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Commentaires de livres faits par Lilou

Extraits de livres par Lilou

Commentaires de livres appréciés par Lilou

Extraits de livres appréciés par Lilou

Tu es mariée ? me questionne-t-il. Je baisse les yeux pour pas qu’il voie ma tristesse. Est-ce que tu as des enfants, ma chérie ? Parce que si c’est le cas, gâte-les ; on ne gâte jamais assez ses enfants. Est-ce que je te gâte Jo ? Oui, papa, tous les jours. Ah, c’est bien ça. Tu nous fais rire, maman et moi ; même quand tu triches au Monopoly et que tu jures que ce n’est pas toi, que le billet de 500 était là, dans la pile de tes billets de 5. Maman est heureuse avec toi. Chaque soir quand tu rentres, à l’instant même où elle entend ta clé dans la serrure, elle a un très beau geste : elle ramène sa mèche qui dépasse derrière son oreille et se regarde furtivement dans le miroir, elle veut être jolie pour toi. Elle veut être ton cadeau. Elle veut être ta Belle, ta Belle du Seigneur. Tu crois que ta mère va arriver, parce qu’elle doit m’amener le journal et de la mousse à raser, je n’en ai plus. Elle va arriver, papa, elle va arriver. Ah, c’est bien, c’est bien. Comment vous appelez-vous ? C’est court, six putains de minutes.

