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Extrait ajouté par Lyra27 2020-12-10T09:21:22+01:00

Daisy se leva pour pouvoir regarder les yeux tristes de la créature.

- Je crois que les humains ont besoin d'espoir, presque autant que les Ickabogs. Mais, reprit-elle, une main sur le coeur, ma mère et mon père sont encore là-dedans, tous les deux, et ils y seront toujours. Alors, quand tu me mangeras, Ickabog, mange mon coeur en dernier. Je voudrais garder mes parents en vie le plus de temps possible.

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Extrait ajouté par leclipsa 2021-01-03T16:42:45+01:00

— Ne t’avise pas de sortir du jardin pendant que je travaille, disaient les parents à leurs enfants à travers tout le royaume, ou l’Ickabog viendra t’attraper pour te manger tout cru !

Et de par le territoire entier, petits garçons et petites filles jouaient à combattre l’Ickabog, tentaient de se faire peur en se racontant l’histoire de l’Ickabog, et même, si le conte devenait trop convaincant, cauchemardaient de l’Ickabog.

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Extrait ajouté par SherCam 2020-12-19T15:43:06+01:00

Elle s'efforça de se consoler en pensant que, puisque la terre ne les retenait plus, ses parents pouvaient exister n'importe où, y compris dans son cœur à elle, et qu'elle devait garder vivant leur souvenir en elle, comme une flamme. Tout de même, c'était difficile d'avoir des parents à l'intérieur de soi, quand tout ce qu'on désire vraiment, c'est qu'ils reviennent et vous prennent dans leurs bras.

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Extrait ajouté par leclipsa 2021-01-03T16:43:35+01:00

Les mensonges s'ajoutaient aux mensonges qui s'ajoutaient aux mensonges. Quand on commençait à mentir, il fallait continuer, et puis c'était comme être le capitaine d'un bateau qui prend l'eau, toujours à combler des trous dans la coque pour éviter le naufrage.

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Extrait ajouté par SherCam 2020-12-19T15:43:29+01:00

Ils n'avaient jamais mis personne au cachot qui eût l'air si digne, si peu préoccupé d'être jeté ainsi dans ce lieu froid et humide. Crachinay se dit qu'elle lui faisait penser à Lady Eslanda, qui était toujours enfermée dans sa bibliothèque, et qui refusait toujours de l'épouser. Il n'avait jamais imaginé qu'une cuisinière pût paraître aussi altière qu'une dame de la cour.

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Extrait ajouté par SherCam 2020-12-19T15:42:20+01:00

Il avait beau se creuser à coups de pioche sa sournoise cervelle, il ne trouvait aucun moyen de faire assez peur aux Cornucopiens pour qu'ils recommencent à payer leur impôt sans se plaindre.

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Extrait ajouté par bibiyouyou 2020-07-27T17:13:11+02:00

Il était une fois un tout petit pays, qui avait pour nom la Cornucopia, sur lequel régnait depuis des siècles une longue lignée de rois aux cheveux blonds. [...] la Cornucopia était célèbre, bien au-delà de ses frontières, pour sa nourriture. Chacune de ses villes s’illustrait dans une spécialité distincte, pour laquelle elle était sans rivale dans le monde entier. La capitale de la Cornucopia, Chouxville, était située au sud du pays, et entourée d’hectares de vergers, de champs de blé doré et chatoyant, et d’herbe vert émeraude que broutaient des vaches laitières d’un blanc pur. La crème, la farine et les fruits que produisaient les fermiers étaient ensuite apportés aux pâtissiers exceptionnels de Chouxville, qui en faisaient des gâteaux.

