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Bibliothèque de lolo94240 : Je suis en train de lire

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Demain il sera trop tard Demain il sera trop tard
Jean-Christophe Tixier   
Dans cette dystopie, les habitants de la planète entière subissent un test à leur naissance qui établira leur espérance de vie. Suivant la longueur de celle-ci, chacun vivra dans un quartier avec d’autres personnes dans la même tranche d’espérance de vie, et occupera des postes plus ou moins important au sein de la société, les fonctions les plus importantes étant attribuées à des personnes Long Terme, qui vivront le plus longtemps. A l’inverse, le tri des déchets revient aux Courts Termes. Court ou Long Terme, la façon d’aborder la vie, de la vivre, est bien différente. Enna, Court Terme de son état, vit comme si elle devait mourir le lendemain, et par conséquent, ne perd pas une minute, un instant, pour pouvoir se révolter à sa façon, en peignant des graffitis dans les quartiers des Longs Termes où elle travaille. Comme celui-ci:

« Tous les hommes meurent, mais seuls certains vivent. »

A l’inverse, Virgil, diagnostiqué Long Terme, prend la vie plus ou moins comme elle vient, sans se poser de question concernant ce qui l’entoure et ce système dans lequel il vit. Jusqu’au jour où il devient un fugitif. Peu à peu, sa vie bascule, lorsqu’il comprend qu’il n’est pas celui qu’il croyait être et qu’ILS veulent l’éliminer. ILS, ce sont ces anonymes qui sont au pouvoir, ceux sont ces personnes à qui appartiennent toutes les technologies qui entourent les gens, comme les Civic-LSS®, ces drones qui surveillent les faits et gestes dans les rues, en plus de l’Implant-ID® que chacun reçoit à sa naissance, implanté dans la paume de la main. Tous les habitants de la planète sont sous contrôle, et la plupart ne s’en rendent même pas compte, endormis par la propagande qu’ILS ont mis en place durant des décennies. Vous l’aurez compris, on retrouve un peu de cette ambiance Big Brother du 1984 de George Orwell, et c’est vraiment bien fait. Jean-Christophe Tixier nous dresse le portrait de cette nouvelle société et nous la rend facile d’accès. Et ces personnages! Enna, Lou et Virgil sont tous trois issus de milieux différents, ont un passé bien à eux. Leurs réactions face à ce qu’ils vont devoir affronter sont toujours cohérentes, leur psychologie est vraiment complète et le lecteur a l’impression qu’il s’agit d’amis de toujours. On exploite avec eux toute une palette d’émotions très fortes. Colère, peur, soulagement, tristesse, détresse, sentiment d’injustice, une certaine rage aussi, mais également de l’espoir. Tout cela nous les rend tellement crédibles, tellement proches. On ressent avec eux cette différence selon le Terme, qui remplace nos classes sociales actuelles, basées sur le revenus. Je crois que lorsque nous arrêterons de classer les gens, peu importe comment, on aura fait un grand pas!

Traitant de technologie, ce roman d’anticipation pour ado est effrayant. Non, il n’est pas mal écrit, loin de là. Non, il n’y a pas de scènes ultra sanglantes/trash, même si la violence est bien présente entre ces pages. Je pense qu’il donnera à réfléchir aux jeunes lecteurs friands de réseaux sociaux et de partages en tout genre sur les internets, et qui s’y adonnent sans penser aux conséquences sur leur vie privée, aux dérives qu’il pourrait y avoir. Car le raccourci n’est pas impossible, et il est même exposé dans ce récit.

« – Il y a des brouilleurs partout, la rassure-t-il. Nos propres brouilleurs, annonce-t-il avec fierté, qui nous rendent invisibles aux yeux de leurs saloperies de Civic-LSS®.

– Les Butineurs®?

– Ouais, si tu préfères. Ici, on n’utilise aucun nom qui pourrait rendre sympa toute leur technologie®. Ils ont eu Internet, les moteurs de recherches puis les méta-données, les contenus, l’information, les satellites, les téléphones. Avec une putain de technologie déposée®, protégée®, fermée®, hégémonique®, obligatoire®, captive®, et surtout intrusive® et cafteuse®. Ils ont endormi la population, qui a plongé dans l’individualisme® et la soumission®. Partout. Et tout le monde s’est laissé faire. »



L’auteur expose même une théorie intéressante qui expliquerait que les gens se laissent enfermer dans un tel système:

« Tout le monde n’est pas d’accord avec ma théorie. Moi je pense qu’ils ont utilisé la même méthode pour nous enfumer que les cigarettiers à l’époque. On te vend une saloperie sans te dire ce qu’il y a dedans. On te rend addict, et on te fait croire que c’est une porte vers la liberté. Après, le tour est joué. Z’ont même plus besoin de se défendre. Des centaines de milliers de moutons sont prêts à lever la voix pour prendre leur défense. »

Avec cette utilisation totalitaire des technologies, on croise l’oppression, on y voit des personnes séparées, des enfants arrachés à leur mère selon l’âge prévu de leur mort. Et la mort, justement! Elle est souvent mentionnée, car n’est-elle pas après tout ce qui nous attend à tous? La manière de l’appréhender n’est pas la même pour tous, suivant la longueur de son Terme, et paraît ici omniprésente, oppressante, au point qu’à trop penser à sa mort, on ne pense plus à sa vie. En la montrant autant, l’auteur nous expose la préciosité de la vie. Ainsi le tag d’Enna prend tout son sens. Et à bien y penser, à bien observer notre société actuelle, on se rend compte que c’est ce chemin que nous sommes en train de prendre, que c’est vers ce type de société que nous sommes en train de basculer.

