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Commentaires de livres faits par Lilou

Extraits de livres par Lilou

Commentaires de livres appréciés par Lilou

Extraits de livres appréciés par Lilou

L'ennui n'est jamais passager. Il y a bien un remède à cet ennui, mais il est radical et désagréable pour les autres (certains vieilliront, d'autres mourront).
J'aimerais avoir une maladie incurable et mourir jeune. L'année dernière, je n'ai pas eu un rhume.
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date : 09-11-2011
Celui-ci se retourna pour regarder Elie qui entrait. Il dit quelque chose à Volodia, lequel se retourna à son tour, tandis qu'Elie tendait la main à Monsieur Florian dont le regard ne pouvait se détacher de Volodia.
De Volodia qui regardait Elie.
Et ce qui se passa en cette seconde, ce qui passa de bonheur éperdument triste et d'affolement dans ce visage condamné au sourire perpétuel, Monsieur Florian fut bien le seul à le capter.
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date : 09-11-2011
C'est un destin heureux qui fait mourir des vivants qu'on regardait vivre, avant qu'ils ne soient devenus des vivants qu'on ignore comme s'ils étaient déjà des morts.
Il boit au repos et à la paix qu'ils ont trouvé, comme le leur avait promis en latin le curé de Châteauroux au temps où la France prenait le deuil pour dix-neuf de ses enfants, broyés par un train parce qu'un boeuf, désespéré à l'idée de mourir, s'était échappé d'un wagon mal cadenassé.
Du temps que les wagons à bestiaux ne servaient qu'à transporter du bétail et les autobus des usagers qui pouvaient s'ils le voulaient, descendre à la prochaine.
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date : 09-11-2011
Tous les quatre reposent en paix sous des pierres qui portent leurs vrais noms, leurs dates de naissance, celle de leur mort qui est venue juste à temps. Elle a prolongé leur sommeil et leur a donné le repos qu'ils n'auraient plus jamais connu s'ils avaient vécu un peu plus longtemps.
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Mary Anning en impose par ses yeux. Ce détail m'a semblé évident dès notre première rencontre, quand elle n'était qu'une fillette. Ses yeux sont marron comme des boutons, et brillants, et elle a cette manie des chasseurs de fossiles de toujours chercher quelque chose, même dans la rue ou à l'intérieur d'une maison, où il n'y a aucune chance de trouver quoi que ce soit d'intéressant. Cette particularité la fait paraître pleine d'énergie, même lorsqu'elle reste sans bouger. Mes sœurs m'ont dit que moi aussi je jetais des coups d'œil alentour au lieu d'arborer un regard impassible, mais dans leur bouche ce n'est pas un compliment, tandis que dans la mienne, envers Mary, c'en est un.

J'ai remarqué depuis longtemps que les gens ont tendance à en imposer par un trait particulier, une partie du visage ou du corps. Mon frère John, par exemple, en impose par ses sourcils. Non seulement ils forment des touffes proéminentes au-dessus de ses yeux, mais ils constituent la partie la plus mobile de son visage, traduisant le cours de ses pensées tandis que son front se creuse ou bien se lisse. Il est le puîné des cinq enfants Philpot, et le seul fils, ce qui lui a donné la charge de quatre sœurs à la mort de nos parents. Une telle situation animerait les sourcils de n'importe qui, même si enfant, déjà, il était sérieux.

Ma plus jeune sœur, Margaret, en impose par ses mains. Bien que petites, elles ont, proportionnellement, des doigts longs et élégants, et de nous toutes c'est celle qui joue le mieux du piano. Elle est encline à onduler des mains en dansant, et quand elle dort elle étire ses bras au-dessus de sa tête, même lorsqu'il fait froid dans la chambre.

Frances a été la seule sœur Philpot à se marier, et elle en impose par sa poitrine, ceci, je suppose, expliquant cela. Nous, les sœurs Philpot, ne sommes pas connues pour notre beauté. Nous avons une charpente anguleuse et des traits accusés. De plus, la fortune familiale s'est avérée tout juste suffisante pour qu'une seule d'entre nous puisse se marier sans trop de difficultés, et Frances a remporté la course, quittant Red Lion Square pour devenir la femme d'un négociant de l'Essex.

Les personnes que j'ai toujours le plus admirées sont celles qui en imposent par leurs yeux, comme Mary Anning, car elles semblent plus à même de comprendre le monde et ses rouages. C'est par conséquent avec Louise, ma sœur aînée, que je m'entends le mieux. Elle a des yeux gris, comme tous les Philpot, et elle parle peu, mais quand son regard se fixe sur vous, vous y prêtez forcément attention.

J'ai toujours rêvé d'en imposer par mes yeux moi aussi, mais je n'ai pas eu cette chance. J'ai une mâchoire saillante, et quand je serre les dents - plus souvent qu'à mon tour, tant le monde m'indispose -, elle se crispe et s'aiguise comme la lame d'une hache. Lors d'un bal, j'ai surpris un soupirant potentiel à dire qu'il n'osait pas m'inviter à danser de peur de se couper contre ma joue. Je ne me suis jamais véritablement remise de cette observation. On ne s'étonnera pas que je sois une vieille fille, et que je danse si rarement.

