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Elle s’accroupit pour examiner le corps. Le Brochet n’était plus qu’un sac d’os aux cheveux clairsemés. Il avait les yeux et la bouche grands ouverts, il ne lui restait que quelques dents. Les gens comme lui profitaient rarement des soins médicaux et dentaires gratuits auxquels ils avaient droit.

Il devait être né à la fin du siècle dernier, estima Eve. Mais vu l’état de malnutrition dans lequel il se trouvait, même s’il n’avait pas été assassiné, il n’aurait pas vécu beaucoup plus longtemps.

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La femme avait un teint rouge brique qui contrastait de façon saisissante avec le bleu très pâle de ses yeux. De courtes mèches noires s’échappaient du képi réglementaire. Il manquait un bouton au manteau de son uniforme, ses chaussures étaient éraflées et crottées. Eve faillit la réprimander vertement pour sa tenue débraillée, cependant elle s’abstint. Elle comprenait que, quand on faisait un travail aussi peu ragoûtant, on n’eût pas envie de se mettre sur son trente et un.

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Le lieutenant produisait toujours cet effet-là sur les flics de base, nota Peabody. Ce n’était pas seulement son allure qui impressionnait, sa silhouette longiligne, ses courtes boucles brunes si souvent ébouriffées, où brillaient des reflets cuivrés. Non, c’était son visage qui attirait immanquablement l’attention. Ses yeux ambrés, dont la couleur évoquait celle d’un bon whisky irlandais ; la fossette qui creusait son menton volontaire, juste au-dessous d’une bouche sensuelle.

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L’univers d’Eve, depuis qu’elle avait rencontré Connors, était à des années-lumière de ce monde-là. Elle évoluait désormais dans un décor somptueux, où les sols étaient en bois ciré, où l’air embaumait les fleurs fraîches disposées dans des vases en cristal et le parfum enivrant de la richesse.

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— Je ne vous serai d’aucune utilité. Si vous me déposiez au prochain arrêt d’aérobus, je pourrais être chez moi dans dix minutes et me recoucher.

— Si je souffre, vous devez souffrir aussi.

— Merci, Dallas. C’est bon de se sentir… aimée.

Eve réprima un sourire. Personne, songea-t-elle, n’était plus solide, plus fiable que son assistante. Malgré l’heure indue, Peabody arborait une tenue impeccable. Son uniforme d’hiver en épais lainage ne présentait pas le moindre faux pli, les boutons de sa veste étaient soigneusement astiqués, ses chaussures brillaient comme des miroirs. Elle avait encore les paupières lourdes de sommeil, mais elle verrait ce qu’il fallait voir. Eve pouvait compter sur elle.

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L’aube était à peine levée, et le lieutenant Eve Dallas roulait déjà en direction du centre. Elle pianotait nerveusement sur le volant. En principe, la mort d’un clochard dans le Bowery n’aurait pas dû la concerner. C’était l’affaire de ceux qu’au département de police on surnommait « les éboueurs », les flics qui patrouillaient dans les secteurs où il y avait une forte concentration de sans-abri. Ils embarquaient les macchabées à la morgue, afin qu’on les autopsie, qu’on les identifie, puis qu’on les fasse enterrer.

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Pour les sans-abri, le mois de janvier à New York se résumait à une succession de nuits glaciales. Rien, ni l’alcool ni la drogue, ne pouvait vaincre ce froid-là. Quelques-uns abdiquaient et se traînaient jusqu’aux refuges, pour y dormir sur des matelas défoncés ou avaler la maigre soupe et l’insipide pain de soja que leur servaient des étudiants en sociologie aux yeux luisant de curiosité malsaine. Les autres restaient dehors, trop déphasés ou entêtés pour abandonner leur bout de trottoir.

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Bien sûr, il existait des programmes sociaux. Après tout, on vivait une époque formidable. C’était du moins ce qu’affirmaient les politiciens. Le Parti libéral réclamait à cor et à cri des logements, des écoles, des hôpitaux, des centres de formation professionnelle et de réinsertion, sans préciser comment il comptait financer tout cela. Le Parti conservateur, de son côté, s’empressait de sabrer le budget des programmes déjà en place, puis discourait avec une conviction vibrante sur la famille et la qualité de la vie.

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Pour certains, la mort n’était pas la suprême ennemie. La vie était un adversaire autrement plus implacable. Pour les zombis qui déambulaient dans la nuit, les camés aux yeux vitreux et aux mains tremblantes, l’existence n’était qu’un périple sans but, d’une dose à l’autre, un gouffre ténébreux où ils n’avaient pour toute lumière que les fulgurances de la drogue.

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Spoiler(cliquez pour révéler)-Ils m'ont retiré mon insigne.

Soudain la brutale réalité la frappa de plein fouet.Des larmes amères l'étouffèrent.

-Connors...

-Je sais.

Il l'entoura de ses bras, l'étreignit farouchement.

-Je suis navré ,Eve. Navré.

-Qu'est-ce-que je vais devenir?balbutia-t-elle, se cramponnant à lui, sans même se rendre compte qu'il la soulevait, la portait jusqu'au hall puis dans l'escalier.

Oh !Connors ils m'ont enlevé mon insigne.

-Tu le récupéreras , je te le jure.

Une fois dans la chambre il s'assit et la serra contre lui.Elle tremblait comme une feuille.

-Accroche-toi à moi, ma chérie.

-Ne me laisse pas.

-Non, mon amour.Je suis là, je ne bouge pas.

Elle pleura tellement qu'il craignit qu'elle ne s'en rende malade.Puis ses sanglots s'apaisèrent, et elle demeura inerte dans ses bras.Une poupée cassée, pensa-t-il, la gorge nouée.Il la coucha dans le grand lit et lui donna un calmant.Elle qui, même avec dix balles dans la peau, aurait refusé le moindre antalgique, avala le sédatif sans protester.

Il la déshabilla comme il l'eût fait pour une enfant exténuée.

-Je ne suis plus rien, murmura-t-elle.

Il plongea son regard dans les yeux voilés de sa femme.

-Ce n'est pas vrai, Eve.

-Je ne suis plus rien répéta-t-elle.

Puis elle ferma les paupières, se tourna sur le côté, et se réfugia dans le sommeil.

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