienne sur le bureau.

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