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Lettres à un ami allemand



Description ajoutée par saltanis 2010-09-28T18:59:21+02:00

Résumé

...

Je ne déteste que les bourreaux. Tout lecteur qui voudra bien lire les Lettres à un ami allemand dans cette perspective, c'est-à-dire comme un document de la lutte contre la violence, admettra que je puisse dire maintenant que ne n'en renie pas un seul mot. Albert Camus (1948). Les quatre Lettres à un ami allemand, écrites sous l'Occupation et destinées à des publications clandestines, expriment déjà la doctrine de La peste et de L'homme révolté.

Elles se placent sous l'invocation de Senancour qui, en une formule saisissante, avait résumé la philosophie de la révolte : " L'homme est périssable. Il se peut ; mais périssons en résistant, et si le néant nous est réservé, ne faisons pas que ce soit une justice ! "

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Classement en biblio - 45 lecteurs

Extrait

« Ce sont deux attitudes que j’oppose, non deux nations, même si, à un moment de l’histoire, ces deux nations ont pu incarner deux attitudes ennemies. » (p 16)

« Il y a toujours en nous quelque chose qui se laisse aller à l’instinct, au mépris de l’intelligence, au culte de l’efficacité. Nos grandes vertus finissent par nous lasser. L’intelligence nous donne honte et nous imaginons parfois quelque heureuse barbarie où la vérité serait sans effort. » (p 25)

« C’est pourquoi nous avons commencé par la défaite, préoccupés que nous étions, pendant que vous vous jetiez sur nous, de définir en nos cœurs si le bon droit était pour nous. Nous avons eu à vaincre notre goût de l’homme, l’image que nous nous faisions d’un destin pacifique, cette conviction où nous étions qu’aucune victoire ne paie, alors que toute mutilation de l’homme est sans retour. […] Il nous a fallu un long détour, nous avons beaucoup de retard. C’est le détour que le scrupule de vérité fait faire à l’intelligence, le scrupule d’amitié au cœur. C’est le détour qui a sauvegardé la justice, mis la vérité du côté de ceux qui s’interrogeaient. […] Il nous a fallu tout ce temps pour aller voir si nous avions le droit de tuer des hommes, s’il nous était permis d’ajouter à l’atroce misère de ce monde. […] Nous y avons appris que contrairement à ce que nous pensions parfois, l’esprit ne peut rien contre l’épée, mais que l’esprit uni à l’épée est le vainqueur éternel de l’épée tirée pour elle-même. » (p 26-29)

« Nous luttons pour cette nuance qui sépare le sacrifice de la mystique, l’énergie de la violence, la force de la cruauté, pour cette plus faible nuance encore qui sépare le faux du vrai et l’homme que nous espérons des dieux lâches que vous révérez. » (p 30)

« Qu’est-ce que la vérité, disiez-vous ? Sans doute, mais nous savons au moins ce qu’est le mensonge. […] Qu’est-ce que l’esprit ? Nous connaissons son contraire qui est le meurtre. Qu’est-ce que l’homme ? […] Il est cette force qui finit toujours par balancer les tyrans et les dieux. Il est la force de l’évidence. C’est l’évidence humaine que nous avons à préserver. (p 39)

« Vous ne distinguez plus rien, vous n’êtes plus qu’un élan. Et vous combattez maintenant avec les seules ressources de la colère aveugle, attentifs aux armes et aux coups d’éclat plutôt qu’à l’ordre des idées, entêtés à tout brouiller, à suivre votre pensée fixe. Nous, nous sommes partis de l’intelligence et de ses hésitations. (p 46)

« Le mot de patrie prend chez vous des reflets sanglants et aveugles, qui me le rendent à jamais étranger, tandis que nous avons mis dans le même mot la flamme d’une intelligence où le courage est plus difficile, mais où l’homme trouve du moins tout son compte. » (p 53-54)

« Votre sourire et votre dédain me diront : qu’est-ce que sauver l’homme ? Mais je vous le crie de tout moi-même, c’est ne pas le mutiler et c’est donner ses chances à la justice qu’il est le seul à concevoir. » (p 72)

« Dès l’instant où il est seul, pur, sûr de lui, impitoyable dans ses conséquences, le désespoir a une puissance sans merci. » (p 72)

« Malgré vous-mêmes, je vous garderai le nom d’homme. Pour être fidèles à notre foi, nous sommes forcés de respecter en vous ce que vous ne respectez pas chez les autres. Pendant longtemps, ce fut votre immense avantage puisque vous tuez plus facilement que nous. Et jusqu’à la fin des temps, ce sera le bénéfice de ceux qui vous ressemblent. Mais jusqu’à la fin des temps, nous, qui ne vous ressemblons pas, aurons à témoigner pour que l’homme, par-dessus ses pires erreurs, reçoive sa justification et ses titres d’innocence. » (p 75)

« Nous voulons vous détruire dans votre puissance sans vous mutiler dans votre âme. » (p 76)

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Commentaire le plus apprécié

Lu aussi

Je l'ai lu également pour sa taille car j'avais peu de temps à la bibliothèque et que je ne voulais pas commencer un livre sans le terminer. C'est plutôt philosophique je trouve, car en s'adressant à "un allemand" ils généralisent plutôt autour des nazis et de la seconde guerre mondiale. C'est sûr qu'il faut être bien concentré pour tout comprendre, et que ça n'est pas forcément une lecture détendante, mais c'est quand même intéressant de lire son point de vue. Je n'ai pas particulièrement apprécié, mais je ne regrette pas non plus de l'avoir lu.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Jrmykole 2019-04-17T11:42:02+02:00
Bronze

Série de lettres à replacer dans le contexte. Une portée philosophique. A étudier, plus qu'à lire pour se détendre...