J'aurais bien aimé passer de la mâchoire aux yeux, mais j'ai constaté que les gens ne changent pas de trait dominant plus qu'ils ne peuvent modifier leur caractère. Je dois donc m'accommoder de cette forte mâchoire qui rebute tant les gens, taillée dans la pierre comme les fossiles que je ramasse. Du moins le croyais-je.

J'ai rencontré Mary Anning à Lyme Regis, où elle a vécu toute sa vie. Je ne m'attendais certes pas à habiter cette ville. En effet, nous les Philpot avions grandi à Londres, en particulier à Red Lion Square. Si j'avais entendu parler de Lyme - comme on entend parler des stations balnéaires lorsqu'elles deviennent à la mode... -, nous n'y étions jamais allés. Durant l'été, nous nous rendions en général dans des villes du Sussex comme Brighton ou Hastings. Du vivant de notre mère, nous allions sur la côte aussi bien pour l'air pur que pour les baignades, car elle souscrivait aux vues du Dr Richard Russell, qui avait écrit une thèse sur les bienfaits de l'eau iodée : elle était vivifiante quand on s'y baignait et purgative quand on la buvait. Si je refusais d'en ingurgiter, j'acceptais cependant d'y nager. Je me sentais chez moi au bord de la mer, et pourtant je n'avais jamais imaginé que cela deviendrait un jour une réalité.
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Comme la plupart des romans qu’avait lus Mamoune, cette œuvre de Virginia Woolf avait rejoint la bibliothèque municipale mais elle était restée sur les étagères imaginaires de son cœur. Je vais le relire, déclara sa grand-mère, avec deux immenses plaisirs : celui de le redécouvrir et celui de me souvenir du jour où je le découvris pour la première fois. Plaisir, mémoire de plaisir.
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Elle se sentait prise dans une sorte de folie dont elle n’avais pas assez peur pour empêcher cet homme de l’emmener vers une inconnue : une femme qui était en elle et qu’il était en train de faire naître.
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Depuis que j’ai rencontré Albert, je sens qu’il m’a rendu ce que j’avais perdu à la mort de Jean. Cet épanouissement si particulier qu’on éprouve dans le regard de l’autre. On n’a jamais d’âge dans ces regards-là, on n’a que le bonheur d’y être inondé de tendresse. Les miroirs n’ont aucune importance quand on vit depuis très longtemps dans le regard amoureux d’un être que l’on connaît par cœur. La perte c’est d’être brutalement placé devant cette glace qu’on a ignorée et qui semble renvoyer cet oubli de soi.
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date : 15-02-2011
Moi aussi j'ai eu la trouille toute ma vie d'être reconnu, démasqué, confondu. Tant je me sens de troublantes ressemblances morales avec le Nain Jaune.
Au point de n'avoir jamais osé fouler le sol d'Israël, de peur d'être immédiatement reconnu ; alors que j'ai humé l'air des quatre coins du globe. L'appréhension permanente d'être accusé m'a toujours empêché de supposer combien cette faute originelle était généralement ignorée.
Crainte absurde ? Certes ; mais vit-on ailleurs que dans la forêt de ses folies mal guéries de l'enfance ? A-t-on déjà vu un être humain exister autrement qu'à travers l'opinion cinglée qu'il se fait du réel ?
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date : 15-02-2011
Le mal, pour faire sa besogne, eut besoin de valeurs élevées, d'honnêteté et d'abnégation. Si l'on désire brûler une synagogue, il suffit de rameuter une poignée de canailles sans foi ni loi ; mais pour pratiquer un antisémitisme d'Etat, il est impératif de mobiliser des gens très bien, dotés de vertus morales solides. Les détraqués, les sadiques huileux et les pervers professionnels ne sont pas assez nombreux. Ni suffisamment efficaces. L'exceptionnel, dans le crime de masse, suppose le renfort de la normalité. Le pire exigea la mise en place de croyances patriotardes et sacrificielles sincères propres à dissoudre la culpabilité. La criminalité de masse reste par définition le fait d'hommes éminemment moraux. Pour tuer beaucoup et discriminer sans remords, il faut une éthique.
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"Ces gens qui attachent de l'importance à la liberté, la vraie liberté - non pas la liberté de dire "merde" en public, ou de critiquer leurs dirigeants, ou de prier Dieu dans l'église de leur choix, mais la liberté d'être libre de tout langage et de tout dirigeant et de tout Dieu, eh bien, ces gens-là, doivent utiliser le style pour modifier le contenu. Si notre style est magistral, s'il est fluide et en même temps complet, alors nous pouvons nous re-créer ou plutôt, re-créer l'Infinie Loufoquerie en nous." Page 242.
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date : 22-05-2010
"Croire c’est vouloir vivre. Vivre jusqu’au bout malgré la mort. Croire, c’est croire en la vie. Et donner la vie c’est combattre la mort. Car la vie doit chasser la mort. A chaque printemps l’arbre refleurit. Et l’automne alors, et l’hiver, ne sont plus que des saisons parmi d’autres. Il faut que l’homme apprenne à voir la mort comme un moment de la vie."
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