Pensez, s’il vous plaît, au gâteau ou au biscuit le plus délicieux que vous ayez jamais goûté. Eh bien, laissez-moi vous dire qu’il aurait été une honte suprême de servir à Chouxville cette chose-là. Si les yeux d’un solide gaillard ne s’emplissaient pas de larmes de plaisir lorsqu’il mordait dans un gâteau de Chouxville, on jugeait que c’était un échec et on ne le refaisait plus jamais. Dans les vitrines des pâtisseries de Chouxville s’empilaient haut des douceurs : Songes-de-Donzelles, Nacelles-de-Fées et, plus renommées encore, des Espoirs-du-Paradis, qui étaient si délicieusement, si douloureusement exquises, qu’on les gardait pour les grandes occasions et que tout le monde pleurait de joie en les mangeant. [...] Au nord de Chouxville s’étalaient encore d’autres champs verts et des rivières transparentes et scintillantes ; on y élevait des vaches d’un noir de jais et de joyeux cochons roses. On destinait ceux-ci aux villes jumelles de Kurdsburg et de Baronstown, qui étaient séparées par un pont de pierre s’arquant sur la Fluma, le fleuve principal de la Cornucopia. Des péniches aux couleurs vives y transportaient des marchandises d’un bout à l’autre du royaume.

Kurdsburg était célèbre pour ses fromages : d’énormes meules blanches, de denses boulets orange, de grosses bûches friables aux veines bleues, et de mignons petits fromages frais plus doux que du velours.

Baronstown était réputée pour ses jambons fumés et rôtis au miel, ses rubans de lard, ses saucisses épicées, ses biftecks fondants et ses tourtes au chevreuil.

Les fumées aux parfums salins qui s’élevaient des cheminées des fours en brique rouge de Baronstown se mêlaient à l’aigreur odorante émanant des fromageries de Kurdsburg, et sur des dizaines de lieues à la ronde, il était impossible de ne pas saliver en respirant l’air délicieux.

À quelques heures au nord de Kurdsburg et de Baronstown, on tombait sur des hectares de vignobles chargés de raisins aussi gros que des œufs, tous mûrs et sucrés et juteux. Cheminant encore plus loin pour le reste de la journée, on atteignait la cité de granit de Jéroboam, connue pour ses vins. L’on disait de l’air de Jéroboam qu’il pouvait rendre un peu pompette quand on se promenait simplement dans les rues. Les meilleurs crus s’échangeaient pour des milliers et des milliers de pièces d’or, et les marchands de vin de la ville comptaient parmi les hommes les plus riches du royaume.

Mais un peu au nord de Jéroboam, il se passait quelque chose de curieux. On aurait dit que la terre de la Cornucopia, riche comme par magie, s’était exténuée à produire la meilleure herbe, les meilleurs fruits et le meilleur blé au monde. À l’extrémité nord se trouvait l’endroit qu’on appelait les Marécages, et il n’y poussait rien d’autre que des champignons fadasses et caoutchouteux, et une herbe sèche et grêle, tout juste bonne à alimenter quelques moutons galeux.

Les Marécageux qui s’occupaient des moutons n’avaient pas l’allure élancée, épanouie, élégante, des citoyens de Jéroboam, de Baronstown, de Kurdsburg, ou de Chouxville. Ils étaient décharnés et loqueteux. Leurs moutons mal nourris ne se vendaient jamais à très bon prix, ni en Cornucopia ni à l’étranger ; ainsi, rares étaient les Marécageux qui pouvaient goûter aux délices du vin, du fromage, du bœuf ou des pâtisseries de Cornucopia. Le plat le plus courant dans les Marécages était un bouillon de viande graisseux, à base de moutons trop vieux pour être vendus.

L’ensemble du pays considérait les Marécageux comme un drôle de clan, maussade, malpropre et de mauvais poil. Ils avaient des voix rocailleuses, que les autres Cornucopiens imitaient en les faisant ressembler à des bêlements rauques de vieux moutons. On blaguait sur leurs manières et leur humilité. Pour le reste de la Cornucopia, les Marécages n’étaient à l’origine que d’une seule chose qui méritât une place dans les mémoires : la légende de l’Ickabog. [...]

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