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Commentaire ajouté par Midine 2018-09-23T22:31:56+02:00
Lu aussi

Une petite lecture de lettres publiées pendant la Deuxième guerre mondiale avec une portée philosophique dans un but de propagande.

Je n'ai pas spécialement accroché mais cela reste intéressant à découvrir vu le contexte dans lequel elles ont été rédigées.

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Commentaire ajouté par Emilie-113 2018-05-07T20:20:40+02:00
Argent

J'avais ce livre depuis un moment dans ma bbliothèque et je ne m'étais jamais résolue à le commencer. Finallement je suis agréablement surprise, rien n'est extraordinaire dans ces quatres lettres mais le contenus est très intéressant et instructif pour comprendre les années d'occupation (1940-1944) du point de vue d'un intelllectuel qui croyait dur comme fer en la paix. Bonne lecture!

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Commentaire ajouté par margotcook 2017-11-23T23:35:18+01:00
Lu aussi

Une écriture magnifique avec un récit... bouleversant.

Bien évidemment il ne faut pas oublier qu'il s'agit là d'une lecture engagée, ne peignant pas EXACTEMENT la réalité, mais tout de même... La vraisemblance est présente.

Cet affront entre "nous", peuple Européen peuple libre, et "vous", allemagne nazi mère d'assassins, fait ressortir des vérités historiques qui sont horribles et malheureusement bien vraies.

Je conseille fortement !

De plus l'oeuvre est extrêmement courte.

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Commentaire ajouté par Victoria971 2016-09-01T11:14:53+02:00
Lu aussi

Un livre magnifiquement écrit, cette plume est douce et agréable à lire, ce qui est d'autant plus poignant au vue de la seconde guerre mondiale.

Ce livre m'a beaucoup émue, je ne trouve pas les mots, ce contraste en les mots et les actions nous touche tellement profondément que l'on n'en ressort pas indemne.

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Commentaire ajouté par Brindilla 2015-12-13T12:02:06+01:00
Argent

Aimer sa patrie au point d'être exigeant avec elle, de la critiquer, dénoncer ses injustices pour la rendre meilleure. C'est la différence que semble faire Camus entre "nous" et les nazis qui aimaient leur patrie d'un amour aveugle.

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Commentaire ajouté par Fyerise 2014-08-11T23:34:36+02:00
Lu aussi

Honnêtement, je n'ai pas apprécié ces lettres, mais parce que j'ai aimé l'écriture de Camus et parce que le contexte dans lequel elles ont été écrites donne une certaine légitimité à ce que je leur reproche, je ne mettrai pas ce livre dans ma liste "Je n'ai pas apprécié".

Je sais que 70 ans ont passés et que je ne pourrai jamais totalement comprendre l'état d'esprit qui était celui de ces hommes pris dans la guerre, mais le jugement de Camus me semble tellement faux ! Non les français n'étaient pas aussi vertueux et parfait qu'il les décrit. Non les allemands n'étaient pas aussi bêtement cruels qu'il veut nous le faire croire. Il prétend que ces lettres sont "un document de la lutte contre la violence" mais chacun de ses arguments contre son "ami" semble n'être là que pour pousser le lecteur à la haine contre l'allemand.

J'ai le sentiment que ces textes ne sont finalement que de la propagande sensé redonner le gout patriotique aux français, en essayant de les convaincre que les faiblesses qui les ont fait jusque là perdre face aux allemands ne sont pas vraiment des faiblesse, mais des forces qui feront plier leurs adversaires plus tard.

En tant que propagande patriotique, je trouve ses lettres louables, mais la surenchère de mauvaises analyses teintées de haine m'a énervée et il est impossible pour moi de prendre ses écrits comme une oeuvre objective contre la haine, telles que Camus les prétendait.

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Diamant

Quatre lettres écrites par Camus en juillet et décembre 1943, avril et juillet 1944, à un ami allemand dont la guerre l’a radicalement séparé. Une réflexion brève et dense sur la France et l’Allemagne prises dans les rets de la guerre. Certains critiquent le style : il ne m’a pas gênée.

Un texte violent par moments, mais il ne faut pas oublier à quelles dates il a été écrit. D’ailleurs Camus le précise lui-même : « Ce sont deux attitudes que j’oppose, non deux nations, même si, à un moment de l’histoire, ces deux nations ont pu incarner deux attitudes ennemies. » (p 16)

On peut lire ce livre comme une parabole pour aujourd’hui, si on évoque les intégrismes et terrorismes de tout bord qui se manifestent dans notre monde.

A lire ligne à ligne, pour se confronter honnêtement aux affirmations qu’il énonce et qui peuvent s’avérer questions pour maintenant, questions pour notre monde, questions pour nous-mêmes.

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Commentaire ajouté par heidelbergien 2013-08-21T11:37:57+02:00
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Aujourd'hui, on s'est habitué à se moquer du nazisme, de le considérer comme une absurdité ridicule. On s'amuse de Hitler, ce petit mégalomane excentrique, et on regarde les nazis comme des imbéciles sombrés dans une folie de masse. Mais Camus nous rappelle qu'une discussion sérieuse était nécessaire pour surmonter les erreurs fatales de l'idéologie nazie. Quel dommage que pas plus d'Allemands en ce temps-là aient lu ce livre !

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Commentaire ajouté par sosso9112 2012-02-03T19:56:39+01:00
Argent

Je trouve ce livre très intéressant. C'est le premier livre d'Albert Camus que j'ai lu et j'ai adoré!

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Date de sortie

Lettres à un ami allemand

  • France : 1991-01-24 - Poche (Français)

Activité récente

Les chiffres

Lecteurs 45
Commentaires 11
Extraits 5
Evaluations 16
Note globale 6.94 / 10

Évaluations

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