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Je venais de quitter vivante, apaises, les infirmières du centre. En quelques semaines, j’y avais tué quelque chose de moi.
Quelque chose de terrible qu’on nomme la bonté.
Je l’avais laissée me quitter, comme une sanie, un enfant mort ; un cadeau que l’on vous fait et reprend aussitôt.
Une atrocité.
Il y a près de dix-huit mois, je m’étais laissée mourir pour accoucher d’une autre. Plus froide, plus anguleuse. La douleur vous refaçonne toujours d’une curieuse manière.
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Elle gardait les mots en elle, comme s’ils étaient rares. Nous conjuguions le silence elle et moi : regards, gestes, soupirs en lieu et place de sujets, verbes, compléments.
(…)
je ne pouvais détacher mes yeux de l’écran, ma main a pris celle de ma fille, sujet, des ondes ont parcouru mon corps, verbe, Nadine a souri, complément. Jo baillait. Je pleurais.
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date : 03-05-2012
Philipp avait été éduqué à une école plus réaliste. Le père Peter, l'abbé de son premier monastère, disait toujours : "Priez pour demander des miracles, mais plantez des choux".
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date : 17-04-2012
« Devenir un ange, cʼest dépolluer lʼamour de tout sentiment
de possession, de jalousie, dʼabandon, de rancœur et dʼamertume. Cʼest développer le pouvoir dʼaimer sans retour, de manière inconditionnelle mais lucide. Tu as encore trente secondes pour renoncer, et continuer une vie normale en retrouvant tes peines de cœur, tes rêves déçus, tes espoirs de victime, tes revanches méritées. Décide. »
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date : 11-01-2012
Le corps d'or s'était mué en cadavre en or. Rien d'atroce, on aurait simplement dit une statue aux yeux faits de pierres un peu ternes. Et la scène aurait été tout à fait supportable si le jeune guerrier, à ce moment-là, ne s'était mis à hurler.
Djambo a su tout de suite qu'il n'avait pas affaire à un fou. Sans rien connaître de l'amour, il a compris l'amour. Et saisi que l'autre venait de perdre un être qu'il avait cru éternel. Le jeune guerrier tournoyait dans le sable, hoquetait, sanglotait. Ou bien, à grands coups de pied, exactement comme lui-même, Djambo, avant son projet d'assassiner le Bhil, il faisait jaillir de la dune d'énormes jets de sable. Il en perdit, dans sa fureur, sa seconde babouche.
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date : 11-01-2012
Enfin du même choeur, ces errants parlaient de Dieu, non des dieux. C'était précisément ce qui séduisait Udo : l'idée d'un être unique, à qui il pourrait se vouer corps et âme comme si c'était sa femme, ses parents ou ce fils adoré que l'épidémie lui avait arrachés. Il serait juste, ce Dieu-là. Et simple, humble, généreux, tendre. Rien qu'amour. A son image en somme. Pour un peu, il en aurait fait un masseur.
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date : 06-01-2012
Narcisse blêmit. Ma peinture n'est que repentir. Ses empreintes digitales dans la fosse de Saint-Jean... Sa présence auprès du corps de Tzevan Sokow... Il se visualisa en tueur psychopathe. Un homme le héros de ses toiles. Dominateur. Indifférent. Sarcastique. Changeant d'identité à chaque nouvelle victime. Un peintre qui noyait ses crimes dans le sang.
Il eut une autre idée. Ces œuvres contenaient peut-être une vérité sur ses origines. Un aveu. Un message subliminal, qu'il avait lui-même déposé, à son insu.
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date : 06-01-2012
Ses toiles possédaient le même caractère sarcastique, grimaçant. Couleurs vives, torturées, toujours dominées par le rouge. Pâte épaisse, striée, tournoyant au fil des coups de brosse. Une peinture autant à toucher qu'à contempler, pensa Narcisse, qui n'avait pas le moindre souvenir d'avoir effectué ces portraits. C'était la limite de sa quête. Il voulait réintégrer des personnalités qui ne voulaient pas de lui. Il ne pouvait que les endosser de l'extérieur.
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date : 06-01-2012
Ses yeux ne quittent plus le serpent enroulé autour de la main du bourreau.
- Te gusta ?
C'est un nacanina, un reptile aquatique importé des marais argentins. Noir et mordoré, il n'est pas venimeux mais il ne cesse de dilater son cou sous l'effet de la colère.
Il n'est plus qu'à quelques centimètres de la bouche ouverte du prisonnier. L'homme grogne, rugit, s'agite, la gorge à vif. Le serpent se tord, se cambre, se tend. Sa tête triangulaire siffle et frappe le détenu aux lèvres. L'animal a peur, il veut trouer une cachette, s'enfouir dans une cavité humide, familière...
- TE GUSTA ?
L'homme hurle encore mais son cri s'arrête net. La main du bourreau a plongé le serpent dans sa bouche. Le reptile s'est aussitôt glissé à l'intérieur de l’œsophage, trop heureux de se cacher.
Un mètre de muscles, d'écailles et de sang tiède disparaît dans la gorge de la victime qui s'étouffe.
Anaïs se redressa en hurlant.
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date : 06-01-2012
Il prit la fuite, serrant son cubi comme s'il s'agissait d'un trèsor. Quand il parvint à nouveau sur la Canebière, il n'était plus Mathias Freire mais un sans-abri en errance. Il se jura de ne plus penser, un seul instant, en tant que Mathias Freire, psychiatre, mais seulement en tant que Victor Janusz, clochard en fuite.
De Janusz, il remonterait jusqu'à son identité précédente.
Et ainsi de suite jusqu'à découvrir son noyau d'origine.
Sa personnalité initiale.
La plus petite poupée russe.
Il suivit les rails du tramway, séchant sa puanteur au soleil.
Le Vieux-Port était en vue.
D'instinct, il devinait que les clodos étaient là-bas.
Il était certain qu'un des gars connaîtrait Victor Janusz.
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date : 06-01-2012
La première fois qu'Anaïs était entrée dans son bureau, Freire avait pressenti sa force. Elle imprimait sa marque sur le monde. Elle était forte parce qu'elle avait souffert. Mais elle était aussi fragile, vulnérable. Exactement pour les mêmes raisons. La fin du XXe siècle avait répété jusqu'à l'usure un lieu commun, résumé par la sentence de Nietzche, dans Le Crépuscule des idoles : "Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort". C'était une connerie. Du moins dans son acception banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. Freire était payé pour le savoir. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate. En cas de choc, elle reste meurtrie, marquée, hantée.
La souffrance devient alors maladie. Avec sa vie propre. Sa respiration. Ses oscillations. Elle se réveille sans prévenir et, plus dangereusement encore, se nourrit d'elle-même. Les crises surgissent. Sans lien visible avec le présent ni l'environnement. Ou alors si le lien existe, il est si profond, si enfoui, que personne, même pas le psy, ne peut le mettre en évidence.
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date : 02-01-2012
Femme au volant, suppléments au tournant.

Et sinon, t'as fait réparer ta voiture ?

Oui, j'ai demandé à mon voisin de la déposer chez le garagiste...