Un roman que je trouve très réussi, qui fait s’interroger, qui fait réfléchir et qui ouvre aussi les yeux sur notre société actuelle où tout va de plus en plus vite. C’est aussi une manière d’inviter le lecteur à vivre pleinement sa vie, dans le respect de l’autre, de profiter de chaque opportunité qui se présente à lui, de chaque petit bonheur, de faire entendre sa voix là, maintenant. Car, demain, il sera peut-être trop tard.

par Virginy
Dans l'ombre de Stella Dans l'ombre de Stella
Alexandra Sirowy   
https://aliceneverland.com/2017/08/30/dans-lombre-de-stella-alexandra-sirowy/

Il y a onze ans, Stella est revenue seule des bois où elle jouait avec son amie Jeanie, cette dernière étant introuvable. Unique témoin, Stella aurait aimé savoir ce qu’il était arrivé à Jeanie. Mais elle n’a gardé aucun souvenir de ce moment là et reste hantée par cette histoire. Elle sent que la vérité se cache quelque part dans son cerveau mais est incapable de se rappeler de quoi que ce soit. Jusqu’au jour où un corps, ressemblant étrangement à Jeanie, fait surface…

Je me suis très vite retrouvée plongée au cœur de la ville de Savage. Onze ans plus tard, la disparition de Jeanie hante encore les habitants. Stella est connue malgré elle, elle, la victime, la survivante qui ne se souvient de rien. J’ai beaucoup aimé la psychologie de son personnage, même si j’ai eu du mal à accrocher avec elle au départ. Il faut dire qu’elle apparaît, dans un premier temps, complètement superficielle. Sa réputation au lycée l’importe plus que tout, quitte à renier des amitiés vieilles de plusieurs années afin de protéger son statut social. Heureusement, elle va dépasser ce stade et va remettre en question son comportement.

Le mystère qui entoure la disparition de Jeanie est total. Tout au long du récit, je n’ai pu m’empêcher d’échafauder mille et une raisons. Il faut dire que l’auteur s’amuse véritablement avec son lecteur : entre mystères, fantastique, monstre et réalité, on ne sait plus vraiment sur quel pied danser. Alexandra Sirowy joue vraiment avec cette frontière, mélangeant indices scientifiques et d’autres complètement abracadabrants. Mais c’est ce qui rend l’atmosphère de ce roman si intense et oppressante.

Je mourrai d’envie de connaître le dénouement de cette histoire. Il me fallait savoir ; j’étais habitée d’une véritable frénésie qui me poussait à enchaîner les pages les unes après les autres. Il m’était impossible de reposer ce roman tant que je n’avais pas les réponses à cette incroyable affaire. A ce niveau là, j’ai été servie. Même s’il reste quelques questions sans réponse, j’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur termine son roman et l’explication qu’elle apporte. Chacun est libre de croire ce qu’il a envie de croire…

Pour conclure : Dans l’ombre de Stella est un roman qui m’a captivée dès son résumé. Ma curiosité était piquée, et il me fallait découvrir ce qu’il était arrivé à la petite Jeanie. De ce côté là, l’auteur ne m’a pas déçue, et j’ai adoré la façon dont elle a traité son histoire, entre mythe et réalité. Un récit surprenant et haletant qui nous plonge au cœur de l’atmosphère onirique et chimérique de la ville de Savage…

par Kesciana
AniMalcolm AniMalcolm
David Baddiel   
– Quand Malcolm était petit, commença Jackie, nous allions tous les dimanches au zoo. Il adorait ça, n’est-ce pas, Stewart ?

– Oui, répondit ce dernier. Je le revois, courant le long des cages en riant.

– Les animaux qu’il aimait le plus observer, c’étaient les singes…

– Logique ! acquiesça Papi. Dans un zoo, les singes sont les animaux les plus importants.

Tout le monde approuva.

– Malcolm était surexcité dès que nous approchions de la cage aux singes.

– Un vrai ouf, acquiesça Libby.

– Ce qui veut dire ? questionna Papi.

– Qu’il était comme un fou, traduisit Stewart.

– Un peu, mon n’veu ! approuva le vieillard.

– Il se précipitait droit vers la cage des chimpanzés, reprit Jackie. Ceux-ci jouaient à se pourchasser, se balançaient de liane en liane, sautaient sur des pneus…