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Eve et Connors s’approchèrent tranquillement de l’ascenseur et attendirent que la porte s’ouvre.

Celle-ci coulissa dans un murmure à peine audible. La cabine aux parois dorées était équipée d’un petit banc rembourré au tissu bleu roi et, contre le mur du fond, d’une petite table sur laquelle trônait un vase garni de roses blanches.

— Qui fait des trucs pareils ? s’étonna Eve. Qui met des fleurs dans un ascenseur ?

Connors continua à pianoter sur son mini-ordinateur.

— Ils ont acheté tout l’étage supérieur – soit quatre appartements avec terrasse – il y a huit ans.

— L’étage entier.

— C’est ça, pour la modique somme d’environ douze millions trois. C’est toi qui m’as dit de jeter un œil à leurs finances.

— Je pensais que tu ferais ça une fois rentré à la maison.

— L’impatience a eu raison de ma fragile volonté. Au fait, la cabine est aussi équipée de micros et de caméras, mais je me suis permis de les brouiller quand nous sommes montés.

— Tu trouves toujours de quoi t’occuper.

— L’oisiveté est mère de tous les vices.

— Pourquoi ça ? Et quand on dort, c’est de l’oisiveté ? Est-ce que ceux qui dorment beaucoup succombent aux vices ? On serait tous censés rester éveillés et s’occuper sans cesse pour ne surtout pas succomber au vice ? Et les gens qui se détendent à la plage, ce sont tous des vicieux ? Et les moines qui passent leur journée en méditation ?

Connors contemplait l’or pâle du plafond.

— Une phrase si simple et si moralisatrice… La voilà désormais complètement démontée.

— Moi aussi, je trouve à m’occuper.

Contente d’elle, elle sortit d’un pas allègre dès l’ouverture des portes.

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- Comment font-ils pour vivre au milieu de tout ce rouge? commenta Peabody en faisant la moue face à la moquette rouge. Et tous ces galons dorés? Au passage, je suis entrée dans ce qui doit être leur grande salle à manger. Tous les murs sont couverts de miroirs, de même que le salon. Comment peut-on manger tout en se regardant manger? Je ne sais pas c...

- Nom d'un chien enragé !

Au cri d’Ève, qui était montée dans les aigus, Peabody dégaina son arme.

- Quoi? Quoi?

- Là ! Oh, par tous les saints, il y en a partout !

Avec lenteur, presque à contrecœur, Peabody pivota sur elle-même, s'attendant à moitié à découvrir une pièce remplie d'énormes araignées. Pleines de poils. Avec des yeux rouges.

Elle se retrouva face à une chambre pleine de poupées.

Poupons, poupées glamour, souriantes ou tristes. Des poupées en tutu faisant des pointes, des poupées emmaillotées dans plusieurs épaisseurs de vêtements. Des poupées portant des diadèmes, manteaux de fourrure ou costumes indigènes de toutes les terres et toutes les cultures.

Des poupées grandes comme sa main, d'autres de la taille d'un nourrisson bien portant.

Peabody n'avait rien contre les poupées. Elle avait joué avec étant petite et n'avait jamais vraiment compris l'intense phobie de son équipière à leur égard. Mais en les voyant ainsi, amassées par centaines, elle ne put s'empêcher de reculer d'un pas.

- Je... pense qu'on devrait fermer la porte, dit-elle.

- Et moi, qu'on devrait la verrouiller, répondit Ève. La barricader. Celle-ci...

Ève leva lentement la main pour pointer du doigt l'une des poupées.

- Celle-ci, là-bas, sur le truc en forme de cheval. Je crois qu'elle a cligné les yeux.

Peabody coula un regard méfiant vers la poupée de cow-girl avec son visage souriant et son chapeau rose.

- Mais non... Arrêtez, vous me mettez mal à l'aise.

- Vous voyez ce que je vois, mais c'est moi qui vous mets mal à l'aise? Qui fait un truc pareil? Quel genre d'esprit malade et dérangé tapisse une pièce entière de petits humains aux yeux morts?

- Je ne veux pas le savoir.

Retenant son souffle, Peabody tendit la main... lentement, très lentement... puis referma la porte d'un coup sec.

- Vous avez vu combien elles sont? reprit Ève. Oh, elles arriveront à sortir si elles le veulent.

- Arrêtez. Sérieux, n'en rajoutez pas !

Peabody avança précipitamment dans le couloir et ne rangea son arme que quelques mètres plus loin.

- Ne me parlez plus d'elles. Pas un mot. Sexe et meurtre. Ne pensons qu'à nos histoires de sexe et de meurtre.

Après un dernier coup d’œil par-dessus son épaule - juste au cas où - Ève entra dans la suite des invités et se mit au travail.

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