Ben, pourquoi tu ne l'y as pas apportée toi-même ?

Parce que bizarrement, j'ai remarqué que que lorsque c'est mon frère ou mon voisin qui y va à ma place, ça me coûte tout de suite nettement moins cher !
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date : 02-01-2012
J'aurais tellement aimé répondre ça quand on m'a offert un adeau mesquin.

Oh ! un petit cadeau ! fallait pas...

Mais je t'en prie, ce n'est rien du tout...


Oui, c'est bien ce que je disais : fallait pas, j'aurais préféré un gros.
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date : 30-12-2011
Anaïs examinait la gorge béante de l’animal. Les muscles et les chairs avaient pris une couleur violacée. Un panier de mûres noires. Des cristaux minuscules en pailletaient la surface.
— Parlez-moi de la mise à mort.
— Comment ça ?
— Comment est tué le taureau dans l’arène ?
L’homme prit un ton d’évidence :
— Le matador enfonce son épée dans la nuque du taureau jusqu’à la garde.
— La lame, combien mesure-t-elle ?
— 85 centimètres. On doit atteindre l’artère ou une veine pulmonaire.
En flash, Anaïs vit – sentit – la lame s’enfouir sous la cuirasse noire, violentant les chairs, les organes. Elle se revit, elle, petite fille terrifiée sur les gradins de pierre. Elle se jetait dans les bras de son père qui la protégeait en éclatant de rire. Salopard.
— Mais avant ça, les picadors ont tranché le ligament de la nuque avec leur pique.
— Ouais.
— Ensuite, les banderilleros continuent le boulot, en triturant la plaie et en précipitant l’hémorragie.
— Si vous avez les réponses, pourquoi vous posez les questions ?
— Je veux me faire une idée des étapes de la mise à mort. Tout ça doit saigner un max, non ?
— Non. Tout se passe à l’intérieur du corps. Le matador doit éviter les poumons. Si le taureau crache du sang, le public n’aime pas ça.
— Tu m’étonnes. L’épée, c’est le coup de grâce ?
— Vous commencez à m’emmerder. Vous cherchez quoi au juste ?
— Notre agresseur pourrait être un matador.
— Je dirais plutôt un boucher.
— Ce n’est pas synonyme ?
Le mayoral se dirigea vers la porte. L’entrevue était terminée. Anaïs avait encore une fois gâché son interrogatoire. Elle le rattrapa sur le seuil. La pluie s’était arrêtée. Un soleil incertain filtrait dans la cour, faisant briller les flaques comme des miroirs.
Elle aurait dû rattraper le coup mais ne put s’empêcher de demander :
— C’est vrai que les toros bravos ne voient jamais de femelles ? Ça les rend plus agressifs d’avoir les couilles pleines ?
Bernard Rampal se tourna vers elle. Il prononça entre ses dents serrées :
— La tauromachie est un art. Et tout art a ses règles. Des règles séculaires.
— On m’a dit que dans le campo, ils se montaient les uns sur les autres. Des enculés dans l’arène, ça la fout plutôt mal, non ?
— Cassez-vous de chez moi.
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date : 27-12-2011
Et bien voilà : après avoir beaucoup travaillé - je parle du travail de l'esprit - après avoir longuement médité et PHILOSOPHE, je suis arrivé à la conclusion irréfutable que le seul bonheur possible c'est d'être un homme de la Nature. j'ai besoin d'air, j'ai besoin d'espace pour que ma pensée se cristallise. Je ne m'intéresse plus qu'à ce qui est vrai, sincère, pur, large, en un seul mot, l'AUTHENTIQUE, et je suis venu ici pour cultiver l'AUTHENTIQUE. J'espère que vous me comprenez ?
Oui, dit Ugolin. Évidemment.
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Toutefois, malgré ces tumultueuses péripéties, ce que le Père Noël redoutait le plus, c'était le moment où il devait barrer le nom d'un enfant dans un grand cahier comme il le faisait chaque année lorsqu'un enfant avait fini de croire en lui, mais cette année-là, quand le vieux monsieur barbu tout de rouge vêtu se réveilla le matin de Noël, il se rendit compte qu'à son tour, il avait cessé de croire aux enfants.
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Le Père-Fouettard alla ensuite chercher Le Grand Livre des enfants sages et méchants dans lequel enregistrait chaque année le nom des nouveau-nés qu'il effaçait une fois son dîner achevé.
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Depuis, elle ne s'intéressait nullement aux rumeurs et autres commérages du village et se gardait bien de révéler les secrets qu'elle connaissait. Du matin au soi, Pelotinne Crocjambot rafistolait les enfants estropiés en les raccommodant avec une aiguille en or et du fil soyeux que Mad'zelle l'Araignée tissait à longueur de journée.
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Où pouvait bien se trouver à une heure pareille le Père Noël ?
Se demandaient avec effroi les sales gosses de l'orphelinat.

Ici pas de sonnette, ni de chevillette,
juste une cheminée dans laquelle s'engouffrer.
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Il avait épousé une femme dont la principale volonté était de mettre des enfants au monde et d’élever des enfants. Beaucoup d’enfants. Il n’était pas de ceux qui pinaillent, qui tergiversent, qui mégotent. Les petits-bras, les mesquins, les frileux. Il n’avait pas assez d’argent, et alors ? Il en trouverait. Il n’avait pas assez de place ? Et bien, il pousserait les murs et fabriquerait des lits en forme de placards. La vie n’avait qu’à se plier à ses désirs ; ses désirs étaient immenses. L’espace était rempli de bruit, de cris, de disputes. Il avait besoin de ce nombre, de ce foisonnement.
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Liane aimait les nourrissons, leur odeur aux plis du cou, leurs doigts minuscules, et le lait qui s’écoulait de ses seins au milieu de la nuit. Liane était tout entière accaparée par le bébé, ses réveils nocturnes et ses exigences voraces.
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Mes filles chéries,
Voici venu le moment. Je suis au bout du rouleau et je suis fichue. Les scanners c'est très bien mais il faut aussi écouter son corps. Je ne dis jamais à personne la totalité de mes maux. Je dis l'un à l'une, et les autres à différents autres.
Je suis très fatiguée. Ma vie est difficile et ne peut que se détériorer.
Depuis que j'ai pris cette décision je me sens sereine même si je redoute le passage.
Vous êtes toutes les deux les personnes que j'ai le plus aimées au monde et j'ai fait de mon mieux possible, croyez-le.
Serrez bien contre vous vos beaux enfants.
Lucile
PS : C'est mieux avec une chainette. Vous pouvez changer la couleur mais assez rapidement avant la fin des soldes, toutes les deux ensemble si nécessaire car il n'y a qu'un ticket cadeau.
Je sais bien que ça va vous faire de la peine mais c'est inéluctable à plus ou moins de temps et je préfère mourir vivante.

J'ai relu cette lettre des dizaines de fois, à la recherche d'un indice, d'un détail, d'un message au delà du message, quelque chose qui m'eût échappé. J'ai lu et relu la pudeur de Lucile, cette élégance qui consiste à mêler le prosaïque à la douleur, l'anecdote à l'essentiel. Cette lettre lui ressemble et je sais aujourd'hui combien elle nous a transmis à l'une et à l'autre cette capacité à s'emparer du dérisoire, du trivial, pour tenter de s'élever au-dessus des brouillards.
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Parfois je rêve que je reviens à la fiction, je me roule dedans, j'invente, j'élucubre, j'imagine, j'opte pour le plus romanesque, le moins vraisemblable. J'ajoute quelques péripéties, m'offre des digressions, je suis mes chemins de traverse, je m'affranchis du passé et de son impossible vérité.
Parfois je rêve au livre que j'écrirai après, délivrée de celui-ci.
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Je me réveille en sursaut et trempée de sueur. L'homme que j'aime et à qui je raconterai ce rêve quelques heures plus tard, sans être capable d'en transmettre l'effroi, dort à côté de moi. Tout est calme autour de nous. Il me faut quelques minutes pour que ralentisse mon pouls.
Je ne me rendors pas. Pas une minute. Je sais vers quoi j'avance.
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Un jour Lucile partirait, elle quitterait le bruit, l'agitation, le mouvement. Ce jour-là, elle serait une et une seule, distincte des autres, ne ferait plus partie d'un ensemble. Elle se demandait souvent à quoi ressemblerait le monde, ce jour-là, s'il serait plus violent, ou au contraire, plus clément.
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